Extrait
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
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LE CHANTEUR POPULAIRE. — COLLECTION DU DR GROSSI. — MILAN.
ALESSANDRO MAGNASCO
Vivant dans le monde des signes et des figures, l’artiste peut s’établir par choix, ou plus encore par nature dans l’un ou l’autre de ces deux hémisphères : celui de la raison, celui de l’imagination.
Dans le rationnel il sera Raphaël, Vélazquez, David, Dominique Ingres. Dans l’imaginaire, Tintoret, le Greco, Goya, Delacroix.
Mais si cette attraction, ou cette fatalité, l’a fait vivre, ou naître, dans le monde tour à tour ou simultanément éclatant et ténébreux, extatique et diabolique, désespéré et fou de joie, de l’Imaginative, il ne saurait y rien faire à demi. Dans ces régions, il ne peut s’arrêter, il ne saurait aller trop loin. C’est ce qui fait que nous ressentons avec lui une sorte d’ivresse : c’est la sienne qu’il nous communique, et s’il y a quelque chose d’absurde dans nos rapports avec son œuvre, c’est quand nous nous avisons de la discuter ; alors l’absurdité est de notre côté seulement.
Toutefois cette destinée ne va pas sans périls, et l’un des pires est d’être méconnu, ou confondu avec les ratés, les simulateurs et les avortons. Les spectateurs ont pu s’y tromper : porter aux nues un simple grimacier, méconnaître un poète exquis ou magnifique. Mais cet art a tout de même ses sauvegardes, et il est des pierres de touche pour en éprouver la qualité. C’est à nous de ne pas confondre le transformé avec l’informe, le saugrenu avec le lyrique, l’incohérence avec la logique de l’étrange.
Enfin l’écueil contre lequel font naufrage les vrais fous ou les contrefacteurs de l’imaginaire, c’est de faire rire quand ils ont cherché à provoquer le frisson, et de nous écœurer quand ils ont pensé nous faire rire.
Tôt ou tard les vrais, les rares, les merveilleux, lorsqu’ils ont été incompris, redeviennent l’objet de nos plus vifs plaisirs, ou de nos exaltations les plus pures. Ce fut pendant bien longtemps le cas du Greco. Dans une région moins souveraine, mais délicieux de fantaisie instinctive, vrai créateur de ses rêves, délirant avec délices dans ces songeries qu’il promène en pleine et luxuriante nature ou bien dans des ruines, masures ou palais extravagants et pourtant vraisemblables, émouvant parfois dans ses élans fantasques, — tel est Alessandro Magnasco, de qui le procès est pleinement en voie de révision. Grâce à de persévérants passionnés, ses œuvres reviennent à la lumière, excitant notre curiosité et prêtant à mille découvertes quant à leur conception si personnelle et leur exécution sorcière ; les musées cessent de les reléguer dans les places obscures ou simplement dans les greniers. Notre époque de libre critique et de large acceptation
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TRAPPISTES PÉNITENTS — COLLECTION ITALICO BRASS. — VENISE.
l'aura mieux goûté et compris que la sienne propre.
Ne cherchons pas à excuser celle-ci, ni même celle qui le méconnut dès la fin de sa carrière. Il subissait déjà des causes d'erreurs et de confusion. Le médiocre Tempesta attirait l'attention à son détriment. Beaucoup de ses ouvrages passaient sous le nom prestigieux de Salvator Rosa. De plus enjôleurs comme Ricci, Guardi, Tiepolo, l'éclipsaient : leurs bouquets de fleurs faisaient paraître encore plus grise sa sobriété pourtant si riche dans ses effets. Quoi qu'il en soit, puisque nous nous sommes enfin pris de goût pour lui, plaidons non pas pour Magnasco, mais pour nous-mêmes.
Première particularité, il est à cheval sur deux siècles, né en 1667, il a vécu jusqu'en 1749, ce qui fait que l'on peut retrouver en lui les échos d'un comique particulier au XVIIe siècle, et ceux des élégances légères qui éclosent avec le XVIIIe. Ainsi il demeurera fantasque dans ses minutes de grâce, et désinvolte dans ses heures de frénésie.
