Extrait
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
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COLLECTION DOCUMENTAIRE D'ART MODERNE
LÉON MOUSSINAC
INTÉRIEURS - II
DOMINIQUE _ DUFRÈNE _ RENÉ GABRIEL ANDRÉ GROULT _ JOUBERT ET PETIT ROB . MALLET-STEVENS _ F.NATHAN
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ÉDITIONS ALBERT LÉVY
Librairie Centrale des Beaux-Arts
PARIS_2.RUE DE L'ÉCHELLE
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INTÉRIEURS - II
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Les modèles publiés dans le présent ouvrage sont et demeurent la propriété de leurs auteurs, toutes reproductions, même partielles, sont interdites et seront poursuivies par les auteurs.
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INTÉRIEURS-II
DOMINIQUE - DUFRÈNE - RENÉ GABRIEL
ANDRÉ GROULT - JOUBERT ET PETIT
ROB. MALLET-STEVENS - F. NATHAN
52 PLANCHES PUBLIÉES SOUS LA DIRECTION
ET AVEC UNE INTRODUCTION DE
LÉON MOUSSINAC
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COLLECTION DOCUMENTAIRE D'ART MODERNE
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ÉDITIONS ALBERT LÉVY
LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS
PARIS — 2, RUE DE L'ÉCHELLE
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INTRODUCTION
Cette nouvelle série d'INTERIEURS explique des artistes bien différents de goût, plus ou moins absolus de tendances, mais tourmentés du désir d’atteindre aux mêmes fins.
Certains — Maurice Dufrène, René Joubert — ont franchi différentes étapes, ont eu la rare intelligence de comprendre leur temps et de s’assimiler quelques affinités nouvelles, une vérité difficile à saisir et à exprimer, et n’ont cessé de s’enrichir et de se réaliser ; d’autres — André Groult, Dominique, Mallet-Stevens, F. Nathan — ont eu des sortes d’audaces brusques et, plus jeunes venus, ont vivifié des formules qui risquaient de périr d’inanition tout en acquérant au contact des nécessité à la fois techniques et pratiques une autorité rayonnante ; d’autres enfin — René Gabriel, Philippe Petit — représentent ce qu’il y a de plus spontané et presque d’adolescent, c’est-à-dire de moins formel, dans un art que les procédés et les goûts transforment aussi vite et aussi sûrement que se définissent formes, aspects et valeurs de la vie moderne.
C’est pourquoi il peut paraître utile, ici, avant de considérer la réalité toujours un peu brutale des œuvres, de résumer l’activité et les préoccupation des créateurs.
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Dominique. C’est-à-dire deux artistes venus l’un de la peinture — Domin, l’autre de l’architecture — Genevrière. De la sorte, le caractère constructif du meuble s’adoucit aux exigences de la couleur créatrice d’atmosphère et d’intimité — au delà même de l’utilité pratique et des nécessités rationnelles. Dans une telle construction la recherche des pro-
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portions, l'homogénéité s'affirment; tout s'applique à un rythme général où les courbes, les nuances, les contrastes créés par les matières, bois unis ou loupes, bois déroulés, tranchés ou sciés, enfin l'absence d'ornementsations superflues réussissent une simplicité non sans aristocratie. Les couleurs qui soutiennent l'ensemble sont simples, donc soigneusement choisies. Toujours un parti de grands plans nus — sans froideur. Les meubles, largement assis, parfois même étalés, expriment une sécurité qui n'exclut aucunement la grâce. Courbes et angles droits ne mènent qu'un jeu et n'affirment jamais un système.
