Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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L'AMOUR DE L'ART RENÉ HUYGHE DIRECTEUR VII --- A L'EXPOSITION INTERNATIONALE DE 1937 * L'EXPOSITION DE LA MAISON RURALE EN FRANCE --- JUILLET 1937 PRIX : 15 FRANCS RÉDACTION, ADMINISTRATION, PUBLICITÉ : ÉDITIONS DENOËL, 19, RUE AMÉLIE, PARIS (7e) — TÉLÉPHONE : SÉG. 90-99, INV. 17-09

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L'AMOVR DE L'ART DIRECTEUR : RENÉ HUYGHE Conservateur des Peintures au Musée du Louvre DIRECTEUR-ADJOINT : GERMAIN BAZIN Secrétaire de la Rédaction : MICHEL FLORISOONE --- REVUE MENSUELLE JUILLET 1937 — N° 7 DIX-HUITIÈME ANNÉE --- Comité d'Honneur : Madame la Princesse CAETANI DE BASSIANO ; M. PAUL BAUDOUIN, amateur d'Art ; M. BERNARD BERENSON ; M. ABEL BONNARD, de l'Académie française ; M. GABRIEL COGNACQ, membre du Conseil des Musées nationaux ; M. DAUTRY, ancien directeur général des Chemins de fer de l'État ; M. D. DAVID-WEILL, membre de l'Institut, président du Conseil des Musées nationaux ; M. HENRI FOCILLON, professeur à la Sorbonne ; M. le Comte HUBERT DE GANAY ; M. JEAN GIRAUDOUX ; M. ALBERT S. HENRAUX, président de la Société des Amis du Louvre ; M. ETIENNE NICOLAS, amateur d'Art ; M. EUGENIO D'ORS, de l'Académie espagnole ; M. GEORGES RENAND, amateur d'Art ; M. PAUL VALERY, de l'Académie française. --- SOMMAIRE I. — LA MAISON RURALE EN FRANCE. Introduction ...

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--- Le prochain numéro de LA REVUE MUSICALE qui paraîtra le 15 Juin, sera un Numéro Spécial consacré à LA MUSIQUE DANS L’EXPOSITION DE 1937 On y trouvera : 1°) un programme détaillé de toutes les manifestations musicales et lyriques qui auront lieu pendant l’Exposition. 2°) Des articles concernant toutes les questions traitées dans les divers Congrès concernant la musique qui se tiendront à Paris pendant l’Exposition. 3°) Des renseignements précis qui permettront aux visiteurs de s’orienter dans l’Exposition en vue de découvrir tout ce qui concerne la musique parmi les objets exposés. 4°) Des notices sur tous les principaux musiciens dont on entendra une œuvre dans les concerts, représentations et spectacles de plein air qui seront donnés dans le cadre de l’Exposition. Ce numéro sera non seulement un guide indispensable à qui voudra visiter l’Exposition sans rien ignorer de tout ce que l’industrie apporte de nouveau à l’évolution de la musique, et à qui tiendra à faire un choix judicieux et éclairé parmi les manifestations musicales qui seront libéralement offertes à sa curiosité, mais ce numéro demeurera en outre un témoignage des spécialistes les plus autorisés sur l’état de la musique, au triple point de vue de l’art, de la sociologie et de l’industrie, au moment de l’Exposition. Des croquis, des plans, des renseignements précis illustreront ce numéro spécial que nous avons décidé, malgré son importance, de ne vendre que 12 francs afin qu’il demeure accessible à tous. On peut, dès maintenant, en réserver un exemplaire à l’Administration de la Revue Musicale : 70, avenue Kléber, Paris, XVIe (Métro : Boissière). Téléphone Kléber 97-70. ---

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AUX EDITIONS A. SEDROWSKI 41, RUE LE MAROIS — PARIS — XVIe JASMIN 02-78 * FELIX VALLOTTON ET SES AMIS par HEDY HAHNLOSER-BUHLER. Préface de H. HAHNLOSER, Professeur d’Histoire de l’Art à l’Université de Berne. Un volume format in-4o carré (21×27) de 354 pages, illustré de nombreux bois et documents inédits, composé en Bodoni corps 10, présenté sous couverture remplie, en deux couleurs, avec 153 reproductions en phototypie des œuvres de l’artiste : peintures, gouaches, gravures, sculptures, et suivi d’un Livre de Raison. Le tirage, exécuté dans les ateliers des Presses Modernes, pour le texte, et par les Etablissements Vigier et Brunissen, pour les planches, est limité à : 30 exemplaires sur Japon Impérial, numérotés en chiffres romains de I à XXX (contenant chacun plusieurs bois de F. Vallotton). Frs 350. » 50 exempl. sur velin blanc, numérotés en chiffres arabes de 1 à 50 (contenant chacun plusieurs bois de F. Vallotton). — 230. » 500 exemplaires sur velin blanc, numérotés en chiffres arabes de 51 à 550. — 120. » (Spécimen sur demande) * CEZANNE ET ZOLA par JOHN REWALD, Dr de l’Université de Paris Un volume format in-8o raisin (16,5×25) de 200 pages, avec 82 reproductions hors-texte. Un chapitre saisissant de l’histoire de l’Impressionnisme, fondé sur des documents nouveaux. Lettres inédites d’Emile Zola, Paul Cézanne, Ed. Monet, Cl. Monet, C. Pissarro, Th. Duret, J.