Fils d'un peintre de Gênes, oubliable et oublié, il est orphelin à cinq ans. À dix ans, sa mère le confie à un ami, marchand génois qui le conduit à Milan. Il y passera presque toute sa vie désormais, et il en recevra toute l'influence. Influence d'époque et d'ambiance, de cette ville sensuelle avec dévotion, dévote avec sensualité, luxuriante, épanouie, galante, musicale, et dont on comprend si bien que Stendhal ait été passionnément épris tout en s'étonnant que son œuvre admirable demeure si sèche et rationnelle.
Alexandrino ou, encore plus en diminutif, Lissan-drino, — il est de petite taille, comme l'abbé Galiani, et il a cette dextérité native et cet esprit jusqu'au bout des doigts des petits hommes, — a pour maître, déjà, un emphatique, l'Abbiati. Vite il se tire d'affaire par des portraits. (Ceux-ci, quoi qu'en petit nombre, sont encore à retrouver et à mettre en lumière comme le reste et la majeure partie de son œuvre l'est maintenant). Bientôt, il s'adonne à son goût pour le caprice, et ses petites peintures en foule s'échappent de ses doigts, paraissant avoir amusé plutôt que ravi comme elles eussent dû faire, ses contemporains.
Des couturières et des religieuses, des moines bruns
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CORTÈGE NUPTIAL. — KAISER FRIEDRICH MUSEUM. — BERLIN.
LE CHANTEUR POPULAIRE. — COLLECTION CHIEZA. — MILAN.
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LE BARBIER.
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ou blancs, des processions, des prédications, des exorcismes des scènes de brigandage, des corps de garde, des montreurs de curiosité, des chanteurs ambulants, les badauds en guenilles, les commères, les enfants et les chiens qui forment leur public ébahis; parfois des fêtes, plus relevées, de dames en atours, marquises équivoques ou le paraissant, ou bien compagnes de bandits, festoyées par des seigneurs dégingandés, dans des campagnes ébouriffantes ou des palazzi délabrés. Tel est le monde innombrable, fourmillant, trépidant, disloqué, infatigable, et qui, au rebours des Bergamasque de Verlaine, a terriblement « l'air de croire à son bonheur », ou dans les autres cas nombreux, à sa damnation comme à sa pénitence, oui, tel est le monde inépuisable, que Magnasco ne se lassera pas de faire apparaître sous l'irrésistible dictée de son humeur, de tirer de sa palette simplifiée, d'agiter du bout d'un pinceau qui semble marcher tout seul.
Monde qui à travers tout un siècle continue la ronde endiablée des pantins, aventuriers, bohémes, comédiens, coquecigrues, ermites et cla- quepatins de Jacques Callot, et qui peut-
RELIGIEUSE AU TRAVAIL.
COLLECTION PRIVÉE.
LE RÉFECTOIRE. — MUSÉE CIVIQUE. — BASSANO.
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LE CHANTEUR POPULAIRE.
COLLECTION GATTI CASAZZA. — MILAN.
PAYSAGE AVEC DES MOINES BLANCS.
COLLECTION ITALICO BRASS. — VENISE.
être est de leur semence.
Au surplus on peut trouver d'autres parentés ou affinités à notre peintre, car si original qu'on soit il faut bien avoir eu des parents ; et même si on n'avait pas des analogies, sous des apparences très différentes, avec d'autres humains, on serait un monstre, c'est-à-dire rien du tout. Nous avons eu dès l'abord tout à l'heure à l'esprit le nom de Salvator Rosa qui le précède d'un demi-siècle. On pourrait dire que le grand Caravage, qui est de tout un siècle antérieur, n'est pas pour rien dans la floraison de cette branche folle, issue de son tronc massif et sourcilleux. Peut-on encore qualifier Magnasco d'homunculus de Ribera, ou bien de lutin ayant voltigé dans un des rêves vertigineux de Tintoret ? Enfin noterons-nousqu'il naît l'année qui suit la mort de Guerchin et seulement deux ans après cet autre ensorcelant et encore trop mal apprécié Giuseppe-Maria Crespi ? Sans doute nous indiquerons tout cela comme pour une analyse chimique on relève des traces dans un composé, et plutôt pour situer Magnasco dans sa patrie véritable et parmi ses divinités protectrices, aieux, frères plus ou moins naturels, ou petits-cousins à la mode d'Italie. Mais point à la mode flamande, quoique les
FRÈRES NOVICES.
