Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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L'ARCHITECTE REVUE MENSUELLE DE L'ART ARCHITECTURAL PUBLIÉE AVEC LE CONCOURS DE LA SOCIÉTÉ DES ARCHITECTES DIPLÔMÉS PAR LE GOUVERNEMENT COMITÉ DE DIRECTION : - MM. A. ARFVIDSON, - L. H. BOILEAU, - L. BONNIER, - BOUWENS DE BOIJEN, - A. DEFRASSE, - AD. DERVAUX, - ROGER EXPERT, - TONY GARNIER, - J. GODEFROY, - CH. LETROSNE, - P. PATOUT, - CH. PLUMET, - H. SAUVAGE, - L. SOREL, - A. VENTRE RÉDACTEUR EN CHEF : MICHEL ROUX-SPITZ NOUVELLE SÉRIE 4e ANNÉE N° 6 JUIN 1927 --- PARIS ÉDITIONS ALBERT LÉVY LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS 2, Rue de l'Echelle

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SOMMAIRE du numéro de "L'Architecte" de Juin 1927 TEXTE DEUX ETUDES SUR L'ARCHITECTURE AMÉRICAINE ... J. PORCHER. PLANCHES Pl. 31 à 33. — Pont suspendu sur la Delaware, à Philadelphie ... PAUL P. CRET. Pl. 34 à 36. — Salons de thé et de coiffure du "Bon Marché". L.-H. BOILEAU et L. CARRIÈRE. Correspondants.— Allemagne: M. GOETZ, Eppendorferstieg, 39, Hambourg.— Autriche: D’ERMERS, Schegargasse, 17, Vienne. Tous les droits sur les articles et les reproductions sont réservés pour tous pays. Les articles parus dans "L'Architecte" deviennent la propriété de la revue. FRANCE ... Le numéro 12 fes. — L'abonnement (12 numéros) ... 120 fes ETRANGER ... 1°. Pays ayant adhéré à la convention de Stockholm (tarif postal abaissé) le numéro 14 fes. ... 140 fes ... L'abonnement (12 numéros) 2°. Autres pays: Angleterre et ses Colonies et Dominions (Canada excepté), Danemark, Dantzig, Etats-Unis, Colonies hollandaises, Italie et Erythrée, Norvège, Palestine, Suede, Suisse: le numéro 15 fes. L'abonnement (12 numéros) ... 150 fes L'année parue (nouvelle série, 1924, 1925, 1926) ... France 150 fes. — Étranger. 165 fes Portefeuille destiné à contenir une année ... 10 fes. ... 13 fes ÉDITIONS ALBERT LÉVY, 2, RUE DE L'ÉCHELLE, PARIS (1er). LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS Chèques postaux: Paris 6690 — R.C. Seine 64.696 — Adresse télégraphique: Edalvyde-Paris — Téléphone: Louvre 33-87. Nous tenons à la disposition de nos lecteurs un PORTEFEUILLE destiné à contenir l'Année 1926 de l'Architecte contre 10 francs (port en sus pour l'étranger : 3 frs.). Ch. P. 6690, Paris. R. C. Seine 64.696. L'ANTI-BELIER APPAREIL A MÉCANISME APPARENT (B° S.G.D.G.) le seul supprimant totalement LE COUP DE BÉLIER dans la canalisation des eaux MARQUE DE FABRIQUE PLUS DE CHOCS PLUS DE RUPTURES CRUCHON Ingénieur-Constructeur Breveté 29, rue Grenier-Saint-Lazare PARIS-III° EXPOSITION D'ART PRATIQUE DU BATIMENT Diplôme d'honneur. Médaille d'argent de la Ville de Paris. ÉTABLISSEMENTS GENTIL & BOURDET GRÈS FLAMMÉS ET MOSAIQUES Société Anonyme au Capital de 1.700.000 Francs Siège social, 189, Rue du vieux-Pont-de-Sévères, Billancourt Adr. Télér.: GREFLAM-BILLANCOURT AGENCE SPÉCIALE DE DESSINATEURS POUR L'EXÉCUTION DE TOUS AVANT PROJETS POUR L'ADAPTATION DE NOS GRÈS 7 GRANDS PRIX, MEMBRE DU JURY AUX EXPOSITIONS, LAURÉAT DE LA SOCIÉTÉ CENTRALE DES ARCHITECTES (FONDATION PAUL SEDILLE) 6-VI-27

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L'ARCHITECTE --- DEUX ÉTUDES SUR L'ARCHITECTURE AMÉRICAINE Les architectes américains entreprennent des travaux dont l'ampleur dépasse fort celle des constructions européennes : ils ont le goût du gigantesque, l'audace, et surtout la puissance des moyens. L'Amérique est un incomparable champ d'expérience pour tout ce qui tient au bâtiment et à l'urbanisme. Expérience est le mot : il n'est pas de pays où soit moins développée l'architecture en chambre — si l'on peut dire —, où les plans pour revues, les projets inexécutés, les rêves tiennent moins de place. C'est une faiblesse peut-être, car l'art de construire ne vit pas que du