Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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LES ECHOS DES INDUSTRIES D'ART GRAND BAHUT DE SALON E. RUHLMANN LAQUE DE J. DUMAND (MOTEL D'UN COLLECTIONNEUR AUX ARTS/DECORATIFS) N°3 SEPTEMBRE 1925

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--- CREATIONS MODERNES ÉDITÉES PAR LA GERBE D'OR À PARIS PIERRE CARREL Ce curieux dessin de Pierre Carrel, illustre la couverture d'un album de bijoux modernes édité par la Gerbe d'Or. Il contient l'exposé d'une idée nouvelle et si vous en faites la demande 86, Rue de Rivoli, à Paris, vous courrez la chance de garder de l'Exposition des Arts Décoratifs un souvenir précieux.

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LES ECHOS DES INDUSTRIES D'ART SOMMAIRE PAGES - LES MEUBLES RATIONNELS, par Guillaume JANNEAU 7 - LES BELLES CHAMBRES A COUCHER A L'EXPOSITION, par Gabriel BOISSY (Chambre de Monsieur, de Madame, de jeune fille, d'enfant) 9 - LES BELLES SALLES DE BAINS 21 - L'ORFÈVRERIE BELGE A L'EXPOSITION 25 PAGES - LES BEAUX TISSUS 24 - EST-CE UNE RENAISSANCE? - Réponses de M.M. Emile RUHLMANN, F. POMPON, André LHOTE, MALLET-STEVENS, DEJEAN, Y. RAMBOSSON, Van DONGEN, L. FOREST, P. PATOUT, Marcel L'HERBIER, Fernand DIVOIRE, Pierre MILLE. - ET PUIS... VOICI DES ECHOS 32 --- F. BARBEDIENNE 30 Boulevard Poissonnière, Paris Michel Roux-Spitz, architecte --- UN HALL D'ATTENTE POUR UN MINISTÈRE DES BEAUX-ARTS présenté par F. Barbédienne à l'Exposition des Arts Décoratifs --- LES ECHOS DES INDUSTRIES D'ART REVUE MENUELLE SONT ENCARTEES GRATUITEMENT DANS LES ECHOS LA GRANDE REVUE COMMERCIALE FRANÇAISE PARAINANT TOUS LES MERCREDIS 2 ET 4, RUE MARTEL, PARIS, 10° TÉL.BERGÈRE 48-07 et la suite 54-51 et la suite L'ABONNEMENT AUX ÉCHOS DONNE DROIT AU SERVICE GRATUIT DES ÉCHOS DES INDUSTRIES D'ART PRIX DE L'ABONNEMENT FRANCE,BELGIQUE,IAN 50€ ÉTRANGER ≡ IAN 80€ PRIX DU NUMÉRO: 5 FRANCS VENDU EXCLUSIVEMENT AUX ABONNÉS

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LES ECHOS DES INDUSTRIES D'ART LES LEÇONS DE L'EXPOSITION Les Meubles Rationnels par GUILLAUME JANNEAU Le meuble moderne exprime une esthétique nouvelle mais aussi des programmes nouveaux ; des modes nouvelles, mais aussi des besoins nouveaux. Sous Napoléon III, régnait le capiton : une technique de confort bourgeois, de nonchalance féminine, d’élégance voluptueuse. Aujourd’hui triomphe la forme droite, rigide, un peu sévère. L’ameublement d’hier était spécialisé : la plupart de ses éléments avaient une affectation exclusive : témoin la salle à manger, témoin l’armoire à glace, innocent objet des invectives de Barbey d’Aurevilly. L’armoire à glace répondait aux besoins d’une certaine société : sédentaire, éprise de la vie familiale, de la richesse et du luxe cossu. La société qui la remplace vit tout autrement. Elle voyage beaucoup, elle croit à la science, à l’hygiène, aux vertus régénératrices du sport, aux microbes, et n’a plus de domestiques : toutes bonnes raisons pour simplifier son mobilier. À ce monde nouveau, il faut un décor fait à sa mesure et conforme à ses vrais besoins. Quelles en sont donc les caractéristiques ? La production contemporaine est trop mêlée pour qu’en apparaissent d’emblée les diverses tendances. Une formule d’ameublement ne cède pas immédiatement la place à l’autre ; elle n’est pas démodée simultanément pour toute la clientèle ; d’ailleurs, de toutes celles qui s’élaborent dans le même temps pour se démoder bientôt après, à laquelle accorder crédit ? Des nouveautés qui sollicitent l’intérêt de l’élite, les unes sont d’ordre esthétique, témoin les laques de Jean Dunand, les lampadaires en tôle de Pierre Chareau, les galuchats d’André Groult ; d’autre part, l’architecture, la disposition, la structure de certains meubles expriment un programme qui, lui, est nouveau. Une armoire à glace en laque à décor géométrique n’est pas un meuble moderne : un meuble moderne, c’est la commode à tirettes multiples et plates que l’on fait aujourd’hui. Il viendra certainement un temps qui n’aura plus du meuble la notion décorative et précieuse que nous en avons : temps qu’annonce Le Corbusier, Nabidel l’Esprit Nouveau. Le meuble suivra l’évolution que suit déjà l’éclairage, lequel échappe à l’artiste pour relever de l’architecte. Les rampes lumineuses refléchies par les plafonds, ou logées dans des coquilles BUREAU-BIBLIOTHÈQUE, PAR P. CHAREAU (Apartement privé de l'Ambassade Française à l'Exposition)

