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L'AMOVR DE L'ART ÉGYPTE VINGT-HUITIÈME ANNÉE PRIX : 500 FRS
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
L'AMOVR DE L'ART ÉGYPTE VINGT-HUITIÈME ANNÉE PRIX : 500 FRS
CICUREL & CO rue Chérif Pasha ALEXANDRIA COTTON MERCHANTS AND EXPORTERS
CHAUMET Successeur de Nitot le joaillier de Napoléon 1er JC - 12, Place Vendôme, 12 - PARIS - 22, Bruton Street, 22 - New Bond Street - LONDRES
--- Cartier JOAILLIERS PARIS, LONDRES, NEW-YORK ---
L'AMOUR DE L'ART numéro III - Série 34, 35, 36 spécialement consacré à l'ÉGYPTE SOMMAIRE - S. E. AHMED SAROIT BEY - Le Roi Farouk et l'Égyptologie. - TAHA HUSSEIN - L'Égypte et la France. - GUSTAVE LEFEBVRE - L'Héritage spirituel de l'Égypte. - ÉTIENNE DRIOTON - Le Nil, serviteur des dieux et des hommes. - NICOLAS KAGAN - Le Nil, source de force et de lumière. - HASSAN FATHY - Odyssée d'un village Saïdien. - PIERRE MONTET - Une exposition d'Arts mineurs à Thèbes. - ÉTIENNE DRIOTON - Théâtres et Mystères. - CH. DESROCHES NOBLECOURT - Temples et Tombeaux. - JACQUES VANDIER - Portraits de Rois. - ÉTIENNE DRIOTON - Esthétique Amarnienne. - CHARLES KUENTZ - Épopées et Tableaux historiques. - J. SAINTE FARE GARNOT - Navires et Marins. - PIERRE JOUGUET - Alexandrie. - T. MINA et J. DORESSE - L'Art Copte. - GASTON WIET - Les Mosquées du Caire. - GEORGES PHILIPPAR - Voyages en Égypte. Le présent numéro a été réalisé sous le Haut Patronage de l'Ambassade Royale d'Egypte à Paris, avec la collaboration technique de Madame Ch. Desroches Noblecourt.
MELLERIO dits MELLER Trailliers PHOTO SACHA-MASOUR
CHRONOLOGIE ANCIEN EMPIRE - Époque thinite (Ire et IIe dynasties), 3197 - 2778 - Ancien Empire proprement dit, ou période memphite (IIIe à Ve dynasties), 2778 - 2423 - Première période intermédiaire (VIe à XIe dynasties), 2423 - 2065 MOYEN EMPIRE - Moyen Empire proprement dit, ou premier empire thébain (XIe-XIIe dynasties), 2065 - 1785 - Deuxième période intermédiaire, conquête Hyksos (XIIIe-XVIIe dynasties), 1785 - 1580 NOUVEL EMPIRE - (XVIIIe-XXe dynasties), 1580 - 1090 BASSE EPOQUE - Rois prêtres (XXIe dynastie), 1090 - 950 - Rois libyens (XXIIe et XXIIIe dynasties), 950 - 720 - Rois saites (XXIVe dynastie), 730 - 715 - Rois éthiopiens (XXVe dynastie) 720 - 663 - Rois saites (XXVIe dynastie), époque proprement saite, 663 - 525 - Domination perse et derniers rois indigènes (XXVIIe à XXXe dynasties) 525-332 - Époques ptolémaïque et romaine : 332 avant Jésus-Christ, jusqu'à l'invasion arabe. --- ÉGYPTIENNE Extrait du livre "Le Style Egyptien", Editions Larousse.