COLLECTION ITALICO BRASS. — VENISE.
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LE PARLOIR AU COUVENT.
COLLECTION ITALICO BRASS. — VENISE.
grands visionnaires de Bruges et d'Anvers se situent, comme notre Magnasco, dans l'hémisphère de l'imaginatif et du chimérique. Entre le fantastique de Jérôme Bosch, de Breughel, le familier de Brouwer et de Jan Steen, et le caprice léger, l'improvisation véhémente et théâtrale, véritable commedia d'all'arte de la peinture, qui fusent si naturellement sous le pinceau de Lissandrino, aucune commune mesure. Même en mettant à part le chapitre des moines et des ermites, qui ne fournit guère à nos Flamands et Bataves que des tentations de Saint-Antoine et des combats d'anges rebelles, ils sont patients, luxueux, bijoutiers amoureux de la matière tandis que lui, faisant passer sa verve avant les moyens employés pour la soulager, paraîtrait au premier abord en tant que peintre, presque indigent.
Lorsque l'on y regarde de plus près on voit, au contraire, que sans peindre comme eux avec des pierres précieuses broyées, il tire de grandes richesses des trois tons qui lui suffisent pour galoper à travers son rêve : son vert pour les arbres, son gris doré pour les fonds et son bleu pour le ciel, et à peu près la même gamme pour les scènes d'intérieur. Ainsi peut-on évaluer toute la distance, pensée et ressources, entre les imaginatifs recueillis du Nord et les chiméristes impulsifs du Midi.
Ce qui est curieux, c'est que l'Italie excentrique et réelle, splendide et misérable, l'Italie de musique, de prières, d'aventures et d'exaltations à cette époque — mettons que ce n'était pas toute l'Italie, mais seulement une partie amusante et typique, — ne se reconnut pas finalement dans l'œuvre de Magnasco. Elle admettait l'emphase et la convention des descendants dégénérés des Carrache, mais le tressaillement de cet émancipé, vers la fin de sa carrière, la déconcerta.
Quel dommage que chaque peintre personnel n'ait pas eu, comme nous en avons (trop) aujourd'hui, son biographe et son in-quarto qui ne nous laisse rien ignorer de sa vie artistique — et privée ! La notice, d'ailleurs opportune que lui consacra son contemporain Ratti tient en quelques pages. Nous devons donc à notre tour, nous contentant de quelques faits qu'elle conserve, nous faire à notre tour imaginatifs pour nous représenter cette vie et ce monde mouvementés. Les mémoires de Casanova et les comédies de Gozzi et de Goldoni, les voyages du président de Brosse nous y aident à merveille.
Pour en finir avec l'histoire même, nous savons que Magnasco ne fit en dehors de sa ville d'adoption qu'un séjour à Florence, où il exécuta, pour Jean-Gaston de Médicis, des paysages qui sont au Palais Pitti, et où il épousa une Génoise. Plus tard, sur les instances de sa fille qui s'était mariée à Gênes, il retourna (en 1735) dans sa ville natale, où il mourut en 1749. Hélas ! le goût avait changé. On le trouvait trop différent des fignoleurs qui étaient devenus en vogue. D'ail-
À L'AUBERGE.
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SCÈNE DANS UN PARC. — PALAIS BLANCO. — GÊNES.
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leurs, ses dernières années furent stériles ; ses mains, qu'il apostrophait avec fureur, lui refusaient le service. Mais, trait qui nous charme, le vieux peintre retrouvait, en présence des chefs-d'œuvre de son art, un enthousiasme juvénile qui lui rendait la parole éloquente et les yeux fulgurants.
