Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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L'AMOVR DE L'ART PARURES ET BIJOUX NUMÉRO EXCEPTIONNEL PRIX : 400 Frs

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En souscription JÉRÔME ET JEAN THARAUD de l'Académie française UN ROYAUME DE DIEU 10 eaux-fortes originales de JOHNNY FRIEDLAENDER Un volume de 200 p., format in-4° carré (22,5 × 28 cm.), couverture rempliée, recouverte d'un papier cristal, présentation luxueuse sous étui double emboîtage. Justification du tirage : Cet ouvrage, composé à la main en caractères Jenson, corps 14, a été tiré à 300 exemplaires justifiés comme suit : 5 exemplaires sur papier Whatman à la forme, de 280 grs., numérotés de 1 à 5 et contenant une suite des eaux-fortes refusées, 295 exemplaires sur papier d’Arches de 160 grs., numérotés de 6 à 300. Prix de souscription : - tirage sur Whatman 18.000 frs - tirage sur Arches 6.500 frs Notices et Spécimens sur demande ÉDITIONS PAUL DUPONT 4 bis, Rue du Bouloi, PARIS 1er — Téléphone : GUT. 26-50 et 51

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MADELEINE REIGNER MODES 52, RUE LA BOËTIE PARIS 16 EAST 52ND STREET NEW-YORK

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L'AMOVR DE L'ART Revue mensuelle Vingt-septième année Nouvelle Série numéros 26 et 27 --- COMITÉ DE DIRECTION Président : RENÉ HUYGHE Conseillère en chef des Peintures et des Dessins au Musée du Louvre Membres : M. FLORISOONE JACQUES LASSAIGNE E. McFARLANE J. CHARLES MOREUX M. RAVAL --- DIRECTEUR GERMAIN BAZIN Conservateur au Musée du Louvre Secrétaire de Rédaction DOMINIQUE KERVEN --- DIRECTION ADMINISTRATION PUBLICITÉ 139, Fg. Saint-Honoré Tél. Balzac 55-15 Pour la publicité en Belgique, s'adresser exclusivement à M.W. HUYGENS, 10, Place Rogier, BRUXELLES. Tél.: 17.22.50 --- Bureaux à Londres : PAUL DUPONT Limited, 25, Villiers Street, LONDON WC 2 Bureaux à New-York : PAUL DUPONT, 500, Fifth Avenue, NEW-YORK 18 NY Dépôt de vente en Belgique : DIETRICH & Cie, 83, Montagne de la Cour, BRUXELLES Dépôt de vente en Suisse : Sélection du Livre, ANDRÉ TROESCH, directeur, 17, rue Neuve-du-Molard, GENEVE --- ABONNEMENTS FRANCE : 12 numéros : 1.500 frs., 6 numéros : 800 frs. ÉTRANGER : 12 numéros 1.800 frs. (Envoi recommandé supplément 250 frs.) --- Numéros spéciaux parus : LA TAPISSERIE FRANÇAISE 52 pages, impression 2 couleurs, nombreuses illustrations dont 4 en quadrichromie : 225 frs. LA VENERIE DANS L'ART 72 pages, impression 2 couleurs, abondamment illustré, 18 autochromies dont 2 en hors-texte : 400 frs. LUGDUNUM 76 pages avec plus de 100 illustrations et une introduction du Président Édouard Herriot : 250 frs. L'IMPRESSIONNISME 104 pages, nombreuses illustrations et 4 quadrichromies dont 2 en pleine page : 500 frs. L'INDE 88 pages, nombreuses illustrations, couverture en 3 couleurs, collaborateurs Anglais et Français : 400 frs. --- ÉDITIONS PAUL DUPONT 4 bis, Rue du Bouloi, Paris 1er - C.C. Postaux : Paris N° 5421-86 Tous droits de reproduction et d'adaptation réservés pour tous les pays. Copyright by Éditions Paul Dupont 1947.

