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COLLECTION DOCUMENTAIRE D'ART MODERNE LÉON MOUSSINAC ÉTOFFES IMPRIMÉES ET PAPIERS PEINTS ÉDITIONS ALBERT LÉVY Librairie Centrale des Beaux-Arts PARIS - 2 RUE DE L'ÉCHELLE
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
COLLECTION DOCUMENTAIRE D'ART MODERNE LÉON MOUSSINAC ÉTOFFES IMPRIMÉES ET PAPIERS PEINTS ÉDITIONS ALBERT LÉVY Librairie Centrale des Beaux-Arts PARIS - 2 RUE DE L'ÉCHELLE
Étoffes imprimées et papiers peints
Les modèles publiés dans le présent ouvrage sont et demeurent la propriété de leurs auteurs, toutes reproductions, même partielles, sont interdites et seront poursuivies par les auteurs.
ÉTOFFES IMPRIMÉES ET PAPIERS PEINTS 50 PLANCHES PUBLIÉES SOUS LA DIRECTION ET AVEC UNE INTRODUCTION DE LÉON MOUSSINAC --- COLLECTION DOCUMENTAIRE D'ART MODERNE --- ÉDITIONS ALBERT LÉVY LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS PARIS — 2, RUE DE L'ÉCHELLE
INTRODUCTION Dans l'effort, sans cesse affirmé, vers la réalisation d'une esthétique de l'architecture intérieure moderne, c'est-à-dire vers une organisation nouvelle de l'espace, le problème du décor et, dans le décor, de la tenture murale, n'a pas moins préoccupé les artistes que le problème du mobilier. Si bien que nous rencontrons, ici et là, souvent, les mêmes signatures. Les étapes et l'évolution d'un tel décor sont marquées par l'utilisation successive des mosaïques, de la tapisserie, des toiles de Jouy et du Landy, de quelques matières diverses dont le cuir et ses imitations, enfin des étoffes imprimées et des papiers peints, et toujours selon les perfectionnements ou les inventions mécaniques des diverses techniques appropriées. Il arrive aussi qu'on emploie parfois, pour obtenir plus d'unité, certaines étoffes imprimées, notamment les velours, dans la tapisserie des sièges, mais il n'en reste pas moins qu'on réserve en général à celle-ci les tissus proprement dits, étoffes tissées et brochées, sinon toujours plus résistants, du moins d'une matière plus rare et plus riche. Les recherches pour atteindre à une expression vraiment moderne se sont tout particulièrement développées après 1910, et considérablement en ces dernières années, grâce à la vulgarisation entreprise par quelques industriels. Il est même arrivé que la variété et la fantaisie d'une telle production aient retenu l'attention de la mode féminine, ce qui n'est pas pour infirmer un jugement de qualité, au contraire. Abondance et richesse d'invention, mise au point rigoureuse, grâce à quoi, une fois encore, les créateurs ont eu raison des routines, des fausses traditions, de certaines paresses de l'industrie. De la sorte les modèles se sont imposés peu à peu, ont forcé le goût du public qui ne réclamait d'ailleurs que cette violence. A côté de certaines concessions aux faveurs du jour dont le caractère excessif a eu, par cela même, son charme aigu d'une heure, des modèles fixent définitivement les tendances de l'époque et resteront représentatifs de son style.
