Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE Juillet 1926 SOMMAIRE ARSÈNE ALEXANDRE. Les Sommets mystiques de Colmar. — Grünwald et Schængauer. 7 Illustrations. GEORGES DELAHACHE. La Cathédrale de Strasbourg. 9 Illustrations et 1 Hors-texte. HANS HAUG. L'Alsace et l'Art du XVIIIe Siècle. 10 Illustrations et 1 Hors-texte. PAUL BOURSON. A travers l'Alsace. 15 Illustrations. LOUISE FAURE-FAVIER. L'Alsace vue du haut du Ciel. 4 Illustrations. ARSÈNE ALEXANDRE. Fantaisie sur le Palais de Bois. 17 Illustrations.

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Jeanne Lanvin Couture, Mode, Fourrures, Lingerie 22, Faubourg Saint Honoré, Paris.

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GASPARD ISENMANN. SCÈNES DE LA PASSION. — MUSÉE DE COLMAR. SCENES OF THE PASSION. — COLMAR MUSEUM. J.P. BULLOZ, ÉD. LES SOMMETS MYSTIQUES DE COLMAR GRUNEWALD ET SCHOENGAUER THE MYSTICAL SUMMITS OF COLMAR It est des lieux, de par le monde, où la pensée du plus rebelle s’apaise, celle du plus indifférent s’émeut, celle du plus matériel s’élève, celle du plus critique se repose. On s’y trouve transporté dans un autre temps, une autre région, un autre esprit. Dussent ces prestiges ne durer que quelques instants, ils nous laisseront toujours un souvenir aussi aigu que nous font certains rêves que nous évoquons à volonté, ou qui reviennent nous visiter, selon des rythmes dont nous ne sommes plus maîtres. Rien ne peut désaffecter ces emplacements singuliers, même quand ils ont été désaffectés historiquement et matériellement. La pensée initiale y repousse comme une herbe tenace. Entre eux, il existe des analogies indéfinissables, dans notre imagination, selon les hasards de notre culture et de notre vie sans doute, mais aussi par des rapports plus réels, moins fortuits quoique difficiles à déterminer. C’est ainsi que pour nous, l’Hôpital Saint-Jean de Bruges, l’Hospice de Beaune, et le Couvent-Musée d’Unterlinden à Colmar, sont étroitement correspondant, ainsi que des sommets d’où l’on peut, dans la nuit humaine, échanger des signes lumineux. Quant à ce souvenir obstiné, sur ce thème ou sur d’autres, il nous a hanté comme de coutume lorsqu’il There are places in the world where the most rebellious thought caims down, the most indifferent one stirs, the most materialistic one grows elated, the most critical one takes a rest. There you find yourself carried away into another age, another country and another state of mind. Were those delusive thoughts to last but a few moments, even to those of us for whom they are but delusions, they shall always leave in us as keen a memory as some dreams called up at will or visiting us according to rhythms we can master no more. Nothing can alter the meaning of such unique scenes even when historically and materially altered, neither political whims nor brutal restorers, nor the destruction of most buildings, nor even the idle curiosity of same tourists. The initial thought will grow there anew like tenacious weeds. Between them there exist undefinable similarities in our imaginations unquestionably varying with our particular cultures and lives, but also with more actual and less fortuitous though difficult relations, perhaps useless ones, to be determined. Thus St-John’s Hospital at Bruges, the Beaune hospice and the convent museum of Unterlinden at Colmar stand closely related like summits whence through

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE fut décidé que la Renaissance de l'Art français allait consacrer un numéro spécial à l'Alsace. Nous avons revu dans une seconde le beau calme riant des parcs à travers lesquels on va vers le cloître ; puis ce couvent lui-même, expressif de la vie cénobitique dès l'entrée, bien qu'il n'ait pas, comme l'hospice de Beaune, l'illusion pittoresque et charmante des religieuses dans leur costume archaïque, mais seulement un vieux portier chevronné; puis, enfin, la gloire insinuante des Schoengauer et celle, véhémente, tour à tour effroyablement cruelle et tendre, des Grunewald. Ce couvent de dominicaines qui fut fondé en 1232 par Agnès de Mittelnheim