Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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LES ECHOS DES INDUSTRIES D'ART --- AMPHITRITE PIÈCE CENTRALE DU SURTOUT "LAMER" KAI NIELSEN SCULDTEUR DE LA MANUFACTURE BING ET GRØNDAHL À PARIS CHEZ ROUARD --- N°9 AVRIL 1926

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CARDEIL HAC ORFÈVRE 24 - PLACE VENDÔME PARIS ORFÈVRERIE COUTELLERIE FINE OBJETS D'ART BIBELOTS --- LES SERVICES DE PORCELAINE FAIENCE à CRISTAL ROUARD 34, AVENUE DE L'OPÉRA PARIS ÉDITEUR DES MODELES DES ARTISANS FRANÇAIS CONTEMPORAINS --- Art du Bois Société Anonyme au Capital de 4.550.000 Francs 39, Rue de la Varenne SAINT-MAUR (Seine) Etudie et exécute tous Meubles, Agencement, Boiseries, Sièges et tout ce qui concerne l’Art du Bois MÉDAILLE D’OR Exposition des Arts Décoratifs 1925 ETUDES ET PROJETS SUR DEMANDE --- LAPPARRA FABRICANT-ORFÈVRE 157, rue du temple PARIS IIIe, téléph. archives 15.18,69.13

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--- Vve. J. DUCHESNE & P. BINET --- 27. RUE DES JEÛNEURS PARIS (2e ARRT) TÉLÉPHONE: GUTENBERG 29-97 & 70-38 ADR. TÉLÉGR.: DUCBIN-PARIS --- TISSUS D’AMEUBLEMENT & TAPIS CRETONNES TOILES DE JOUY VELOURS ETC --- R. PICHON --- SUCCURSALE A PARIS : 39bis, Rue du Faubourg Saint-Antoine. — Téléphone : Diderot 05.46 *

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LES ECHOS DES INDUSTRIES D'ART LES ECHOS DES INDUSTRIES D'ART 2 et 4, RUE MARTEL, PARIS, 10e TEL. 8 LIGNES, BERGERE 04-04 et la suite --- SOMMAIRE LE DÉCOR DE LA TABLE, par René CHAVANCE (Bing et Grondahl, Fau, A. Bloch, Sevres, Montereau, Rouard, J. Luce, La Crémaillère, Lalique, Daum, Mercier, Mme Ariès-Thiébaut) QUELQUES IMPRESSIONS DE TISSUS ÉCHOS ET NOUVELLES Dans leurs prochains numéros de mai, juin et juillet, les "Échos des Industries d'Art" consacreront des articles importants aux industries d'art dans la Foire de Paris, dans les Salons des Artistes Français et de la Société Nationale des Beaux-Arts, et enfin reproduiront les œuvres principales du Salon des Artistes Décorateurs. --- F. BARBEDIENNE G. LEBLANC-BARBEDIENNE, Successeur LE GRANIT DANS TOUTES SES APPLICATIONS MONUMENTS PUBLICS - DEVANTURES MONUMENTS FUNERAIRES, REVÊTEMENTS DÉCORATION GÉNÉRALE --- USINE à CROSNE (S.-et-O.) 61, Avenue de la République M. PERRIN, Directeur technique REG. DU COMMERCE 147.111 SIÈGE SOCIAL 30, Boulevard Poissonnière PARIS (IXe) TÉLÉPH: GUTENBERG 17.51 --- LES ECHOS DES INDUSTRIES D'ART REVUE MENUELLE SONT ENCARTÉES GRATUITEMENT DANS LES ÉCHOS LA GRANDE REVUE COMMERCIALE FRANÇAISE PARAISANT TOUS LES MERCREDIS L'ABONNEMENT AUX ÉCHOS DONNE DROIT AU SERVICE GRATUIT DES ÉCHOS DES INDUSTRIES D'ART PRIX DE L'ABONNEMENT FRANCE, BELGIQUE : 1 AN 80F ÉTRANGER = 1 AN 120F PRIX DU NUMÉRO : 5 FRANCS VENDU EXCLUSIVEMENT AUX ABONNÉS