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de verre ouvragées encadrant les parois intérieures; les installations qui comportent des dalles-écran suspendues sous les plafonds réflecteurs indiquent le sens d'une transformation profonde du décor intérieur. Une bonne partie du mobilier paraît destinée à disparaître, supplée par des placards. C'était là l'ancienne formule, qui, d'ailleurs, subsiste en province. L'ameublement d'autrefois complétait ses "cabinets" et ses garde-robes par un mobilier meublant, des plus succints : quelques sièges, des coffres et des tapisseries, véritables cloisons mobiles, indispensable adjuvant de l'architecture. L'ameublement moderne renouvelle ces judicieuses méthodes. D'abord, nous n'avons plus besoin des profondes armoires où s'amassaient les "trousseaux" dont nos mères-grand tiraient orgueil : la mode rend vains ces amoncellements de richesses, régnant sur les "dessous" comme sur les chapeaux. Les buffets ? On n'en fait plus. Personne n'a plus de vaisselle ; il n'y a plus une famille qui puisse composer, avec son argenterie personnelle, l'équivalent du plus modeste "buffet de parade" de jadis. Un dressoir à tirettes plates suffit à recueillir le "service" normal : on voit un de ces meubles, simple, sobre, discret, dans le stand du Danemark, sur l'Esplanade ; il est l'œuvre de M.M. Fritz Hansens et J. Iversen. Les tirettes plates sont logiques. Leur commodité satisfait, non seulement notre hâte et le sentiment que nous en avons, mais surtout notre goût de l'ordre et de la clarté. Nous trouvons, à regarder ces meubles bien étudiés, ou les mallettes à compartiments de M. Louis Vuitton, le même plaisir que nous donnent les machines, dont les organes, puissants et robustes, occupent le minimum de place. Comment n'avait-on jamais imaginé ces améliorations? Seuls, les admirateurs inconsidérés du Passé pourraient se poser la question. La construction du meuble moderne exige une perfection technique, un ajustage, une précision d'exécution qui sont propres au travail mécanique. En effet, la plupart des vieux meubles sont de simples décors : des carcasses grossières, à peine équarries, recouvertes d'un beau placage. Les meubles modernes, au contraire, sont faits avec autant de soin à l'intérieur qu'à l'extérieur. Dressoir et commode à tirettes plates sont donc deux types du meuble moderne. Fait à noter : la commode a quitté la chambre à coucher pour la salle de bains, l'une des pièces capitales de l'appar- tement moderne, et l'objet des recherches de parfaits artistes: Pierre Chareau, Francis Jourdain, Ruhlmann, Eric Bagge, Mallet-Stevens, Alfred Levard. Pierre Chareau même, a réalisé — ce furent ses débuts au Salon d'Automne — un meuble séchoir dans la construction duquel se manifeste avec autorité la haute intellectualité d'un artiste dont le seul défaut, qui lui ferait encore honneur si c'était un défaut, serait de mettre trop d'idées dans la solution des problèmes qu'il traite. Il n'est pas possible, en effet, d'aborder l'étude du meuble rationnel sans prononcer les deux noms de Pierre Chareau et de Francis Jourdain. Peu de talents sont pourtant plus dissemblables. L'un est épris du rare et du subtil ; l'autre est naturellement simple. Pierre Chareau résume, condense, concentre, exalte. Francis Jourdain dépouille, filtre, décante. La clarté, pour l'intelligence aiguë et le goût sûr du premier, est une réussite et le résultat, d'ailleurs infaillible, d'un effort. Il serait impossible au second d'être compliqué : il va d'instinct aux solutions objectives. On aimerait trouver, à l'Exposition, l'une des manifestations de ce lucide et charmant talent, comme sa coiffeuse à combinaison, ingénieux meuble dont le volet, en s'abattant, découvre des tiroirs à développement latéral et libère un miroir à trois faces. Toutes ses dispositions sont étudiées pour la commodité. C'est là l'équivalent de ces chefs-d'œuvre des vieux ébénistes qu'on appelait les meubles à secret. Il est assez remarquable que l'art de Pierre Chareau s'applique généralement à des meubles masculins. On se rappelle le beau bureau d'ébène mat qu'il exposa, voici quelques années, au Salon d'Automne. Celui qu'il a composé pour l'idéal ambassadeur de la galerie des Métiers, n'est pas moins parfait. Poli, lustré comme une cornaline, élégant, mais discret, il enferme tous ses accessoires dans des niches munies de volets, et, pour la commodité, fait pivoter ses tiroirs dans le sens latéral. Nous voici loin des meubles, qui, sur des données banales, dessinent des compositions de mode. Il ne s'agit plus ici de suivre un goût décoratif passager, mais de déduire, de conditions objectives nouvelles, des plans et des dispositions pratiques nouvelles. GUILLAUME JANNEAU. BUFFET-DRESSOIR DE LA SALLE A MANGER DANOISE PAR A.-J. IVERSEN ET FRITZ HANSENS