et Agnès de Herkenheim, au lieu dit Sub Tilia, sous les tilleuls, fut un des foyers les plus ardents de foi et d'extases féminines en Alsace, et la réputation de ses miracles s'en répandait au loin. La discussion des miracles n'a rien à voir dans les considérations d'art qui nous occupent ici,"puisqu'il suffit qu'un intense mouvement des esprits ait duré là pendant près de trois siècles, du xiii^e jusqu'à la réforme. Les échos affaiblis mais persistants dont nous avons parlé sont tels, qu'encore actuellement plus d'une excellente Colmarienne pense se modeler sur les deux veuves fondatrices, de qui la légende est aussi précise que l'histoire est estompée. L'ensemble de la fondation était très beau, comme en font foi les deux parties capitales : le cloître et la chapelle, et ces beautés ne souffrent point du voisinage d'un théâtre, fondé sur les portions amputées, à la grande indignation de Huysmans. C'était pourtant payer à bon compte ce qui a survécu de plus important, lorsqu'on songe que le Couvent, persécuté par la Réforme à la fin du xvii^e siècle et au commencement du xviii^e, dispersé en 1792, dévasté en 1793, fut successivement une caserne, des écuries, des ateliers municipaux, et enfin rien du tout, un «débarras» même pas animé par quelque travail. La Société Schoengauer, en 1849, reprenait cet anéantissement, faisait revivre et se muscler ce squelette. La bibliothèque et les archives de Colmar opéraient cet autre miracle. La pensée tout court ressuscitait la pensée mystique. Peu à peu, le cloître reprit sa lumineuse paix ; la chapelle devint un sanctuaire d'art, très mélangé au début, mais richement pourvu, en attendant le triage auquel présida pendant seize ans comme membre du Comité, puis pendant quarante ans comme Conservateur, le vénééré André Waltz, et que son fils, le cher et justement populaire Hansi a mené au point le plus parfait de la logique et de la belle présentation. Il faudrait, pour compléter l'histoire, rappeler comment le polyp-tyque de Grunewald faillit, après la guerre, demeurer à Munich «pour cause de conservation. » Mais c'est un épisode secondaire, si l'on admet avec nous que les objets dont la présence est nécessaire dans human darkness luminous signals can be exchanged. As to this lasting remembrance certainly experienced by yourselves about this or other subject, it has haunted our thoughts as usual when a special number devoted to Alsace was decided on by La Renaissance de l'Art français. One short moment we have called up the beautiful smiling calmness of the parks through which you reach the cloister ; then the convent itself expressive of monastic life from the threshold, though devoid, unlike the Beaune hospice, of the picturesque and lovely illusion of the nuns in their archaic costumes, but only possessing an old veteran doorkeeper : then at last, the insinuative glory of some Schoengauer and that more vehement and by turns dreadfully cruel and tender of some Grünewald. This Dominican nuns' convent founded in 1232 by Agnes of Mittelnheim and Agnes of Herkenheim at the place called Sub Tilia (under the lime-trees) was one of the most ardent homes of feminine faith and extasy in Alsace and the fame of its miracles was spreading far and wide. The discussion of miracles has nothing to do with the artistic considerations here dealt with, since it is enough to observe that an intense spiritual life lasted there for nearly three centuries, from the 13 th. cent. down to the Reformation. The faint yet persistent echoes mentioned above are such that still now more than many a true Colmar woman fancies herself following the two widows founders whose legend is as precise as their history remains dim. The whole building was very beautiful as proved by the two main parts, the cloister and the chapel, and these fine works do not suffer from the neighbourbood of the theatre founded on its mutilated parts to the great fury of Huysmans. It was yet paying not a high price for the most important extant remnants when one comes to think that the convent persecuted by the Reformation at the end of the 17th