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16e ANNÉE Nouvelle Série NUMÉRO 24 FÉVRIER 1922 L'ART ET LES ARTISTES ZORN PEINTRE SCULPTEUR ET GRAVEUR DIRECTEUR-FONDATEUR ARMAND DAYOT RÉDACTION & ADMINISTRATION 23, Quai Voltaire, PARIS 7e Revue d'Art de France et de l'Etranger
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
16e ANNÉE Nouvelle Série NUMÉRO 24 FÉVRIER 1922 L'ART ET LES ARTISTES ZORN PEINTRE SCULPTEUR ET GRAVEUR DIRECTEUR-FONDATEUR ARMAND DAYOT RÉDACTION & ADMINISTRATION 23, Quai Voltaire, PARIS 7e Revue d'Art de France et de l'Etranger
L'ART ET LES ARTISTES Revue d'Art ancien, d'Art moderne, d'Art décoratif (paraissant dix fois par an) --- Abonnement $\left\{ \begin{array}{l} \text{FRANCE.. .. 60 fr.} \\ \text{d'un An : } \left\{ \begin{array}{l} \text{ÉTRANGER. 75 fr.} \end{array} \right. \end{array} \right.$ Directeur-Fondateur : ARMAND DAYOT Secrétaire de Rédaction : PIERRE LADOUÉ --- XVIe Année — SOMMAIRE DU NUMÉRO 24 (Février 1922) ZORN, PEINTRE ET SCULPTEUR (15 illustrations) ...
DUVEEN BROTHERS LONDON PARIS NEW-YORK
L'ART ET LES ARTISTES Revue d'Art Ancien, d'Art Moderne, d'Art Décoratif FONDÉE EN 1906 PARAISSANT CHAQUE MOIS (sauf en août et septembre) Directeur : ARMAND DAYOT --- COMITÉ DE PATRONAGE MM. Louis BARTHOU, Léon BÉRARD, Albert BESNARD, Philippe BERTHELOT, Gustave GEFFROY, Edouard HERRIOT, Anatole FRANCE, Maréchal LYAUTHEY, Paul LEON, Julien LEMORDANT, Raymond POINCARÉ, Robert de la SIZERANNE, Robert de ROTHSCHILD, André TARDIEU. --- LISTE DE N°S SPÉCIAUX PARUS PENDANT LA GUERRE PREMIÈRE SÉRIE (Année 1915) - LA CATHÉDRALE DE REIMS, avec un bois original inédit de E. DÉTÉ. - AU FRONT, avec un bois original inédit de A. LEPÈRE. - LA BELGIQUE HÉROÏQUE ET MARTYRE, avec un bois original inédit de GUSMAN. - LES VANDALES EN FRANCE, avec un bois original inédit de G. JEANNIOT. - L'ALSACE DÉLIVRÉE, avec un bois original inédit de A. LEPÈRE. DEUXIÈME SÉRIE (Année 1916) - LA POLOGNE IMMORTELLE, avec un bois original inédit de J. BELTRAND. - LA LORRAINE AFFRANCHIE, avec un dessin original inédit de B. NAUDIN. - LILLE SOUS LE JOUG ALLEMAND, avec un dessin original inédit de P. RENOUARD. - ROUMANIE, avec un dessin original inédit de J. BELTRAND. - L'ART ASSASSINÉ, avec un bois original inédit de E. DÉTÉ. TROISIÈME SÉRIE (Année 1917) - LA SERBIE GLORIEUSE, avec une lithographie originale inédite de STEINLEN. - LA RUSSIE. — Art Ancien, avec une reproduction d'icone de ANDRÉ ROUBLEV. - LE MAROC ARTISTIQUE, avec un dessin original de ALF. DEHODENCQ. - LA RUSSIE. — Art Moderne, avec un dessin