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LES ECHOS DES INDUSTRIES D'ART Le décor de la table par RENÉ CHAVANCE LA présentation d'une table à manger est tout un art précieux. Ainsi l'entendaient autrefois les gens de bonne compagnie qui la firent imposante et magnifique. Depuis des années, à vrai dire, le goût s'en était presque perdu. Tout au moins la somptuosité raffinée du passé avait trop souvent fait place à un luxe tapageur et de qualité douteuse. On y revient. Dans notre vie agitée, dispersée, l'heure du repas est l'un des rares moments où l'on peut se réunir et causer paisiblement. Aux satisfactions de la bonne chère, il n'est pas indifférent que s'ajoute le plaisir des yeux. Et celui-ci complète celui-là. Sur une nappe de fine lingerie, autour des surtouts fleuris, sous les lumières abondantes, la belle ordonnance des assiettes, l'agrément de leur coloris qui se reflète dans la parure étincelante des verres incite à la bonne humeur et prédispose à d'heureuses agapes. Les industriels de la céramique et de la verrerie, longtemps assoupis dans la routine, se sont réveillés pour une activité bienfaisante. Ils se sont appliqués à renouveler leurs modèles et ont fait appel aux artistes. Dans le grand mouvement de renaissance des beaux métiers auquel nous assistons aujourd'hui, nombreux sont les créateurs de modèles qui ont tourné leur invention vers le décor de table. Quelles directions déterminent leurs recherches, quelles tendances se manifestent à présent et donnent à l'art de la table, sa physionomie actuelle? Le plus sûr moyen de s'en rendre compte est d'aller directement à la source et d'interroger les producteurs et les artistes. Nous nous sommes adressés à quelques-uns d'entre eux. De leurs dires, les conclusions se dégageront d'elles-mêmes. La Manufacture Nationale de Sèvres peut être considérée chez nous, comme la gardienne des traditions. Pourtant, elle évolue. Mieux : s'il ne tenait qu'à son actif administrateur, M. Lechevallier-Chevignard, elle reprendrait son rôle séculaire et gui- ENSEMBLE DU SURTOUT DE TABLE "AMPHITRITE" DE LA MANUFACTURE BING & GRÖNDAHL (CHEZ ROUARD)

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SURTOUT : TRIBOUT, SCULPTEUR (A. FAU, CÉRAMISTE) Figure ivoire, cheveux gris, vase matière gris moucheté, coupe en or craquelé derait l'évolution générale. C'est lui qu'il convenait de consulter d'abord. À la base de cette évolution, M. Lechevallier-Chevignard, discerne deux éléments essentiels. Et d'abord un élément économique. Il ne s'agit pas d'in-sister ici sur nos embarras financiers, ni sur la vie chère dont nous souffrons. Au reste, la Manufacture de Sèvres qui œuvre pour les tables souveraines et officielles à l'abri de ces contingences, fournit aussi de porcelaines les richissimes américains, en attendant que l'autonomie lui ouvre de plus larges débouchés internationaux. Les clients fortunés ne lui manquent point. Mais le luxe qui s'est vulgarisé a perdu aussi en prodigalité. Nous sommes loin du temps où l'on pouvait confectionner pour la Cour Impériale des assiettes à 400 francs la pièce, ce qui, en tenant compte de la dévalorisation de la monnaie, représente une somme fort respectable. On trouve difficilement acheteur, même au pays des dollars, pour un service à 500 francs l'assiette. Aussi abandonne-t-on de plus en plus l'exécution du décor à la main pour employer la gravure et la décal-comanie, voire le pochoir. Ces raisons influent sur le choix des matières. Sans doute à Sèvres, on ne saurait songer à abandonner la porcelaine qui fit la gloire de la Manufacture et dont la qualité subtile n'a rien perdu de son charme délicat. Toutefois, on a cherché une matière nouvelle, intermédiaire en quelque sorte, entre la porcelaine et la faïence, moins fragile, moins coûteuse que la première, SURTOUT DE TABLE "VENISE", E. M. SANDOZ, SCULPTEUR (ACHILLE BLOCH, ÉDITEUR)

