Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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L'ART WALLON Partie supérieure de Lutrim, exécuté par Erasme Place, fondeur en 1638. Église de Tongres. Après les grandes rétrospectives d'Anvers, des Primitifs flamands et de la Toison d'Or à Bruges, de l'Art mosan (Liège, 1905) et des Tapisseries bruxelloises (Bruxelles, 1905), après cette apothéose du siècle de Rubens qui, l'an dernier, jeta sur la World's Fair de Bruxelles un lustre incomparable, la Belgique vient de montrer encore deux belles expositions d'art ancien à Charleroi et à Tournai (1). Toutes deux, si elles furent moins importantes par le nombre d'œuvres réunies, eurent un caractère régional bien accusé, bien précisé qui leur conféra un intérêt égal à celui des grandes manifestations d'art que nous venons de rappeler. Dans Tournai la française, ville à la fois ecclésiastique et gamine d'aspect, qui se glorifie d'une cathédrale mi-romane et mi-gothique aux cinq clochers fameux, des archéologues, des érudits, des collectionneurs ont réuni quelques produits remarquables des anciennes industries locales. On put ainsi admirer à la Halle aux Draps des tapisseries de haute lisse sortant de ces ateliers qui, dès la fin du xiv° siècle, entrèrent en lutte avec les manufactures d'Arras. La cathédrale de Reims a prêté aux organisateurs deux scènes de son admirable série de la Vie de la Vierge datant de 1530; le musée du Cinquantenaire à Bruxelles une Bataille de Roncevax d'un intérêt capital au point de vue de l'étude des armures, et celui de Lille un Déluge (1549) admirablement conservé. Ces tapisseries tournaisiennes n'ont d'égaux sans doute que celles du Musée de Berne (série de César) qu'une étude récente permet d'attribuer désormais avec une quasi-certitude à des artisans non bruxellois mais wallons. L'Exposition de Tour- (1) Charleroi a fermé le 15 novembre. JEAN GOSSART. Le Gentilhomme aux belles mains. (Collection Ch.-L. Cardon à Bruxelles.)

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L'ART DÉCORATIF nai montrait encore une intelligente reconstitution de salle gothique avec une grande cheminée de pierre et d'autres morceaux de sculpture, qui évoquent l'art de ces tombiers et ymagiers du xive siècle, dont l'influence fut si profonde et si décisive sur tout l'art occidental de leur époque et prépara l'avènement de ce puissant réalisme qui trouva dans l'œuvre des Van Eyck sa suprême expression. Puis c'étaient des pièces de dinanderie, œuvre de ces fondeurs et batteurs de cuivre dont le plus grand fut ce Guillaume Lefèvre qui, vers le milieu du xve siècle, exécuta les fonts baptismaux de Notre-Dame de Hal. Enfin, on a présenté dans les vitrines des spécimens adorables de cette porcelaine ROGER DE LA PASTURE. Pieta. (Musée royal de Bruxelles.) à fleurs d'or et de ces biscuits de Tournai, célèbres autant que la céramique de Delft, Moustiers, Nevers ou Rouen. L'exposition de Charleroi avait un programme plus vaste que celle de Tournai, un caractère régional et non simplement local. Nous la devons surtout au dévouement de M. Jules Destree, un député socialiste qui se double d'un esthéticien, d'un écrivain d'art averti, l'homme qui devait réaliser un rêve depuis longtemps conçu par de fervents admirateurs de l'art wallon méconnu. Au cœur d'une importante exposition industrielle où s'attestaient la richesse et l'activité trépidante de cette province de Hainaut dont les rails et les charbons, les verres et les aciers sont connus sur tous les marchés du monde, à côté d'un ravissant salon d'art belge moderne où des salles furent spécialement réservées à des artistes wallons comme l'harmonieux sculpteur Victor Rousseau, le vieux graveur Auguste Danse, les peintres Anna Boch et Auguste Donnay, resplendissait la rétrospective des arts anciens du Hainaut. On a voulu rappeler, sinon révéler à beaucoup d'une façon éclatante, quelle

