Extrait
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
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L'ARCHITECTE
REVUE MENSUELLE DE L'ART ARCHITECTURAL PUBLIÉE AVEC LE CONCOURS DE LA SOCIÉTÉ DES ARCHITECTES DIPLÔMÉS PAR LE GOUVERNEMENT
COMITÉ DE DIRECTION :
- MM. A. ARFVIDSON,
- L. H. BOILEAU,
- L. BONNIER,
- BOUWENS DE BOIJEN,
- A. DEFRASSE,
- AD. DERVAUX,
- ROGER EXPERT,
- TONY GARNIER,
- J. GODEFROY,
- CH. LETROSNE,
- P. PATOUT,
- CH. PLUMET,
- H. SAUVAGE,
- L. SOREL,
- A. VENTRE
RÉDACTEUR EN CHEF : MICHEL ROUX-SPITZ
NOUVELLE SÉRIE
4e ANNÉE N° 5
MAI 1927
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LA CHALEUR
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SOMMAIRE
du numéro de "L'Architecte" de Mai 1927
TEXTE
LES "JARDINS UNGEMACH", A STRASBOURG ... J. PORCHER.
LES FONDATIONS D'UN GROUPE D'HABITATIONS A BON MARCHÉ POUR LA VILLE DE PARIS... R. GODON.
PLANCHES
Pl. 25 à 28. — Les "Jardins Ungemach", cité-jardin à Strasbourg. P. DE RUTTÉ et J. SORG.
Pl. 29 et 30. — Les nouvelles vitrines et marquises des "Galeries Lafayette", à Paris. F. CHANUT.
Correspondants: Allemagne: M. GOETZ, Eppendorferstieg, 39, Hambourg. Autriche: D'ERMERS, Schegargasse, 17, Vienne.
Tous les droits sur les articles et les reproductions sont réservés pour tous pays.
Les articles parus dans "L'Architecte" deviennent la propriété de la revue.
FRANCE ... Le numero 12 fes. — L'abonnement (12 numeros) ... 120 fes
ETRANGER ... 1° Pays ayant adhère à la convention de Stockholm (tarif postal abaissé) le numero 14 fes. 140 fes
2° Autres pays: Angleterre et ses Colonies et Dominions (Canada excepté), Danemark, Dantzig, Etats-Unis, Colonies hollandaises, Italie et Erythrée, Norvège, Palestine, Suède, Suisse; le numero 15 fes. L'abonnement (12 numeros) ... 150 fes
L'année parue (nouvelle série, 1923, 1925, 1926) ... France 150 fes. — Etranger. 165 fes
Portefeuille destine à contenir une année ... 10 fes. ... 13 fes
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L'ARCHITECTE
LES “JARDINS UNGEMACH”, A STRASBOURG
La cité fondée par les établissements Ungemach s’élève, au nord de Strasbourg, sur la partie des anciens glacis dite du Wacken, entre la porte de Schiltigheim et le cours de l’Ill. La rivière, qui se divise en plusieurs bras, reçoit ici le canal de la Marne au Rhin, prolongé lui-même au Nord de l’Orangerie par celui de l’Ill au Rhin. Ce terrain, séparé de la ville au sud par un bras de la rivière, lui est relié à chaque extrémité par deux routes; à l’est celle de la Robertsau, à l’ouest celle qui, venant de Tivoli, entre à Strasbourg par la porte de Schiltigheim et devient la rue Oberlin. Ombragé par de grands arbres que les constructeurs de la cité ont conservés avec soin, abrité du mouvement et du bruit, il forme ainsi comme un coin de parc, dans lequel la Société Ungemach n’a eu que la peine d’installer ses maisonnettes.
Nul endroit ne pouvait mieux se prêter à ses desseins que ces vastes jardins pleins de calme et de fraîcheur; en les visitant par une claire journée de mars, sous l’aimable conduite du vice-président et d’un des architectes de la Société, nous ne pouvions pas ne pas songer avec tristesse, par contraste, à ces épouvantables « lotissements » que la négligence administrative autorise autour de Paris, aux spéculations éhontées de ces marchands de biens qui massacrent impunément une des régions les plus belles de France et la transforment peu à peu en un immense cloaque couvert de baraques misérables. Mais ici tout semble fait pour rendre la vie agréable et facile. L’heureuse action du cadre architectural sur les habitants, et ce que peuvent en matière d’urbanisme des soins intelligents, on le sent aux « Jardins Ungemach », comme à Reims au « Foyer » d’Auburtin. Un plan, de l’ordre, il n’en faut pas plus pour faire œuvre utile en architecture; c’en est la condition suffisante, mais nécessaire: pour elle il n’est pas de pires ennemis que le laisser-aller et le hasard.