Et nous voici maintenant en présence d'une œuvre qui ne fait que ressusciter et grandir. Cela grâce à quelques esprits indépendants et avertis. Celui d'entre eux qui a joué le plus important et le plus beau rôle dans cette résurrection est sans contredit le peintre Italico Brass, lui-même si entraînant et si vibrant artiste, joignant au sens de la vie la plus riche couleur. Italico Brass a été, on peut le dire, le véritable annonciateur, l'apôtre de Magnasco. C'est lui qui a réuni la plus étonnante collection de ses œuvres, qui a su discerner les analogies et les différences entre Alessandro et ses contemporains, comme Ricci par exemple, ainsi que son influence sur certains de la génération suivante, tels que l'adorable Guardi, qui semble avoir trempé ses brosses dans les mêmes pots de peinture que le Génois-Milanais, ou que Tiepolo qui lui a visiblement emprunté son histoire de Polichinelle. Grâces soient donc rendues au Vénitien du xx° siècle qui a rendu la vie du Génois (ou Milanais) du xviii° !
Passer une revue de la troupe et des décors est à peu près impossible, Magnasco les variant à l'infini. Comme tous les grands artistes il se renouvelle sans cesse sur un petit nombre de thèmes; on y prend toujours le même plaisir qu'à regarder un filet d'eau torrentueuse coulant sur un lit coloré ; les effets, le mouvement, le bouillonnement, avec les mêmes éléments changent plusieurs fois et à la fois dans l'espace d'une minute. Dans ces tableaux, petits ou grands (il en est de très grands et considérablement peuplés) les mêmes actions se reproduisent souvent avec des gestes différents, des accessoires qui changent toute la scène, un renouvellement d'entrain et dejoie,
Par exemple, ces tableaux d'une vie monacale tantôt en plein air, tantôt dans des intérieurs de couvent démesurés, sont une des plus étonnantes hantises du rêveur. La Bibliothèque qui semble un croquis en marge de Tintoret ; les frères se chauffant autour d'un énorme brasier en plein milieu d'une salle, où l'on ne peut expliquer que par un miracle que l'incendie ne grille ces pieux énergumènes et ne dévore tout le monastère ; ces capucins damnés qui parodient les offices et les prosternements parmi des diablotins beaucoup moins rassurants (et heureusement moins consistants) que ceux de Breughel et de Téniers ; le Réfectoire où les tables fumantes s'étendent à perte de vue, tandis que des domestiques grimpent, pour allumer les chandelles, à des échelles vertigineuses ; — d'autre part les méditations exaltées des pères blancs, en pleine campagne, vraiment ferventes et poignantes ; puis aussi cet exceptionnel et vraiment gracieux tableau des religieuses à l'ouvroir, tressant, filant, dévidant, qui, rappelle singulièrement les fameuses Hilandieras de Velazquez.
Puis, les tableaux d'aventures ou de vie normale, attaques de mauvais drôles ; repas dans les auberges délabrées ; assemblées élégantes dans la campagne ; gens qui se baignent, mais naturellement ne peuvent se baigner que dans une tempête ; fêtes galantes comme ce Cortège nuptial qui est la plus folle mascarade qu'on puisse voir ; scènes familières où la plus simple occupation s'exagère comme dans ce petit tableau du Barbier qui semble plutôt un valet de torture ou un chirurgien frappé de démence ; grands paysages aux arbres en panache, ou fracassés par une rafale qui fait partie de la troupe, avec des lavandières qui rincent dans un torrent ; ou bien avec des scieurs de long, des saints ou des vagabonds.
Ah ! comme tout cela est amusant !...
Et quelle belle note d'art, libre et sonore !... Seulement... Magnasco manque au Louvre, totalement. Si jamais Italico Brass pouvait... Mais ne faisons pas, nous aussi, des rêves impossibles. Jamais nous n'aurons de tels et si nombreux ouvrages de Magnasco, que Florence, Venise, — et Dresde, Vienne et Berlin. Ce que c'est que d'avoir, à certaines époques, manqué d'imagination !
