Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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L'ILLUSTRATION DU PETIT PALAIS LA ROTONDE D'ENTRÉE AVEC LES TABLEAUX DE LARGILLIÈRE ET DE DE TROY : « LES ÉCHEVINS DE LA VILLE DE PARIS ».

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE CARPEAUX. - LA FRANCE TRIOMPHANTE. (PAVILLON DE FLORE). - PLÂTRE. DON DE SIR JOSEPH DUVEEN. --- L A transformation et la réouverture récentes du Petit Palais, doivent être enregistrées non pas seulement comme un éclatant événement artistique, le plus important peut-être depuis la guerre, mais encore comme une véritable victoire pour la pensée française. On ne demeurera pas beaucoup d'années à en mesurer les résultats, mais il est de notre devoir d'en donner par avance l'assurance et la démonstration. Cette opinion ne se fonde pas uniquement sur les éloges unanimes que la presse a prodigués au grand Musée de la Ville de Paris, ni sur un considérable succès de public, qui n'est pas près de diminuer. L'examen même des œuvres réunies, l'étude attentive, raisonnée, de ces œuvres, et de la façon dont elles sont classées et présentées, nous ont inspiré cette conviction. C'est en même temps servir la cause de l'art national, et rendre un juste hommage à de longs et méritoires efforts que de la faire partager à nos lecteurs, à nos amis, en développant les raisons de notre joie, de notre gratitude et de nos espoirs. On admettra sans peine que tout ce qui rehausse le prestige de Paris est une force de plus pour la France et que tout ce qui permet à l'art français de s'affirmer vivace et rayonnant est bienfaisant pour le progrès du monde intellectuel en général. Point d'exception à cette loi d'histoire. Toutes les fois que Paris a souffert ou a subi quelque éclipse, il a régné un malaise sur le reste du monde. Toutes les fois qu'on a douté de l'art français, l'art des autres pays n'y a quoi que ce soit gagné. Quels que soient les qualités, les beautés, les triomphes --- CARPEAUX. — UGOLIN. — PLÂTRE. ÉPREUVE D'APRÈS LA MAQUETTE ORIGINALE DE LA VILLA MÉDICIS. DON DE SIR JOSEPH DUVEEN. --- CARPEAUX. — TÊTE DE FAUNE. — PLÂTRE ORIGINAL. DON DE SIR JOSEPH DUVEEN.

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SALON DE LA MÉDAILLE. AUX MURS : « L'HISTOIRE DE DON QUICHOTTE ». — TAPISSERIES DES GOBELINS.

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE même des autres nations productrices d'œuvres d'art, il semble que leur éclat et leur prospérité soient fonction de ce qui se passe dans l'atmosphère artistique de la France et de sa capitale. En voulez-vous de meilleures preuves et de plus concluantes que les règnes de François Ier, de Louis XIV, de Louis XV, de Napoléon Ier, de l'époque du Romantisme, de celle de l'Impressionnisme elle-même ? Or, Paris est plus que jamais un foyer d'art et de pensée, qui brille d'autant plus qu'un ennemi redoutable avait espéré l'éteindre et préparé tout ce qu'il fallait pour accomplir cet attentat contre la civilisation tout entière. Que ce foyer dégage, suivant les époques, les années, on pourrait dire les journées même, plus ou moins de chaleur vitale, cela se comprend avec une ville aussi nerveuse, aussi intense, aussi prompte à s'élever aux plus beaux élans qu'à voir les choses sous un jour pessimiste. Mais ce qui est acquis, en tout état de cause, c'est que cette production rayonnante est aussi une production continue. Et ce qui est, entre autres, capital dans une démonstration comme celle que le Petit Palais nous offre en ce moment, c'est qu'il sera, désormais, reconnu même aux périodes critiques, même avec les tendances les plus diverses et les Écoles tour à tour les plus contestées et les plus acclamées, le génie français se sera maintenu à un niveau supérieur. En un mot, indépendamment des richesses de toute sorte dont la Ville de Paris avait recueilli l'héritage de la part de temps plus lointains, la période même que nous et nos prédécesseurs immédiats avons vécue, n'a point démérité des belles périodes qui l'avaient précédée. Tout ceci demande à être un peu éclairé par quelques détails d'histoire et par quelques exemples. Mais nous tenions, dès en commençant, à enregistrer la victoire avant de donner les raisons pour quoi elle est reconnue, et pour quoi elle aura des fruits durables. Le Petit Palais, on s'en souvient, nous l'avons rappelé au long dans un précédent article, avait été, en 1900, conçu comme devant permettre un jour à Paris, en tant que cité, de faire figure de capitale artistique. Mais à ce moment-là, ni plan, ni méthode, ni même éléments de réalisation n'apparaissaient encore très nettement. Il y avait une grande quantité d'œuvres appartenant à la Ville, mais il s'en fallait de beaucoup que toutes lui fissent honneur, et, en tous les cas, pussent constituer un musée, terme qui implique quelque chose de définitif et d'exemplaire. Les dépôts d'Auteuil contenaient quelques perles dans un immense fatras. Quoi qu'il en soit, lorsque la Ville fut entrée en possession du Petit Palais et que, par une bonne fortune espérée, mais non certaine, la collecte... CARPEAUX. — BUSTE DE RIEUSE. BRONZE. DON DE SIR JOSEPH DUVEEN. MAURICE DENIS. — BAIGNEUSES. — PEINTURE. DON DE SIR JOSEPH DUVEEN.