-K. Huysmans, etc. Prix de vente.. Frs 25. » * LA DAMNATION DE SAINT-GUYNEFORT par EUGÈNE LE ROY. Ouvrage inédit ; illustré de 30 bois originaux, dessinés et gravés par MAURICE ALBE. Un volume format in-4o couronne (18,5×23,5), composé en vieux Romain corps 16, présenté sous couverture remplie, en deux couleurs, exécuté sur les presses de R. Coulouma : 50 exempl. sur Japon Impérial, avec une suite de bois, numérotés en chiffres romains de la L. (Reste quelques exempl.). Frs 100. » 1.950 exemplaires sur velin pur fil Lafuma, numérotés en chiffres arabes de 1 à 1.950. — 25. » --- GALERIE Max KAGANOVITCH 99, Boulevard Raspail, Paris Tél. : Littré 23-96 TABLEAUX du XIXe et du XXe SIÈCLE Œuvres de : BONNARD, COROT, COURBET, DERAIN, R. DUFY, O. FRIESZ, MATISSE, PISSARRO, O. REDON, RENOIR, ROUAULT, TOULOUSE- LAUTREC, etc. --- Lecteur... de PROVINCE ou des COLONIES. Voici deux questions que vous vous êtes certainement posées bien souvent : Quel est donc l’auteur de cet ouvrage que je voudrais lire et que je me dois de connaître ? Comment faire pour le recevoir par retour du courrier, avec une certitude qui me dégage du souci de le réclamer périodiquement ? Notre « Office de Librairie Générale » répond de façon parfaite à ces deux questions et, en outre, il vous tient gratuitement au courant, sans aucune obligation d’achat de votre part, en vous signalant chaque fois qu’il est nécessaire le roman que vous devez, avoir lu demain, c’est-à-dire le roman, l’étude ou le récit de voyage dont on parlera alors et que vous devez connaitre. Ce service d’information que nous assumons gratuitement porte sur la production historique, scientifique, politique, économique, religieuse ou philosophique actuelle. Notre bulletin « Nouveautés du mois », envoyé gracieusement, vous donne tous les renseignements utiles sur les principaux ouvrages du moment. Vous pouvez donc dès maintenant nous faire connaitre les domaines de l’esprit qui vous intéressent plus spécialement, et nous serons par la suite très heureux de vous signaler régulièrement les ouvrages dont on parlera demain. Nous sommes éventuellement à votre disposition pour vous envoyer, par retour du courrier (franco de port pour toute commande à partir de 50 francs), tous les ouvrages que vous désirez recevoir. Demandez notre notice gratuite. L’OFFICE DE LIBRAIRIE GÉNÉRALE 60, Avenue de La Bourdonnais — PARIS (7e). France. Chèques Postaux Paris P. Heymann 1893-40

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LA MAISON RURALE EN FRANCE NOUS sommes doublement reconnaissants à M. A. Demangeon, professeur à la Sorbonne, d'avoir accepté l'invitation que lui a faite M. Albert S. Henraux, président de la classe 3. Non seulement, nous aurons le privilège de révéler aux innombrables visiteurs de l'Exposition les résultats de l'enquête poursuivie depuis des années par un maître de la géographie humaine. Mais encore, parce qu'un éminent savant se sera soumis à nos exigences de muséographes, nous défendrons devant le public comme devant nos collègues une de nos thèses les plus chères. Le Musée de notre temps, s'il consent à s'affranchir de traditions désuètes, deviendra le meilleur instrument pour répandre la culture dans la jeunesse et parmi les travailleurs. J'entends la culture dans son sens le plus large : culture artistique, mais aussi culture scientifique, technique et sociale. Pour s'acquitter de cette tâche, le Musée parlera un nouveau langage, né d'une collaboration entre les savants, les techniciens et le peuple lui-même. C'est ce que nous nous efforçons de montrer dans cette exposition de la MAISON RURALE EN FRANCE, annonciatrice du musée folklorique qui s'ouvrira l'an prochain au Trocadéro. --- George Henri Rivière Conservateur du Musée National des Arts et Traditions populaires Secrétaire Général de la Classe 3 du Groupe 1.

