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L'AMOUR DE L'ART IX NOUVELLE SÉRIE N° 16 PRIX : 100 FRS
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L'AMOUR DE L'ART IX NOUVELLE SÉRIE N° 16 PRIX : 100 FRS
Aviation 46 Albums de vulgarisation aéronautique Déjà paru : N° 1 (45 f.) Au sommaire : L'acrobatie aérienne, le radar, le vol à voile, aventures de pilotes de ligne, les modèles réduits, les avions modernes, etc... par H. Lauwick, G. Février, Nessler, Reboul, etc. Vient de paraître : N° 2 (60f.) Au sommaire : L'aviation pratique, l'actualité, la technique, le transport, l'armée de l'air, etc... par H. Lauwick, M. Hauswich, J. Lefort, J. Delsue, B. Cordier, J. Faucher, etc. Chaque album, format 21×27, contient plus de 100 reproductions en héliogravure, tirées sur papier satiné et constitue une documentation unique signée des meilleurs auteurs. EN VENTE DANS TOUTES LES BONNES LIBRAIRIES et 139, Faubourg Saint-Honoré, 139 - PARIS --- QUADRIGE Revue mensuelle Directeur : René Huyghe La pensée : Lettres et Sciences L'art : Arts plastiques et Spectacles La vie : Économique, Politique et Sociale L'élégance : La Mode et le Luxe Inédits de L. et M. DE BROGLIE, CLAUDEL, COCTEAU, ELUARD, EMMANUEL, MAX-POL FOUCHET, GIRAUDOUX, LANGEVIN, LA TOUR DU PIN, ROMAIN ROLLAND, ELSA TRIOLET, VALÉRY, VERCORS, etc... N° IV : OMBRES et LUMIÈRE N° VII : RAISON et FOLIE Le numéro France : 150 fr. Étranger : 175 fr. et 200 fr. Les 5 numéros : Étranger : 1/2 tarif : 850 fr., plein tarif : 975 fr. Abonnements : Les 10 numéros : Étranger : 1/2 tarif : 1.650 fr., plein tarif : 1.900 fr. DIRECTION-ADMINISTRATION : 68, rue Caumartin --- LE FAIT DU JOUR Directeur : G. ANDRÉ-FRIBOURG Chaque fascicule (hebdomadaire format 15,5×24, 32 pages) comporte une étude sur la principale question d'actualité rédigée par l'un des spécialistes les plus qualifiés. Fascicules parus : N° --- Titre --- La question vitale : Faut-il rétablir les Allemagnes? --- Notre rançon : Quels paiements en numéraire l'Allemagne et l'Italie nous ont-elles contraints à leur faire de 1940 à 1945. --- La crise franco-anglaise ou de la nécessité de jouer le « fair-play ». --- Où Hitler démontre la nécessité d'en finir avec l'unité allemande. --- Du danger des tours de valse ou la politique anglo-italienne depuis 1919. --- L'Italie et nous. --- La Sarre et la France. --- L'Italie dans la guerre 1939-1945. --- Les travaillistes et le Reich. Histoire d'une illusion tenace. (Le Parti — Le Daily Herald). --- Les travaillistes et le Reich. Histoire d'une illusion tenace. (Les principaux leaders). --- ABONNEMENTS Numéro --- Prix --- 165 francs --- 325 francs --- 625 francs --- Le numéro : 15 francs RÉDACTION ET ADMINISTRATION : ÉDITIONS PAUL DUPONT 4 bis, Rue du Bouloi — PARIS (1er) Téléphone : GUT. 26-50 et 51 — Compte chèques postaux : Paris N° 5421-85
ÉDITIONS PAUL DUPONT 4 bis, Rue du Bouloi - PARIS (1er) — Téléphone : GUT. 26-50 et 51 --- GUY DE MAUPASSANT DIX CONTES Illustrés par Pierre LECONTE 1 volume, 228 pages, format $22,5 \times 28$ , 24 planches hors-texte en couleurs et 10 bandeaux et cul-de-lampe en 2 couleurs. Couverture remplie sous papier cristal. Justification du tirage : Cet ouvrage, composé à la main en caractères Garamond gras corps 14, a été tiré à 870 exemplaires numérotés de 1 à 870 et justifiés comme suit : - 5 exemplaires sur papier d’Arches de 40 kgs numérotés de 1 à 5 et contenant une double suite à part des hors-texte. - 865 exemplaires sur Vélin blanc supérieur, numérotés de 6 à 870. Prix de souscription : Tirage sur Arches : 6.000 fr. — sur Vélin : 3.500 fr. --- NOTICES ET BULLETINS DE SOUSCRIPTION SUR DEMANDE
