Extrait
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
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RUSSIE
ART ANCIEN
L'ART ET LES ARTISTES
REVUE D'ART ANCIEN ET MODERNE DES DEUX MONDES
NUMÉRO SPÉCIAL RÉDACTION, ADMINISTRATION 23, QUAI VOLTAIRE, 23 PARIS
DIRECTEUR-FONDATEUR ARMAND DAYOT
Copyright by L'Art et les Artistes, 1917
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S. Messe 1917
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L'ART ET LES ARTISTES
ABONNEMENT D'UN AN :
- FRANCE: 25 fr.
- ÉTRANGER: 80 fr.
Directeur-Fondateur: Armand DAYOT
Secrétaire: Adolphe THALASO
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Troisième Série de Guerre: N° 2
PRIX DU N° SPÉCIAL "RUSSIE (Art Ancien)"
Sans la reproduction de l'icone «Trinité», d'André Roublev (xv° siècle), sur Japon, 4 fr. 50 pour la France; 5 francs pour l'Étranger.
Avec la reproduction de l'icone d'André Roublev, 9 fr. 50 pour la France; 10 francs pour l'Étranger.
Tout abonné ancien ou nouveau à L'Art et les Artistes recevra une épreuve de la magnifique icône du maître russe André Roublev.
De plus, il a été fait de cet ouvrage un tirage de grand luxe de 25 exemplaires numérotés, sur papier des Manufactures Impériales du Japon. Ces exemplaires renferment chacun une épreuve avant la lettre, de l'icône de Roublev.
PRIX DE L'EXEMPLAIRE DE GRAND LUXE: 25 francs pour la France; 26 francs pour l'Étranger.
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SOMMAIRE DU NUMÉRO SPÉCIAL DE JUIN 1917
"RUSSIE (Art Ancien)"
TEXTES de LOUIS RÉAU,
Ancien Directeur de l'Institut Français de Petrograd.
L'ARCHITECTURE RUSSE AVANT PIERRE LE GRAND.
LA PEINTURE D'ICONES EN RUSSIE.
ILLUSTRATIONS
Cinquante-huit illustrations, d'après des photographies de monuments, églises, monastères et des reproductions de mosaïques, fresques, icones, bas-reliefs, sculptures et mascarons.
COUVERTURE, En-Têtes de Chapitre et Lettres ornées, spécialement exécutés pour ce numéro, par J. Mosso.
ÉPREUVE D'ART
COUVERTURE ORIGINALE DÉCORÉE
Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés pour tous pays.
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J. ALLARD & Cie
Galerie des Tableaux des Maîtres Modernes
20, Rue des Capucines, 20. PARIS
Copyright by L'Art et les Artistes, 1917.
L'administrateur-gérant: Ch. PETRARD
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L'Art et les Artistes
ART ANCIEN = ART MODERNE = ART DÉCORATIF
PARIS, 23, Quai Voltaire, 23, PARIS
FRANCE : un an.. 25 francs :: ÉTRANGER : un an.. 30 francs
Directeur-Fondateur : ARMAND DAYOT
INSPECTEUR GÉNÉRAL DES BEAUX-ARTS
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Numéros spéciaux de la Revue, parus avant la guerre :
CHARDIN ET FRAGONARD (presque épuisé) .. .. .. .. .. .. 20 francs.
CENT PORTRAITS DE FEMMES.. .. .. .. .. .. (complètement épuisé).
LES PETITS MAITRES HOLLANDAIS .. .. .. .. .. .. 2 francs.
LES TRÉSORS DU MUSÉE D’ATHÈNES (presque épuisé).. .. .. .. 10 francs.
LES ARTISTES ANIMALIERS .. .. .. .. .. .. 3 fr. 50
LE CHATEAU DE COPPET .. .. .. .. .. .. 2 francs.
LA PEINTURE EN EXTRÊME-ORIENT .. .. .. .. .. (complètement épuisé).
RODIN, SA VIE, SON ŒUVRE (presque épuisé).. .. .. .. .. 30 francs.
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Numéros spéciaux parus pendant la guerre :
PREMIÈRE SÉRIE (Année 1915)
LA CATHÉDRALE DE REIMS, avec un bois original inédit de .. .. E. DÉTÉ.
AU FRONT, avec un bois original inédit de .. .. .. .. .. A. LEPÈRE.
LA BELGIQUE HÉROÏQUE ET MARTYRE, avec un bois original inédit de .. .. .. .. .. GUSMAN.