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MAISON RURALE ET FOLKLORE La maison rurale est l'un des points d'application communs à deux sciences extrêmement vivantes : la géographie humaine et le folklore. Toutes deux, elles concourent, avec leur esprit propre, à l'explication de cette œuvre des siècles qu'est la maison rurale. L'une nous la montre née des besoins mêmes de l'exploitation agricole comme un outil bien adapté à la vie rurale. L'autre nous la présente poussée par ces nécessités elles-mêmes à adopter et à défendre certaines formes, certains dispositifs, certaine architecture que les hommes se sont transmis de génération en génération. L'étude de la maison rurale ne semble guère jusqu'ici avoir tenté que la curiosité des artistes. Mais, chaque jour davantage, elle s'impose comme un travail d'analyse systématique, certain de son but et de sa méthode. De tous les éléments qui composent un paysage, il n'en est pas de plus vivant, de plus concret, de plus complet que l'habitation du paysan. Elle représente ce qu'il y a de permanent et de personnel dans l'établissement de l'homme des champs ; il y abrite ses biens, ses récoltes, ses outils, ses bêtes, son foyer, sa famille. L'ayant conçue pour son usage quotidien, il l'a façonnée selon ses goûts et ses besoins. C'est un ouvrage sorti de ses mains, adapté à son existence. C'est un trait caractéristique de la civilisation rurale. Nul pays n'est plus riche en variétés de maisons rurales que la France. Tandis que, par exemple en Angleterre, la maison rurale semble répondre, par ses traits d'uniformité à un mode de civilisation agricole qui a gagné le pays entier, on peut dire que, en France, presque chaque région se distingue par une figure particulière de maison, originale non seulement par ses formes pittoresques et l'appareillage de ses matériaux, mais encore par son ordonnance interne qui correspond aux différentes variétés du travail agricole et du milieu social. L'étude de la maison rurale mérite un travail systématique et il importe de l'organiser rapidement. En effet si la personnalité foncière de l'habitation, son plan, ne se modifie que lentement, il n'en est pas de même des aspects extérieurs, des décors intérieurs, des matériaux de construction, des meubles et des ustensiles qui évoluent vite sous l'influence de la civilisation générale. Il est temps d'observer tous ces éléments avant qu'ils ne disparaissent. La vulgarisation des aises banales de la vie moderne aura bientôt submergé les vieilles originalités locales. Enfin cette étude de la maison rurale constitue l'une des recherches les plus attrayantes qui soient dans le domaine de la géographie humaine et du folklore. Elle représente aussi l'une des plus faciles, car elle exige peu de connaissances techniques. Elle demande surtout du soin dans l'observation et du bon sens dans l'interprétation des faits. Il n'en est pas qui convienne mieux au travail collectif tel qu'il s'organise dans les Universités et les Musées. --- A. Demangeon Professeur à la Sorbonne --- EXPOSITION DE LA MAISON RURALE EN FRANCE Préparée sous le patronage de M. Georges Monnet, Ministre de l'Agriculture. COMITÉ D'ORGANISATION : Présidents d'honneur : - M. Georges Huisman Directeur général des beaux-arts - M. Le Docteur Rivet Professeur au musée national d'histoire naturelle Directeur du musée de l'homme Directeurs : - MM. A. Demangeon, professeur à la Sorbonne ; - G. H. Rivière, Conservateur du Musée National des Arts et Traditions populaires. Membres : - MM. Ph. Arbos, professeur à l'Université de Clermont-Ferrand ; - H. Baulig, professeur à l'Université de Strasbourg ; - J. Blache, professeur à l'Université de Nancy ; - H. Cavailles, professeur à l'Université de Bordeaux ; - G. Chabot, doyen de la Faculté des Lettres de Dijon. - R. Clozier, professeur au Lycée Saint-Louis, Paris ; - D. Faucher, professeur à l'Université de Toulouse ; - R. Musset, professeur à l'Université de Caen ; - A. Varagnac, conservateur-adjoint du Musée National des Arts et Traditions populaires. Collaborateurs : - Mlle Th. Sclafert, Docteur-ès-Lettres ; - MM. Gottmann, Secrétaire de la Section de Géographie humaine au Conseil Universitaire de la Recherche Sociale ; - G. Pison, Architecte D. P. L. G. La présentation de l'Exposition est due à MM. Pontabry, Laurens et Gautherot, Architectes-Décorateurs. Le catalogue a été rédigé avec la collaboration de M. J. Gottmann.