L'AMOVR DE L'ART IX REVUE MENSUELLE VINGT-SIXIÈME ANNÉE COMITÉ DE DIRECTION Président : RENÉ HUYGHE Conservateur en chef des Peintures au musée du Louvre - M. FLORISOONE - JACQUES LASSAIGNE - E. McFARLANE - J. CHARLES MOREUX - M. RAVAL DIRECTEUR : GERMAIN BAZIN Conservateur au Musée du Louvre --- Secrétaire de Rédaction DOMINIQUE KERVEN --- DIRECTION ADMINISTRATION PUBLICITÉ 139, Faubourg Saint-Honoré Tél. Balzac 35-15 --- SOMMAIRE ESTHÉTIQUE FÉMININE DES ARTS DE L’ASIE. D. CAPSA ACTUALITÉ DE VILLANDRY . . . . E. DE GANAY UNE ŒUVRE PERDUE DE GEORGES DE LA TOUR R. HUYGHE IMAGES ET DOCUMENTS : I. COROT. — « Le jupon rose » (hors-texte). II. III. Documents sur l’art baroque brésilien. IV. VISAGE DE GOYA.. . . J. LASSAIGNE PRÉSENCE DE BONNARD.. . . . J. LEYMARIE LES EXPOSITIONS : Portinari ou le retour à l’homme pur. . . . . M. FLORISOONE LES FAITS : Réception à Versailles.. . G. VAN DER KEMP LES LIVRES . . . . . . G. BAZIN Tous droits de reproduction et d’adaptation réservés pour tous les pays. Copyright by Editions Paul Dupont 1946. --- ABONNEMENTS FRANCE 12 numéros : 1.000 Francs 6 numéros : 550 Francs ÉTRANGER 12 numéros : 1.200 Francs --- Dépôt de vente en Belgique: DIETRICH & Cie 83, Montagne de la Cour BRUXELLES --- Dépôt de vente en Suisse: NAVILLE & Cie 5-7, Rue Lévrier GENÈVE --- Bureaux à New-York: PAUL DUPONT 500, Fifth Avenue NEW-YORK 18 NY --- Bureaux à Londres: PAUL DUPONT Limited 25, Villiers Street LONDON WC 2 --- ÉDITIONS PAUL DUPONT 4 bis, Rue du Bouloi, Paris 1er - C. C. Postaux : Paris N° 5421-86

Esthétique féminine des Arts de l'Asie par DOMINIQUE CAPSA D E tout temps l'on a dit sur la beauté féminine des choses charmantes, profondes, aimables ou amères, vraies ou fausses. Les poètes ont exhalé leurs plaintes et ont épuisé les métamorphoses, les penseurs ont cru énoncer des vérités inaltérables. Et pourtant, le sujet est demeuré intact pour chaque génération, quoi qu'on pense. Ephémère, cette beauté féminime que l'on retrouve de siècle en siècle, mouvante, changeante, est toujours nouvelle et vite démodée, éternelle dans sa complexité même. Déjà la Vénus de Lespugue, “premier rêve éclos”, traduisait pour l’homme protohistorique l’idéal d’une beauté tranquille et puissante taillée à sa mesure. De siècle en siècle et de climat en climat, l’artiste a voulu fixer dans la matière, à ses yeux impérissable, la plénitude de la femme, établissant insensiblement des règles, conscientes ou non, qui devaient la montrer sans défauts. Sous les chaudes latitudes indiennes, c’est le nu féminin qui tente le plus fréquemment le ciseau des sculpteurs anciens. Ses formes plantureuses ondulent en obéissant au rythme canonique, ce triple ploiement du corps ou “tribhanga”, que l’on a comparé à la pose préférée des artistes grecs; il leur communique cette langueur et cette volupté typiquement féminines. “Son cou, disent les traités d’esthétique, a la souplesse de la conque; elle plie sous le poids de ses seins pareils à des cruches d’or renversées; sa taille a la souplesse du léopard et la forme d’un sablier, si fine qu’elle peut tenir dans le poing d’un enfant; et ses hanches, pareilles à des roues de char, sont si larges que deux bras ne peuvent les étreindre”. Cette structure opulente a été magnifiée par les innombrables œuvres peintes et sculptées qui animent les parois des temples et des monuments religieux de l’Inde ancienne, leur insufflant dynamisme et vie permanente. --- Afghanistan, ivoire indien trouvé à Begrám, IIIe siècle. — Mission Hackin, 1937. — Musée de Kabul (Cliché Musée Guimet).
