Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

Page 1

HENRY BOUCHARD. Mère et Enfant. AU SALON D'AUTOMNE (PREMIER ARTICLE) PEINTURE ET STATUAIRE L'exceptionnel attrait du « Salon d'Automne » résidant cette année en ses ensembles d'art décoratif installés au rez-de-chaussée du Grand Palais, (et nous aurons l'occasion d'étudier cette section dans un prochain article) les galeries de peinture et statuaire rétrospectives ne nous requerront point trop longuement. Cette évolution d'un salon d'avant-garde vers l'art décoratif est normale. Le problème est posé avec netteté. Depuis deux ans notamment, l'activité de nos ornemanistes et leurs progrès redoublent. On est sorti de la période de malaise fièvreux, d'exagérations démentes où nous avaient entraînés les fauves du modern-style. La raison française, faite de grâce légère et d'ordre lumineux, a repris ses droits. Les charmants essais du « Salon d'Automne » 1910, l'importante démonstration munichoise, l'éclatante exposition de la « Société des Décorateurs » au Pavillon de Marsan l'hiver passé, l'annonce d'une Exposition Internationale en 1915, autant de coups de fouet qui ont stimulé le zèle de nos créateurs de modèles. On l'a compris au « Salon d'Automne ». N'oublions pas que cette maison est présidée et vice-présidée par deux architectes rationalistes, qui ont fait leurs preuves en matière de construction moderniste, MM. Frantz Jourdain et Charles Plumet. Est-ce à dire que les sections de peinture et statuaire soient négligées ? Non, certes, et vous trouverez dans les vingt galeries si mal éclairées du Grand Palais d'excellentes composition picturales, et quelques beaux morceaux de pierre, marbre ou plâtre. Mais

Page 2

L'ART DÉCORATIF le gros de la bataille est livré, la preuve faite. Le besoin de multiplier les exemples ne se fait plus sentir avec autant de vivacité qu'il y a six ans. Il y a six ans, en effet, il fallait recueillir, « repêcher », dirai-je, les intéressantes victimes, les bonnes épaves des Salons officiels. On sait que tout ce qui ne porte pas la marque de l'Ecole, tout ce qui n'est pas anecdote photographique ou fade vignette mondaine, est exclu des « Artistes Français »; on sait que tout ce qui n'est pas whistlérianisme démarqué, impressionnisme édulcoré, ou recettes de la « Société Nouvelle » n'est guère admis à la « Société Nationale », et cette armée de forces jeunes s'en va grossir la cohue populacière des Indépendants, — où elle est noyée, perdue parmi le nombre. Ce sont ces éléments-là, en un mot le dessus du panier des autres Salons, que le « Salon d'Automne » tâcha d'amener à soi. Il fut accueillant aux jeunes, indulgent même à leurs écarts. Les voici aujourd'hui installés au cœur de la place ; ils en ont délogé les paisibles « fondateurs » du début. Les meilleurs peintres de la jeune école, qui a succédé au groupe Bonnard-Roussel, comme ceux-ci avaient pris la suite de Monet et Cézanne, occupent (et c'est justice) les cimaises du « Salon d'Automne »; ils se nomment Laprade, Jean Puy, Marquet, Flandrin. Dès lors, puisqu'ils triomphent, à quoi bon lutter encore pour eux? Le « Salon d'Automne » les a puissamment aidés, sinon à produire, du moins à se produire. Il est légitime qu'il réserve ses faveurs à d'autres efforts. On se plaint parfois que le Salon admette trop d'étrangers et aussi trop d'énergumènes hurleurs et cubistes. Avouons ce qu'il y a de fondé en cette doléance. Certaines salles sont encombrées de toiles signées de noms scandinaves, bavarois, moscovites ou américains. Et l'on reconnaît d'ordinaire ces œuvres à la prédominance de l'élément littéraire sur l'élément plastique, ainsi qu'à la virulence naïve et inculte de leur technique. En effet, et l'un des plus sagaces critiques de l'Allemagne contemporaine l'a honnêtement avoué à propos de Hans von Marees, il y a deux ans, les artistes allemands (et cela est vrai aussi des Autrichiens, des Russes, des Finlandais) ne sont pas d'abord peintres. Une des caractéristiques septentrionales c'est qu'en esthétique on traite l'idée et la forme comme deux choses bien séparées. Erreur capitale, vice fondamental, car le langage de la peinture ne doit pas être idéologique, mais plastique. La littérature, le symbolisme, la haute métaphysique embuent les toiles de tous ces disciples lointains ou immédiats de Stuck et de Hans Thoma et de Böcklin. Un beau jour, s'apercevant qu'on les trompe en les maintenant dans les ténèbres et les sauces bitumineuses, ils quittent leurs hangars de Pittsburg, Munich, Vienne ou Düsseldorf et accourent à Paris, foyer des arts où tant de papillons se brûlent les ailes. Ces évadés, ces « rescapés » ne s'en vont pas rue Bonaparte, mais à Montparnasse, Montrouge et Vaugirard, dans les ateliers libertaires et les académies académicides où l'on prêche l'évangile selon saint Henri-Matisse. Ils s'empressent de brûler ce qu'ils adoraient et, selon la méthode accoutumée des néophytes, renchérissent de toutes leur ardeur inexpérimentée sur les virulences et le schématisation de leurs nouveaux maîtres. Et voilà pourquoi trop de salles exhibent des productions barbares, anti-françaises au premier chef, sans charme ni clarté, et signées de noms rocailleux.