chantier : que serait-il sans l'artiste inventif et sensible, dont le rôle, plus encore que de bâtir — il ne peut pas toujours autant qu'il voudrait — est de comprendre et de traduire les tendances qui marquent son époque ? L'architecture puise sa force dans la vie : encore faut-il qu'elle sache l'en dégager. Mais à son tour le travail d'invention serait vain s'il ne devait aboutir à la construction ; incomplet même, sans le dur contact de la réalité qui stimule et corrige. Un plan ne vaut qu'exécuté. L'Amérique nous offre une magnifique collection de faits et comme l'image formidable de ce qu'un jour, peut-être, nous serons. M. Neutra nous engage à « affirmer le présent » : « Nous n'avons que faire, dit-il en substance, de comparaisons historiques ou de vues d'avenir, (1) RICHARD J. NEUTRA : Wie baut Amerika. — Stuttgart, J. Hoffman, 1927. WERNER HEGEMANN : Amerikanische Architektur und Stadtbaukunst. — 2e édition, Berlin, Was-muth, 1927. d'éloges ou de critiques. Nous agissons dans l'actuel, nous nous méfions d'appréciations qui ne seraient pas fondées sur la réalité, et qui s'en éloigneraient au lieu d'essayer de l'améliorer. » Paroles d'architecte et d'homme d'action. Le livre est plein de formules solides qui sentent le métier et portent témoignage d'une expérience forte et réfléchie. Mais de ce que nous affirmons le présent, chose nécessaire, il ne s'ensuit pas forcément que nous devions l'admirer de parti pris. Nous voulons savoir où l'on nous mène : M. Neutra nous le montre, en spécialiste qu'il est ; à nous, spectateurs, d'apprécier. « On ne ménage pas à notre temps les critiques, dit-il ; on lui en veut pour le machinisme, la fabrication en série, et ce que l'on croit être l'effondrement de la qualité. Or si qualité signifie bien cet ensemble de propriétés que le travail de l'homme prête aux choses ou qu'il développe en elles, sachons que notre époque n'en manque pas. Seulement la qualité s'attache à d'autres objets, elle a d'autres buts qu'aux siècles passés. Le travail et l'utilisation en série ne détruisent pas précisément les valeurs : ils modifient plutôt l'échelle admise jusqu'à présent ; en réalité la qualité atteint de nos jours une précision, une finesse, que l'on demanderait vainement aux objets de luxe des âges diparus.» Il donne en exemple l'ampoule électrique, ce chef-d'œuvre moderne de mécanique et de chimie, que tout le monde utilise, et dont la valeur subtile échappe pourtant au vulgaire plus sûrement que celle d'objets plus rares et, en un sens, plus grossiers, comme les soies ou les laques chinoises. Certes il n'est pas question de nier les qualités étonnantes des inventions mécaniques modernes, mais quel rapport y a-t-il entre des réussites de ce genre, JUIN 1927. --- Fig. 57. — Pont suspendu sur la Delaware, à Philadelphie. — Vue générale. ---

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L'ARCHITECTE --- Figure 58. — Pont suspendu sur la Delaware, à Philadelphie. — Piles. Élévation vers la rivière --- la formule est ingénieuse et frappante. Mais ou elle ne signifie rien, ou elle désigne une adaptation rigoureuse à l'objet, donc cas d'espèce. Rien de moins nouveau, puisque c'est l'essence même de toute architecture bien entendue. Il y a dans les Mémoires de Charles Perrault un chapitre curieux à propos de la construction du Louvre. Il est intitulé : « Opposition du génie du Cavalier Bernin à celui de M. Colbert. » Il vaut la peine d'être cité en entier : (1) « Le Cavalier n'entrait dans aucun détail, ne songeait qu'à faire de grandes salles de comédie et de festins, et ne se mettait point en peine de toutes les commodités, de toutes les suj- (1) Mémoires de CHARLES PERRAULT, Avignon, 1739, pp. 85-89. On sait que le Bernin fut appelé par Louis XIV en 1665 pour travailler à l'achèvement du Louvre. --- si brillantes soient-elles, et