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LA DÉFINITION ET LE CLASSEMENT DES MAISONS RURALES Il faut entendre par maison rurale la maison de ceux qui vivent et travaillent hors des villes, et particulièrement de ceux qui vivent de la terre et qui la travaillent, de ceux qui habitent les villages, les hameaux et les fermes isolées dans les campagnes. Pour étudier la maison rurale, il faut partir de cette idée fondamentale qu'elle est un fait d'économie agricole. On doit la définir non pas d'après ses matériaux, ni ses formes extérieures, mais d'après son plan interne, c'est-à-dire d'après les rapports que ce plan établit entre les hommes, les animaux et les choses, d'après sa fonction agricole. C'est dans la vie et le travail de celui qui l'occupe que nous devons chercher le fondement de la personnalité de l'habitation. Cette personnalité ne se compose pas d'éléments qui changent et qui passent ; elle émane surtout de l'ordonnance interne des bâtiments. La maison du paysan nous donne la solution d'un problème vital qui est de savoir comment s'établiront les rapports réciproques des hommes, des bêtes et des choses. Le paysan ne veut pas éloigner de lui les animaux, mais les maintenir à sa portée et presque sous son regard, aussi la construction rapprochera autant que possible le logis de l'étable ou de l'écurie. De même le paysan veut garder près de lui, dans les limites de son habitation, tout ce qui lui appartient ; il lui faut aussi tout faire tenir dans le moindre espace possible, de manière à ne pas gêner le travail. Il a donc conçu sa maison comme un instrument de travail ; il l'a adaptée aux conditions de son exploitation, petite ou grande, agricole ou pastorale. Selon ces principes, on peut reconnaître en France deux grands types de maison rurale, qui diffèrent essentiellement par leur disposition intérieure, et, dans chacun de ces types, deux variétés. Les deux grands types sont, en premier lieu, la maison-bloc dans laquelle tout ce qui est essentiel se groupe sous le même toit, dans un seul bâtiment (des annexes ont pu être ajoutées ensuite) ; en second lieu, la maison-cour qui se compose de plusieurs bâtiments ordonnés autour d'une cour. La maison-bloc comprend deux variétés : la maison à terre et la maison en hauteur. Dans la maison à terre, l'essentiel des espaces utilisés se trouve au rez-de-chaussée. Cette variété est extrêmement répandue en France ; elle paraît s'associer partout avec une petite exploitation, c'est-à-dire avec la forme d'établissement rural la plus répandue en France. Elle abonde en variétés régionales différentes les unes des autres par la dimension, par les proportions, par les dispositifs locaux, par les détails ingénieux. L'Exposition permet d'en voir plusieurs. Cette maison-bloc à terre montre de nombreuses formes d'évolution engendrées par le développement du progrès agricole et du confort matériel ; on voit même des maisons à terre qui montent d'un étage, d'autres qui se sont dédoublées. La maison en hauteur contient aussi tout l'essentiel sous le même toit. Mais, au