Page 3

L'ART DÉCORATIF Il ne serait peut-être pas inutile, pour que l'opinion ne s'égaré point, de grouper ces exposants exotiques. Ils feraient ainsi bande à part, et l'art contemporain n'y perdrait guère. Ce n'est pas à dire qu'il faille rejeter les responsabilités sur les invités venus des bords de l'Isar ou de l'Ohio. Nous avons aussi, hélas! nos derviches tourneurs. Il y a une question cubiste : abordons-la. Il est entendu que l'impressionnisme est entré dans l'histoire, et que recommencer aujourd'hui ce que les Monet et les Pissarro ont merveilleusement réalisé serait une erreur déplorable. Cette erreur, nous la reprochons trop vivement à MM. Loiseau, Moret, de Chamaillard, pour ne pas encourager ceux qui sont venus après l'école de 1874 à chercher autre chose. Nous avons donc eu les verlainiens et japonisants Roussel, Bonnard, Vuillard. Poètes subtils, coloristes d'une sensibilité exquise et d'un rare raffinement, ils ont parfois et souvent négligé la forme et le volume.[Leur art ravissant fut tout en notations nuancées, en accords délicats, en harmonies inédites. Bonnard est un « œil » délicieux. Seulement, il ne compose et ne construit pas avec la solidité durable. Rien de moins volumineux, de moins « sculptural » qu'une œuvrette, grande ou petite, de cet espiègle si bien doué. Son œuvre en elle-même est d'un agrément infini; mais elle offre un redoutable exemple : trop de démarqueurs adolescents se sont abandonnés au plaisir de la jolie pochade, de l'esquisse laissée en train, de l'amorphe, de l'invertébré. Or, si Bonnard a des côtés de grand peintre, n'oublions pas que les caudataires n'imitent jamais ces côtés-là. Les Salons indépendants, depuis six ou huit années, abondèrent en ébauches bâclées. Friesz, Derain, et l'énigmatique Picasso tentèrent de réagir. Matisse, à son tour, montra ses invraisemblables indications schématisées. Ces novateurs se réclamaient de Cézanne — sans l'avoir consulté. Et les « cubistes », à leur tour, sortirent tout armés du cerveau de Picasso. Ils ont publié de retentissants manifestes et la salle VIII du Salon d'Automne, sur l'initiative de George Desvallières, généreux à l'excès, leur fut confiée. Que veulent ces révolutionnaires ingénus? S'insurger contre la photographie rétinienne, proscrire la sensibilité au nom de la volonté, et « tourner autour de l'objet ». D'un excès, les voici sombres dans l'autre. Ces amoureux d'abstraction entendent être des systématiques et point des sensitifs. Oublient-ils donc qu'un artiste n'est complet que s'il unit en soi, dans un équilibre sain, volonté et sensibilité? Qui fut plus sensible que Corot? Et ne menait-il pas son travail au point exact où il voulait? Mais à quoi bon insister? Nous ne ferons pas aux cubistes l'honneur de les prendre plus au sérieux qu'ils ne le comportent, leurs balbutiements et leurs rhomboèdres ont récolté un succès d'une qualité spéciale. Nous ne nommerons aucun d'entre eux. D'ici quelques années, si ces doctrinaires candides nous présentent des œuvres, il sera temps de les discuter. * Il est toujours efficace de rechercher quelles sont les « dirigeantes » d'un salon de peinture, les influences essentielles. Nous avons dit l'influence décroissante de l'im-