Si les fondateurs de la cité ont pu réaliser exactement leur intention, c’est qu’ils savaient parfaitement bien ce qu’ils voulaient et qu’ils ont trouvé des architectes pour comprendre et exécuter avec précision le programme imposé; les architectes, à leur tour, n’ont eu qu’à se laisser guider et à traduire dans leurs compositions, avec une docilité active, un programme parfaitement net.
L’idée était belle et simple: ayant réalisé d’importants bénéfices pendant la guerre, la maison Ungemach, Société Alsacienne d’Alimentation, décida de les faire servir à une œuvre d’utilité publique. La crise des logements commençait alors à se faire sentir cruellement: il lui parut que le meilleur service à rendre à la communauté serait de construire des habitations à bon marché; non pas une cité pour ses ouvriers, ce qui eut fait revenir indirectement le bénéfice de la fondation aux établissements Ungemach, mais un groupe d’habitations modestes et saines, bien situées, étudiées avec soin et réservées aux familles nombreuses. « La cité, dit l’acte de donation, est destinée à de jeunes ménages désireux d’avoir des enfants et de les élever dans de bonnes conditions d’hygiène et de moralité ».
Le don était fait à la ville de Strasbourg, qui cédait gratuitement le terrain et prit à sa charge les frais de voirie et de canalisation. Mais la direction reste jusqu’à l’année 1950 à la Société Ungemach, certaine ainsi de pouvoir utiliser comme elle l’entend la cité et de lui conserver le caractère qu’elle a tenu à lui donner.
On décida de construire des maisons de 4 et 5 chambres (y compris la salle à manger-cuisine) avec possibilité d’aménager dans les combles deux chambres supplémentaires. Chacune devait avoir un jardin d’environ 3 ares et demi.
Comme ces maisons sont destinées à des ménages ayant beaucoup d’enfants mais point de domestique, on convint de quelques dispositions destinées à simplifier le travail de la maîtresse de maison:
le logement devait être à un étage; cuisine et salle à manger ne feraient qu’une seule pièce; la buanderie, qui devait servir également de salle de bain, communiquerait avec la cuisine, pour faciliter la surveillance de ces deux pièces; toutes les chambres à coucher seraient pourvues d’eau courante; partout s’ouvriraient de nombreux placards, car le bon ordre intérieur de la maison sont choses auxquelles les fondateurs tenaient particulièrement; enfin une convention avec les commerçants assurerait la livraison à domicile des marchandises les plus nécessaires (lait, pain, viande, épicerie).
La Société désirait que les maisons fussent construites dans le style de la région et on prit pour modèle les constructions de la campagne et les demeures de l’époque 1830 des petites villes alsaciennes. On adopta trois types; mais les plans furent modifiés et combinés de telle sorte
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L'ARCHITECTE
que la cité semble, en réalité, en comporter vingt-sept. La maçonnerie est comptée au mètre cube, quel qu'en soit le plan; il n'y avait donc aucune raison de s'en tenir à un modèle uniforme. Par contre on eut recours à la standardisation partout où celle-ci représentait une économie: pour les fenêtres, les persiennes, les portes intérieures. Un soin particulier a été donné aux enduits, dont la solidité et la durée importent à l'aspect extérieur des édifices; les seuils et perrons sont en aggloméré de granit des Vosges, extrêmement résistant.
En réservant dans l'intérieur des maisonnettes des hangars pour les ustensiles de jardinage, les bicyclettes et les voitures d'enfants, on évita la construction, dans les jardins, de ces édicules déplaisants qui déparent généralement les cités.
Les clôtures, qui choquent dans les groupes d'habitations de ce genre par leur laideur et leur monotonie, furent remplacées partout par des haies vives de troène.