LE ROI FAROUK ET L'ÉGYPTE est la terre privilégiée de la plus prestigieuse des archéologies. Les ruines de ses temples font rêver tous les artistes et tous les savants. Ses musées, qui s'enrichissent sans cesse, regorgent de trésors fabuleux qui étonnent moins encore par leur opulence pourtant hors de pair, que par leur goût parfait et leur art consommé. Conscients de leur rôle de protecteurs de tout ce qui concourt à la grandeur de leur pays, les fondateurs de l'Égypte moderne, les souverains de la lignée de Mohamed Aly, ont estimé que l'Égypte renaissante devait, en même temps qu'elle s'équipait pour prendre sa place parmi les nations, sauvegarder les joyaux de son patrimoine historique, favoriser les travaux qui l'augmentaient et encourager les études qui la mettaient en valeur. Ce fut au cours de Son voyage du Caire à Assouan par le Nil, en 1937, que le Prince Farouk prit contact avec les antiquités de Son pays. Époques par époques, suivant l'âge des monuments qu'on rencontrait, Il fut mis au courant des conclusions les plus récentes de la science historique touchant la vieille Égypte. Le Prince Farouk se révéla avide de s'en instruire, prolongeant les visites dans les temples et les excursions jusqu'à la limite des forces de ceux qui lui faisaient escorte. Il acquit ainsi une connaissance profonde des antiquités de la Vallée du Nil, ainsi qu'une vue directe de leurs besoins. Ce fut au cours de ce voyage que Sa Majesté commença à rassembler Sa collection personnelle d'antiquités égyptiennes. Il l'a continuée depuis lors avec une science si éclairée et si sûre qu'Il en a fait d'ores et déjà une mine de renseignements de haute valeur que les savants de passage en Égypte sollicitent souvent la faveur de consulter. Mais l'intérêt personnel de Sa Majesté le Roi Farouk Ier pour les antiquités de son pays ne se limite pas à Sa propre collection. Aucune antiquité d'Égypte n'échappe à Sa sollicitude. Le Musée égyptien du Caire et les autres Musées nationaux reçoivent fréquemment Ses visites, qui ne sont pas celles d'un simple amateur. Elles ne se terminent jamais sans que Sa Majesté ne suggère quelque amélioration à apporter à la présentation des collections. Bien mieux, si le Roi Farouk s'aperçoit que quelque pièce qu'il possède y serait désirable, Il n'hésite jamais à s'en priver au bénéfice de la Nation. La liste de Ses dons personnels aux musées est déjà considérable. Tout récemment encore le Musée égyptien du Caire recevait de Lui un superbe oiseau en bronze ayant servi aux tailleurs de pierres de l'époque des Pyramides et portant, en hiéroglyphes, les marques de l'atelier qui l'employait. En même temps que le développement des musées, Sa Majesté le Roi encourage d'une façon efficace celui de l'archéologie pratique, je veux dire des fouilles qui explorent le sol égyptien à la recherche de ses secrets et ses trésors. La plus prestigieuse découverte qui ait été faite depuis celle de la tombe de Tout-Ankh-Amon, le déblaiement encore ---
L'ÉGYPTOLOGIE par Son Excellence AHMED SAROIT BEY _Ambassadeur d'Égypte_ en cours de la nécropole royale de Tanis (San-el-Hagar) par le Professeur Montet, de l’Université de Strasbourg, a été exécutée entièrement sous Son patronage, avec Son assistance effective de tous les instants. Lors de la grande découverte de 1940, celle des tombes royales de Psousennes et d’Aménémopé, le Roi Farouk vint camper en personne sur le telle de San-el-Hagar. Le premier II pénétra dans les chambres sépulcrales où les rois tanites, Ses prédécesseurs millénaires, dormaient leur dernier sommeil dans un château de la mort où tout était tombé en poussière, sauf les bijoux et les vases d’or qui sont maintenant l’orgueil du Musée égyptien du Caire. Le ralentissement des travaux archéologiques pendant les années de guerre fut épargné au Service des Antiquités par la générosité du Roi Farouk, qui les fit souvent continuer sur Sa cassette personnelle. Ce fut grâce à Lui qu’on put effectuer, sur le plateau de Sakkarah, le déblaiement d’une gigantesque fosse taillée dans le roc vif, au fond de laquelle un grand seigneur de la cour des pharaons saîtes (VIe siècle av. J.