lieu de juxtaposer les éléments de la construction, elle les superpose : les hommes à l'étage, les bêtes ou les communs en bas. Cette variété remarquable paraît s'associer à l'exploitation rurale de beaucoup de nos pays du Midi. Il y a, dans cette maison, le souci de tout faire tenir sous le même toit, sous la même clef. Mais il est évident que la position du logement à l'étage est une inconvénient, imposant bien des fatigues. Ce n'est cependant pas sans raisons que, jadis, beaucoup de nos paysans du Midi ont adopté ce genre d'habitation. La maison-cour comprend deux variétés : la maison à cour fermée et la maison à cour ouverte. Dans la maison à cour fermée, les bâtiments se touchent de manière à enclore une cour intérieure. Elle est très répandue au nord de la Seine, dans les pays de grande culture. Le logis de l'homme, qui souvent y fait face à la porte d'entrée, se soude complètement à l'étable et à l'écurie. Avec la grange, la maison dessine un quadrilatère au milieu duquel règne le fumier. Cette disposition permet au cultivateur de faire tenir toute l'étendue de la cour dans un regard. Dans la maison à cour ouverte, les bâtiments ne se touchent pas. Cette variété se rencontre souvent dans nos pays de l'Ouest et du Nord-Ouest, où le bétail tient une grande place dans l'économie rurale. Les bâtiments, tous séparés les uns des autres, s'accompagnent presque toujours d'une pâture, soit qu'ils y touchent étroitement, soit qu'ils s'y trouvent directement construits. Le pays de Caux nous offre les plus beaux spécimens de ces fermes à cour ouverte. Il faut ajouter à ces quatre variétés d'habitations rurales toutes celles qu'on peut ranger sous le nom de maisons élémentaires : maisons de paysans pauvres à deux pièces, et même à une seule pièce ; maisons souterraines creusées dans la roche, et surtout maisons temporaires répandues sur les hauts pâturages des montagnes. Elles représentent les conditions sociales les plus humbles ou les travaux les plus simples. Elles rappellent parfois d'anciens modes d'habitation, presque entièrement disparus. Elles sont d'ailleurs assez rares dans un vieux pays comme la France où ces formes primitives de l'habitation ont reculé devant les progrès du confort et de l'exploitation. A. DEMANGEON.

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1er type : Maison élémentaire. Le Tra (Auvergne). (voir panneau 3). 2e type : Maison-bloc à terre. (Chalet Alpin). (voir panneau 6). LES CINQ DE MAISONS TYPES RURALES 3e type : Maison-bloc en hauteur. Alpes Sud. (voir panneau 26). 4e type : Maison à cour fermée. Picardie. (voir panneau 28). 5e type : Maison à cour ouverte. Landes (voir panneau 41).

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CARTES DE RÉPARTITION DES TYPES DE MAISONS RURALES EN FRANCE Répartition des Maisons-bloc à terre. Répartition des Maisons-bloc en hauteur. Répartition des Maisons à cour fermée. Répartition des Maisons à cour ouverte. (Extrait de « La Géographie Universelle, France Économique et Humaine », par M. DEMANGEON, à paraître à la Librairie Armand Colin).