Page 4

L'ART DÉCORATIF pressionnisme proprement dit. Sauf un quarteron d'entêtés, et sauf le très honorable Maxime Maufra, la formule apparaît désuète. Van Gogh aussi, puissant génie inégal, ne forme pas d'élèves. Cézanne, qui obséda trop de cervelles, est parfois encore présent, et la modulation de ses verts profonds, moelleux et drus, se retrouve, abâtardie, en maint paysage, chez M. Charlot, entre autres. M. Degas et son dessin autoritaire ont sollicité quelques adeptes. Paul Gauguin, et son large style classique, Guillaumin et ses robustes constructions, Odilon Redon, mystérieux harmoniste, sont encore de précieux professeurs. Mais les influences dominantes viennent du groupe néo-impressionniste et de la génération qui n'a pas dépassé la quarantaine. Le pointillisme éclaircit diverses palettes : Mme Chauchet-Guilleré, notamment, lui doit un bienfaisant accroissement de luminosité. Toutefois ceux qui sont le plus suivis, sinon le mieux compris, c'est Maurice Denis, Charles Guérin, et aussitôt après Guérin, Louis Sue. L'accent savoureux, l'insistance appuyée de Guérin, son goût d'archaïsme dans les arabesques, la grâce sûre et l'élegance nonchalante de Sue, ont inspiré plus d'un exécutant. MM. Roustan, Briaudeau, Klingsor, se réfèrent à Guérin. Et Valtat et d'Espagnat aussi, — celui-ci issu de Renoir — marquent de leur empreinte maint novice. J'ai dit la part de Friesz et de Matisse. Je voudrais encore noter celle de Vallotton. La haute conscience de ce savant dessinateur a servi de phare à plusieurs jeunes talents sérieux : puissent-ils se faire toutefois de leur art un concept plus sensuel que le sévère Vallotton ! Indiquons d'autre part le reflet, en quelques ouvrages, du chatoiement somptueux des ballets russes, et les réminiscences de Bakst. Et c'est, je pense, l'essentiel. *** Avant de parcourir les salles, deux mots des rétrospectives et attractions diverses. Voici Henry de Groux, peintre et statuaire, Camille Pissarro, graveur. On attendait de Groux avec curiosité. Peu de personnes, sauf celles qui suivirent les expositions d'il y a vingt ans et plus, connaissaient sa manière fumeuse, orageuse, et d'une trouble grandeur. Son Christ aux outrages, qui fit couler en 1892 tant d'encre (rien ne prête mieux au commentaire littéraire qu'une toile de de Groux), reparait à la cimaise du Salon. C'est une composition noble et forte, d'un mouvement frénétique. « Je peins ce qui se meut », a dit un jour de Groux à son compatriote Camille Lemonnier qui, ainsi que Léon Bloy et Octave Mirbeau, a décrit en images éclatatantes le lyrisme tumultueux de l'artiste belge. L'art d'Henry de Groux est en effet dynamique. Un ouragan, un torrent s'y déchaîne. Tous les surhommes tourbillonnent en l'âme et l'œuvre d'Henry de Groux. On y est angoissé par l'intensité littéraire plutôt que par le pathétique du coloris. L'art, ici, déborde de culture, et c'est à la fois une sorte de beauté et une faiblesse. *** Les eaux-fortes et lithographies de Camille Pissarro n'étaient guère appréciées que