original inédit de PAUL DARDE. - VENISE AVANT ET PENDANT LA GUERRE, avec un dessin à la plume original inédit de TITIEN. QUATRIÈME SÉRIE (Année 1918) - LA GUERRE, par STEINLEN, avec une lithographie originale inédite de STEINLEN. - AMIENS. — La Cathédrale, avec un bois original inédit de J. BELTRAND. - L'AMÉRIQUE EN FRANCE, avec un dessin original inédit de L. LANTIER. - REIMS. — Le Musée, avec un dessin original inédit de CARLOS SCHWAB. - BERNARD NAUDIN, avec un dessin original de BERNARD NAUDIN On peut se procurer chacune de ces quatre séries, avec les cinq hors-texte sur grand papier, moyennant 30 francs la série pour la France et 35 francs pour l'Etranger. Le prix de chaque numéro séparé est de 6 francs sans le hors-texte et 10 francs avec le hors-texte. --- PRIX DES EXEMPLAIRES SUR JAPON Nous rappelons aux amateurs de beaux livres que nous avons procédé à un tirage très restreint de grand luxe sur papier des Manufactures Impériales du Japon, de tous nos Numéros spéciaux de guerre. Chacun de ces recueils est numéroté et s'accompagne des bois ou dessins originaux inédits dont liste, ci-haut, tiré en hors-texte, avant la lettre, sur Japon Imperial également. Le prix de chacun de ces recueils de grand luxe est de 40 francs l'exemplaire pour la France et de 45 francs pour l'Etranger. Adresser les commandes à l'Art et les Artistes, 23, quai Voltaire, Paris (VIIe arr.)
GALERIE MARCEL GUIOT & Cie 4, Rue Volney, PARIS (2°) --- Exposition d’Eaux-Fortes originales DE A. ZORN DU 20 FÉVRIER AU 11 MARS Dimanches exceptés Estampes anciennes SCHÖNGANER - DÜRER - REMBRANDT VAN OSTADE - CANALETTO Estampes modernes COROT - MILLET - WHISTLER - MERYON ZORN - DEGAS - FORAIN - TOULOUSE- LAUTREC ET AUTRES Editeur de Frank-Armington, Louis Godefroy, Paul Mathey, Polat Tigran. Exclusivité de la vente des œuvres de Louis Grès pour l’Europe et le Japon. --- GALERIE CH. BRUNNER 11, RUE ROYALE, 11 PARIS-VIII° EXPOSITION des ŒUVRES de M. Rodolphe d’ERLANGER PAYSAGES DE TUNISIE PORTRAITS ÉTUDES Du 10 Février au 11 Mars 1922 Ouverte tous les jours de 10 heures à 18 heures Dimanches et Fêtes exceptés
La première voiture française ELEGANCE CEUX QUI CONSIDERENT construite en grande série L'AUTOMOBILE COMME UN INSTRUMENT DE TRAVAIL ECONOMIE LA 10 HP CITROËN LA VOITURE UTILITAIRE CONVENANT A TOUS 7½ litres d'essence aux 100k CONDUITE INTERIEURE 3 PLACES 250 grammes d'huile USINES CITROËN, 115-143, QUAI DE JAVEL - PARIS - XV. --- COGNAC J.F. MARTELL Le Cognac Martell est le produit naturel des vins recoltés et distillés dans la region de Cognac.