LES VANDALES EN FRANCE, avec un bois original inédit de .. .. G. JEANNIOT.
L’ALSACE DÉLIVRÉE, avec un bois original inédit de .. .. A. LEPÈRE.
DEUXIÈME SÉRIE (Année 1916)
LA POLOGNE IMMORTELLE, avec un bois original inédit de .. .. J. BELTRAND.
LA LORRAINE AFFRANCHIE, avec un dessin original inédit de.. .. B. NAUDIN.
LILLE SOUS LE JOUG ALLEMANN, avec un dessin original inédit de P. RENOUARD.
ROUMANIE, avec un dessin original inédit de .. .. .. .. .. J. BELTRAND.
L’ART ASSASSINÉ, avec un bois original inédit de .. .. .. .. .. E. DÉTÉ.
TROISIÈME SÉRIE (Année 1917)
LA SERBIE GLORIEUSE, avec une lithographie originale inédite de .. STEINLEN.
LA RUSSIE. — Art Ancien, avec une reproduction d’icone de .. .. ANDRÉ ROUBLEV.
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Pour paraître LA RUSSIE. Troisième Numéro prochainement : ART MODERNE. de la troisième Série.
On peut se procurer les deux premières séries de guerre et s’abonner à la troisième, moyennant 25 francs la série pour la France et 30 francs pour l’étranger.
Nous rappelons aux amateurs de beaux livres que nous avons procédé à un tirage très restreint de grand luxe, sur papier des Manufactures Impériales du Japon, de tous nos Numéros spéciaux de guerre.
Chacun de ces recueils s’accompagne des bois ou dessins originaux inédits dont liste ci-haut, tirés en hors-texte, avant la lettre, sur Japon Impérial également.
Le prix de chacun de ces recueils de grand luxe est de 25 francs l’exemplaire pour la France et de 26 francs pour l’Étranger.
Adresser les souscriptions à L’Art et les Artistes, 23, quai Voltaire, PARIS (VIIe arrt).
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Pb. Borchtchevski.
ÉGLISE DE L'INTERCESSION DE LA VIERGE SUR LA NERL, PRÈS DE VLADIMIR (1165)
Pb. Borchtchevski.
VLADIMIR. — ÉGLISE SAINT-DMITRI (1197)
Pb. Borchtchevski.
VLADIMIR. — DÉTAIL DE L'ÉGLISE SAINT-DMITRI (XIIe SIÈCLE)
Pb. Borchtchevski.
BAS-RELIEF DE LA FAÇADE DE L'ÉGLISE D'IOURIEV POLSKI (1234)
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Ph. Borchtchevski
BRODERIE SCULPTÉE DE L'ÉGLISE D'IOURIEV-POLSKI (1234)
Ph. Borchtchevski
ÉGLISE D'IOURIEV-POLSKI (1234)
GRIFFON PASSANT AVEC LA QUEUE TRESSÉE EN PALMETTE
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L'ARCHITECTURE RUSSE AVANT PIERRE LE GRAND
EPUIS l'ouvrage de Viollet-le-Duc, qui date de 1877, quarante ans se sont écoulés sans qu'il ait paru en langue française aucune étude d'ensemble sur l'architecture russe. Or le célèbre archéologue n'est pas, en ce domaine inexploré, un guide très sûr. Il parle de l'Art russe sans avoir jamais été en Russie et disserte sur des monuments qu'il n'a pas vus en se basant sur des documents et des dessins communiqués par des amis de Moscou. Son livre, qui est de seconde main, a en outre le défaut d'être tendancieux.
La thèse que les slavophiles lui demandaient de patronner, avec l'autorité qui s'attachait à son nom, c'est que l'art russe moderne « trop longtemps dominé par l'imitation des arts occidentaux » faisait fausse route en se mettant à la remorque de l'Occident et que sa seule voie de salut était le retour aux vieilles traditions nationales. Une pareille croisade ne pouvait que séduire le savant qui avait voué toute sa vie à la glorification de notre art gothique du moyen âge. Mais cette idée préconçue fausse l'impartialité de son jugement. Dans son analyse des origines de l'art russe, il diminue à dessein la part des influences occidentales et exagère sans mesure l'importance de l'apport persan et hindou pour composer à la Russie ancienne une « physionomie asiatique ».
A côté de Viollet-le-Duc, quelques byzantinistes ont été amenés au cours de leurs recherches à étudier incidemment l'art des peuples slaves de Russie et des Balkans. Mais ils cèdent pour la plupart à un autre parti pris : au lieu de considérer l'art russe en lui-même, ils l'envisagent sous l'angle de Byzance. Plus sensibles aux ressemblances qu'aux différences, ils sont portés à ne voir dans les monuments russes que des copies plus ou moins serviles de l'art byzantin.