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ASSIETTE DÉCORATIVE “JET D’EAU” Pâte dure nouvelle. Composition d’Eric Bagge. Exécution par Walter (Manufacture N. de Sèvres) plus dure et plus fine que la seconde. Elle n’est point transparente et offre une teinte bise, d’ailleurs fort séduisante. En outre pour, répondre à l’inclination très marquée du public, on vient de créer un atelier ou l’on fabrique de la faïence. L’autre élément est artistique. La réalisation du décor sans émail de la porcelaine est tout entière soumise à la technique. Le travail est long et minutieux. L’usage des oxydes métalliques ne permet de concevoir les colorations exactes après cuisson qu’avec le secours d’une longue expérience. Dans les multiples détails de l’exécution, l’artiste ne peut mettre en œuvre ces dons de spontanéité qui sont la marque des talents contemporains. Ceci ne veut point dire que, secondés par les admirables praticiens de la Manufacture, les créateurs de modèles comme M.M. Claude, Patou, Crevel, René Benjamin, Mme Suzanne Lalique, ne réussissent point à réaliser de charmants services dans un esprit très moderne. Mais, déterminés par les causes que nous venons d’énumérer, ils vont à la sobriété : sobriété des motifs, sobriété des coloris, tons frais et francs en petit nombre où l’or, quand il est employé, ne joue qu’avec discrétion. La matière au reste y gagne d’apparaître dans toute sa translucide beauté. Et la même sobriété s’affirme dans l’invention des surtout lumineux, cette trouvaille de Sèvres, dont les larges reliefs, qui prennent au coulage d’inégales épaisseurs, gardant par endroits leur blancheur laiteuse, s’éclairent en d’autres places d’une chaude lumière. De ce qui précède, on a pu déduire que le public, sans renoncer à la porcelaine, revenait à la très ancienne faïence si longtemps dédaignée. Tournons-nous donc aussi de ce côté. Parmi les plus notoires faîneceries françaises, celles de Montereau, Creil et Choisy, ont été particulièrement accueillantes aux efforts nouveaux. Elles aident sans cesse à leur diffusion par les importants travaux qu’elles exécutent pour les Grands Magasins, les éditeurs et les artistes. La bonne matière SERVICES DE TABLE DE LA MANUFACTURE NATIONALE DE SEVRES A gauche, faïence stannifère, composition de Patou, exécution par Berlin. Au milieu, porcelaine dure. Décor en dorure, composition de Claude, exécution par Freyssinge. A droite, porcelaine dure, décor en sous-glaçure, composition de Claude, exécution par Prunier

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DEUX PIÈCES D'UN SERVICE DE RAPIN POUR M. MASSÉNA (PERRIER ÉDITEUR) sans façon qui, depuis plus de deux siècles, se fabrique à Montereau, atteint dans ces ateliers une qualité onctueuse, dont l’exceptionnelle finesse donne des tons chauds pleins d’attrait, la rend agréable à l’œil et au toucher. Avec M. Bataille, l’un des plus avisés dirigeants de cette entreprise, examinons les procédés de décoration — car la fabrication même, pas plus que celle de la porcelaine, ne varie point depuis de nombreux lustres, en dehors des soins particuliers, de l’habile tour de main qui précisément en font la qualité. Là encore nous allons nous trouver en face de considérations analogues à celles de tout à l’heure. Après une première cuisson qui produit une matière beaucoup plus résistante déjà que le biscuit de porcelaine, le motif décoratif peut être posé sur les pièces par trois procédés différents : par la gravure et le décalque, à la main ou au pochoir. Or la gravure qui nécessite des pâtes colorantes délayées à l’essence veut une cuisson supplémentaire pour le “dégraissage” ayant la cuisson définitive. L’intervention de l’or en entraîne une de plus. La gravure n’est donc utilisée que pour une production de luxe. Le procédé au pinceau qui oblige l’ouvrier à se faire la main pour chaque série de motifs, afin d’obtenir une suffisante célérité, ne se pratique ASSIETTE A POISSON Modèle de Goupy. Rouard, éditeur SERVICE DE TABLE, MODÈLE DE RAPIN Edité par les Faienceries de Choisy-le-Roi, Creil, Montereau