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L A première section de l'Exposition est consacrée à la forme la plus simple de l'habitation rurale, à la maison élémentaire. Un bref coup d'œil sur les deux maquettes et les cinq panneaux que comprend cette section permet de juger l'extrême diversité des constructions groupées sous ce titre. Les deux premiers panneaux (auxquels se rapportent aussi les modèles réduits) présentent d'anciens modes d'habitation en voie de disparition : une maison souterraine et une hutte de charbonnier. L'habitation souterraine a été creusée dans les bancs solides de la craie tuffeau ; seules les façades sont l'œuvre de maçons ; à la place du toit on voit s'étendre un champ où se dressent quelques arbres. Il existe encore de ces habitations troglodytes, creusées dans la falaise, le long de la vallée de la Loire, dans la région de Tours (où a été choisi cet exemple) comme dans la région de Chinon, et sur plusieurs autres points. Une telle maison convenait évidemment fort bien à une civilisation rudimentaire : son édification n'exige que quelques outils très simples et point de matériaux. Plus simple encore apparaît la hutte du charbonnier, abri de l'habitant des forêts. Construction éphémère, elle se reconstruit aisément sur chaque nouveau chantier avec quelques perches, des genêts, des broussailles. On voit sur l'une des photographies du panneau No 2, les perches debout, empêchant de s'envoler les broussailles qui couvrent la hutte. Les dépendances sont peu nombreuses et de dimensions fort réduites : devant la hutte, un auger servant à « affûter » la scie, la meule de charbon dont on aperçoit le feu de loin à travers les arbres, enfin, des graffitti naïfs sur un poteau rappellent les premiers débuts de l'art dans les profondeurs des bois. C'est à un autre genre de travail rural élémentaire que correspondent les maisons des panneaux No 3 et No 4 : ce sont les habitations temporaires des bergers qui gardent les troupeaux en été sur les pâturages de haute montagne. Le tra du Cros de Joran, que nous avons choisi comme type de ces burons d'Auvergne, est situé à 1.200 mètres d'altitude, sur une croupe, au milieu d'une pelouse herbeuse où monte paître, chaque année, au mois de mai, I. - LES MAISONS Vue d'ensemble d'une bourine du Poitou. le bétail de la ferme du Cros de Joran. Le tra est bâti en moellons de lave, le toit est en dalles de schiste. L'intérieur a été, avant tout, disposé pour fabriquer et loger les fromages, et pour abriter les veaux ; à l'étage, dans une soupente couvrant tout le rez-de-chaussée, se trouvent la « fenière » ou grenier à foin et le local, où, sur des grabats, couchent les aides du vacher. Dans les Pyrénées, nous voyons des granges d'été et de simples abris pour le berger, dits cabanes ou cujala, se réunir souvent en groupes au milieu des pacages, à de hautes altitudes. Les exemples que présente l'Exposition ont été pris à Pieds, dans la vallée du Bastan, ou encore dans la vallée d'Ossau et dans le Bigorre. Enfin, le cinquième exemple de maison élé-

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PANNEAU D'ORIENTATION Carte de France en relief ; 4 cartes de répartition des types de maisons rurales en France. GROUPE I. LES MAISONS ÉLÉMENTAIRES Introduction : Burons dans le Puy-de-Dôme, d'après une estampe de la Bibliothèque Nationale. Panneau 1 (maquette 1) : Habitations souterraines de Touraine (Vallée de la Loire près de Tours). 3 photo. Vue d'ensemble. Deux détails de la façade. Un plan, une coupe. Documentation établie par M. Boille, à Tours. 2 (maquette 2) : Hutte de Charbonnier dans la forêt de Lyons (Eure). 6 photo. Vue d'ensemble. Trois détails de la hutte. Deux aspects du travail du charbonnier. Documentation établie par les Services de l'Exposition. 3 : Buron ou Tra, dans les Monts Cézallier (Auvergne). Tra du Gros de Joran, commune de la Godivelle, altitude : 1.200 mètres. 4 photo. Deux vues d'ensemble de la ferme et du tra. Deux détails du tra. 2 plans. Une coupe panoramique du paysage. Documentation établie par M. Gachon, à Issoire. 4 : Chalets, granges et cabanes de montagne, dans les Pyrénées. 4 photo. Trois groupes de granges et cabanes. Une grange d'été typique. Documentation établie par MM. Cavailles à Bordeaux et Faucher à Toulouse. 5 : Bourine du Marais Poitevin. 6 photo. Vue d'ensemble. Quatre détails (dont le toit). Le marais. Documentation établie par M. Bourdeau à Paris. Sur les tables : Deux maquettes. 1. Habitation souterraine de Touraine (voir panneau 1). 2. Hutte de Charbonnier dans la forêt de Lyons (voir panneau 2). mentaire est encore bien différent des précédents : il s'agit d'une bourine du Marais Poitevin, humble maison en terre, couverte de jonces, qui semble vraiment sortir du sol qui la porte. D'un peu loin elle apparaît comme une enfilade de petits toits bas qui se pressent les uns contre les autres ; c'est qu'en dehors de la maison d'habitation, la bourine se compose d'une succession de petits bâtiments destinés surtout à abriter des volailles, canards et poulets, dont l'élevage constitue l'essentiel de l'exploitation. Alentour règne le marais dans toute sa splendeur ; partout brillent des flaques d'eau sur un terrain boueux recouvert de jonces. La bourine semble être un symbole de ce paysage. Tra (ou buron) des Monts Cézallier.