-C.), le général Amentefnakht avait fait construire une magnifique chapelle funéraire en calcaire fin renfermant son double sarcophage en schiste vert. Ce puits étonnant contribuera puissamment à l’intérêt du site de Bakkarah. De même, depuis 1942, des fouilles du plus haut intérêt pour les origines de l’Égypte historique, sont menées entre le Caire et Hélouan, à Ezbet-el-Walda, complètement aux frais de Sa Majesté. Elles ont déjà abouti à la découverte de plusieurs milliers de tombes, grandes et petites, remontant aux deux premières dynasties pharaoniques. Beaucoup d’entre elles sont intactes et elles ont livré des objets étonnants, tant au point de vue de l’art que des conceptions religieuses de cette époque reculée; surtout l’emploi de la pierre comme élément de construction se révèle là beaucoup plus ancien et généralisé qu’on ne l’avait cru jusqu’à présent. Un peu avant sa mort, récemment arrivée, un connaisseur incontesté en la matière, l’archéologue belge Capart, disait que depuis longtemps aucune fouille en Égypte n’avait présenté autant d’intérêt ni apporté de si riches résultats archéologiques. C’est uniquement à la générosité du Roi Farouk que l’Égypte et l’égyptologie sont redevables de cet important progrès. C’est enfin à Son intervention personnelle que le Service des Antiquités doit d’avoir pu récemment reprendre avec éclat son activité d’après-guerre en commençant une exploration systématique des pyramides dont les abords sont encore inconnus. Une première campagne, en 1946, a permis d’identifier la pyramide d’El-Chawaf, qui domine directement le village de Sakkara, comme celle du roi Djed-ké-ré, l’avant-dernier monarque de la Ve dynastie. Deux autres campagnes ont notablement fait avancer vers la solution de l’énigme posée par la pyramide dite «rhomboïdale» de Dahchour, et démontré en tout cas d’ores et déjà qu’elle est, contrairement à ce que l’on s’imaginait, l’œuvre du pharaon Snéfrou (vers 2700 av. J.-C.). --- Signature
L'expédition française en Égypte dans la nécropote de Gizeh au temps de Bonaparte. D'après le dessin de l'architecte Balzac extrait de « La description de l'Égypte ».
Épuisée par six siècles de gloire avec les Fatimides, les Aiyoubides et les Mamelouks, humiliée par trois siècles de servitude sous la domination ottomane, l'Égypte dormait d'un sommeil pesant, banté de cauchemars, interrompu par de vains sursauts. Soudain, les Français cognent à sa porte, pénètrent sur son territoire, s'établissent dans les cités, se répandent dans les campagnes — pas longtemps — juste le temps, semble-t-il, de la réveiller et de lui rendre conscience d'elle-même. Jamais aventure n'a si mal commencé pour s'achever si bien, dans l'intérêt des deux pays et du monde civilisé tout entier. Français et Égyptiens ne s'aimaient pas du temps de Bonaparte. Mais depuis, Français et Égyptiens s'entendent et collaborent affectueusement et l'on pense au verset du Coran : « Il y a peut-être des choses que vous détestez, et dans ces choses Dieu mettra d'abondants bienfaits. » On eût dit que chacun des deux pays avait choisi l'autre pour confident et pour messager : l'Égypte commet à la France le soin de dire au monde occidental son antique et merveilleuse civilisation ; la France confie à l'Égypte L'ÉGYPTE ET LA FRANCE celui de diffuser dans l'Orient sa moderne civilisation. Le résultat : la description de l'Égypte, le déchiffrement des biéroglyphes, la naissance de l'égyptologie, l'enrichissement des études hellénistiques, le développement des travaux islamiques, une nouvelle source d'inspiration pour les écrivains et les artistes européens, l'initiation de l'Orient à la culture moderne, le retour du monde musulman à une collaboration active dans tous les progrès humains, de nouveaux thèmes offerts aux écrivains, aux poètes, aux artistes orientaux. Tel est, sommaire, le bilan d'une collaboration culturelle qui continue celle de la France et de l'Égypte de Mohamed Ali et de ses grands successeurs. Bilan admirable, fait pour donner confiance et espoir, bien digne qu'on le prenne pour modèle de toute relation internationale parce qu'il montre ce que des hommes obtiennent quand ils coopèrent de bonne foi, les cœurs purs et les mains propres, pour des buts désintéressés et intelligents. --- Dr TAHA HUSSEIN Membre de l'Académie Royale.

Ce numéro spécial de "L'Amour de l'Art" est consacré à l'Égypte et présente une collection d'articles sur divers aspects de la civilisation égyptienne. Les sujets abordés incluent l'histoire, l'art, l'architecture, la mythologie et la vie quotidienne en Égypte ancienne et copte. L'ouvrage met en lumière l'héritage spirituel de l'Égypte, le rôle du Nil, ainsi que des expositions d'arts mineurs et des découvertes archéologiques.