cent. and the beginning of the 18th, scattered in 1792 and devastated in 1793, was successively turned into barracks, stables, town workshops and finally nothing at all, a lumber house enlivened by no activity whatever. The Schoengauer society, in 1849, took up this nothingness and vivified and gave sinews to this skeleton. The Library and record office of Colmar worked this other miracle. Thought awakened mystical thought. By degrees, the cloister resumed its luminous peacefulness, the chapel because a sanctuary of art at first a real medley but richly endowed before undergoing the selection presided over for sixteen years, as a member of the committee, and then for forty years as acurator the revered André Waltz, and brought to the most perfect stage of clear presentation by his son the dear and justly popular Hansi. To complete the story

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE un endroit y demeurent ou y reviennent de force comme nous avons vu la pensée initiale y refleurir. * Deux Maîtres ont été les transmetteurs de cette pensée mystique ; l'un qui vous caresse ; l'autre qui vous rudoie non seulement dans le drame mais encore jusque dans la ferveur. Ils règnent sur toute une escorte d'autres vieux Maîtres avec un tel rayonnement que, bien souvent, les visiteurs croient se souvenir qu'il n'y a pas d'autres œuvres que les leurs à l'Unterlinden. Ces deux souverains, le débonnaire et le terrible, sont Martin Schœngauer et Mathias Grünewald. Les pages capitales qui les représentent ne sont pas nées où nous les voyons, mais on pourrait soutenir qu'elles ont été prédestinées pour cet asile définitif, tant elles s'y adaptent naturellement, de même que cette chapelle, depuis si longtemps désaffectée, les attendait pour s'y repeupler mystiquement. A la vérité, pour Schœngauer, c'est plutôt son inspiration que sa main que nous pouvons suivre dans les seize tableaux provenant des Dominicains de Colmar. Œuvre d'atelier, c'est convenu, mais l'un de ces ateliers si dociles, si harmonieusement assouplis par le Maître qui les commandait, que ses aides n'étaient en quelque sorte que le prolongement de son esprit et de sa main même. Cette main avait tracé la composition, déterminé les types, et intervenait finalement pour poser les touches décisives qui devaient transfuser sa personnalité dans la préparation de ses élèves. Aussi retrouve-t-on dans ces it would be necessary to recall how the polyptych of Grünewald was after the great war about to stay at Munich «for preservation's sake». But it is a secondary episode if granted that things whose presence is essential in a given place must needs stay or come back there as we have seen the initial thought blooming there anew. * Two masters were the conveyors of this mystical thought : one flattering and the other rebuking you not only in drama but even in fervour. They rule over a whole escort of other old masters with such radiance that visitors frequently imagine remembering no other works than theirs at the Unterlinden. These two rulers, the meek one and the terrible one, are Martin Schœngauer and Mathias Grünewald. The main pages representative of their works were not born where they can be seen but it might be argued that they were preordained for this final abode, so easily do they fit with it as well as this so long forsaken chapel was expecting them to be thus mystically repeopled. In truth, it is the inspiration of Schœngauer rather than his hand that we can trace in the sixteen pictures from the Colmar Dominicans. Studio pieces, they are certainly, yet of one of those docile studios harmoniously trained by the master who ruled them that his assistants were in some sort nothing but the continuation of his mind and of his very hand. This hand had made the design and determined the figures and finally intervened to lay the decisive touches which were to transfuse his personality into the training of his dis- J.-K. BULLÖZ, ÉD. MARTIN SCHŒNGAUER. LA VIERGE AU BUISSON DE ROSES. — ÉGLISE SAINT-MARTIN DE COLMAR. THE VIRGIN WITH THE ROSE-BUSH. — SAINT-MARTIN'S CHURCH AT COLMAR.