Dans leur belle Histoire de l'Art russe, Igor Grabar et ses collaborateurs s'élèvent avec raison contre ces théories qui ne tendent à rien moins qu'à reléguer l'art de leur pays en marge de l'art européen. Il est exact qu'à son point de départ, l'art russe se laisse docilement guider par Byzance : mais sous l'influence de l'histoire et du climat, il ne tarde pas à se différencier de son modèle. L'empreinte byzantine va s'effaçant de plus en plus, à tel point que les églises moscovites du XVIe et du XVIIe siècle n'ont plus rien de commun avec la Sainte-Sophie de Justinien.
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L'ART ET LES ARTISTES
C'est cet affranchissement progressif de l'architecture russe que nous voudrions mettre en lumière en marquant ses principales étapes depuis saint Vladimir jusqu'à Pierre le Grand (1).
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On divise habituellement l'architecture russe ancienne en deux périodes que sépare l'invasion mongole du xiii° siècle. C'est une césure artificielle fondée sur l'histoire politique plutôt que sur l'histoire des formes architecturales. Si la domination mongole a laissé des traces indélébiles dans le régime politique de la Russie, elle a eu en somme fort peu d'influence sur l'évolution artistique. Au point de vue de l'art, l'apparition dans l'architecture en pierre héritée de Byzance de formes empruntées à l'architecture nationale en bois a une importance beaucoup plus décisive. Ce changement, qui se produit au commencement du xvi° siècle, marque véritablement le début d'une ère nouvelle dans l'histoire de l'architecture russe. Nous distinguerons donc dans son évolution deux grandes époques : la première qui va du x° siècle au xvi° siècle est caractérisée par l'imitation plus ou moins libre du type de l'église byzantine à coupole; la seconde, qui s'étend du xvi° au xvii° siècle se distingue par l'introduction dans la construction en maçonnerie des formes de l'architecture en bois et notamment de la pyramide qui se substitue à la coupole.
I. ÉGLISES A COUPOLES DE STYLE BYZANTIN
Lorsqu'en 988 le grand kniaz Vladimir reçut le baptême à Cherson ou Korsoun en Crimée, il engageait pour des siècles les destinées de son peuple. En reconnaissant l'autorité du patriarche de Byzance tandis que presque toute l'Europe civilisée, y compris les Slaves de l'ouest, Polonais et Tchèques, s'était rangée sous l'obédience du pape de Rome, il creusait un fossé entre la Russie et la chrétienté occidentale. L'adoption de la religion grecque entraînait celle de l'art byzantin.
Sa capitale Kiev, la « mère des villes russes », qui commandait du haut des falaises du Dnépr la grande route historique « du pays des Varègues au pays des Grecs », s'efforça de devenir une seconde Byzance.
La plupart des monuments de Kiev : la Porte d'or, l'église de la Dime (Désiatine) ont été détruits par les Tatars. Mais ce qui reste de la cathédrale Sainte-Sophie (1036), après les nombreux remaniements qui l'ont défigurée, suffit pour attester le caractère purement byzantin de la première des métropoles russes. Le nom même de Sainte-Sophie qui rappelle la « Grande Église » de Justinien est caractéristique. Tous les détails de la construction : le plan carré à cinq absides, le galbe et la structure des coupoles sur pendentifs et plus encore la décoration intérieure de mosaïques et de fresques trahissent la main d'artistes grecs. Rien de plus probant à cet égard que les curieuses fresques de l'escalier conduisant aux tribunes qui représentent des scènes de l'hippodrome. Comme le dit justement Kondakov, Sainte-Sophie de Kiev est moins un monument de l'art russe qu'un monument de l'art byzantin en Russie.
L'empreinte byzantine est déjà moins marquée à Novgorod, que son nom de « ville neuve » n'empêche pas d'être une des cités les plus anciennes de la Russie.
(1) La plupart des photographies qui accompagnent cette étude nous ont été communiquées par M. G. Millet à qui nous tenons à exprimer nos sincères remerciements.
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Pb. Borchtchevski.
ÉGLISE DU MONASTÈRE SNÊTOGORSKI,
PRÈS DE PSKOV (1310)
Pb. Borchtchevski.
NOVGOROD — ÉGLISE DE LA TRANSFIGURATION (1374)
Pb. Borchtchevski.