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SERVICE DE TABLE "TILLERAIE", PAR MARCEL GOUPY (ROUARD, ÉDITEUR) Décor sous émail jaune, vert et rouge guère que pour certains décors, généralement d'aspect rustique, auxquels il prête une évidente saveur. Et c'est le pochoir avec ses couleurs à l'eau qui triomphe. Il s'emploie du reste à Montereau avec une remarquable habileté, tantôt à la brosse — l'ouvrier brossant chaque couleur sur les cartons ajourés — tantôt à l'aérographe, très perfectionné dans ces ateliers — l'ouvrier projetant avec une pipe les pâtes colorantes sur d'identiques cartons. Mais, on le comprend, du procédé même naît la conception du modèle. Le pochoir exige de larges à plats coupés par les "tenoins" qui d'ailleurs jouent dans le décor. Pour ne point multiplier les cartons, il faut limiter le nombre des coloris. De là des motifs simples, nets, largement stylisés. Avec leurs tonalités claires et parfois vigoureuses, ils plaisent au public d'aujourd'hui qui, délaisissant la monotonie des décors désuets, témoigne d'un goût marqué pour ces recherches modernes. Établis par les ateliers artistiques de l'usine même, sous la direction de M. Faugeron ou par les artistes qui travaillent pour les maisons clientes, tels que MM. Jean Droit, [Montagnac, Rapin, ils] se répandent de plus en plus. Voyons maintenant un de ces artistes. S'ils obéissent d'abord aux SERVICE "TILLERAIE" Pièce détachée Rouard, éditeur SERVICE "VERSAILLES" PAR HERMANN-PAUL Décor en bistre foncé sous émail, faïence ivoire. Rouard, éditeur

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SERVICE A PORTO, DÉCORÉ NOIR ET OR, PAR JEAN LUCE conditions techniques que nous venons d'étudier, leur sensibilité guide aussi leurs inspirations. De quel côté la mène-t-elle? M. Maurice Dufrène qui dirige les ateliers de la Maîtrise, aux Galeries Lafayette, va nous répondre. Il compose lui-même, ou fait composer sous son contrôle, des formes et des décors. Jusqu'ici nous ne nous sommes pas occupés de la forme. C'est que la forme se renouvelle fort peu, et cela pour deux raisons : la destination des pièces d'un service n'a pas changé depuis qu'une sage expérience les a faites telles qu'elles sont. En outre, l'établissement d'une forme nouvelle oblige à de longs tâtonnements et à la construction d'un matériel coûteux : moules et calibres pour chaque type d'assiette et pour chaque pièce, qu'elles s'obtiennent au four ou par le moulage. ASSIETTE EN PORCELAINE Décorée or et brun par Jean Luce ASSIETTE EN PORCELAINE Décorée or et platine par Jean Luce SERVICES DE TABLE EN FAIENCE, PAR JEAN LUCE A gauche, fond jaune mais, décor rouge vermillon. A droite, fond gris, décor rose et vert

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SERVICE "LA ROSE", DE MARTIN Création de "La Crémallère". Verrerie de Venise Les formes exceptionnelles ne permettent pas toujours de récupérer ces frais considérables comme les formes courantes, dont le décor peut varier l'aspect à l'infini. On se borne le plus souvent à modifier des anses, une poignée. Pour les assiettes, c'est surtout une question de "marly" qu'on fait plus large, plus étroit ou qu'on supprime tout à fait. M. Dufrène vient de créer un nouveau service. Il a imaginé un double marly. Son œil d'artiste y voit une amusante succession de courbes. En plus, il est permis d'y trouver un but utilitaire. La surface intermédiaire peut recevoir les épluchures qui d'habitude, se logent tant bien que mal au bord de l'assiette. Quant au décor, tout en lui gardant le caractère de sobriété que nous avons noté déjà, l'esprit inventif de M. Dufrène ne "LES LORIOTS" de Jean Droit SERVICE ÉDITÉ par "La Crémallère" ENSEMBLE DE TABLE RÉALISÉ PAR "LA CREMAILLERE" Service en porcelaine "Palmier", de Jean Droit. Verrerie de Venise. Serpents de Jean Van Dongen. Coupe de Jean Bernard