n'importe quel objet d'art? En raison même de sa perfection, la machine n'a jamais qu'un rôle étroit, borné, toujours le même. Puisque qualité est synonyme de parfaite adaptation, elle signifie, lorsqu'il s'agit d'architecture, variété : les besoins à satisfaire n'y sont-ils pas infiniment divers ? La fabrication en série, nécessité de notre temps peut-être, ne peut aboutir ici à ce type parfait, essentiel, que créent ailleurs de longs efforts d'amélioration patiente (1). C'est pour elle le retour à l'état primitif, au logement à tout faire, à la case nègre. On nous parle de « machines à habiter » : (1) D'ailleurs il ne faut pas se faire d'illusion sur le genre de perfection que prouve l'utilisation en masse d'une machine ou d'un outil; l'on sait assez que de nos jours, commercialement parlant, un objet s'impose au moins autant qu'il se demande. --- Figure 59. — Pont suspendu sur la Delaware, à Philadelphie. — Piles. Élévation latérale ---

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L'ARCHITECTE Page 43 Text Content tions et de toutes les distributions de logements nécessaires ; choses qui sont sans nombre, et qui demandent une application que ne pouvait prendre le génie vif et prompt du Cavalier ; car je suis persuadé qu'en fait d'architecture il n'excellait guère que dans les décorations et les machines de théâtre. M. Colbert au contraire voulait de la précision, et savoir où et comment le roi serait logé, comment le service se pourrait faire commodément. Il croyait, et avec raison, qu'il fallait parvenir non seulement à bien loger la personne du roi et toutes les personnes royales, mais donner des logements commodes à tous les officiers, jusques aux plus petits, qui ne sont pas moins nécessaires que les plus importants : il ne cessait de composer et de faire faire des mémoires de tout ce qu'il fallait observer dans la distribution des différents logements et fatiguait extrêmement l'artiste italien. Le Cavalier n'entendait rien et ne voulait rien entendre à tous ces détails, s'imaginant qu'il était indigne d'un grand architecte comme lui de descendre dans ces minuties... Un jour M. Colbert lui dit : Nous allons nous embarquer dans un bâtiment qui coûtera bien des millions ; mais n'importe, le roi n'y Fig. 60. — Pont suspendu sur la Delaware, a Philadelphie. — Piles. Coupe à hauteur des tours. Fig. 61. — Pont suspendu sur la Delaware, a Philadelphie. — Piles. Coupe en avant des tours, vers la rivière. aura point de regret s'il est tel qu'il y a tout lieu de l'espérer. Cependant je fais une remarque : que si nous n'y prenons garde il arrivera que dans ce bâtiment où il y aura des salles de festins, des salles de comédie, des salons d'une grandeur prodigieuse, des galeries admirables et tout ce qui fait la majesté d'un grand palais, le roi sera obligé de coucher dans une chambre si petite que la moitié des seigneurs et des officiers qui ont droit d'entrer n'y pourront pas tenir. Ce serait assurément un grand reproche qu'on aurait à nous faire. Car il faut poser pour fondement que le Louvre doit être regardé comme une maison d'hiver, parce que dans les autres saisons le roi peut demeurer

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L'ARCHITECTE --- Fig. 62. — Pont suspendu sur la Delaware, à Philadelphie. Piles. Coupe longitudinale médiane. Colbert, avec son génie pratique, avait le sentiment de la « machine à habiter »; le Bernin faisait du palais en série. De ces deux conceptions opposées, la première seule nous paraissait juste: celle du bâtiment spécialisé, dont la fonction détermine le plan et la forme. On revient à la seconde, celle de la maison impersonnelle. A croire M. Neutra, la construction de l'avenir sera caractérisée par l'indépendance de plus en plus nette du corps de bâtiment et de ce qu'il contient. Le système de