Fig. 46. — Les "Jardins Ungemach", à Strasbourg. — Plan du type B.
Enfin chacune des maisons est mise en valeur par un tapis de gazon ménagé devant le perron. Voici quelques indications sur le prix de revient (le terrain, nous l'avons dit, avait été donné par la ville de Strasbourg):
- le type A, qui comprend une cave sous toute la maison, quatre chambres dont une salle à manger-cuisine, une buanderie, w.-c. et hangar, grenier avec haut d'escalier et espace pour sécher le linge assez vaste pour qu'il soit possible d'y construire des mansardes, a coûté 62.800 francs (surface couverte: 103,95 m²; volume: 550,95 m³; soit 604 francs le m³). Le type B, qui n'est que le type A agrandi, est revenu à 63.000 francs; le type C qui comprend 5 chambres au lieu de 4, à 72.000 francs.
Le prix de location est, pour chacun de ces types, de 2.400, 2.440 ou 2.800 francs par an.
Fig. 47. — Les "Jardins Ungemach", à Strasbourg. — Façade du type B.
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ÉCHELLE 1 CM. P.M.
Fig. 48. — Les "Jardins Ungemach", à Strasbourg. Plan du type A.
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Ces agréables maisons (les photographies que nous publions donnent d'elles une excellente idée), ce jardin, ce grand parc, tous les avantages offerts à si bon compte, la Société Ungemach n'a pas voulu en faire profiter n'im- porte qui. C'est une élite qu'elle prétend recevoir; il faut montrer patte blanche pour être compté parmi ses locataires. Chaque demande est examinée avec le plus grand soin : on donne des points, comme à un concours, et c'est le plus méritant qui l'emporte. Il s'agit de favoriser les familles nom- breuses, ou en passe de le devenir : on accordera donc la préférence aux ménages jeunes, dont l'homme seul, autant que possible, exerce une profession, car il est bon que la femme se consacre uniquement à sa famille. Les demandes sont fort nombreuses, et le concours est sévère ; bien plus, il ne se termine pas à l'admission : un mé- nage tarde-t-il à croître, on peut le déclarer déchu du titre de loca- taire. Ailleurs cela s'appelerait mettre à la porte ; ici c'est donner la place à un plus digne. N'est pas logé qui veut, ou plutôt qui ne le veut que par les moyens ordinaires que lui donnent l'abondance ou le manque d'argent ; non seulement celui-ci ne sert pas ceux qui le pos- sèdent, ce qui est naturel puisqu'il s'agit d'habitations à bon marché, mais, chose plus neuve, il ne les dessert pas, ou si peu que le désavantage que procurent des revenus plus élevés est à peine sensible. (En fait, on ne risque pas de voir les familles vraiment aisées pro- fiter des maisons, puisque les ser- vantes n'y sont pas autorisées). A mérite égal, la préférence est ac- cordée au revenu moindre, mais le nombre de points que donne au candidat la supériorité dans
Fig. 49. — Les "Jardins Ungemach", à Strasbourg. Façade du type A.
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l'ordre du mérite familial dépasse tellement celui que peut lui ôter la supériorité de ses revenus, que ceux-ci, en fait, ne comptent que fort peu, pour ou contre : ainsi il est déduit 1 point par 1.000 frs dépassant 15.000 frs de revenu professionnel, alors que chaque enfant donne 20 points ; le total des points obtenus pour le nombre d'enfants est divisé par le nombre d'années de mariage, et, de plus, diminué ou augmenté selon que ce dernier nombre est plus ou moins élevé (car il s'agit de favoriser les ménages jeunes) ; il en résulte par exemple (je fais grâce au lecteur des calculs) qu'un ménage ayant un an de mariage, un enfant et 25.000 frs de revenus a encore 16 points d'avance sur un ménage sans enfants, datant d'un an également et n'ayant que 15.000 frs. Si l'on tient compte des points déduits pour la tenue médiocre de la maison ou les mauvais renseignements, et dont le nombre peut aller à 50 et à 100, on voit l'avantage énorme accordé au seul mérite, l'importance très petite qui s'attache aux questions d'argent.
Cette façon de concevoir le droit au logement comme une récompense fait l'originalité de la fondation Ungemach. L'idée est neuve, et, croyons-nous, féconde.