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE 309 SALLE BONNAT. tion Dutuit apporta un magnifique noyau, un noyau d’or pur qui, dorénavant, prévenait les velléités de sourire, il ne manqua plus qu’une direction capable de donner la vie à tous ces éléments divers. Cette direction, je ne saurais éprouver d’embarras à lui donner son nom, parce que j’ai été témoin de tous ses actes, et qu’il serait injuste que l’amitié et les situations personnelles empêchassent de rendre la justice à ceux qui méritent la reconnaissance du public, ce fut celle de M. Henry Lapauze. Seulement il ne conçut pas son rôle comme simplement celui d’un metteur en œuvre d’éléments apportés par le temps et les possibilités de production annuelle, pour mieux dire, par le simple hasard. Il voulut être à la fois le créateur d’un ensemble neuf et significatif, qui ne fit pas double emploi avec les autres musées; et un éveilleur de bonnes volontés, s’il est permis d’employer ce terme. Il fallait obtenir des artistes, des collectionneurs, leur intérêt constant, ardent, à cette œuvre : le Musée de la Ville de Paris. Œuvre ambitieuse, grande, difficile,

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE le radieux spectacle des tapisseries de Goya, de l'École italienne du XVIIIe siècle, de l'École espagnole moderne, — touchante manifestation de sympathie des races latines en tant qu'artistes et sœurs intellectuelles. Il ne restait qu'à donner aux collections acquises un cadre digne En haut : K.-X. ROUSSEL. — DEVANT LA MER. — PEINTURE. DON DE SIR JOSEPH DUVEEN. En bas : GAUGUIN. — LE VIEILLARD AU BATON. — PEINTURE. DON DE SIR JOSEPH DUVEEN. mais qui valait bien les efforts du fonctionnaire combinés avec la libéralité de ceux qui aimaient l'art et avaient compris la beauté du geste à faire. C'est ainsi que peu à peu le Petit Palais s'enrichit de collections de gravures modernes; puis de médailles et de petite sculpture, grâce à Mme Paquin; puis du magnifique atelier de Jean Carriès ; puis de l'atelier du grand statuaire parisien Jules Dalou ; puis d'œuvres capitales de Courbet ; enfin, de maints dessins, tableaux, esquisses ou œuvres importantes des artistes modernes, dons des collectionneurs ou des auteurs eux-mêmes ; et pour abréger, je mentionne les salles de Ziem et d'Henner, — ce qui serait loin de clore l'énumération. En même temps des expositions retentissantes appelaient de plus en plus l'attention du public et des amateurs sur ce Musée qui commençait à prendre si fière tournure : David et ses élèves entre autres. La guerre survint, et le Petit Palais rendit encore, au moment où l'on s'y serait le moins attendu, de grands services à la cause de l'art et de la civilisation, en recueillant et exposant les œuvres d'art sauvées de Belgique et de la région de l'Yser, les tapisseries de Reims ; enfin, en offrant au profit des victimes de l'immense malheur,