Maurice Dufrène. Des dons remarquables révélés dès 1900 et alors, déjà, une œuvre riche, abondante, raffinée. Mais un sens des réalités qui a orienté justement un goût distingué, rare, une élégance spirituelle, vers la création industrialisée. C'est qu'il n'y a point en art, pour un créateur véritable, de déchéances, mais bien de constantes élévations. Maurice Dufrène s'est dressé contre ceux qui, à des meubles fabriqués en série, par exemple, dénient encore une valeur artistique: «une sculpteuse qui dégrossit un bloc, une toupilleuse qui pousse une moulure, une perforatrice, sont-elles moins dignes et moins franches qu'une gouge, un ciseau, un tarabiscot ou un vilebrequin?» Et, prenant la direction des ateliers de «La Maîtrise», il fixait ainsi sa profession de foi: «Dans le rayonnement perpétué des principes de vérité des anciennes maîtrises, les artistes décorateurs de la Maîtrise nouvelle s'efforcent de continuer les hautes traditions de la France. Comme leurs ainés, ils veulent concevoir et créer selon leur temps, édifier en toute indépendance de formules surannées, en toute connaissance des métiers demeurés, des techniques rénovées et des matériaux nouveaux. Selon les toujours vivantes vertus de la race: l'audace raisonnée, le goût approprié, le bon sens et l'ordre, il veulent à leur tour faire des œuvres neuves, saines, et les mettre, loyales toujours, belles autant qu'ils le pourront, à la portée des petits aussi bien que des grands». C'est-à-dire qu'à côté, par exemple, d'une salle à manger en bois d'essence courante, remarquablement réussie, et d'un prix extrêmement modique, Maurice Dufrène a composé des ensembles luxueux. Il a exprimé ainsi, un des premiers, et doublement, l'essentiel d'un événement, à mon sens capital par ses conséquences et sa signification: l'entrée de l'art moderne dans les Grands Magasins.
René Gabriel. Des débuts fort remarqués au Salon des Décorateurs en 1920: jeunesse, clarté, sincérité, sympathie. Cet artiste a retenu l'importance de la couleur et d'une fantaisie aimable à quoi participent tous les éléments du décor: tentures, tapis, luminaire. Il n'a
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pas moins le souci de conserver à ses constructions le charme solide, la grâce sûre d'un meuble de bon aloi. Il n'est peut-être pas de plus vive spontanéité. Il ne se glisse dans ses créations aucune de ces petites supercheries faciles qui peuvent fausser une minute l'impression d'accueil et d'intimité, et la personnalité en reste attachante.
André Groult. Une recherche constante, un effort sûr. Au fond, malgré certaines apparences : les préoccupations de logique et de stabilité des vieux maîtres. Il se mêle à cet art, où les rappels des divers passés ne manquent pas, une certaine fantaisie ironique qui montre le raffinement d'un tempérament assez riche pour n'oublier rien des préoccupations — même éphémères — de son temps. Papiers, tissus, tapis, verreries, céramiques, luminaire, tout retient l'artiste épris d'une certaine originalité luxueuse. Et il y place des réussites durables. Les matières rares aiguisent son désir de renouvellement. L'armonie reste précieuse, imprévue, et s'il s'y glisse une singularité, celle-ci n'est jamais sans séduction. L'expression n'est pas moins le fait de la forme — commandée elle-même par les nécessités de la destination et de l'exécution — que le fait de la couleur. L'unité soigneusement voulue est frappante.
Joubert et Petit. Une rigoureuse collaboration : savoir et ferveur. D'une part : connaissance profonde de la technique, de ses ressources et de l'emploi des essences, respect absolu de la matière, donc besoin de perfection dans l'exécution ; d'autre part : imagination éprise d'élégance, d'ordre, de clarté, et qui s'efforce d'accuser à coups de grâce la robustesse d'un galbe. Enfin, préoccupation partagée de faire jouer la lumière sur des plans et d'obtenir une heureuse expression générale. Ce qui explique les pans coupés et les lignes adoucies des lits ou des sièges, l'absence de saillies et de corniches. Dans le meuble de bois massif — chêne par exemple — un motif sculpté rejoint la tradition en toute indépendance. Dans le meuble d'essence plus rare, la marquetterie et les incrustations d'ivoire s'appliquent à parfaire le caractère précieux de l'ensemble.
Mallet-Stevens. Un architecte avant tout. Avec la préoccupation de répartir des volumes, le souci de tirer le meilleur parti des essences et des lumières, l'espace, une fois défini par lui, s'organise. La création repose, entière, sur la nécessité de sacrifier d'abord aux besoins pratiques, les moindres comme les plus urgents. La fantaisie intervient lorsque c'est nécessaire, mais complètement, sans dissimulation possible. L'hypocrisie du « décorateur » est dénoncée : un radiateur ne connaît point de cache, une salle de bains se fait gloire de sa tuyauterie nickelée et de ses accessoires purement utilitaires. La symétrie, souvent, règne.