Après bien des errements, après l'asservissement aux vieux styles nécessaire à la présentation des mobiliers pastiches et, en ce qui concerne les papiers, après les imitations de bois naturels, de tissus, de céramiques, facilitées par le cylindre de Leroy, le retour aux principes de la gravure sur bois d'une part, le retour aux lois de la technique condamnant le veloutage et l'estampage d'autre part, ont conditionné enfin la création des modèles. Ainsi, les motifs, qu'ils soient vraiment modernes ou renouvelés du passé, empruntés à la flore et à la faune ou tirés de la vie anecdotique, sont commandés, dans leur interprétation, par la technique, mais ils accusent, dans leur expression générale ou particulière, des influences diverses et précises. C'est d'abord la persistance de la magie orientale : coloris toujours riche, avec moins d'exubérance que naguère, plus nuancé, cerné d'un contour parfois précieux, parfois seulement logique, dont les céramiques et les soieries persanes nous révèlent le savoureux caractère. L'art des décorateurs trahit également l'influence du cubisme par l'analyse qui, souvent, prolonge, souligne ou dissocie volontairement certains jeux de lignes, et par la construction géométrique. On discerne encore chez quelques-uns une recherche de composition basée plus sur la raison que sur la sensibilité et qui rappelle singulièrement, lorsqu'elle s'attache au meuble, le style où se complut la bourgeoisie française après l'Empire. S'ajoute cette sorte de tendresse envers la grâce des roses et des feuillages qui, aux toiles imprimées de 1840, firent l'enchantement de nos aïeules ; ou encore ce souci de donner au motif choisi un caractère naïf et familier susceptible d'exalter en quelque sorte l'intimité même du lieu. Il faut dire que si l'anecdote tient un rôle nouveau dans la tenture murale, la tendance ne se manifeste pas moins de considérer le papier ou le tissu comme un élément de couleur simple, par la répartition judicieuse de rayures ou de taches géométriques. Certains décorateurs vont même jusqu'à proscrire résolument l'ornement. Ce sont là des tendances extrêmes. Il subsiste un désir général de discrétion, de sobriété légitime, que la tenture décorée serve exclusivement aux frises ou qu'elle soit employée en panneaux. Nous retrouvons ainsi deux partis absolus dans les modèles : le sujet à report nettement marqué et le motif conçu et réparti de façon à créer un simple jeu de fonds. Pourtant la nécessité d'une composition définitive, même lorsque celle-ci a pour point de départ un tableau anecdotique, n'induit pas l'artiste à négliger, comme sous l'Empire par exemple — apogée du
papier peint —, le rythme de l'ensemble, le jeu des lignes et des plans. On lutte contre le « répété » ou on l'accepte de parti pris pour réussir un effet particulier. Quant à l'amour du métier, il est bien le fait caractéristique qui conduit l'artiste, en supposant à celui-ci le désintéressement indispensable, à n'être satisfait que par des œuvres logiques et complètes où le hasard n'a guère de part. Les aberrations sont impossibles désormais, par exemple celle qui poussa certains, quelque temps, vers l'illusion du relief et non vers les tons plats et bien couvrants. L'étendue des problèmes posés est considérable. En effet, il ne s'agit pas seulement de se donner une technique vraie, fonction des procédés les plus récents et des matières nouvelles, il s'agit aussi d'aboutir à une esthétique. L'art des « dominotiers » était plus simple, c'est que la vie elle-même, alors, était conditionnée par des éléments moins complexes, sinon moins profonds. Il s'agit enfin essentiellement de répartir des valeurs plus que de décorer des surfaces. Les couleurs d'abord ont une qualité dans l'espace qu'il convient de déterminer. Les surfaces choisies doivent être éloquentes par elles-mêmes, nues. La tenture y ajoute, selon la fin poursuivie, le complément ou l'excitant indispensables : harmonies, jeux de fonds, ou de sujets anecdotiques, en somme un rythme sensible. L'artiste fait son enquête, juge et exécute. Il y a des tonalités dominantes, toujours difficiles à déterminer, car elles affectent diversement les sens et l'esprit et selon chaque personnalité. L'expérience de la mode en désigne quelques-unes, mais ce ne sont pas toujours les plus