ARSÈNE ALEXANDRE.
COLLECTION ITALICO BRASS. — VENISE.
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HONORÉ FRAGONARD
LA NAISSANCE DE VÉNUS.
CL. HEIRIEIS
LE MUSÉE LABADIÉ GROBET À MARSEILLE
Habent sua fata... » N’est-ce pas une juste et prévoyante Providence qui a fait que, dès son acquisition, M. Grobet a placé à l’entrée du vestibule de son hôtel, ce délicieux bas-relief du xiiie siècle ? Il montre, sujet classique entre tous, des anges présentant, au Jugement Dernier, deux âmes déjà parées de la couronne des élus. Ne serait-ce pas la gratitude des visiteurs qui a ciselé ces couronnes, en faveur de ceux qui ont offert ce Musée à la ville de Marseille ? M. et Mme Grobet ont employé leur vie, avec un inlassable zèle, à composer ces collections. Le premier, musicien du plus grand talent, artiste consommé, peintre aussi, collectionneur savant et avisé, a eu en Mme Grobet une collaboratrice de tous les instants. Celle-ci, élevée par un père profondément artiste lui aussi, sensible qu’elle était, plus que qui que ce soit, aux sentiments élevés que peuvent à la fois faire naître et l’amour de l’art et la délicatesse du cœur, a voulu, quand la mort a frappé cette maison, élever à la mémoire de son mari un impérissable monument fait de la reconnaissance de ses concitoyens, en offrant ces collections et l’hôtel qui les contient, à leur ville natale.
Vouloir résumer en peu de lignes la description des trésors de ces collections, c’est s’étendre sur un lit de Procuste toujours trop court : dans les 2.000 numéros que contiendra le catalogue, comment choisir ? il y aura trop peu d’élus.
Dans le hall d’entrée, une sainte Madeleine de l’École de Champagne, une Vierge du Couronnement, un extraordinaire tapis hispano-moresque attirent, entre mille choses, toute l’attention. Mais on est sollicité par la galerie du rez-de-chaussée avec son admirable console en fer forgé Louis XIV à dessus chantourné, en brèche violette et ses deux grandes verdures du xviie siècle. Elle
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CL. HEIRIENS
LE MAITRE DE LA MORT DE LA VIERGE.
LA VIERGE, L'ENFANT ET UN DONATEUR.
conduit dans le grand salon tendu de panneaux d'Aubusson Louis XVI à médaillons à petits personnages ; le mobilier d'Aubusson, à décor aux fables, se masse harmonieusement, complété par mille petits meubles, sur un grand tapis de la Savonnerie.
La salle à manger lui fait face, vêtue d'une boiserie Louis XV provenant de l'hôtel de Staplande à Amiens : au centre, sous un dôme de verre, la table est servie en anciennes faïences provençales : huiliers de Robert, écuelles à petits personnages de la veuve Perrin, couteaux à manches en Moustiers et enfin assiettes en trompe-l'œil présentant, modelés, en relief, les objets qu'elles auraient dû véritablement contenir : fruits, coquillages, légumes ou compotes nageant dans un sirop d'émail.
C'est sous le règne de Louis le Bien-Aimé qu'a été exécuté le mobilier du boudoir voisin. Les bois peints et dorés sont recouverts en tapisserie de Beauvais à petits personnages et des panneaux de la même fabrique. Le Colin-Maillard, La Main-chaude, La Cueillette des fleurs, La Cueillette des fruits font valoir la console dorée et la commode ventrue à bronzes et en marquerterie qui complètent cet arrangement.
A côté est une salle de sculpture où sont groupés des chapiteaux romans
CL. HEIRIENS
GUSTAVE RICARD.
LA DAME A LA COLLERETTE BLANCHE.
CL. HEIRIENS
MONTICELLI.
LA PARADE DES SALTIMBANQUES.
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RASPAL. — PORTRAIT D'ARLÉSIENNE.
NEUFCHATEL. — [PORTRAIT].
DEVOS. — L'ENLEVEMENT D'EUROPE. — TAPISSERIE.