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L'ART DÉCORATIF part considérable, ignorée, des régions comme l'antique comté de Hainaut, comme l'Entre-Sambre et Meuse ont prise à l'élaboration de l'art si riche et si glorieux des Pays-Bas. A ces provinces d'autrefois qui empiétaient autant sur le territoire de la France actuelle que de notre Belgique, qui comprenaient Valenciennes et Maubeuge aussi bien que Mons et Tournai, on a voulu restituer leur patrimoine authentique. L'éclat de cette école du Hainaut qui nous a donné un Beauneveu, un Gossart, un Van der Weyden, un Lucidel a toujours été absorbé dans le rayonnement du glorieux art flamand. Il est inadmissible que l'on continue à décorer du nom de belge, néerlandais ou flamand ou que l'on annexe aux écoles allemande et française, des peintres, des sculpteurs qui naquirent ou œuvrèrent en plein pays wallon. Fort heureusement, depuis quelques années, on revient de cette erreur. Plusieurs musées allemands donnent à certains tableaux la mention : « Wallische Schule ». A la National Gallery, telles œuvres sont aujourd'hui assignées à Campin et Daret, « of the Tournai School » qui se présentèrent pendant longtemps avec un état civil des plus vagues. Les revues d'art s'intéressent de plus en plus aux problèmes qui touchent à l'art wallon. Qu'on se souvienne notamment de la série d'articles sur le maître de Flémalle que M. Hulin de Loo publia dans le Burlington Magazine. On dira peut-être que la revendication des Wallons a quelque chose de puéril, et qu'émise en Belgique en un moment où sévit la guerre des races, elle participe de motifs politiques plutôt qu'esthétiques. On fera remarquer peut-être que l'origine, le lieu de naissance importe peu chez certains artistes et qu'un Rogier de la Pasture (en flamand : Van der Weyden), né à Tournai, quitte sa ville natale très jeune pour devenir Roger de Bruges ou de Bruxelles. On dira enfin qu'aux xve et xvie siècles, il n'y a ni art wallon, ni art flamand, ni art hollandais, mais un art général des Pays-Bas où les particularités régionales s'effacent. C'est là un thème que développent, non sans raison, MM. Ernest Verlant et Gustave Van Zype dans l'intéressant volume de conférences publié par le comité organisateur de l'exposition de Charleroi.(1) (1) Les Arts anciens du Hainaut (Editeur Van Oest, Bruxelles). LE MAÎTRE DE FLÉMALLE. (Ville de Louvain.) Le Christ mort dans les bras de son père.

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L'ART DÉCORATIF Il n'importe ! A chacun son bien ! On comprend la ferveur filiale avec laquelle M. Jules Destrée et ses amis veulent faire rendre justice à la Wallonie et rappeler que les pseudo-Flamands : Van der Weyden, Patenir, Gossart, Prévost sont des gens de leur pays. Sans compter que des paysagistes comme Patenir et Blès se sont parfois inspirés des sites et de l'atmosphère de la vallée de la Meuse. Et l'exposition de Charleroi n'aurait-elle eu pour résultat que de mettre en lumière des maîtres méconnus, comme le moine émailleur Hugo d'Oignies, comme Lucidel, grand peintre de portraits, et Jacques du Brocucq, qui est une sorte de Jean Goujon wallon, qu'il faudrait se féliciter encore de son organisation. *** Une première salle, dédiée à Hugo d'Oignies, nous montra surtout les chefs d'œuvres de ciselure incomparables de ce moine orfèvre du xime siècle, né sans doute à Walcourt à une date qu'il est impossible de préciser. Il y avait là, venant du trésor des sœurs de Notre-Dame à Namur, ou de l'église de Walcourt, des reliquaires et des calices en cuivre ou en argent doré, rehaussés de gemmes ou d'émaux aux merveilleuses niellures. Le travail de l'orfèvre est encore fait d'une façon primitive, à la gouge et non au burin, ROGER DE LA PASTURE. La Messe de saint Grégoire. (Collection Quinet à Mons.) mais quel miracle de délicatesse que ces rinceaux en filigrane où bondit une souple chasse au cerf ! Dans la même salle, se trouvaient des spécimens d'une orfèvrerie plus ancienne encore, plus barbare, comme la châsse carlovingienne d'Andenne dont la décoration a quelque chose d'arabisant ou la châsse romaine de Saint-Symphorien, où subsistent tous les éléments de l'art byzantin ; des œuvres de l'orfèvrerie de la Renaissance qui fut représentée à Mons et à Tournai par de brillantes écoles. Des broderies fort belles, d'ingénieuses reconstitutions de carrelages et quelques vitrines de médailles et monnaies complétaient cette première salle au centre de laquelle se trouvait un moulage des fonts baptismaux, si frustes et si naïfs, de l'église de Saint-Barthélemy à Liège (œuvre de Régnier de Huy). La 2e salle portait le nom d'André Beauneveu, de Valenciennes, miniaturiste et tombier fameux du xve siècle, l'enlumineur de très belles heures du duc de Berry (Bibliothèque Nationale, Paris), l'auteur de cette admirable statue funéraire de Charles V

