Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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COLLECTION DOCUMENTAIRE D'ART MODERNE LÉON MOUSSINAC INTÉRIEURS-I PIERRE CHAREAU - FRANCIS JOURDAIN J. RUHLMANN - SUE ET MARE --- ÉDITIONS ALBERT LÉVY Librairie Centrale des Beaux-Arts PARIS - 2.RUE DE L'ÉCHELLE

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INTÉRIEURS - I

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Les modèles publiés dans le présent ouvrage sont et demeurent la propriété de leurs auteurs, toutes reproductions, même partielles, sont interdites et seront poursuivies par les auteurs. Copyright by Editions Albert LEVY 1924

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INTÉRIEURS - I PIERRE CHAREAU - FRANCIS JOURDAIN J. RUHLMANN - SÜE ET MARE 58 PLANCHES PUBLIÉES SOUS LA DIRECTION ET AVEC UNE INTRODUCTION DE LÉON MOUSSINAC --- COLLECTION DOCUMENTAIRE D'ART MODERNE --- ÉDITIONS ALBERT LÉVY LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS PARIS — 2, RUE DE L'ÉCHELLE

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INTRODUCTION On n'a point séparé, dans ces Intérieurs, la partie du tout, le meuble de l'architecture qui en a, logiquement, déterminé les plans et les lignes. Ainsi le meuble n'est pas isolé dans cet espace à l'organisation duquel il participe, dont le cube a été soigneusement fixé; ainsi, le meuble précise sa fonction et définit son rôle dans l'ensemble. Si la conception du mobilier est liée à celle de l'architecture, cela n'implique pas qu'en certaines périodes historiques où les goûts, les habitudes, les mœurs, les nécessités générales et particulières, les sentiments enfin, subissent de profondes transformations, on découvre plus rapidement dans l'architecture proprement dite que dans les meubles isolés les formes appelées à être vulgarisées peu à peu, jusqu'à créer un style. C'est qu'il y a sans doute plus de difficultés à vaincre — économiques, psychologiques, morales — pour faire admettre dans la construction pratique de l'habitation privée telles formes et tels matériaux nouveaux commandant ces formes, que pour imposer celles-ci à des gens avertis qui réclament d'un artiste des meubles répondant à des besoins et à des goûts modifiés sans cesse. Il n'est pas, d'ailleurs, indispensable que l'architecture s'affirme réellement, aujourd'hui, en de nombreux exemples, mais seulement en quelques types éminemment significatifs, pour qu'il soit possible de «faire le point» après une aventure décorative, féconde certes, mais qui, ayant duré plus de vingt ans, a sacrifié quelques talents sincères. La diffusion des théories joue son plein rôle. La force profonde des réalités fait le reste. Il a donc semblé particulièrement intéressant de grouper les modèles originaux créés et exécutés récemment par les artistes et, groupant ces

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modèles, de les confronter. On a sauvegardé l'unité des ensembles en s'attachant à une présentation logique des éléments principaux qui concourent chaque jour plus complètement et avec plus de force à définir l'intérieur vraiment d'accord avec la vie Pierre Chareau, Francis Jourdain, J. Ruhlmann, Süe et Mare, ont exprimé un parti, discutable parfois ou contradictoire, mais singulièrement franc, loyal, courageux, volontaire, dépouillé des petites concessions ou hypocrisies qui, par ailleurs, restent si nécessaires à la diffusion des modèles utiles — formes essentielles, fonctions nouvelles, organisation pratique du meuble —, et rigoureusement au fait des principes économiques qui imposent le changement de destination de certaines pièces, ou la réduction de l'espace dans le logis nouveau, et transforment ainsi, peu à peu, les données fondamentales du problème. Ces artistes provoquent quelques remarques générales assez grossières : on simplifie; on est plus préoccupé de construire que de décorer, d'aboutir à une logique qui ramène à elle, d'abord, les principes de durée, d'hygiène, de besoins pratiques, pour réussir par contre-coup à satisfaire, moins par le détail que par l'harmonie de l'ensemble — accord de lignes, de plans, de couleurs — notre sensibilité impérieuse. Affirmant donc de nouveau que la fonction ou l'usage déterminent la création, départ élémentaire, on comprend que l'art n'est atteint que dès l'instant où le meuble dépasse son rôle purement fonctionnel et pratique pour participer au rythme vivant, on pourrait dire à l'émotion, de l'ensemble. Il faut remarquer que si Pierre Chareau ou Francis Jourdain ont eu, souvent, l'occasion de travailler sur des programmes pratiques imposés, mais avec une presque complète liberté de jugement esthétique, pour aboutir à un ordre neuf, absolu, inspiré directement par la conception si vive qu'ont de tels artistes des réalités présentes, J. Ruhlmann ou Süe et Mare ont connu plus souvent encore la tâche difficile, ingrate, de ménager les transitions et de réorganiser des appartements de style ou même « art nouveau », en tenant compte de l'attachement particulier que leurs clients portent à une tradition qui va de l'aristocratie Louisquatorzième à la bourgeoisie Louis-Philippe et n'exclut pas, néanmoins, une certaine conscience des caractères modernes. Quant à l'œuvre considérable de chacun d'eux, elle nécessiterait une longue étude. Le programme réalisé ici, l'exclut. Il suffira de noter rapidement tendances et buts, en recherchant comment, personnellement,