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--- HERMÈS PARIS --- Élégance, Tradition, Qualité --- BIARRITZ - CANNES - DEAUVILLE - MONTE-CARLO ---

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L'AMOVR DE L'ART VIII - IX SOMMAIRE - L'AGE DU DIAMANT Audiberti - AUX PREMIERS MILLÉNAIRES A. Parrot - BIJOUX D'ÉGYPTE C. Desroches-Noblecourt - RATNASHASTRA J. Auboyer - DE L'ANNEAU DE GYGES À LA BARONNE STAFFE G. Toudouze - PEINTRES ET BIJOUX L. Bouthet - SOURCES MAGIQUES DE LA PARURE A. Varagnac - LES PARURES MERVEILLEUSES L. Cheronnet - LE BIJOU SENTIMENTAL L. de Vilmorin - INTERVIEWS SUR LE BIJOU ACTUEL - OR OU PLATINE? Boucheron - MAINS DE CHEFS-D'ŒUVRE Cartier - LA PERLE Chaumet - IL EST DES SIGNATURES AUX QUELLES ON TIENT Van Cleef et Arpels - L'IDÉE Mellerio - BIJOUX ET TECHNIQUE M. Lasseaux --- NUMÉRO SPÉCIAL SUR LE BIJOU

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ÉCOLE FRANÇAISE. — XVIe S. Jeune femme à sa toilette. Tableau du Musée de Dijon (photo Giraudon). L'âge DU DIAMANT LA femme continue à marcher sur le monde. La guerre ne l'a point détrônée. La femme demeure la reine des idoles. Hermione, par le temps qui court, peut bien se prononcer « Hormone », et des projets et des souhaits de mutations bouleversantes travailler la tête des biologistes et la caboche des philosophes (chacun sait que la philosophie n'est qu'une Légion Étrangère pour les hommes mal accueillis par l'amour), la femme règne comme jamais dans l'éénigme de sa grâce et de sa puissance. Énigme qui n'en serait pas une pour de bon, toute démantibulable sur-le-champ par la mise au point matérialiste. Mais, sitôt résolue, de nouveau elle se rétracte et s'épanouit dans l'églantine de son porphyre. Autour de la femme persiste un univers de symboles, de rêves. Se tressent leurs lignes ensemble à composer des silhouettes de fiancées couronnées, de vierges divines, de mystiques dominations. Et quand nous disons ici la femme, nous voulons dire, bien sûr, la belle. Chaque femme le fut, ou le reste par quelque canton. Plus ou moins actifs, les élixirs chimiques du corps intérieur modèlent à la surface la vénuste efficacité de telle ou telle de nos passantes. Mais la femme en soi, l'absolue, séculaire nourriture du viril désir se suspend, avec force, dans nos mœurs et dans nos cœurs, exténuante galaxie que l'astronome peut démonter en détail mais dont la découpure générale ne manque pas de le sidérer au plexus. La femme, dans l'Histoire, dans notre bien courte Histoire, marche immobile. Volonté de séduction transmise par accumulation héréditaire ou décision momentanément définitive de la Nature, la femme, des frontons de marbre du Panthéon aux figurines de la mode en nos magazines polychromes, ne bouge pas. La réticente offrande de sa forme, à la fois