ANDERS ZORN — ATELIER DE BRODEUSES (SUÈDE) ANDERS ZORN ZORN PEINTRE ET SCULPTEUR Toute revue d'art qui a atteint sa dix-septième année d'existence, et dont la Direction obéit au souci tout naturel de renseigner sur l'art d'autrefois et sur le mouvement de l'art contemporain ses lecteurs habituels, a déjà forcément ouvert ses colonnes à des sujets dont l'intérêt s'impose souvent avec une force renouvelée, et sur lesquels il est impossible de ne pas revenir. Tel est le cas d'Anders Zorn, mort tout récemment. La brillante école suédoise de peinture est d'ailleurs cruellement éprouvée. En quelques mois, elle a perdu trois de ses meilleurs artistes : Carl Larson, le charmant intimiste et l'ingénieux décorateur, Richard Berg, artiste d'une inspiration si variée, mais surtout maître dans l'art du portrait, artiste de haute race chez lequel l'amour du symbole n'effaçait pas celui de la nature. Le portrait de sa femme (musée de Gothenbourg), et celui d'Auguste Strinberg sont à la fois d'un réalisme puissant et d'une vivante psychologie. Et Zorn enfin, le beau peintre, l'habile sculpteur et l'incomparable graveur, l'artiste complet, le dernier en date sur la funèbre liste mais le premier en gloire. Et aujourd'hui même nous apprenons la mort de Julien
L'ART ET LES ARTISTES Kronberg, artiste de grand talent, dont la célébrité était d'ailleurs toute locale, et qui peut être considéré comme le dernier représentant des rares italianisants suédois. Oui, en vérité, la peinture suédoise est depuis quelques années cruellement éprouvée. Mais que de belles forces vivantes, que de fervents et habiles créateurs de beauté demeurent encore fort heureusement, et dont Mme Bernardini Jostedt, dans un bel article paru jadis dans l'Art et les Artistes, article très documenté, décrit la vie et analyse les œuvres! Ici d'ailleurs le brillant écrivain d'art suédois M. Carl Laurin parla maintes fois du grand disparu au talent duquel nous consacrâmes nous-même un chapitre dans un des premiers numéros de la Revue. Etudes éparses, impressions rapides, motivées la plupart du temps par l'écllosion d'un nouveau chef-d'œuvre du maître ou par une exposition partielle de ses dernières productions. Aujourd'hui que la mort a immobilisé pour toujours ce prestigieux pinceau et ce merveilleux burin et qu'il nous est enfin permis, avec le recul nécessaire, d'embrasser d'un seul coup d'œil la laborieuse et glorieuse carrière du grand artiste, nous avons pensé que l'heure était venue de consacrer un numéro entier de VIEILLE MAISON SUÉDOISE DU MOYEN AGE DEVENUE L'ATELIER DE ZORN
ANDERS ZORN l'Art et les Artistes (cadre encore bien modeste), à une tentative de présentation de l’œuvre si vivante d’Anders Zorn, nous réservant de parler de l’artiste qui fut notre ami, du peintre et du sculpteur (si peu connu), — esquisse d’Andersen : « Il y avait une fois, dans un petit village de Dalécarlie, un jeune berger qui, tout en faisant paître ses troupeaux, se plaisait à sculpter dans des morceaux de bouleau les images de ses chèvres et de ses mou- PAYSANNE DALÉCARLIENNE SE COIFFANT rapide, résumé forcément très incomplet — laissant à M. Henri Focillon, pour lequel les diverses techniques des dieux de la pointe n’ont aucun secret, le soin d’analyser l’œuvre incomparable du graveur, enviable mission dont il saura s’acquitter mieux que personne. L’histoire de la vie du grand artiste scandinave pourrait débuter comme un conte tons, qu’il coloriait ensuite avec le jus des mûres, des belladones, des myrtils…» Or il advint qu’un jour, un riche personnage de Stockholm, en villégiature dans les environs de Mora, rencontra le jeune artiste en plein travail et fut si charmé par la grâce ingénue de ses sculptures et par l’esprit naturel de l’enfant, qu’il sollicita et obtint de ses