Sur toutes les parois, les silhouettes féminines redisent le message des artistes passés qui ont aimé reproduire leurs formes avec la délicatesse et la simplicité de véritables esthètes. La grâce de leurs mouvements s'accompagnait pour eux des tintements, muets pour nous, de leurs multiples bijoux : les lourds pendants qui distendaient le lobe de leurs oreilles, les colliers superposés qui brillaient sur leur poitrine, les ceintures orfévries qui retenaient leur pagne autour des hanches, et surtout les nombreux anneaux qui formaient une scintillante cuirasse autour de leurs bras et de leurs chevilles. Ici et là, un cabochon de corail ou de lapis lazuli jetait son éclat, tranchant sur le safran dont leurs corps étaient teintés ; les paumes de leurs mains et la plante de leurs pieds étaient rosies par le henné, leurs ongles et leurs lèvres avivés de rouge. Et au châtoiement de leur pagne multicolore se mêlait la diaprure éblouissante des perles qui ornaient leur chevelure, “comparables, disent les textes, aux guirlandes suspendues aux colonnes d’or des palais”. Pendant de longs siècles, l’esthétique féminine de l’Inde fut ainsi tout entière contenue dans le libre épanouissement du nu rehaussé d’une riche parure. Sous les yeux de l'historien d'art se déroule une lente évolution de ce corps aux marques de beauté idéalisées. Ce sont tout d'abord les nus un peu raides et hiératiques du IIe siècle avant l'ère chrétienne, puis les premiers essais de ronde-bosse où l'artiste cherche encore la parfaite maîtrise de la matière, mais où il atteint déjà une grande beauté, comme dans les “fées” ou “yakshini” de Sāntchī Ier siècle avant J.-C.). Le nu s'assouplit complètement dans les admirables productions des écoles de Mathourā et d'Amarāvatī (Ier-IVe siècles environ) ; on voit alors une floraison d'attitudes somptueuses, admirablement équilibrées. Avec la période classique suivante, la silhouette féminine s'affine et s'élançe davantage. Mais c'est pour bientôt perdre la robuste harmonie de ses formes et se confiner plus étroitement dans les lois canoniques qui seront, vers le XVe siècle, les principes exclusifs auxquels obéiront les artistes. Avec la domination moghole au XVIIe siècle, les modes musulmanes s'imposèrent à la femme indienne; désormais, Inde du Nord. — Haut-relief du Xe siècle. — Musée Guimet (Clécbe Musée Guimet).
son corps sera voilé par les corsages à manches dissimulant sa poitrine, par les étroits pantalons épousant étroitement ses jambes, par les jupes vaporeuses de mousseline rayée marquant sa taille. A l'exemple de l'anatomie iranienne, le corps de la femme indienne paraît s'être modifié, par un effet de mimétisme que nous avons connu en Europe à certaines époques : comme il advint par exemple vers 1900 et depuis lors. Si ses hanches demeurent relativement développées, sa poitrine est mince désormais, sa carrure moyenne et sa taille ne présente plus cet étranglement excessif des siècles précédents. Ses parures, toujours nombreuses, s'ajoutent maintenant à la bigarrure délicate et charmante de vêtements superposés, complétés par un voile qui encadre le visage; son teint doit être “ blanc comme l'éclat de la lune ” et ses poses alanguies trahissent une gracieuse inaction. C'est tout le raffinement de la cour persane qui s'impose à elle et qu'ont immortalisé les miniaturistes moghols et rádjpouts. Tout autre paraît avoir été la conception de la beauté féminine en Chine. Nul traité d'esthétique ne lui consacre même un passage, car sous la férule patriarcale de la noblesse féodale, la femme est toute obéissance et humilité. Sa nudité n'apparaît pas dans l'art ancien, ç'eût été sacrilège; comprimé par la raideur des vêtements, son corps est soumis aux exigences de la mode. Sa tête soutient une coiffure élaborée, agrémentée de cheveux postiches, où scintillent des épingles d'or et d'ivoire et, parfois, un lourd échafaudage d'ornements ; des pierres de prix aux oreilles, les joues soigneusement fardées d'une large pastille vermillon, elle est enveloppée du cou jusqu'aux pieds dans de somptueuses robes, et sa silhouette s'estompe sous l'amas des soies brochées aux plis lourds et impitoyablement dissimulateurs. Toute une fortune mobile se concentre sur elle sous forme de parures, de jades, de perles et de joyaux. Telle nous est transmise la Chinoise du X° siècle. Celle des époques antérieures n'est pas plus révélatrice, et ce sont, au cours des siècles, de longues cohortes de belles dames hiératiques dont toute la beauté apparente réside dans la perfection du visage et dans la Inde. — Détail d'une peinture d'Adjanta. VIe siècle. (Copie de S. Katchadourian). — Musée Guimet.
