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L'ALSACE DÉLIVRÉE 1681-1916 L'ART ET LES ARTISTES REVUE D'ART ANCIEN ET MODERNE DES DEUX MONDES NUMÉRO SPÉCIAL RÉDACTION-ADMINISTRATION 23, QUAI VOLTAIRE, 23 PARIS DIRECTEUR-FONDATEUR ARMAND DAYOT Copyright by L'Art et les Artistes, 1916
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
L'ALSACE DÉLIVRÉE 1681-1916 L'ART ET LES ARTISTES REVUE D'ART ANCIEN ET MODERNE DES DEUX MONDES NUMÉRO SPÉCIAL RÉDACTION-ADMINISTRATION 23, QUAI VOLTAIRE, 23 PARIS DIRECTEUR-FONDATEUR ARMAND DAYOT Copyright by L'Art et les Artistes, 1916
L'ART ET LES ARTISTES --- ABONNEMENT D'UN AN : - FRANCE: 20 fr. - ÉTRANGER: 25 fr. Directeur-Fondateur: ARMAND DAYOT Secrétaire: ADOLPHE THALASBO --- PRIX DU N° SPÉCIAL "L'ALSACE DÉLIVRÉE": Sans le bois original « Nous dominons la plaine », d'A. LEPÈRE, sur Japon Impérial, 3 fr. 50 pour la France; 4 fr. pour l'Étranger. Avec le bois original d'A. LEPÈRE, sur Japon Impérial, 8 fr. 50 pour la France; 9 fr. pour l'Étranger. Tout abonné ancien ou nouveau à L'Art et les Artistes recevra une épreuve de la magnifique gravure sur bois du maître graveur A. LEPÈRE, exécutée spécialement pour la Revue et tirée sur Japon Impérial. De plus, il a été fait de cet ouvrage un tirage de grand luxe de 55 exemplaires numérotés, sur papier des Manufactures Impériales du Japon. Ces exemplaires renferment chacun une épreuve avant la lettre, sur Japon Impérial également, du bois d'A. LEPÈRE. PRIX DE L'EXEMPLAIRE DE LUXE: 25 francs pour la France; 26 francs pour l'Etranger. --- SOMMAIRE DU NUMÉRO SPÉCIAL "L'ALSACE DÉLIVRÉE" AVANT-PROPOS H. W. L'ALSACE ARTISTIQUE HENRI WELSCHINGER. ROUGET DE L'ISLE NOS ARTISTES AU FRONT (MORTS AU CHAMP D'HONNEUR) UNE LETTRE DU FRONT BELGE BIBLIOGRAPHIE: LES CRIMES ALLEMANDS --- ILLUSTRATIONS CENT QUINZE ILLUSTRATIONS, d'après des croquis et dessins originaux inédits, de Gustave Doré, A. LEPÈRE, L. HUTGENS, P.-A. BOUROUX et BENITO; et d'après des miniatures, peintures et sculptures de HERRADE DE LANDSBERG, Mathias GRUNEWALD, Martin SCHÖNGAUER, David d'ANGERS, I. PILS, Gustave BRION, Gustave JUNDT, Gustave DORÉ, B. ULMANN, HENNER, et de nombreuses photographies de villes, villages, églises et monuments d'Alsace. COUVERTURE en couleurs, en-têtes de chapitres, lettres ornées et culs-de-lampe spécialement exécutés pour ce numéro par Ch. PEYRARD. --- ÉPREUVE D'ART Les Armes de Strasbourg (Dessin en couleurs) reproduites sur la couverture --- Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés pour tous pays. --- J. ALLARD & Cie Galerie des Tableaux des Maîtres Modernes 20, Rue des Capucines, 20. PARIS --- Copyright by L'Art et les Artistes, 1916. L'administrateur-gérant: Ch. PEYRARD. ---
Au Lecteur AVIS TRÈS IMPORTANT Avec le présent numéro, la Revue L'Art et les Artistes termine sa première série de guerre (année 1915), composée des cinq numéros suivants : - LA CATHÉDRALE DE REIMS AU FRONT - LA BELGIQUE HÉROÏQUE ET MARTYRE - LES VANDALES EN FRANCE - L'ALSACE DÉLIVRÉE Indépendants les uns des autres et paginés à part, ces numéros forment chacun un superbe ouvrage de luxe, orné de 70 à 115 illustrations très soignées et contenant, respectivement, en bors texte, un magnifique "bois" original inédit d'un de nos maîtres graveurs, tiré sur Japon des Manufactures Impériales de Tokio. Le prix de chacun de ces numéros est de Fr. 8,50 pour la France et de Fr. 9 pour l'Étranger, soit de Fr. 42,50 et de Fr. 45 pour la série des cinq numéros. Désireuse, toutefois, de diffuser le plus possible ces ouvrages relatant, dans une merveilleuse forme d'art, les beures les plus tragiques de notre Histoire, la Direction de la Revue a décidé de reprendre les abonnements rétroactifs dont la création, d'Octobre à Décembre derniers, a rencontré dans le public l'accueil le plus flatteur et le plus empressé. Malgré l'épuisement rapide de ces numéros et le nombre limité des séries