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urne et fumée, dessine, de siècle en siècle, la même présence. Julia Sabina, du musée romain du Capitole, et les adolescentes, dévêtues dans une fourrure de lynx, qui gambadaient en avant de la voiture de Charles-Quint lorsqu'il entrait aux cités, rien n'indique que de Christian Dior ou de tout autre grand ciseleur les « créations » ne leur conviendraient d'emblée, comme à la terre la pluie et la lumière. Car elles ont toujours, qui les distingue des hommes, cette plus grande légèreté du squelette, et moins d'estomac. D'autres différences interviennent encore, que combleront peut-être un jour les grandes enjambées athlétiques, atlantéennes qu'annonce le gabarit des Américaines et leur tout récent uniforme armé. En attendant, ne manquons pas, au nombre des caractères particuliers de la femelle adamique, de noter ce goût de la parure, auquel, pour son propre compte, l'homme, d'ailleurs, n'est point tellement réfractaire, à preuve que si la femme se pare, (qui nous interdit de le croire ?) c'est pour perfectionner, c'est pour assumer jusqu'aux plus sensationnels raffinements cette parure de nous-mêmes que de l'orteil au chignon elle constitue. LA parure des femmes, ça vaut les Pyramides. Des Pyramides qui n'arrêtent pas de s'élever. Ces Pyramides attellent à leur infini accomplissement un Sahara minutieux et corpusculaire de travailleurs et de midinettes, du nombre et des salaires desquelles et desquels il faudrait un économiste pour proclamer, en alexandrins composés de chiffres, l'importance. Un démesuré fil de labeur coud les millénaires pour aboutir à l'ourlet des robes dervichiennes du présent automne. Il fallut en bâtir, mon Dieu ma tête ! des gonnets, jupes, jaquettes et fichus, depuis les premières idylles, sans qu'on sache jamais si l'année suivante il conviendra de raccourcir ou d'allonger, puisque, tout au moins dans nos temps et dans nos états, la robe des femmes, sans cesse, monte et descend comme le niveau des rivières. Si elle feint, en Bretagne et dans les classes rustiques du Centre européen, de s'en tenir à un étiage déterminé, cet étiage, à l'origine (point si lointaine en ce qui concerne la Bretagne) fut, lui aussi, un caprice de la mode — la mode, à laquelle obéissent, par conséquent, même les centenaires barbues dans leurs atours figés, la mode étant, dans sa mouvance, la marque de notre espèce, toujours en quête et de toute manière par les chemins. DES divers éléments de la parure féminine (et nous gardons la parole «parure», avec son milligramme et demi de mauvais goût, parce qu'elle évoque la «préparation» et la «parade») le bijou est l'un des plus sûrs. Le corps de la femme, suave de lignes, profond de velours, dont je suis naïvement scandalisé que la souffrance et la torture, le cas échéant, s'y adaptent et, aussi, qu'il puisse engendrer d'autres corps féminins, (la femme ne devrait être la mère que de l'homme) le corps de la femme, en sa tendreté, appelle, il commande, à l'extrémité d'un long et solitaire appel, la fourrure. Il appelle, en même temps, il commande ce qui serait le contraire de la fourrure, à savoir le diamant. Entre le brillant et la femme on sent un pacte secret, de pure biologie, analogue à celui du mâle avec le fer. Le brillant fascine Julia Sabina, et toutes les autres. Dans le bazar du cosmos, entre le brillant, ce maximum de cohésion atomique, et la peau soyeuse des dames et des demoiselles s'établit dans l'absolu une nécessité réciproque et telle que, sans se recommander du finalisme, et si l'on se borne à interroger l'esprit des cavernes, l'on a le loisir d'imager, et, pourquoi pas, de décréter? que le carbone cristallisé qu'on nomma diamant, c'est-à-dire indomptable, et le calcaire de calcium médité en forme de perle par les mollusques bivalves rejoignent dans une prédestination sympathique la vaporosité des membres et du cou de toutes nos chéries.