Page 5

L'ART DÉCORATIF d'une élite. On s'étonne et l'on s'indigne à penser que ces œuvrettes d'un charme si prenant n'aient, du vivant de leur auteur, recueilli aucun succès. Aussi bien n'est-ce pas la moindre iniquité dont ait souffert le grand impressionniste. Les estampes de Pissarro soutiennent la comparaison avec celles de Rembrandt et de Jean-François Millet. Même émotion, même candeur dans l'interrogation passionnée de la nature, même mépris de la virtuosité, même usage de moyens larges. Pissarro met de la grandeur dans un cadre de vingt centimètres ; la poésie du verger, la moire où frissonnent les baigneuses de la rivière, l'enveloppement lumineux, la profondeur des ciels légers, tout est suggéré plutôt que décrit, et le trait est néanmoins aussi incisif que les valeurs sont exactes. * Après ces deux rétrospectives, l'une posthume, l'autre « anthume », ainsi qu'eût dit un humoriste, accordons un instant d'attention à l'exposition plénière d'un Espagnol, de talent indéniable mais prolix. M. Iturrino nous impose près de cinquante toiles là où six auraient suffi. De gracieuses filles de Séville, Cordoue et Bilbao, s'habillent, se déshabillent, se coiffent, sourient, minaudent, dans un frou-frou de jupes, de mantilles safran et pourpre, parmi l'atmosphère entêtante des œillets piqués sur les torsades huileuses. Il y a là du trop. Vingt toiles sont « en train » qu'il eût été plus sage de ne pas exhiber. Deux ou trois sont menées à l'achèvement nécessaire et valent par de réels mérites de matière et d'agencement adroit. * Parcourons maintenant les galeries de peinture et statuaire, en réservant notre examen des vitrines d'Art Décoratif pour un second article. Le paysage domine au « Salon d'Automne », et l'on conçoit du reste que les portraitistes y soient rares, le portrait exigeant des qualités d'aristocrate diplomatie où nos jeunes et frustes indépendants ne sont point encore passés maîtres. Les deux noms qui se détachent aussitôt sont ceux de Flandrin et Marquet. Les panneaux de Flandrin nous transportent en pleine montagne ; le moelleux des verdure, l'éclat de la lumière, la transparence et la brume sont ici vivaces. Et, ce qui est important, la copie du réel n'interdit pas au peintre de synthétiser ses sites en larges arabesques du style le mieux décoratif. Marquet, sommaire sans schématisation, s'attache à l'objet, qu'il restitue avec fidélité, d'un pinceau ferme et sobre, où chaque touche a le poids d'une vérité. Nous félicitons Flandrin d'être à la fois un réaliste qui décrit et un imaginatif qui stylise ; nous reprochons amicalement à Francis Jourdain de n'avoir pas pris un parti net entre ces deux attitudes. Ses panneaux méridionaux, remarquables, laissent une impression imprécise. Sollicité de deux côtés, le peintre n'a pu se décider. Mais le progrès qu'il affirme est tel que nous lui faisons confiance. Charlot, cézannien en ses compositions à personnages, plus foncièrement lui-même en ses effets de neige ; Tharkhoff, qui s'en tient à ses hachures et à ses zébrures ; Diriks, monotone en ses études de ciels et de vent ; Wilder, Chénard-Huché, Roustan, René