l'ossature permet cela : imaginons une boîte, dans laquelle on range ce que l'on veut, n'importe quoi; l'intérieur est divisé par des cloisons, sans liaison aucune avec le squelette. «Il faut bien voir, écrit M. Neutra, que la notion historique et architecturale de maison ne correspond plus à la dans ses maisons de campagne. Il faut que l'appartement où sa personne sera logée soit exposée au midi, c'est-à-dire sur la rivière, où sera aussi la belle vue. Il faut encore poser pour constant qu'on ne peut établir le lieu où sa Majesté couchera que dans le pavillon qui termine l'aile qui regarde sur la rivière. Car de faire l'appartement du roi sur la face d'entrée, comme vous l'avez proposé, il faudrait mettre des sentinelles avancées pour empêcher le matin le bruit des carrosses et des charrettes ; or ce pavillon n'a que trois croisées dont deux sont employées pour la chambre de cérémonie, ainsi il n'en restera qu'une pour la chambre à coucher, qui par ce moyen sera si petite, comme je l'ai déjà dit, que la moitié de ceux qui doivent y entrer n'y pourront pas tenir. » Fig. 63. — Pont suspendu sur la Delaware, à Philadelphie. Piles. Coupe. ---

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L'ARCHITECTE réalité. C'est une erreur de dire, en s'exprimant à la façon ancienne, que telle maison contient à la fois une église, une banque, un coiffeur, un restaurant, un magasin de nouveautés, des garages publics. Les grands styles historiques et nos propres idées sur l'architecture se sont développés en fonction de bâtiments à destination unique; appliquée aux conditions nouvelles, la terminologie dont nous avons fait usage jusqu'à présent ne produit que la confusion. Quelque légères que soient les cloisons des gratte-ciel, elles séparent cependant de façon parfaite. Les nombreux étages que chaque jour traverse un locataire dans l'ascenseur-express, à la vitesse parfois de 250 m. à la minute, lui sont aussi étrangers, avec leurs habitants et toutes les affaires que l'on y traite, que s'ils se trouvaient dans une partie éloignée de la ville... Ce procédé de construction n'est d'ailleurs pas lié obligatoirement au gratte-ciel : le système ossature-cloisonnement tend au contraire à s'imposer partout comme le seul logique et pratique ». L'auteur observe avec raison que rien n'est plus loin de nos habitudes et de toute l'évolution architecturale; cependant la maison à loyers était déjà un acheminement. Il ajoute qu'on se trompe en voulant traiter ces bâtisses comme les maisons spécialisées d'autrefois, et rien n'est plus juste. En cherchant à donner du « caractère » à des assemblages pareils on arrive à l'absurde; leur mérite est précisément dans cette espèce d'anonymat sévère, puissant, image fidèle d'une humanité affairée et sommaire. Une certaine idée que nous nous faisions du beau

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L'ARCHITECTE EXPLICATION DES PLANCHES PLANCHES 31 à 33. — Pont suspendu sur la Delaware, à Philadelphie. — PAUL P. CRET, architecte (D. P. L. G.). Ce magnifique pont, construit de 1922 à 1926, relie Philadelphie à Camden. Deux câbles le soutiennent, faits chacun de 1.000 fils, reposant sur deux pylônes d'acier dont la flexibilité permet les déplacements dus aux dilatations, inégalités de charge, etc. La portée centrale est la plus longue que comporte jusqu'ici un pont suspendu. Elle était imposée par le mouvement du port, de même que la hauteur du tablier au-dessus de la rivière, qui a nécessité la construction de viaducs d'approche en pente douce triplant la longueur du pont, et des dispositions spéciales pour séparer les différents trafics (piétons, automobiles, tramways, métropolitain) : ainsi les trottoirs ont été placés au-dessus des voies de tramways, afin de réduire la largeur du tablier. Les piles, ou culées d'ancrage des