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE 311 ALPHONSE LEGROS. PORTRAIT DE FEMME. — PEINTURE. DON DE SIR JOSEPH DUVEEN. d'elles... et de celles qu'on se proposait d'ajouter encore au dernier moment, ménageant ainsi une surprise et une récompense à Paris et à ceux qui l'aiment. C'est cette dernière étape que marque et couronne l'inauguration récente Le Petit Palais est devenu JAMES TISSOT. LISEUSE. — PASTEL. DON DE SIR JOSEPH DUVEEN. Tout d'abord, comme il ne s'agissait plus de pourvoir seulement aux manifestations improvisées et de pure actualité, il fallait que ce cadre fût raffiné et luxueux. J.-F. MILLET. PORTRAIT D'HOMME. — PEINTURE. DON DE SIR JOSEPH DUVEEN. véritablement un Musée, et un musée définitif, capable de rivaliser avec les meilleurs, et même de servir d'exemple sous plus d'un rapport à plus d'un. THÉODULE RIBOT. LA FILLETTE EN GRIS. — PEINTURE. DON DE SIR JOSEPH DUVEEN. Les galeries furent donc changées dans leur plan même. De belles salles, éclairées par une lumière en même temps abondante et harmonieuse, calculée pour rendre

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GUSTAVE COURBET DON DE MALE JULIETTE COURBET. LES POMPIERS COURANT A UN INCENDIE.

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VUE DU SALON OVALE AVEC LES COURBET (DONATIONS JULIETTE COURBET ET TH. DURET) ET LES VITRINES DE DALOU ET DE BARYE (DONATION JACQUES ZOUBALOFF).

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET LES INDUSTRIES DE LUXE harmonieuses les œuvres Puis, ces salles parquetées richement, et relevées de lambris d'un bois précieux, de séparations aux lignes sobres et élégantes, et par endroits de divisions marquant sur les parois les classements rationnels des œuvres. Ce qu'a été comme réussite cette première partie de la tâche, nos illustrations en donnent une idée, mais qui ne peut être complète qu'à la suite d'une visite sur place. Et je puis vous assurer par avance qu'une visite en entraînera plusieurs autres... Il est bon et équitable de dire que le Conseil municipal et sa quatrième Commission, auprès de laquelle MM. Deville et d'Andigné, ainsi que M. le Préfet de la Seine Autrand, et M. le Directeur des Beaux-Arts, R. Falcou, jouèrent le rôle d'intermédiaires et d'amis aussi chaleureux qu'avertis, comprirent toute l'importance de l'entreprise, et ne lésinèrent pas sur les ressources nécessaires pour la réaliser dans toute son ampleur, et avec l'éclat qui convenait. Sur ce fond riche et solide, il ne s'agissait plus que de tracer ce vaste et entraînant tableau de l'art français au xixe et au commencement du xx° siècle, qui constitue une des plus belles raisons d'être du Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris. C'est à quoi s'employèrent, avec une ardeur et un goût dont, cette fois, c'est à vous que je laisse de faire l'éloge, M. Henry Lapauze et ses collaborateurs devoués, MM. A. Fauchier-Magnan et C. Gronkowsky. Mais je vous ai parlé d'une surprise, d'une sorte de coup de théâtre, et voici quel il fut. Des amateurs d'une générosité comme Paris méritera toujours d'en posséder (on voit que je les remercie d'une cer- A. LEPIERE. — AU BORD DE LA MER. — PEINTURE. DON DE SIR JOSEPH DUVEEN. C. PISSARRO. — LE GLOCHER DU VILLAGE. — PEINTURE. DON DE SIR JOSEPH DUVEEN.

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SALLES ZOUBALOFF.