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L'ART DÉCORATIF dont le musée du Trocadéro a prêté un beau moulage. C'est de Beauneveu que Froissart, son concitoyen, disait : « N'avait pour lors meilleur ni le pareil en nulles terres, ni de qui tant de bons ouvrages feust demouré en France ou en Haynaut dont il était de nacion, ou royaume d'Angleterre. A côté des moulages de ses trois principales œuvres, d'un autre de la statue de Robert d'Artois, par Jean Pépin de Huy, qui a sa place au Louvre avec Jean de Liège, voici des pierres tombales tournaisiennes, des miniatures de Jacquemart du Hesdin, une admirable plaque de cuivre gravée provenant de l'église Sainte-Gertrude à Nivelles, des sculptures en bois d'un humour populaire toujours charmant. La grande salle est réservée aux peintres fameux de la fin du xve et des débuts du xvie siècles, la plus riche époque dans l'histoire des Pays-Bas avant la grande apothéose rubénienne. Ils sont là tous, les grands Hennuyers dont la Couronne margaritique de Jean Le Maire chante lyriquement les mérites : la glorieuse trinité tournaisienne de Robert Campin, Jacques Daret et Rogier de le Pasture (dit Van der Weyden) ; Simon Marmion, le maître du triptyque de Saint-Bertin (Kaiser Friedrich Museum, Berlin), qui très jeune vint d'Amiens se fixer à Valenciennes; Jean Prévost, de Mons, incorporé dans l'école brugeoise, puis enfin ce Jennin Gossart dit Mabuse, de Maubeuge, qui alla mourir à Middelbourg en Zélande, et dont l'Angleterre, qui possède ses meilleures toiles, pourrait dans une rétrospective préciser admirablement le rôle considérable. M.Charles Cardon, de Bruxelles, a envoyé à Charleroi six tableaux attribués à Gossart. Deux d'entre eux : Le gentilhomme aux belles mains (ah! oui : si belles, si aristocratiquement belles!) et un profil de prélat, sont dignes de la place d'honneur dans les plus grands musées d'Europe. Peut-être y eut-il quelque audace à faire figurer dans cette salle des œuvres de Jean Bellegambe, de Douai, prêtées par la cathédrale d'Arras. Douai est à la frontière de l'ancien Hainaut, mais historiquement, c'est déjà la Flandre française. Une salle est consacrée aux deux grands paysagistes mosans du xvie siècle : Joachim LAMBERT LOMBARD. (Descente de Croix.) (Collection Meses à Casterle.)