L'ART ET LES ARTISTES LE BAIN IMPROVISÉ (ÉTUDE DE NU, EXQUISSE) parents l'autorisation de l'emmenner dans la capitale et de se charger de son instruction. Quelques années plus tard, le jeune Anders Zorn sortait de l'école royale des Beaux-Arts de Stockholm et débarquait à Paris, après un premier voyage d'études dans les pays scandinaves et en Allemagne, riche de ses vingt-cinq ans, d'une santé magnifique, d'une noble ambition, d'une curiosité artistique, toujours en éveil, et bien armé par les plus solides études pour la réalisation de ses brillants projets... C'est à cette époque que je vis Zorn pour la première fois, chez mon ami Coquelin Cadet qui posait devant lui, tout en l'initiant avec une joyeuse fantaisie aux mystères de la nouvelle Babylone. Je devais le rencontrer quelques mois plus tard chez Antonin Proust dont il fit un si remarquable portrait, une de ses meilleures peintures, bien qu'œuvre de début. A partir de ce jour nos relations devinrent très amicales. Zorn était alors un beau jeune homme de tournure élégante, à la haute stature, au teint frais, aux yeux clairs, au sourire légèrement ironique sous une fine moustache blonde, à la voix trainante et musicale. Il s'exprimait péniblement en français et commençait déjà à souffrir d'une légère paresse d'oreille, dont il se plaisait d'ailleurs à exagérer la gravité lorsqu'il était aux prises avec des «raseurs». Il portait avec élégance des vêtements de la meilleure coupe, montait à cheval au Bois de Boulogne, fréquentait volontiers le foyer de la danse à l'Opéra et se faisait blanchir, comme il était de mode à cette époque, chez nos voisins d'outre-Manche. Bref, au bout de quelques mois de la vie parisienne, et quelques fugues à Londres — où il se plaisait médiocrement mais où il aimait à se rencontrer avec son ami John Sargent et son compatriote Axel Haig, qui avec James Tissot l'initia à la technique de la gravure — rien plus ne semblait subsister dans ce parfait «gentleman» de ce qui fut le petit pâtre d'autrefois, qu'il devait représenter plus tard, dans un curieux dessin, pieds nus et vêtu d'une peau
ANDERS ZORN de mouton. La transformation féerique était complète et il pouvait désormais affronter sans crainte le clan des snobs anglais, les milliardaires américains, et choisir ses modèles chez les grands d'Espagne en commençant par les duchesses d'Albe et d'Ossuna. Rien ne subsistait plus, extérieurement, de la chrysalide dalécarlienne. Zorn fut vraiment le chevalier errant de la palette et du pinceau. Il revint souvent à Paris où il était toujours très amicalement accueilli et où il travailla beaucoup. Il disait volontiers que ces séjours parisiens étaient pour lui des haltes bienheureuses et bienfaisantes après ses longues et fructueuses randonnées à travers le monde. Tout en appréciant l'œuvre picturale de Zorn, certains écrivains d'art en ont parfois critiqué l'arabesque un peu rapide, l'enveloppe un peu épidermique. Le mouvement expéditif de la brosse du peintre sur des surfaces vierges de toute préparation méditée, choquait l'inconséquence de quelques critiques qui assistaient chaque jour, avec une admiration béate, au séduisant mirage de la fragile instantanéité impressionniste. Evidemment ce prodigieux improvisateur, d'un modernisme si aigu, d'un sensualisme si savoureux, ne s'efforça jamais d'imiter aucun maître, pas plus Ingres que Lenbach. Il résolut de peindre à sa façon, librement, en s'abandonnant à ses tendances instinctives, sans souci de l'académisme de Stockholm, de Munich ou de Paris. De là les libres phrases de son souple et lumineux pinceau sous les caresses vives duquel naissaient spontanément, comme les fleurs au souffle du printemps, les chairs fraîches et roses et les chevelures dorées de ses baigneuses rustiques ou les blanches épaules de ses belles valseuses entrevues, toutes diamantées, dans un flot de lumière. Il faut toutefois se garder de croire que le

La revue "L'Art et les Artistes" publie un numéro spécial consacré à Anders Zorn, peintre, sculpteur et graveur suédois récemment décédé. L'article revient sur sa carrière et son œuvre, le plaçant aux côtés d'autres artistes suédois marquants comme Carl Larson et Richard Berg. Le numéro inclut des illustrations de ses travaux.