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SÉNÈQUE Sénèque, qui n'est pas un vieil auteur plus vieux que les autres, mais son nom sonne très vieux, Sénèque se plaignait que les femmes suspendissent à leurs oreilles deux ou trois héritages. Juvénal soupèse furieux l'or des peignes et de l'œuvre-peignoir dont les Romaines s'avantageaient. Si le moyen âge semble avoir consacré aux ciboires, calices, ostenssoirs et reliquaires plus d'or et de gemmes qu'à l'embellissement des baronnes, les chers métaux et les rubis ne furent point à celles-ci interdits. Le fronteau d'argent, que d'aucuns appellent tressoir, cerna la chevelure des mignonnes que nous ne nous présentons bien que de profil devant des fenêtres pleines de paysage, quelques grains de pierrerie enrichissant par devant le diadème et cristallisant le carmin épars de l'air, ou l'ultra violet. Plus tard, les Dauphines, les Pompadour, les Reines eurent leurs bouquets de diamants, leurs couteaux d'or, cependant que de l'œil du dieu des Indes le plus gros solitaire s'envolait jusqu'au sommet du sceptre du tsar des Russes. La Révolution finie, des clips imitèrent une guillotine — avec, dans le trou, la perle. Sans cesse le fleuve d'or, d'étoiles, de soleils, neigeux, vitrifié, cependant palpitant, charriant l'aigue-marine et le rosâtre sérum des tourmalines, coula sur les épaules nues des femmes, roula l'os délicat de leur poignet. Parfois il cerna leurs chevilles, comme chez les dulcinées berbères et, tout de suite après la Grande Guerre numéro un, chez nous. Étrusques où dort le scarabée recouvert de nigélium, égyptiaques convulsant avec symétrie Isis et Sérapis d'argent, balkaniques de turquoise, thibétains de cuivre, scandinaves de corail, sabéens de bois noir, persans d'émail, les bijoux du passé, dans un poudroiement, dans un miroitement de grand large, se raccordent du fond des tombeaux, à ceux qui, sans trève, des mains de l'artisan, surgissent étincelants et glacés. La rue de la Paix trace un échange perpétuel d'éclairs. Les prunelles des femmes luisent devant les pierres, qui le leur rendent. Là même où Boucheron montre ses œuvres, Eugénie venait, jadis, acheter les jouets du Prince Impérial. Au-dessus, des années, la comtesse de Castiglione vécut nue et cloîtrée. On lui passait ses déjeuners par un guichet. Elle prétendait que n'importe quel vêtement eût affecté la valeur de son épiderme. Mais elle avait, sur elle, ses bijoux. Le quartier brûle encore de cet incendie au ralenti. LE bijou est surtout français. C'est à Paris que l'Amérique féminine vient se fournir d'or, un or qui fut un art. Dans les imposantes officines aux alentours de l'Opéra, où rien n'est en acier, hormis le pistolet dissimulé des surveillants, au long du jour de sagaces vendeurs présentent aux femmes ces héritages dont parlait Sénèque. Tôt ou tard une femme, fût-elle de formation sportive ou livresque, entend le silencieux tintement minéral. Alors souhaite-t-elle sur sa robe ou à même la suave et tiède évidence de sa propre statue aux lumières, l'or infatigable, le platine qui n'a pas de cœur, le glagon énergétique des diamants. Actuellement, le bijou, dans l'ensemble, prolonge la tradition de concret-abstrait qui demeure son propre, sans, toutefois, avoir jamais soulevé les mêmes débats que la peinture quand celle-ci à l'arbitraire décoratif va s'adonnant. Le bijou se recommande toujours du mariage d'une fantaisie humainement minérale et d'une exécution raidie en géométrie parfaite. Même dans le secteur des clips « figuratifs », qui représentent des cloches, des cages, il ne se départit pas de son style intrinsèque, celui d'un problème résolu, mais insoluble. Le bijou, toutefois, maintenant préfère que le pénètre un peu d'espace aérien. Le plus possible il renonce à la compacité. Le goût lui vient de la formule treillissee, divisée, allégée. Mais je crois que son charme demeure solidaire de ses caractères inflexibles, tout irradiant de « gratuité » (au sens non marchand du terme, bien sûr). Il n'emprunte le plus certain de son attrait qu'à la fatalité constructive se déroulant, par le cerveau des dessinateurs, le soubait des acheteuses, le labeur des artisans, pour ainsi dire à l'écart de la modulation intellectuelle et culturelle générale.