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ces artistes les ont révélés. La suite des reproductions de leurs compositions garde une éloquence plus directe que les développements littéraires et l'analyse du critique. Pierre Chareau. Un constructeur avant tout qui vit son époque avec une intensité étonnante, que tous les problèmes retiennent, qui reste épris de simplicité, d'équilibre, d'unité. Il a imposé à l'éclairage, notamment, des solutions originales vite reprises et déjà entrées pratiquement dans la vie. Sensibilité et intelligence qui, proscrivant le décor de ses meubles, n'hésite pas à faire appel à la fantaisie éclatante d'un Jean Lurçat pour unifier, par la couleur et le jeu des valeurs précisé à l'extrême, la discipline de ses conceptions architecturales. Il dit : « Il s'agit d'organiser l'espace selon les rythmes qui se révèlent et s'imposent à nous, chaque jour davantage, pour satisfaire mieux aux exigences de notre raison et de nos sentiments évolués et confondus dans l'admirable beauté de vivre ». Il n'est pas de plus pure noblesse. Francis Jourdain. Observateur attentif des mœurs, dominé par un goût sûr et un sens profond des réalités, hors de quoi il n'est qu'évasion spéculative, stérile. Il proscrit l'ornement, superflu, préoccupé d'être d'accord avec l'urgence brutale, complexe, des nécessités pratiques et les besoins sentimentaux de chacun de nous. Recherche d'ordre logique, clair, que tempère l'aimable fraîcheur des coloris, essences, tissus, peintures. Il déclare : « On peut aménager très luxueusement une pièce, en la démêublant plutôt qu'en la meublant. Le grand décorateur de l'avenir sera celui qui saura s'en tenir aux éléments strictement nécessaires, mais en établissant entre eux une si juste proportion, un si parfait équilibre, qu'il ne laissera subsister dans leur ensemble aucun « trou », aucune lacune, et que la pièce à laquelle il les destinera ne pourra sembler nue même en aucune de ses parties ». Un tel art est riche de vertu active. J. Ruhlmann. Epris du raffinement des techniques et porté vers une certaine exception luxueuse. Ainsi, l'inutile ne serait pas moins fécond, en certains temps, que l'utile. Impeccable et précieuse richesse qui ne le cède en rien, le plus souvent, aux rigueurs mêmes de la construction. Ruhlmann sauvegarde l'homogénéité d'un ensemble grâce aux dons inouïs qui servent ses créations, jusqu'aux soies, velours, tapis qu'il compose. Il affirme : « Comme le pur-sang, sélectionné et élevé à grand frais pour des courses inutiles, sert en définitive à améliorer la race utilitaire du carrossier ou du cheval d'arme, l'objet de grand luxe

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devient l'étalon de la production courante ». Aristocratie, puissance du goût et richesse de sensibilité capables des plus absolues comme des plus désarmantes réussites. Süe et Mare. Armés pour toutes les recherches, mais au fait des besoins d'une transition inévitable. Ils ont inspiré à la Compagnie des Arts français, formée et conduite par eux, une diversité magnifique de compositions intéressant tous les éléments de création d'un intérieur : luminaire, tapis, tissus, céramique, verrerie. Leur force est nuancée, leur grâce française, profondément. Échos émouvants du passé, originalité qui vio- lente, moins qu'elle ne séduit et, finalement, hors de son jeu, possède. Ils savent plus encore qu'ils n'ont dit. Mais ils expliquent : « Certains intérieurs modernes sont conçus de telle sorte qu'il est impossible d'y accrocher, sans discordance, une gravure du xviii° siècle dans son cadre ancien. Nous voudrions, au contraire, que n'importe quel beau meuble d'autrefois fut chez lui, parmi nos meubles, qu'il y fut reçu comme un aïeul et non pas comme un intrus. » Nous, nous dirons qu'ils sont allés dans un tel sens aussi loin qu'il est possible et qu'ils ont marqué ce temps de leur force et de leur élan. Il n'est pas de témoignage plus riche, ni de plus durable. Contradictoires, ces buts, ces efforts, ces déclarations, et, chez chacun de ces artistes, l'œuvre même? Dans les principes seuls. Prati- quement, une aussi volontaire activité est merveilleusement féconde et conduit, peu à peu, l'architecture intérieure à cette unité essentielle à l'art. De plus en plus, les rappels de décors, d'ornements ou de formes se réduisent à l'indispensable sentimental, si je puis dire, mais la tradition intransigeante exige plus d'indépendance véritable vis à vis de ce qui est mort et plus de foi en qui naît sans cesse autour de nous et en nous-même. Par là, dans ce domaine particulier, la création rejoint le drame vivant qui oppose les forces nouvelles aux forces anciennes et se présente, historiquement, comme un continuel combat. Pierre Chareau, Francis Jourdain, Ruhlmann, Süe et Mare : autant d'aspects définitifs d'un même effort tendu à l'extrême vers les solutions neuves qu'imposent, non l'actualité qui est peu de chose, mais ces réalités, semble-t-il implacables, et qui, pourtant, éveillent déjà en nous, et mieux chaque heure, des résonances pleines de charme ou de beauté. LÉON MOUSSINAC.