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE scènes de la vie et de la Passion du Christ toute la fraîcheur d'invention, la franche candeur ,le sentiment qui firent éclore l'œuvre considérable de Schoengauer comme graveur. L'influence de cette œuvre, on ne se doute pas assez de son étendue et de ses ramifications ; elle s'est fait sentir jusque dans les compositions de nos propres ciples. Therefore in those scenes of the life and Passion of Christ are found the whole freshness of invention, glamour, candour and feeling which gave birth to the considerable work of Schoengauer as an engraver. The extent and ramifications of the influence of this work is impossible to realize ; it made itself felt even MATHIAS GRUNEWALD. CONCERT D'ANGES DONNÉ A LA VIERGE. — RETABLE D'ISENHEIM. ANGEL'S CONCERT FOR THE VIRGIN. — THE ALTAR-SCREEN OF ISENHEIM. peintres et surtout peintres verriers. Le frère de Martin Schoengauer, Louis devait enseigner la gravure à Dürer. Enfin, jusqu'en Italie, les inspirations de celui qui devenait le Bel Martino n'étaient pas moins mises à contribution. Voilà pour la partie suave de cette symphonie picturale au cloître des Dominicaines. Toutefois, il ne faut point négliger de mieux se pénétrer de cette suavité en voyant aussi, à l'Église Saint-Martin, la Vierge au buisson de roses. Si l'on nous en croit, on ne tiendra in the design of our own painters, chiefly our glass painters. Martin Schoengauer's brother Louis was to teach Dürer the art of engraving. Finally the inspirations of the master who was to become the Bel Martino were not less laid under contribution as far as Italy. So much for the sweet part of this pictural symphony in the cloister of the Dominican nuns. However we must not fail to penetrate further into this sweetness by seeing also, before or after, as you like it, the Virgin with the rosen bush at Saint-Martin's Church. The

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE point compte des restrictions des érudits, restrictions matérielles, quant aux altérations qu'à subies l'œuvre, plus graves restrictions esthétiques quant au caractère de cette madone que d'aucuns jugent revêche, « disgracieuse ». Une telle œuvre n'a pas pour rien une telle célébrité, n'exerce pas, sans raisons profondes, une telle restrictions of the scholars will not be taken into account, material restrictions as to the alterations undergone by the work and more serious esthetic ones as to the character of this Madonna deemed harsh, and “ungraceful” by some. With what difficulty those who speak about art ex professo allow themselves to be visited MATHIAS GRUNEWALD. LE RETABLE D'ISENHEIM. — ENSEMBLE. THE ALTAR-SCREEN OF ISENHEIM. — ENSEMBLE. CL. VIZZAVONA action sur les âmes simples. Faisons-nous une de ces âmes pour goûter la profonde mélancolie de cette figure maternelle, si jeune encore, et d'un si intense sentiment dans la douceur, que nous ne pouvons la rattacher à l'art germanique, à cette école de Cologne si proche de la fadeur. Bien au contraire, ne la trouvons-nous pas, pour ainsi dire, tangente au génie français, à mi-chemin entre les Flandres et la Bourgogne ? Nous pourrions encore méditer assez longuement sur cet autre Colmarien si plein de bonne foi et de bon by grace! Such a masterpiece did not win such fame for nothing nor does it work such influence over simple souls without deep causes. Let us fashion one of those souls for ourselves in order to relish the deep melancholy of this maternal face so young still and of so intense feeling in its mildness that we cannot connect it with German art, with the school of Cologne so near to dullness. On the contrary do we not feel it, as it were, tangent to the French genius, half way between Flanders and Burgundy?