De tous les problèmes auxquels l'architecture a été mêlée depuis la guerre, il n'en est pas de plus intéressant, par le nombre et la variété des questions auxquelles il se rattache, que celui de l'habitation à bon marché. L'histoire en sera écrite un jour. Mais il est trop tôt pour essayer de saisir dans son ensemble une évolution qui ne fait sans doute que commencer : on peut seulement noter que le mouvement en faveur des H.B.M. n'est qu'une application au problème du logement de cet esprit d'association dont les progrès sont si grands à l'heure actuelle, et les formes d'ailleurs si variées dans tous les domaines.
Quelle que soit leur forme ou leur fin particulière, ces associations ont été fondées en général pour des raisons d'ordre économique : ce qui manque depuis la guerre, écrivait dernièrement un
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FIG. 52. — LES “JARDINS UNGEMACH”, A STRASBOURG.
des collaborateurs de cette revue (1), ce n’est pas l’appartement luxueux et cher, c’est presque uniquement le petit loyer. La population des villes augmente, mais elle ne trouve pas à se loger car on ne construit plus : les conditions de la vie sont telles que la maison dite «de rapport» ne rapporte pas.
Les Sociétés d’H. B. M. ont entrepris de lutter contre la cherté du logement et cette lutte est leur raison d’être. Peu importe qu’elles prétendent parfois favoriser telle classe ou telle catégorie sociale ; par leur origine et par leur rôle elles sont avant tout de puissantes machines de guerre économique : leurs clients se reconnaissent à la difficulté qu’ils éprouvent à trouver un logement correspondant à leurs faibles ressources.
Tout différent est le caractère de la cité Ungemach ; là il est fait état d’abord de la qualité des locataires. Malgré tout le bien qu’il faut vouloir aux sociétés d’habitations à bon marché du type ordinaire, qui rendent d’immenses services et sont appelées à en rendre plus encore sans doute, on ne peut que souhaiter — sans conviction d’ailleurs — que les conditions d’existence fâcheuses auxquelles elles doivent un si large développement disparaissent au plus vite. Mais les raisons d’encourager le mérite ne cessent jamais.
Quand la vie sera devenue facile pour tous — en admettant qu’elle le devienne un jour, quand il n’y aura plus lieu d’aider personne, par des mesures exceptionnelles, à trouver un toit, la générosité, le dévouement, qui ont une part si importante dans les entreprises d’H.B.M., ne resteront pas sans emploi : il leur restera un rôle plus difficile, mais plus utile encore peut-être, à remplir, et les fondateurs de la «Cité Ungemach» ont montré la route à suivre. Ménager de plus grandes facilités à ceux que signale non pas seulement leur situation matérielle, mais leur valeur propre, les qualités morales ou intellectuelles dont ils font preuve, est-il une plus noble tâche, et qui serve mieux l’intérêt national et social?
JEAN PORCHER.
(1) Voir l’Architecte, nos de juillet et août 1926.
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L'ARCHITECTE
LES FONDATIONS D'UN GROUPE D'HABITATIONS A BON MARCHÉ POUR LA VILLE DE PARIS
La ville de Paris construit un groupe d'habitations à bon marché dans un vaste terrain situé dans l'angle formé par la rue Géo-Chavez et la rue Belgrand. L'emplacement sera partagé en deux par une rue nouvelle perpendiculaire à la rue Belgrand; de part et d'autre de cette rue seront édifiés l'immeuble dont nous parlons et un groupe scolaire.
La rue Belgrand est sensiblement horizontale, à une cote voisine de 77,50.
La rue Géo-Chavez est en pente très accentuée puisque la cote du trottoir varie de 79,61 à 82,52 sur 55 mètres de façade.
Ce terrain est sur la limite d'une ancienne exploitation de gypse à ciel ouvert qui fut comblée par les remblais très argileux; le croquis ci-dessous en donne schématiquement la situation. En bordure de la rue Belgrand on trouve le gypse en certains points à une cote inférieure de 6 à 7 m. au niveau du trottoir. En bordure de la rue Géo-Chavez, on trouve au-dessous des remblais des marnes glaiseuses et des marnes compactes avec parfois de minces plaquettes de gypse à la partie supérieure à cote voisine de 68. Les argiles de remblai faisaient de cet emplacement un terrain très mauvais et très glissant.