significatives, ni les plus riches. Elles nous disposent à certains états psychologiques inévitables bien connus des grands couturiers qui ont l'expérience de l'humeur et de la sensibilité féminines. Il n'en reste pas moins que le blanc et le noir, l'or et l'argent ont servi à beaucoup de recherches récentes. Les matières mêmes employées pour les revêtements intérieurs de l'architecture et dans le mobilier accusent le choix général. Pour servir de cadre et de fonds à ces formes élégantes et toujours plus simples et plus pures du macassar, du palissandre, de l'amboine, incrustés d'argent, d'étain, d'ivoire ou de nacre, il faut le chant souple et précieux d'une tenture. D'ailleurs, chaque lieu où nous vivons quotidiennement, où nous prétendons vouloir assurer une part différente de notre activité spirituelle ou de notre repos, exige une solution particulière. Vestibule, hall, cabinet de travail, studio, salon, salle à manger, chambre à coucher, nursery, salle de bains, posent tous les programmes possibles, aux données impérieuses, complexes et riches, selon la lumière, le cube des pièces,
leur destination plus ou moins précise, voire élargie, l'humeur d'âme et d'esprit de celui ou de ceux qui doivent y vivre, et qui doivent y vivre plus ou moins longtemps, selon leur goût, leur âge ou la saison. Beaucoup d'artistes, ai-je dit, se sont appliqués à résoudre récemment ces problèmes, soit qu'ils fussent eux-mêmes architectes ou créateurs de meubles, soit que — peintres ou graveurs — ils aient trouvé dans l'amour de la technique une raison de composer des modèles originaux de papiers ou d'étoffes. La partie la plus clairvoyante de l'industrie a découvert dans cette faveur de justes raisons de renouveler sa production et de préparer ses prochaines fortunes. De là cette abondance et cette variété étonnantes de création. Si le critique ou l'historien trouvent demain dans les recueils de Séguy, de Aug. H. Thomas, de Benedictus, par exemple, continuateurs authentiques des grands ornematistes des xvi^e et xviii^e siècles, des Pillement et des Peyrottes, pour ne citer que ceux-là, des indications précises sur l'évolution du goût contemporain, ils ne trouveront pas moins, dans le présent ouvrage, la vérification de leurs études, grâce à des témoignages vivants. Si l'on est parti, en effet, de papiers et de tissus mis dans le commerce, c'est qu'on a désiré qu'un tel recueil soit le reflet exact d'un art entré vraiment dans la vie pratique. Voyage de la cause à l'effet. Départ et arrivée à la fois. Tableau synoptique, en quelque sorte. Ces œuvres, qui nous ont semblé caractéristiques portent la signature des artistes les plus divers ou les plus opposés de tendances. Elles révèlent cependant des caractères généraux communs. Et ce serait le mérite d'un pareil choix qu'il permit de juger la qualité rare de l'effort réalisé par chacun, souvent considérable. Il nous plaît d'ailleurs que le génie particulier d'artistes aussi nombreux subisse l'influence d'arts nouveaux ou méconnus, qu'il projette l'esprit de l'époque, ses inquiétudes et ses certitudes, même un peu la mode du moment. Il convient seulement qu'il y ait quelque raison dans ses entraînements et surtout qu'il soit sincère et désintéressé. Il est certain qu'à l'heure présente, ayant retrouvé l'outil un instant égaré, s'étant pliés à une libre discipline et ayant remonté aux sources d'une tradition inépuisable en renouvellements, plusieurs artistes, réunis ici, empruntent à la nature ou aux aspects les plus actuels de la vie, les éléments d'un décor où l'avenir se plaira à découvrir, dans toute la saveur d'une expression personnelle, et comme épuré, le goût de notre temps. LÉON MOUSSINAC.
ÉTOFFES IMPRIMÉES ET PAPIERS PEINTS PL. 1 Papier peint : Les Fables de la Fontaine Édité par la Sté française des papiers peints André Mare (Cle des Arts français)

Cet ouvrage présente 50 planches d'étoffes imprimées et de papiers peints, sous la direction et avec une introduction de Léon Moussinac. Il explore l'évolution du décor mural moderne, des mosaïques aux papiers peints, en passant par la tapisserie et les toiles de Jouy. L'introduction analyse les influences artistiques, telles que l'orientalisme et le cubisme, ainsi que les tendances vers la sobriété et l'abstraction dans la création de motifs.