splendeur des vêtements. On devine à peine, chez certaines, un corps fluet, aux seins comprimés, à la taille haute; le buste légèrement porté en arrière est un signe de leur élégance; on ne peut voir leurs mains, cachées dans des manches inter- minables, ni leurs pieds chaussés d'épaisses semelles de feutre qui disparaissent le plus souvent sous la jupe. Hiératique, noble à la manière de nos dames moyen-âgeuses, la femme chinoise traverse les temps passés comme une énigme que seuls les poètes ont parfois dévoilée par touches délicates. Pour la vanter, ils se servent de métaphores qui peuvent nous paraître étranges : leurs doigts sont délicats comme de jeunes pousses, leur peau est blanche comme du fard, leur cou fin comme un ver, leurs dents semblables aux graines de courge, leur front large comme celui des cigales, leurs sourcils pareils aux antennes des vers à soie. Leur taille imposante, disent-ils encore, leur donne la majesté d'un fleuve. La Japonaise apparaît plus humaine et à la fois plus mystérieuse à travers les peintures et les estampes anciennes. Bien que le nu soit rarement traité par les artistes nippons — hormis dans les illustrations " licencieuses " — quelques Inde. — Miniature mohole. XVIIIe siècle. — Musée Guimet. (Cliché Musée Guimet). exemples nous en montrent les lignes charmantes et presque infantiles : petits seins femme, lignes souples et fines, taille peu marquée, hanches fondantes, attaches élé- gantes. Ce corps fluide au squelette peu apparent est le plus souvent, comme en Chine, entièrement masqué par une somptueuse toilette dont les moindres parties sont soigneusement élaborées d'après un code compliqué, au symbolisme subtil. A la pâleur du teint répond la brutale affirmation de la chevelure noire, marque de beauté très recherchée, dressée en de savantes torsades ou en des nœuds extravagants maintenus par des épingles d'os ou de métal. Comme un ravissant écrin, les étoffes accompagnent de leur écho assourdi cette brève vision de chair : verts éteints, roses vieillis, ambres ou gris passés, avec, çà et là, une brève éclaboussure de rouge vif. Sous l'œil attentif du peintre, la Japonaise déploi ses charmes : dans les amples robes, sa silhouette Japon. — « Femme au bain ». — Estampe par Utamaro (1753-1806). — Photographie du Musée Guimet.
s’allonge de plus en plus ; ses gestes mesurés rythment des attitudes un peu compassées. Mais la richesse des plis dont elle est enveloppée inspire le merveilleux instinct décoratif des artistes ; en quelques traits du pinceau gorgé d’encre, ils esquissent les lignes simples d’une stylisation hardie. Et elle nous apparaît merveilleusement souple, onduleuse, traçant dans l’espace une arabesque captivante, fugace, essentiellement féminine, celle dont, peut-être, se sont inspirés les premiers peintres européens amateurs d’estampes, comme Toulouse-Lautrec. En progressant de l’Inde au Japon, on parcourt toute la gamme des sentiments qu’inspira, en Asie, la beauté féminine. Touché par sa grâce sensuelle et voluptueuse, l’artiste indien se complaît à en créer le type physique idéal dans lequel se jouent l’harmonie des gestes et la plénitude des formes corporelles. Au contraire, le Chinois demeure tributaire de la tradition rigide qui faisait de la femme une recluse et, essentiellement, une mère; à travers sa plastique, on perce mal le secret dont le vêtement se fait le gardien inexorable. Mais au Japon, toute la subtilité et tout le raffinement de l’Extrême-Oriental se devine : ce ne sont pas “des” femmes que l’artiste représente, c’est “la” femme, celle qui détermine le moment où l’émotion du poète s’éveille et le moment où elle s’apaise; c’est, comme par magie, la rencontre des âmes de centaines de femmes qui se matérialisent sous une seule forme. Et ce n’est plus un problème d’esthétique pure qui se pose, mais bien la révélation d’une philosophie qui définit l’essence de toute la beauté féminine du vieux Japon. Ce phénomène est latent dans tout l’art asiatique : les Six Canons de la Peinture hindoue, traité anonyme du VIIe siècle, affirment que “pour acquérir la vraie connaissance de la forme, il faut illuminer toute chose avec le rayonnement de notre âme”. Car “l’esprit seul voit les choses sous leurs couleurs véritables, et dépendre uniquement de la vue en négligeant l’esprit, c’est se borner à ne voir et à ne peindre que le côté superficiel de la forme”. DOMINIQUE CAPSA. Japon. — « Tayu dansant », par Kinao Keisei Masayoshi, ancienne collection Ulrich Odin. (Cliché Musée Guimet). Turkestan chinois. — Détail d'une peinture votive sur soie. Xe siècle. — Mission Pelliot.

Cette revue mensuelle, vingt-sixième année, traite de l'esthétique féminine des arts de l'Asie, de l'actualité de Villandry, d'une œuvre perdue de Georges de La Tour, et présente des analyses sur Goya et Bonnard. Elle inclut également des critiques d'expositions et de livres, ainsi que des faits culturels et historiques.