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE labeur, Isenmann, qui fut le maître de Schoengauer, et dont certains critiques qualifient, un peu trop facilement, de grotesques les franches mimiques et les expressions sans arrière-pensées. Mais nous avons trop tardé à affronter Grünewald. Le choc est rude ! Quand cet homme exceptionnel ne nous étreint pas et ne nous secoue pas violemment, il vous a des douceurs de fer rouge. Il n'est modéré ni dans le pathétique ni dans l'attendrissement. De plus, il est multiple au point de très différemment influencer ceux qu'il subjugue. Il a inspiré des descriptions et des commentaires inoubliables, et même inégalables, à Huysmans. C'est celui-ci qui, le premier, et pour toujours, a déterminé, avec un merveilleux relief, l'importance et la portée d'une œuvre qui déconcertait presque tous les esprits. Personne n'osait reconnaître le sublime dans cette outrance. Peu de gens étaient capables d'en apprécier les beautés purement picturales, qui, d'un certain point de vue, contiennent en germe toutes les innovations de l'art moderne, et même quelques-unes de plus, de même que l'œuvre de Sébastien Bach, deux siècles et demi plus tard, implique toute la musique moderne, et l'autre. Huysmans donc, a illuminé le Retable d'Isenheim, l'a délivré du « sort » qui semblait peser sur cette œuvre de géant. Même si l'on ne souscrit pas à toutes ses appréciations sur le caractère de certains personnages, s'il n'a pas dégagé la signification, difficile d'ailleurs, de certains épisodes, il a rendu téméraire pour tout écrivain présent et à venir, la tâche de célébrer un tel poème de souffrance et de splendeur. Le seul parti juste et sage, c'est de se faire très simple devant cette conception si compliquée, très humble devant ces spectacles si violents. Alors on comprend mieux comment l'on est en présence d'une exaltation de la douleur et de la beauté suprême qu'elle dégage, et comment aussi cette douleur est l'initiation à la lumière. La disposition même de l'œuvre le montre clairement. Le Calvaire, avec son Christ atrolement supplicié et sa vierge convulsée, et ses personnages dolents, mais aussi avec son grand Jean Baptiste au geste triomphal, laissait voir, une fois ses panneaux ouverts. l'Annonciation et la Résurrection du Christ, de chaque côté de la Vierge mère, rayonnante, adorée, chantée par les anges, baignée de musique et de lumière, et contemplant sa propre maternité! Le peintre, qui avait mis toute sa compassion furibonde dans le premier spectacle, s'est répandu en véhémentes allégresses dans celui qui allait apparaître. L'Annonciation elle-même a un sens qui, pour nous, n'avait pas été bien dégagé. L'Ange s'acquitte de sa mission avec impétuosité, avec brutalité presque, et la Vierge se tord dans une angoisse que révèle suffisamment son visage, — et c'est ainsi que We could again meditate some time over this other Colmar artist, full of sincerity and conscientious toil, Isenmann, the master of Schoengauer, whose frank mimicry and open countenances are a little too easily termed ludicrous by some critics. But we have too long delayed in facing Grünewald. The schock is a terrible one! When this exceptional man fails to hug and shake you violently, he offers red-hot iron mildness. He proves sober neither in the pathetic nor in tenderness. Moreover, he is so mainfold as to influence those he masters in very different ways. He has inspired Huysmans never to be forgotten matchless descriptions and commentaries. Ten more writers, each in his own kind endowed with a similar gift of expression and keenness of analysis, could give ten different impressions and explanations, every one perhaps as likely as his own. But he, for the first time and for ever, set out in bold relief the importance and range of a work which had hitherto baffled nearly every mind. No one was bold enough to admit the sublime in such excess; few people were able to appreciate its merely pictorial beauties which, from one standpoint, hold in the lend every modern art innovation and a few more into the bargain, as Sebastian Bach's work, two centuries and a half later contains all modern music, together with the other. Huysmans therefore lighted up the altar-screen of Isenheim, took off the « spell » which seemed to lie heavy upon this gigantic achievement. Even if we don't accept all his appreciations on the character of some personages; if he failed, without venturing so far as German critics in a mystical commentary bordering on childishness, to bring out the meaning (by no means easy) of some episodes, he made it a perilous task for any present or future writer to celebrate such a poem of suffering and splendour. The only just and wise way is to make ones' self very simple before such a complex conception, very humble before such violent spectacles. Then we realize better that we are facing the exaltation of suffering and the supreme beauty it conveys, and that such suffering leads up to light. The very arrangement of the work shows it clearly. The Calvary with its horribly crucified Christ and writhing Virgin, and doleful figures, but also with its great John the Baptist's triumphant gesture, revealed, once the panels opened, the Annunciation and Christ's Resurrection on either side of the Virgin mother, beaming, adored, sung by the angels amidst music and glory, and beholding her own motherhood! The painter after expressing all his passionate pity in the first scene, indulged in vehement joy in the one about to appear. The Annunciation itself has a meaning that we think not yet clearly brought out. The angel gives his message impetuously, almost brutally, and the Virgin writhes

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE MATHIAS GRUNEWALD. LA PAMOISON DE LA VIERGE. — RETABLE D'ISENHEIM. THE SWOON OF THE VIRGIN. — THE ALTAR-SCREEN OF ISENHEIM. CL. VIZZAVONA.