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L'ART DÉCORATIF Patenir de Dinant, et ce mystérieux Henri de Bouvignes, que l'on a gratifié de tant de noms : Blès, Blésius, et même Civetta à cause de la chouette dont il signa certaines de ses toiles. Deux des beaux Patenir venaient d'Angleterre : M. Dowdeswel a envoyé de Londres un paysage avec Elbia et l'Ange, et M. Heseltine, une Vierge à l'Enfant qui rappelle le délicieux Jésus joufflu et dodu d'un Patenir appartenant au musée de Liège. Une Chasse de Saint-Hubert, à M. Houtart, séduit par la fraîcheur de son coloris, des oppositions de tons purs auxquelles nous ont habitués Fra Angelico et d'autres primitifs d'Ombrie et de Toscane. La salle IV fut sans doute la plus intéressante de toute l'Exposition ; elle mit en JOACHIM PATENIR. La Chasse de saint Hubert. (Collection Houtart, à Monceau-sur-Sambre). Retable de la Vierge. (Église de Ham-sur-Eure)

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L'ART DÉCORATIF lumière, elle révéla même à beaucoup l’œuvre de deux très grands artistes du xvie siècle, nés à Mons tous deux : Nicolas Neufchâtel, dit Lucidel (né vers 1527, mort vers 1590) émigra très jeune, comme son concitoyen le musicien Roland de Lassus, vers les cours brillantes et intelligentes des princes de Bohême et de l’Allemagne du Sud. Il fit toute sa carrière et mourut à Nuremberg où il portraitura de riches bourgeois, des hommes d’État et des savants comme ce mathématicien Jean Neudorfer, dont l’effigie est l’une des perles de la Pinacothèque de Munich (le musée de Lille en possède une admirable HENRI DE BOUVIGNES. Le bon Samaritain. (Musée de Namur.) réplique). Ses œuvres sont disséminées surtout dans les musées d’Allemagne et d’Autriche (Berlin, Cassel, Munich, Darmstadt, Vienne, Buda-Pest) ; en Angleterre (National Gallery), à l’Ermitage et dans les grandes collections particulières de Prague, particulièrement celle du comte Notitz). Ses portraits sont à la fois d’une vérité et d’une majesté qui ont permis de les attribuer parfois à Holbein ou Antonio Moro. Le musée de Buda-Pest a prêté aux organisateurs de l’Exposition de Charleroi deux œuvres capitales : les portraits de Hans Heinrich, Pilgrim von Herzogenbusch et de sa femme. Le cavalier charme par l’élégance altière de son allure, la sobriété de couleur de son justaucorps, l’expression calme du visage. Quant au portrait de son épouse, il est particulièrement intéressant par la façon dont l’artiste a disposé les mains chargées de bagues, dans un style propre à tous ses portraits féminins et qui rappelle un peu la pose de la duchesse de Milan, d’Holbein. C’est cette façon de traiter les mains et d’autres éléments qui permettent d’attribuer à Lucidel l’impressionnant portrait de vieille femme prêté par M. Charles Cardon. Un autre maître montois, de la Renaissance, triomphe dans la même salle.

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L'ART DÉCORATIF Jacques du Broeucq le vieux, architecte et sculpteur (mort en 1584), fut le premier maître de Jean Bologne, de Douai. Il érigea pour Marie de Hongrie les palais de Binche et Mariemont incendiés en 1554 par les bandes d'Henri II. Son œuvre principale comme sculpteur fut le gigantesque jubé de l'église Sainte-Waudru à Mons, commencé en 1535, terminé dix ans plus tard et démoli pendant la tourmente révolutionnaire sur les ordres de la Convention. Ce jubé était cité par un chroniqueur comme une des merveilles de son temps avec le portail de Reims, la nef d'Amiens et le chœur de Beauvais. Quelques fragments fort beaux ont pu être sauvés de la destruction et sont conservés dans le chœur, la sacristie et les chapelles de Sainte-Waudru : telles les statues de la Prudence et de la Tempérance, ou ce bas-relief rond représentant la Création, qui furent visibles à l'Exposition de Charleroi avec un ange svelte de la collection Warocqué. Dans ces œuvres, ainsi que dans les morceaux superbes que détient la cathédrale de Saint-Omer, on admire à la fois une robustesse et une souplesse qui imposent à l'esprit le souvenir de Jean Goujon. Une salle voisine, où l'on a réuni de merveilleuses dentelles de Binche et Valenciennes (collection Errera) rappela discrètement quelle part considérable la ville de Liège, patrie de Lambert Lombard, Gérard de Lairesse, Doufet, Bertholet, Flémalle, et des plus parfaits graveurs du xvie siècle, le sculpteur Jean Delcour, a dans l'histoire de l'art aux Pays-Bas. Un peintre tournaisien du xvie siècle, Michel Bouillon, était représenté dans la même salle par une grande toile remarquable qu'a prêtée M. Richardson, de Londres. C'est une grande nature morte dans la manière fastueuse de Snyders mais avec un coloris plus affiné, plus distingué qui annonce un peu Chardin. La salle du xvie siècle, consacrée à Watteau et Pater, fut, naturellement, la plus critiquée. Watteau et Pater, ne sont-ce pas des maîtres français par excellence, des représentants parfaits du siècle le plus français qui fut? Ils n'ont rien de wallon dans leur art! C'est entendu; mais il n'en reste pas moins qu'ils JACQUES DU BROEUCQ. La Tempérance. (Eglise Saint-Waudru à Mons.)