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Si un motif sculpté, un vitrail, interviennent parfois — jeu de plans et de lignes, d'ombre et de lumière — c'est pour créer un repos, retenir l'œil, l'esprit, ou nous entraîner dans un rythme. Des tons simples qui font accord ou contraste, une répartition de l'éclairage toujours ingénieuse tempèrent la rigueur et accusent la franchise de telles compositions.
F. Nathan. L'architecte, le peintre, le sculpteur se retrouvent dans toutes ses œuvres. Une grande entente des formes et un amour de l'outil évident dans les détails. En face de ceux qui proscrivent l'ornement Nathan déclare : « Il serait illogique d'employer un ornement superflu. Mais est-il inutile quand il fait valoir une composition, et faut-il se priver, au nom d'une théorie, des ressources du beau métier ? » Il a volontiers recours aux placages clairs, à la marquetterie d'essences précieuses et de nacre. Il s'applique au rapport des tons et des courbes, et certaines moulurations lui sont bien personnelles. L'harmonie, l'équilibre, la sobriété, l'élégance de ses ensembles sont la réussite d'une patiente recherche entreprise par un artiste méditatif qui ne méprise rien tant que le hasard et n'attend rien que de soi.
Voilà bien, il me semble, une richesse de matériaux, une abondance d'éléments spirituels, une variété de moyens techniques qui doivent retenir l'esprit préoccupé de découvrir dans les œuvres présentées non seulement les éléments durables d'un style, mais les aspects les plus vivants et les caractères essentiels de l'art de ce temps.
LÉON MOUSSINAC.
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TABLE DES PLANCHES
Planches
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Planches
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1. Cabinet de travail, à Neuilly-sur-Seine I. Perspective.
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DOMINIQUE.
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17. Salle à manger, à Paris. I. Perspective
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RENÉ GABRIEL.
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2. Cabinet de travail, à Neuilly-sur-Seine. II. Grande face.
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18. Salle à manger, à Paris. II. Faces et plan
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3. Cabinet de travail, à Neuilly-sur-Seine. III. Faces
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19. Salle à manger, à Paris. III. Meubles
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4. Cabinet de travail, à Neuilly-sur-Seine. IV. Meubles
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20. Chambre à coucher, à Paris. I. Perspective
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5. Chambre de jeunes filles, à Paris. I. Perspective
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21. Chambre à coucher, à Paris. II. Faces
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6. Chambre de jeunes filles, à Paris. II. Grande face
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22. Chambre à coucher, à Paris. III. Meubles
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7. Chambre de jeunes filles, à Paris. III. Faces
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23. Salle à manger. I. Perspective
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ANDRÉ GROULT.
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8. Chambre de jeunes filles, à Paris. IV. Meubles
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24. Salle à manger. II. Grande face
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9. Vestibule
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MAURICE DUFRÈNE.
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25. Salle à manger. III. Petite face et plan
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10. Cabinet de travail, chez M. G..., à Paris. I. Meubles
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26. Salle à manger. IV. Meubles.
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11. Cabinet de travail, chez M. G..., à Paris. II. Meubles, détails
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27. Salle à manger. I. Perspective
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JOUBERT ET PETIT.
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12. Salle à manger, chez M. B..., à Paris. I. Perspective
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28. Salle à manger. II. Faces
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13. Salle à manger, chez M. B..., à Paris. II. Meubles
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29. Salle à manger. III. Meubles.
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14. Salle à manger, chez M. S..., à Paris. I.
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30. Chambre à coucher, chez Mme de G..., à Paris. I. Perspective
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15. Salle à manger, chez M. S..., à Paris. II. Faces
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31. Chambre à coucher, chez Mme de G..., à Paris. II. Meubles et détails
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16. Salle à manger, chez M. S..., à Paris. III. Meubles, détails
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32. Chambre à coucher, chez Mme de G..., à Paris. III. Meubles et cheminée
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