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE le second ensemble conservait encore des attaches dou- loureuses avec le premier. Mais l'Ascension concluait sur l'éblouissement de ces surprenantes irradiations, de ces tons indéfinissables qui se muent et s'embrasent. Nous ne voulons pas rappeler plus longuement les détails les plus saisissants, ni commenter les deux der- in anguish visible enough on her face; and thus the second set preserved painful relations with the first. But the Ascension concluded with the dazzling, astonishing irradiations, the indefinable, ever-changing and kindling lines We do not mean to recall at greater length the most MATHIAS GRUNEWALD. CL. VIZZAVONA SAINT SÉBASTIEN. — PORTRAIT SUPPOSÉ DU PEINTRE. — FRAGMENT DU RETABLE D ISENHEIM. SAINT SÉBASTIEN. — A SUPPOSED PORTRAIT OF THE PAINTER. — A FRAGMENT OF THE ALTAR- SCREEN OF ISENHEIM. niers volets, le fantastique presque pathologique de la Tentation, ni la richesse et le calme de l'Entretien entre saint Antoine et saint Paul l'Hermite. Il y faudrait des pages et ceci n'est qu'un rappel dans le présent tableau de l'Alsace ; tableau, auquel manquerait un élément essentiel, si le Musée de Colmar et le retable des Antonites y avait été omis. L'Alsace même, intellectuellement, aurait été amputée d'un organe si les Grünewald avaient cessé d'y sangloter et d'y fulgurer. Les religieux, qui guérissaient le « mal des ardents » en leur hôpital striking details nor comment upon the last two shutters, the fantastic, almost pathologic, character of the Temptation, nor the magnificent serenity of the Colloquy between St-Anthony and St-Paul the Hermit. That would take pages and this is but a distribution of light in the present picture of Alsace : a picture lacking an essential element if the museum of Colmar and the altar-screen of the Antonites had been left out. Alsace, even intellectually speaking, would have been deprived of a vital part if the Grünewald had ceased to sob

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE d'Isenheim, y puisaient de la force dans sa partie d'horeur et de l'espoirance dans sa partie allègre. L'abbé Guido Guersi qui, vers 1516, commanda cet autel à ce peintre eut là une intuition de génie, car il ne semble pas qu'une faveur quelconque de la renommée recommandât Mathias pour une entreprise aussi importante. and thunder there. The friars who cured the burning sickness in their hospital at Isenheim found fortitude in the horrible part and hope in the joyful one. Abbot Guido Guersi who about 1516 ordered the altar had a genial intuition for Fame's favours do not seem to have recommended Mathias for so important an undertaking. MATHIAS GRÜNEWALD. LA VIERGE ET L'ENFANT. — RETABLE D'ISENHEIM. THE VIRGIN AND THE CHILD. Il vivait, nous dit le peu de biographie que l'on ait de lui sur quoi l'on puisse compter, solitaire et morose, et sans harmonie dans son foyer. C'est cette solitude et cette tristesse qui développent chez les forts les grands élans affolés, les paroxysmes de la personnalité qui rappellent nos esprits de siècle en siècle à un état de salutaire malaise. Comparer les solitudes de Michel Ange, de Grünewald, du Greco, serait un travail attirant commeces gouffres sur le bord desquels on ose à peine se pencher. ARSÈNE ALEXANDRE. He lived, says what little reliable biography we have at hand, a secluded morose life in his unhappy home. Such seclusion and sorrow develop in stronger men the great wild raptures, the paroxysm of personality which from century to century call back our minds to a state of wholesome disease. To compare the seclusions of Michaël Angelo, Grünewald, Greco and their outcome would prove a fascinating task like the abyss on whose brink we hardly venture to lean. ARSÈNE ALEXANDRE.