complètes restantes autorisant pour chaque ouvrage le maintien de son prix d'édition, La Revue fixe cet abonnement à Fr. 25 seulement pour la France et Fr. 30 pour l'Étranger. Toute personne qui, d'ici au 1er Mars prochain, dernier délai, souscrira aux cinq recueils de l'année 1915, recevra, immédiatement, les cinq numéros parus avec les cinq gravures sur Japon Impérial de MM. DÉTÉ, A. LEPÈRE, P. GUSMAN, G. JEANNIOT et A. LEPÈRE. Ainsi pour la modique somme de 25 fr. pour la France et de 30 fr pour l'Étranger, chacun pourra enrichir sa bibliothèque d'une collection précieuse valant Fr. 42,50 et Fr. 45 prise par numéro et destinée, sous peu, à son épuisement complet, à devenir un des recueils de documents les plus recherchés et les plus rares parus sur la Grande Guerre. Prière d'adresser souscriptions et mandats à l'administration de La Revue, 23, Quai Voltaire, PARIS. On peut également souscrire, dès aujourd'hui, à l'année 1916 dont le prix d'abonnement, malgré les sacrifices consentis pour frais d'impression et prix de papiers sensiblement majorés, est, comme par le passé, de Fr. 20 pour la France, et de Fr. 25 pour l'Étranger.
GUSTAVE DORÉ — L'ALSACE (D'APRÈS UNE PEINTURE)
Ph. Goupil & C°. — Avec autorisation spéciale de la Maison Goupil & C°, à Paris. GUSTAVE DORÉ LE RHIN ALLEMAND Nous l'avons eu, votre Rhin allemand, Il a tenu dans notre verre. Un couplet qu'on s'en va chantant Efface-t-il la trace altière Du pied de nos chevaux marqué dans votre sang? Nous l'avons eu, votre Rhin allemand, Son sein porte une plaie ouverte, Du jour où Condé triomphant A déchiré sa robe verte. Où le père a passé, passera bien l'enfant. Nous l'avons eu, votre Rhin allemand. Que faisaient vos vertus germaines Quand notre César tout-puissant De son ombre couvrait vos plaines? Où donc est-il tombé, ce dernier ossement? Février 1841. ALFRED DE MUSSET.
AVANT-PROPOS Je remercie l'honorable et savant directeur de cette Revue, M. Armand Dayot, de m'avoir ouvert ses colonnes pour y parler aujourd'hui de l'Alsace artistique. Au moment où l'Empereur allemand s'apprete à nous laisser, dit-il, «l'Alsace nue comme la main», il me parait bon de rappeler quels grands artistes et quelles œuvres admirables, depuis l'époque Carlovin-gienne jusqu'à nos jours, ont illustré ce cher et beau pays. Seulement, il aurait fallu pour dresser l'exposé complet de cet inventaire magnifique, plusieurs numéros de l'Art et les Artistes. Et c'est en un seul numéro que je vais essayer de donner le résumé clair et précis du travail prodigieux de tant de siècles (1). Basiliques, chapelles, cloîtres, cathédrales, églises petites ou grandes, châteaux, burgs, maisons ou hôtels de villes, vieilles demeures et palais particuliers, peintures, sculptures, fresques, gravures, dessins, estampes, bois, miniatures, céramiques, orfèvreries, vitraux, cloches, ferronneries, tout cet ensemble de choses rares, précieuses, exquises a reparu tout à coup devant mes yeux éblouis. Œuvres incomparables, œuvres parfaites de maîtres et d'artistes connus ou inconnus qui avez ravi et passionné tant d'amateurs, récréé tant de passants, enthousiasmé les écrivains, les critiques et les poètes, vous qui avez fait surgir d'autres chefs-d'œuvre, serait-il vrai que l'on songerait à vous anéantir?... Hélas! Louvain, Ypres, Malines, Reims, Arras, Soissons, Senlis ne sont-ils pas des témoins inoubliables de fureurs et d'atrocités sans pareilles?... Celui qui (1) Ceux qui voudraient compléter cette étude par des recherches détaillées n'auront qu'à lire l'ouvrage de Charles Gérard, «Les Artistes de l'Alsace au Moyen-Age», Colmar 1812, 2 vol. in-8'. — «L'Art en Alsace», par René Ménard, Paris 1876, in-4'. — «La Revue d'Alsace, passim». — «Les Vieilles Maisons de Strasbourg», par Ad. Seyboth. — «Strasbourg Illustré», par Piton. — «Strasbourg», par Henri Weischinger (Laurens, éditeur. — «Collection des Villes d'art».)