NOVGOROD — ÉGLISE DE BORIS ET GLÈBE (1536)
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Ph. Borchcherski.
MOSCOU — CATHÉDRALE DE L'ASSOMPTION (OUSPENSKI SOBOR), 1475
Ph. Borchcherski.
MOSCOU. — TOURELLE DE L'ENCEINTE DU KREML
(XVIe SIÈCLE)
Ph. Borchcherski.
MOSCOU. — ENCADREMENT DE PORTE AU PALAIS
DU TEREM (XVIIe SIÈCLE)
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L'ARCHITECTURE RUSSE AVANT PIERRE LE GRAND
Sa situation géographique à l’extrémité nord du « chemin des Varègues » la rapprochait plus du monde germanique que du monde byzantin. A l’abri de son chapelet de lacs, la république commerçante du Volkhov trafiquait surtout avec les villes hanséatiques de la Baltique : Visby dans l’île de Gotland, Danzig et Lübeck. De nombreux marchands allemands y avaient établi leurs comptoirs. La tradition byzantine, implantée par la religion orthodoxe, se heurtait donc à une autre civilisation. Sans doute, la cathédrale du Kreml (1) de Novgorod (1045) est consacrée, comme celle de Kiev, à Sainte-Sophie. Le plan à trois absides, la coupole portée sur quatre piliers carrés, l'iconographie, la technique et le style des fresques décelent clairement leur origine. Cependant on reconnaît à maints détails le voisinage de la Germanie : ainsi les portes de bronze dites de Korsoun n’ont rien de commun avec les portes damasquinées de travail byzantin et sont en réalité l’œuvre d’un maître fondeur de Magdebourg. Les églises novgorodiennes et pskovitaines du XIIIe et XIVe siècle se différencient en outre du schéma byzantin par une adaptation ingénieuse aux exigences du climat. Les fenêtres obturées, faute de vitres, avec des plaques de mica sont aussi étroites que possible afin de ne pas laisser entrer le froid. Les coupoles se renflent à la base et s’effilent à la pointe en forme de bulbe d'oignon (loukovitsa) pour faciliter l’écoulement des pluies et des neiges. Cette forme bulbeuse, si bien adaptée aux conditions climatériques, ne dérive nullement comme on l’a dit de l’architecture musulmane : on la voit apparaître dans les miniatures de manuscrits de Novgorod dès le XIIe siècle, longtemps avant l’invasion mongole.
Vers le milieu du XIIe siècle, le centre politique de la Russie qui s’était fixé d’abord sur le Dnêpr se déplaça vers la haute Volga, dans la principauté de Souzdalie. Le grand prince André Bogolioubski transféra sa résidence de Kiev à Vladimir sur la Kliazma. Sous son règne et sous celui de ses successeurs, cette région se couvrit d’un blanc manteau d’églises qui comptent parmi les créations les plus parfaites du génie russe.
Toutes les églises de ce groupe, la cathédrale de l’Assomption (1158) et Saint-Démétrius ou Saint-Dmitri de Vladimir (1193), la charmante église de l’Intercession de la Vierge sur la rivière de la Nerl, près de Bogolioubovo (1165) et enfin l’église Saint-Georges d’Iouriev-Polski construite vers 1230 à la veille de l’invasion tatare s’éloignent beaucoup plus que les deux Sainte-Sophie de Kiev et de Novgorod du type byzantin. Elles s’en distinguent par deux caractères essentiels : des parements en pierre de taille et une décoration sculptée d’une extrême richesse dont on chercherait en vain l’équivalent dans l’art de Byzance.
A certains traits on serait tenté d’admettre l’imitation directe des églises romanes d’Occident. La frise d’arcatures aveugles qui règne à mi-hauteur, les portails à plusieurs rangs de voussures profondément ébrasés dans l’épaisseur des façades, la plupart des motifs de sculpture qui décorèrent les consoles et les chapiteaux se retrouvent presque identiques dans les églises romanes de France, d’Allemagne et d’Italie. Cette expansion de l’art roman d’Occident jusqu’aux bords lointains de la Volga n’aurait en soi rien d’impossible : car les chroniqueurs nous parlent de « maîtres de tous pays » appelés par les princes de Souzdal.
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(1) Le Kreml (qu’on appelle à tort Kremlin) n’est pas spécialement moscovite. Presque toutes les villes féodales de la Grande Russie ont leur Kreml, de même que les villes grecques ont leur Acropole, les villes allemandes leur Burg, les villes espagnoles leur Alcazar.