De plus, des sources provenant de la butte de Ménilmontant y amènent l'eau de façon continue.
Bref, l'emplacement était absolument incapable de porter, sans précautions spéciales, les lourdes charges d'un immeuble de huit étages. Une autre grosse difficulté provenait de ce fait que le sol des caves était prévu à une cote uniforme 75,35; il s'agissait de tenir les terres pendant la construction sur une hauteur atteignant 7 m. en certains points de la rue Géo-Chavez.
La fondation par puits ayant été abandonnée comme trop coûteuse, aléatoire et peu rapide, il fût décidé de recourir à une fondation sur pieux Franki moulés dans le sol. Le projet retenu permettait seul de tenir les terres en faisant travailler les pieux à la flexion.
La charge maxima admise sur les pieux atteint 80 tonnes et les pieux en façade sont de plus armés sur une certaine hauteur afin de résister aux efforts de flexion dus à la poussée du terrain.
Le projet comportait 221 pieux.
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L'ARCHITECTE
Le programme du chantier a prévu les différentes phases suivantes:
1re phase: Nivellement du terrain et battage des pieux arasés au niveau du sol de battage.
2e phase: Exécution des déblais jusqu'à la cote du dessous de poutres du plancher haut des caves.
3e phase: Construction du plancher haut des caves accroché aux pieux.
4e phase: Déblais dans la hauteur des caves sous le plancher construit.
5e phase: Remplissage en gros béton des intervalles entre pieux afin de constituer le mur des caves.
La résistance à la flexion exigeant la présence d'une carcasse d'armatures notable malgré le gros diamètre des pieux, à la fin de la première phase, le pieu travaille à la flexion avec tension maximum en B sur la face côté rue (fig. 55).
A la fin de la quatrième phase, la poussée des terres crée des efforts de tension en D'B' vers l'intérieur du bâtiment, en ABDE du côté des terres. Le pieu a été calculé comme une pièce travaillant encastrée en A' base du mur et appuyée en B. Pour simplifier le travail l'armature fut prévue uniforme et conforme au croquis ci-contre; elle a été prolongée jusqu'à 1 m. 80 en dessous du sol fini des caves (fig. 56). Les taux de fatigue ne dépassent pas ceux permis par la circulaire.
Nous donnons ci-après quelques détails sur le battage des pieux et leur emploi comme soutènement, application nouvelle des pieux moulés dans le sol et qui peut donner dans des cas particuliers une solution intéressante du problème des fouilles et fondations.
Le terrain a été nivelé par gradins de façon à donner un sol de battage à peu près horizontal et à une cote inférieure de 1 m. environ au niveau du trottoir. A partir de ce niveau, on a battu les pieux.
Le battage des pieux les plus longs s'effectua de la façon suivante: le tube AT (600 mm) était d'abord foncé jusqu'à la cote 75,35, niveau inférieur des armatures. A l'intérieur du puits ainsi formé on fonçait un second tube A de moindre diamètre puis un troisième tube B lorsque ce fut nécessaire pour obtenir le refus voulu.
La base du pieu était alors bétonnée par les procédés habituels, béton sec et gros dameur jusqu'au niveau 75,35. On descendait en place les armatures et on poursuivait le bétonnage de la partie supérieure du pieu avec du béton fin, plastique, plus riche en ciment et de pilonnage plus léger pour ne pas déformer les armatures.
En pratique, les pieux exécutés de cette façon sont apparus après exécution des déblais comme des colonnes bien régulières et le béton de qualité parfaite si l'on met à part 10 à 15 cm. à la partie supérieure, hauteur de recepage indispensable pour mettre à nu le béton sain.
Vu le faible intervalle libre entre pieux, il ne fut même pas nécessaire de boiser pour tenir les terres entre ceux-ci.
R. GODON,
Ingénieur E. C. P.
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Fig. 55. — Les fondations d'un groupe d'habitations à bon marché pour la ville de Paris. — Coupe transversale schématique de la construction en bordure de la rue Géo-Chavez.
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Fig. 56. — Les fondations d'un groupe d'habitations à bon marché pour la ville de Paris. Armatures d'un pieu travaillant à la flexion.