L'ART ET LES ARTISTES A. LEPÈRE — HÊTRES DANS LE FREUNDSTEIN (Croquis original inédit) osa évoquer le Dieu de ses ancêtres et la divine Providence, au moment même où il faisait lancer sur les monuments les plus grandioses et les plus sacrés des milliers d’obus et de bombes incendiaires, hésiterait-il à saccager, à détruire tout ce qui reste de précieux et de rare ? Et ces destructions, ces violences, ces excès resteraient impunis ? Les ruines des sanctuaires, les débris des cathédrales, les décombres de nos beffrois et de nos musées, les restes mutilés des temples consacrés à la prière ne pourraient point protester ?... Le vieux cri de nos Saints Livres : « Lapides ipsi clamabunt » serait-il étouffé ! Les victimes, qui ont péri dans ces éboulements et ces dévastations, lèveraient-elles vainement vers le Ciel leurs bras ensanglantés ? Serions-nous réduits, comme le poète de la Terreur, à cette plainte désespérée : > Quoi nul ne restera pour attendrir l’Histoire > Sur tant de justes massacrés ? Nous ne pourrions pas cracher sur les noms des bourreaux et chanter leur supplice, et nous n’aurions d’autre consolation que de répéter, après André Chénier, ce vers sublime et désolé : > Toi, Vertu, pleure si je meurs ! Non, cela ne peut-être; cela ne sera pas! La vengeance divine, patiente et éternelle, prend son temps, pour être plus terrible et pour atteindre tous les tyrans. On ne se moque pas impunément de Dieu, et c’est vraiment s’en moquer que d’oser l’implorer en commettant les pires forfaits, en ajoutant à l’atrocité des attentats les plus odieux l’infamie de l’hypocrisie officielle. Essayez donc, cruels Allemands, de rayer de notre sol alsacien, comme vous l’avez fait ailleurs, tout ce qui en forme la beauté pittoresque et l’éblouissante grandeur! Démolissez nos églises, pillez nos musées,
Estampe populaire extraite de La Grande Guerre. Avec l'autorisation de MM. A. Tolmer & C°, éditeurs, Paris. LE SALUT A L'ALSACE C'est dans la petite salle de la mairie de Thann que le Général JOFFRE est venu, en Décembre 1914, saluer la terre d'Alsace. C'est là que devant quelques Alsaciens rassemblés il prononça ces paroles inoubliables : « Notre retour est définitif. Vous êtes Français pour toujours. La France vous apporte, avec les libertés, qu'elle a toujours représentées, le respect de vos libertés, à vous, des libertés alsaciennes, de vos traditions, de vos convictions, de vos mœurs. Je suis la France. Vous êtes l'Alsace. Je vous apporte le baiser de la France. » Cl. de l'Illustration. Ph. S. A. LE GÉNÉRAL JOFFRE SORTANT DE LA MAIRIE DE THANN
Cl. Section Photographique de l'Armée. ÉGLISE DE MANDRAY ET LE CIMETIÈRE Cl. Section Photographique de l'Armée. MANDRAY — INTÉRIEUR DE L'ÉGLISE, EN RUINES Cl. Section Photographique de l'Armée. MANDRAY — L'ÉGLISE DÉTRUITE
AVANT-PROPOS A. LEPÈRE. — LE PETIT VENISE (COLMAR). — (Croquis original à la plume, inédit.) dérobez et vendez nos trésors, jetez aux quatre vents la poussière de nos palais et de nos antiques demeures, nous les relèverons, nous les retrouverons, nous leur rendrons un nouvel éclat! « Ayons confiance, comme nous le disait hier M. Alexandre Ribot dans un superbe élan patriotique, ayons confiance non seulement dans les Armées, mais dans la fortune de la France! A ceux qui demandent ce que sera le lendemain de la guerre, il faut répondre que la fortune de la France se retrouvera toute entière, parce que la France aura gardé toutes ses qualités d'énergie, de prévoyance, et que son esprit d'entreprise sera plus développé encore que par le passé. » Voilà de ces affirmations que nous saurons retenir et qui valent des actes! Elles font bien comprendre ce mot de Joseph de Maistre, qui paraît de prime abord paradoxal et qui cependant est bien vrai : « La guerre fait encore plus d'hommes qu'elle n'en tue! » Et maintenant, amis lecteurs, venez avec moi relire l'histoire noble et touchante de nos anciennes splendeurs et de nos gloires artistiques en cette vieille et chère Alsace que nos compatriotes ont si bien ornée et défendue. Naguère encore, sous la domination tudesque « la Société industrielle de Mulhouse » dirigée par d'ardents patriotes, luttait avec succès contre l'influence et la propagande allemandes. C'est en cette ville laborieuse que le brave A. Haensler, dont un des fils vient de tomber au champ d'honneur, et qui lui-même fut un des vaillants défenseurs de

Ce numéro spécial de la revue "L'Art et les Artistes" est consacré à l'Alsace délivrée, couvrant la période de 1681 à 1916. Il présente l'art alsacien à travers les siècles, des basiliques aux peintures, sculptures et gravures. L'ouvrage dénonce les destructions commises par les Allemands et rend hommage aux artistes morts au combat.