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L'ART DÉCORATIF sont nés en Hainaut, comme d'ailleurs Carpeaux, et c'est simplement ce que l'on a voulu rappeler : félicitons-nous-en puisque cela nous a permis d'admirer la Toilette, un Watteau délicieux appartenant au due d'Arenberg et le Aid de tourterelles, de Pater, au musée de Valenciennes, musée charmant que l'on visite trop peu. Une salle entière fut consacrée aux portraits de François Navez, né à Charleroi en 1787, mort à Bruxelles en 1869. Cet élève de David est le premier grand artiste belge moderne. Son œuvre considérable n'est pas connue comme elle le mérite. Et pourtant un morceau comme le Portrait de la famille de Hemptinne (Musée moderne de Bruxelles) peut être sans crainte comparé aux plus beaux Ingres. Une dernière salle contenait quelques œuvres marquantes de peintres wallons du xixe siècle, comme les paysagistes de l'Ecole de Tervueren qui fut le Barbizon belge : Fourmois, Baron, Boulenger; comme Hennebicq et Gallait, peintres d'histoire, Antoine Bourlard, un Montiros qui passa toute sa vie en Italie, le terrible et génial Félicien Rops; sans compter un bel ensemble de sculptures, tableaux et dessins de Constantin Meunier, mi-flamand, mi-wallon d'ascendance mais qui dut au Pays Noir, a Borinage et à Liège, la révélation de son vrai génie. Au total, on le voit, il y eut dans cette exposition, présentée avec un goût parfait et qui, comme de juste, suscita de passionnantes controverses. une éloquente attestation du séculaire génie de la Wallonie. Désormais, cette belle province de la «plus grande France» ne pourra plus être considérée comme une Cendrillon au foyer de l'art belge. Aujourd'hui encore, cette Wallonie est riche des plus grandes possibilités esthétiques. Il est faux, trop facile vraiment de dire que son génie est exclusivement musical. La patrie de César Franck a donné à l'art contemporain des sculpteurs comme Victor Rousseau et Joseph Rulot, deux écoles de graveurs et d'illustrateurs qui comptent des artistes comme Rassenfosse, Donnaz, Berchmans, Maréchal, Bernier, Duriau, des humoristes comme Delaw ou Ochs, des peintres de la grave et pure Ardenne comme Mellery, Dehaspe, Anspach, Houben, de fidèles interprètes des formidables sites industriels comme Leduc et ce jeune Pierre Paulus qui, d'un coup, a saisi la couleur, le caractère véritable de son pays de Charleroi qui attira naguère un Maxime Luce, un Adler, cependant que Van Gogh et Carrière, puis MM. Sinet et Paul Antin, après Meunier, furent impressionnés par la tragique grandeur du Borinage. Une JEAN DELCOUR. Le Perron. (Ville de Liège.)

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L'ART DÉCORATIF Fuseaux de Binche. Fuseaux de Binche. — Régence. Fuseaux de Valenciennes. — Régence. Fuseaux de Valenciennes. — Régence. Appartiennent au Musée du Cinquantenaire, à Bruxelles.

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FRÈRE HUGO D'OIGNIES. (Première moitié du xiiie siècle.) Croix reliquaire en vermeil, reposant sur un pied en cuivre doré et trois lionceaux. Église de Walmont. JAR sc.