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TABLE DES PLANCHES Planches 1. Cabinet de travail, à Paris. I. Perspective . . . PIERRE CHAREAU 2. Cabinet de travail, à Paris. II. Meubles . . . 3. Cabinet de travail, à Paris. III. Meubles . . . 4. Chambre de jeune fille, à Paris. I . . . 5. Chambre de jeune fille, à Paris. II. Perspective . . . 6. Chambre de jeune fille, à Paris. III. Grande face et plan . . . 7. Chambre de jeune fille, à Paris. IV. Grande face et plans . . . 8. Chambre de jeune fille, à Paris. V. Petites faces et plans . . . 9. Salle de bains, à Paris. I. . . . 10. Salle de bains, à Paris. II. Face et plans . . . 11. Salle de bains, à Paris. III. Faces et plans . . . 12. Salle de bains, à Paris. IV. Perspective, lavabo, siège et table . . . 13. Cabinet de travail, à Paris. I. Perspective et plans . . . FRANCIS JOURDAIN 14. Cabinet de travail, à Paris. II. Grandes faces . . . 15. Cabinet de travail, à Paris. III. Petites faces . . . 16. Cabinet de travail, à Paris. IV. Secrétaire (ouvert et fermé) . . . 17. Living-room, chez M. Francis Jourdain, à Paris. I . . . Planches 18. Living-room, chez M. Francis Jourdain, à Paris. II. Grande face et plans . . . FRANCIS JOURDAIN 19. Living-room, chez M. Francis Jourdain, à Paris. III. Grande face et plan . . . 20. Living-room, chez M. Francis Jourdain, à Paris. IV. Faces . . . 21. Living-room, chez M. Francis Jourdain, à Paris. V. Deux aspects du meuble formant desserte . . . 22. Pièce à côté d'une salle de bains, chez Mme C..., à Paris. I. Perspective . . . 23. Pièce à côté d'une salle de bains, chez Mme C..., à Paris. II. Faces . . . 24. Pièce à côté d'une salle de bains, chez Mme C..., à Paris. III. Coiffeuse (ouverte et fermée) . . . 25. Nursery. I. Perspective . . . 26. Nursery. II. Faces . . . 27. Nursery. III. Faces et plans . . . 28. Nursery. IV. Penderie, armoire, coffre à jouets . . . 29. Nursery. V. Commode, chaise basse, petit lit . . . 30. Hall-vestibule. (Hôtel de M. Berger, à Paris) . . . J. RUHLMANN 31. Salle à manger. (Hôtel de M. Berger, à Paris). I . . . 32. Salle à manger. (Hôtel de M. Berger, à Paris). II. Faces et plans . . .

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Planches 33. Salle à manger, (Hôtel de M. Berger, à Paris). III. Face, plan et profil du grand argentier . . . 34. Salle à manger, (Hôtel de M. Berger, à Paris). IV. Table et chaise . . . 35. Salon. Perspective . . . 36. Salon, chez M. Molinié, à Paris. I. Perspective . . . 37. Salon, chez M. Molinié, à Paris. II. Fauteuil, chaise, coin de feu et table basse. 38. Studio, chez Mlle F. C..., à Paris. I. . . . . . . . . . 39. Studio, chez Mlle F. C..., à Paris. II. Faces . . . 40. Studio, chez Mlle F. C..., à Paris. III. Faces et plans. 41. Studio, chez Mlle F. C..., à Paris. IV. Bureau, fauteuil et table basse . . . 42. Vestibule, Perspective et plan. . . . . . . . . . . 43. Salle à manger, à Paris. I. Faces . . . . . . . . . . 44. Salle à manger, à Paris. II. Faces . . . . . . . . . . J. RUHLMANN — — — — SUE ET MARE 45. Salle à manger, à Paris. III. Console, table, chaise et plan . . . . . . . . . . 46. Studio, à Paris. I . . . . . . . . . . 47. Studio, à Paris. II. Faces . . . . . . . . . . 48. Studio, à Paris. III. Faces . . . . . . . . . . 49. Studio, à Paris. IV. Bergères et table . . . . . . . . . . 50. Salon, à Paris. I . . . . . . . . . . 51. Salon, à Paris. II. Faces et plans . . . . . . . . . . 52. Salon, à Paris. III. Faces . . . . . . . . . . 53. Salon, à Paris. IV. Piano et bibliothèque . . . . . . . . . . 54. Salon, à Paris. V. Fauteuil, écran, bergère et tabouret . . . . . . . . . . 55. Chambre à coucher, à Paris. I. Faces . . . . . . . . . . 56. Chambre à coucher, à Paris. II. Faces et plan. . . . . . . . . . . 57. Chambre à coucher, à Paris. III. Canapé et coiffeuse . . . . . . . . . . 58. Chambre à coucher, à Paris. V. Meuble à linge et grand lit . . . . . . . . . . SUE ET MARE — — — — — — — — — —