câbles, contiennent des escaliers et ascenseurs d'accès aux différents niveaux, placés dans des tours, et des stations de métropolitain. Ce sont des masses de béton de 200.000 tonnes, fondées chacune sur 14 puits. Longueur du pont proprement dit : 1.077 m. 44. Longueur totale avec les approches : 2.916 m. 88. Portée entre les pylônes : 533 m. 38. Fig. 66. — SALON DE COIFFURE DU "BON MARCHÉ". — Plan. architectural est en train de disparaître ; une autre naît, plus conforme aux nécessités présentes, et qui s'adapte mieux au bâtiment moderne à fonctions multiples, simple morceau d'espace aménagé. Ce que l'on était convenu d'appeler qualité n'a plus de rôle, là où l'individu se perd dans la foule, où l'homme n'est plus qu'un objet que l'on range à sa place, bien étiqueté, avec ce bel ordre féroce qui permet de ne pas perdre de temps et d'avoir des « rendements » satisfaisants. L'architecture aura d'autre mérites, mais ceux qui la distinguaient autrefois ne seront plus. L'ouvrage de M. Hegemann, l'un des meilleurs connaisseurs actuels en fait d'urbanisme, est tout historique. Il complète donc celui de M. Neutra. L'auteur est persuadé que l'architecture des maisons doit avoir pour base celle des villes, et c'est à ce point de vue qu'il se place. Nous assistons à l'enfance de l'architecture américaine, française par l'éducation, très peu par les goûts et le tempérament. On reconnaît sans peine la marque de notre École de Beaux-Arts, mais ce ne sont pas des imitateurs qu'elle a suscités : elle a formé des élèves originaux, comme tout enseignement solide et fécond. J. PORCHER. Fig. 67. — SALON DE THÉ DU "BON MARCHÉ". — Plan.

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L'ARCHITECTE Largeur totale (y compris les voies de tramway et de métropolitain) : 39 m. Largeur de la chaussée des voitures : 17 m. 37. Flèche au-dessus des hautes eaux : 42 m. Hauteur des pylones : 115 m. 82. Dépenses : Pont proprement dit et ses approches : 24.374.024 dol. Expropriations et achats de terrains : 11.300.000 dollars. PLANCHES 34 à 36. — Salons de thé et de coiffure du Bon Marché. — L.-H. BOILEAU (D.P.L.G.) et L. CARRIÈRE, architectes. Le nouveau salon de thé du Bon Marché a été construit au troisième étage du grand magasin, sur le square de la rue Velpeau, à la place des Manutentions qui occupaient cet étage. Le plancher haut de l'étage a été supprimé pour donner à la salle, qui occupe une longueur de 45 m. sur une largeur de 10 m., une hauteur convenable. Les fermes, qui ont été placées pour franchir la salle en supportant la toiture, et la ventilation, qui occupe la partie centrale longitudinale, ont motivé toute la décoration. La salle prend jour, dans sa longueur, d'une part sur le square par de grandes baies formant lucarnes en façade, d'autre part sur les halls vitrés du magasin par une suite de baies basses garnies de glaces brutes gravées au jet de sable et à l'acide. Les pieds des fermes forment de larges pilastres revêtus de stuc, entre lesquels dans tous les espaces libres sont marouflées des peintures décoratives de Léon Voguet et E. Legrand, représentant des paysages fantaisistes avec petits personnages et animaux. La tonalité d'ensemble de la salle est blonde, la partie supérieure rose, or et argent, les parties de stuc jaune clair, les peintures dans des gammes d'ocre jaune et rouge, le tapis gris et rose. FIG. 68. — SALON DE THÉ DU "BON MARCHÉ". — Vue intérieure. Le salon de thé est complété par un salon avec bar placé à sa suite, au delà de l'escalier d'accès au magasin. Le bar lui-même se trouve dans la rotonde d'angle Sèvres-Velpeau ; il est en marqueterie de chêne clair et fumé formant des triangles opposés. Les baies qui éclairent la partie postérieure du bar et le salon, du côté des halls intérieurs du magasin, sont garnies de vitraux blancs et gris représentant