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Les Belles Chambres à Coucher à l’Exposition Entre toutes les pièces de l’appartement du plus “moderne” esprit, il semble bien que la chambre à coucher soit la moins sujette à de profondes modifications. Rien de nouveau dans le problème qu’elle doit résoudre. Aujourd’hui comme jadis il ne s’agit que d’offrir un lieu de repos. Le salon, le cabinet de travail, le hall et même la salle à manger subissent plus directement, plus fortement, les effets de la transformation des mœurs. Dans l’intimité de la chambre à coucher, celle-ci s’atténue. Point de meubles de thèmes inattendus et de destination nouvelle. Moins de fantaisie dans la conception ou de bizarrerie dans la décoration. D’une part, aucun besoin ne les appelle et, d’autre part, en tel lieu, aucune osten- CHAMBRE DE MADAME À “L’AMBASSADE FRANÇAISE” PAR ANDRE GROULT Lit en galuchat, pieds en ivoire. Commode en galuchat lapis-lazuli. Vitrine en galuchat et amazonite. Table de chevet en palissandre et amazonite. Sièges en galuchat, garniture en velours gaufré. Tentures murales en damas de soie.

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Pendule, par L. Mourdedieu, éditée par "La Gerbe d'Or" Par son sujet qui symbolise l'espoir dans le jour qui se lève et le repos en confiance, cette pendule est tout indiquée pour une chambre à coucher. Chambre de Dame, par E. Kohlmann, éditée par Le "Studium" Boiseries en sycomore et palissandre vernis, meubles en palissandre verni, sièges en palissandre recouverts de soierie. Sculpture de Léon Leyritz. Peintures de Louis Bouquet, Store de Mlle Max Vibert. La pièce surélevée est un bureau de dame.

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tation, aucun goût d'étonner ne les excu- seraient. Autour du lit, l'armoire, la coiffeuse, le fauteuil bas restent tradi- tionnels et, seule, la psyché ou la table de nuit favorisent quelques innovations. La psyché se double souvent d'un ou de deux petits meubles à tiroirs. Elle se combine même avec la coiffeuse. Elles s'accro- mode avec l'armoire. Et parfois, dans les vantaux de celle-ci, nous retrouvons, pour l'usage personnel, le jeu de glace des salons d'essayage. Quant à la table de nuit, elle tend à disparaître, remplacée le plus souvent par une tablette d'appui, double pour le lit à deux personnes et qui n'est plus d'ailleurs qu'un support pour le livre, la lampe ou le flacon, la salle de bains contiguë ayant rendu superflues les "utilités" pittoresques de cet accessoire vétuste. Ce sont là les différences matérielles de la chambre à coucher nouvelle avec celle de nos grands-parents. Il en est une autre, la principale, mais d'ordre psychologique: le lit bas, le lit-divan a entièrement sup- LAMPE ÉDITÉE PAR "HENRY A LA PENSÉE" Lampe en bois décoré à la main. L'abat-jour en parchemin est à la fois un réflecteur et un tamiseur de lumière parfait. planté le lit surélevé. S'il y a surélévation elle se présente sous la forme de gradins, la main de la personne étendue pouvant CHAMBRE PAR RENE PROU, ÉDITÉE PAR "L'ART DU BOIS" Simple de lignes, comme tous les meubles de René Prou, le mobilier de cette chambre en oguéminia, marqueterie ivoire, filets étain et bois noir, contraste heureusement avec la floraison du décor. Est-ce là le style moyen pour fortunes moyennes tant désiré?