Page 6

L'ART DÉCORATIF Juste, La Villeléon, Dufrenoy, aux copieux empâtements lyonnais ; George Bouche qui cherche et vacille encore ; Camoin, toujours frais et limpide ; de Vlaminck, ex-fauve, et qui use d'une matière sonore sans lourdeurs ; Félix Borchardt, un des très rares coloristes qui sachent camper une figure en plein air ; Jean Puy, robuste et franc ; Seyssaud, Horton, Olivier, Alluaud, Barwolf, Alexandre Altmann, de qui les effets de contre-jour, où s'avère une influence de Lebasque, sont justes et fins ; Laprade, élégant et dandy en ses improvisations mélodieuses ; Morrice, qui décroît et trébuche ; Maurice Taquoy, délicat et réticent ; Jacques Blot et Max Camis, deux des plus intéressants de la génération montante ; Chigot, toujours aimable ; Berlioz, analyste subtil; Maufra, inlassablement attaché à sa formule ancienne ; Suréda, orientaliste non sans hardiesse; Alcide Le Beau, de qui les mises en pages rivalisent avec les plus ingénieuses estampes nipponnes, tels sont les paysagistes à signaler. La composition décorative, ambition universelle, et qui hante tous artistes épris d'ordonnance poussinesque et de rythme, se recommande dès l'abord du nom de Bonnard. Le charmeur y a répandu les dons que nous goûtons en ses tableautins ; mais n'est-ce point justement un tableau agrandi plutôt qu'un décor? Et le « mur » ne commande-t-il pas moins de hâte et d'enchanteresses négligences? Même critique à signifier devant les poétiques évocations païennes de Roussel, d'un ton séduisant, mais décousues. Valtat, fougueusement inspiré, parsème de nudités glorieuses les tapis bariolés de ses plages et de ses prairies ; Paviot compose et précise, mais en s'essoufflant ; Mme Marval nous retient par l'harmonie imprévue de ses gaucheries exquisément minaudantes, et Déziré revient sans effort au format et à la formule classiques ; Guérin enfin, plus à son aise dans le morceau naturaliste, s'élève cependant au style en son Assemblée de jeunes femmes dans un parc. Des nus, accordés au paysage ou modelés dans la tiède atmosphère d'une chambre, attestent le savoir et surtout la facilité de d'Espagnat, la hardiesse de Lombard, la souplesse de Manguin, la morbidesse nerveuse de Léon Bakst, l'apreté de Vallotton, l'aménité d'Angèle Delasalle, la distinction de Desvallières, l'académisme stupéfiant d'Urbain, qui s'est trompé et se reprendra. Aux natures mortes, genre et intimisme, nous relevons les noms estimés d'Ottmann, Fornerod, au faire énergique ; Briaudeau, Louis Süe, Renaudot, Carré, Verhoeven, assez près par instants de l'extraordinaire affichiste Van Dongen ; Dresa, spirituel ; Zarraga, licencieux ; Voguet, Merkel, Manzana-Pissarro, qui chatoie et flamboie ; Bréal, Spiro, Baignères, Mme Beaubois de Montoriol, Gropeano, Challié, Martin-Gourdault. Les eaux-fortes d'un métier magistral de Bernard Naudin, les amples fusains de Maxime Dethomas, les bois de Colin et de Labourreur, les lithographies de Perrichon et Kayser, les fantaisies dessinées de Pascin, l'archaïsme de Zak, les illustrations de Bonfils et Soria, mériteraient mieux qu'une mention cursive. Quatre formidables « génies » beethoveniens supporteront le monument édifié par José de Charmoy au dieu de la musique: on les admire en s'effarant un tantinet de la massivité des entablements; de Groux, lui aussi, s'attaque à Beethoven : il est vrai que ce furieux modeleur empoigne avec une égale crânerie le Christ. Dante, Tolstoï et Wagner. Joseph Bernard songe, en maniant le ciseau, aux imagiers bourguignons, à Michel-Ange et à l'hellénisme. Il ne songe guère à innover.

Page 7

L'ART DÉCORATIF Près de ces vêhéments ouvriers, Albert Marque, paisible, perpétue la fine grâce française et la tradition de Clodion; Drivier, Pimienta, Jean Baffier, Duchamp-Villon, Bernard Hoetger, Halou, Bouchard, Kuna, Mme Raphaël nous soumettent des bustes et des figurines où rien de vraiment neuf n'apparaît encore. Et Maillol, qui n'expose pas cette année, est, néanmoins, de-ci de-là, invisible et présent. (A suivre.) Louis Vauxcelles. Le numéro du 20 novembre de la revue sera consacré à l'art décoratif au Salon d'Automne. L'illustration en sera très abondante, notre photographe, M. Louis Lemery, ayant réussi à obtenir des photographies remarquables des ensembles mobiliers, comme aussi des objets pris individuellement. Nous publierons également, dans un numéro prochain, quelques pages sur le peintre espagnol Iturrino, c'est ce qui explique qu'aucune de ses œuvres ne soit reproduite dans le présent numéro de la revue. (N. D. L. D). EUGÈNE CHIGOT LA CUEILLETTE DES CITRONS A MENTON

Page 8

L'ART DÉCORATIF FÉLIX BORCHARDT PORTRAIT DE M. ROBERT CURRY Photo Druet.

Page 9

L'ART DÉCORATIF ANGEL ZARRAGA LE DON Photo Lémery.

Page 10

r86 L'ART DÉCORATIF HENRY DE GROUX BUSTE DE WAGNER

Page 11

L'ART DÉCORATIF HENRY DE GROUX BUSTE DE BEETHOVEN