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HOTELS DE VOYAGEVRS au XXème siècle
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
HOTELS DE VOYAGEVRS au XXème siècle
HÔTELS DE VOYAGEVRS au XXème siècle Étudiés par Daniel DUBOST, Architecte (D. P. L. G.) DEUXIÈME SÉRIE Librairie centrale d'Art et d'Architecture Fondée en 1780 Albert Morancé, Éditeur à Paris, II, rue de l'Odéon (VI)
L'HÔTEL MAJESTIC à NICE (Alpes-Maritimes) Planches 1 à 10 HOTEL MAJESTIC a été édifié par les soins d'une société suisse et répond spécialement aux besoins de luxe et d'hygiène qui s'imposent de plus en plus à notre époque. Cet immense palace se dresse en plein midi, au-dessus de terrasses et de jardins, à l'entrée du boulevard de Cimiez, dans la Nice nouvelle. Aux pieds de l'hôtel, s'étendent toute la ville de Nice et la merveilleuse baie des Anges. Le Majestic développe 175 mètres de façade sur neuf étages de hauteur. Sa construction a été confiée à l'architecte Febyre, de Nice. On se rend compte d'après les différentes planches, de l'aspect extérieur de l'hôtel et des grandes lignes de son architecture. * Au sous-sol, sont situés les différents services, tels que chaufferie, usine électrique, installations pour la ventilation, magasins et caves. Dans un entresol, entre le sous-sol et le rez-de-chaussée, sont la salle à manger du personnel et des courriers, dépôts divers, services de l'économat, bureaux, etc. C'est à ce niveau que se trouve, au centre de la façade, l'entrée des voyageurs avec descente à couvert, grand vestibule d'arrivée, grand escalier et deux ascenseurs desservant les étages ; sur le côté gauche de l'hôtel, l'entrée de service pour tous les approvisionnements. Au rez-de-chaussée, sont la salle des fêtes, salons et salles à manger, décorés en style Louis XVI, meublés par la maison Kriéger de Paris, comme le sont également tous les appartements et chambres. * HOTELS DE VOYAGEURS. — II. ---
Par derrière, éclairés sur cours de service, sont les cuisines, offices et dépendances. Toute la partie de droite du bâtiment est occupée par des chambres et appartements, donnant sur les jardins particuliers de l'hôtel. Dans les six étages au-dessus, sont tous les appartements et chambres. MM. Emery ont été chargés de l'installation intérieure du Majestic, et ont porté toute leur attention sur l'installation sanitaire. Toutes les chambres, très spacieuses et très hautes (de 4 mètres à 3 m. ro), donnent sur la façade du midi et possèdent chacune leur balcon et imposte mobile. Elles sont précédées d'un vestibule d'entrée donnant d'une part sur la chambre et d'autre part sur le cabinet de toilette avec son lavabo d'eau courante, chaude et froide. Chaque chambre est pourvue d'une boîte aux lettres, d'un téléphone en communication avec tous les services et avec toutes les autres chambres, de sonneries pour les employés, et d'autres sonneries directes avec les domestiques particuliers. Deux cents de ces chambres ont en plus chacune leur salle de bains et leur w.-c. entièrement séparés l'un de l'autre, avec fenêtre et prise d'air directe, soit sur la façade, soit sur des courettes formant appel d'air. Ces salles de bains et w.-c. sont pourvues de conduits spéciaux de ventilation, assurant le renouvellement constant d'air. Les salles de bains sont revêtues de faïences et pourvues de tous les appareils nécessaires à l'hygiène, fournis par la maison américaine G.-L. Mott, douches, baignoires et lavabos en porcelaine, filtres, fournissant de l'eau filtrée pour les besoins de la toilette. Les canalisations de drainage ont été installées par la maison sanitaire Bouillet, de Monte-Carlo, suivant les règlements en vigueur à Londres et à New-York ; c'est-à-dire que les chutes et canalisations des w.-c. sont indépendantes de celles des cabinets de toilette. Tous les syphons sont ventilés par des branchements et des colonnes montant jusqu'aux toitures. Des appartements spéciaux ont été aménagés pour les familles nombreuses ; ces appartements sont commandés par une seule porte s'ouvrant sur un grand vestibule d'entrée, sur lequel donnent toutes les chambres, et se composent de salon, salle à manger, fumoir, chambres à coucher, cabinets de toilette, salle de bains et w.-c., et chambres de domestiques. Tous les planchers, sauf ceux des salles publiques de grande portée et en ciment armé, sont en fer avec double épaisseur de hourdis laissant un matelas d'air au milieu, et empêchant ainsi tout bruit de parvenir d'un étage à l'autre. Dans ce même but, toutes les chambres sont séparées par des cloisons doubles et des portes capitonnées. Le chauffage est à eau chaude et de nombreux radiateurs répandent partout la chaleur nécessaire. Grâce à un procédé entièrement nouveau, la ventilation automatique de tout l'hôtel est assurée : de grands ventilateurs électriques aspirent puissamment l'air extérieur qui, débarrassé de toutes matières impures en passant sur des filtres en lin, traverse ensuite les bouilleurs d'eau chaude où on lui donne la température exacte des salles auxquelles il est destiné ; enfin, au moyen d'autres ventilateurs, il est chassé dans lesdites salles par des ouvertures pratiquées dans les plinthes, où il remplace l'air vicié qui est aspiré par en haut. Trois fois par heure, le volume d'air de la maison est de cette façon entièrement renouvelé, et ceci, sans aucun courant d'air désagréable, puisque l'air vicié est remplacé par l'air pur à la même température, et sans qu'il soit nécessaire d'ouvrir aucune fenêtre. L'hôtel produit lui-même son électricité. Ses dynamos suffisent à ses 5.000 lampes et à la force motrice nécessaire aux ascenseurs, monte-charges, monte-plats, vacuum-cleaner, etc. Les appartements, même occupés, sont toujours nettoyés par le vacuum-cleaner. La construction de l'hôtel Majestic a duré vingt mois, terrassements compris ; l'ouverture a eu lieu le 12 février 1908. La surface bâtie couvre environ 6.500 mètres carrés et le prix de revient de la construction a été d'environ six millions. N.D., Phot.
EXCELSIOR-HOTEL ERNST à COLOGNE (Allemagne) Planches 11 à 16 Cologne est la métropole du Rhin et le point de départ de tout voyage en Allemagne; la construction d'un Hôtel-Palace s'imposait, afin de pouvoir recevoir les nombreux voyageurs de tous les pays qui s'arrêtent continuellement à Cologne. « L'Excelsior-Hôtel Ernst » a été commencé le 20 juin 1909 et terminé le 21 septembre 1910. La fondation de l'hôtel remonte en 1248, mais il a été entièrement renouvelé en 1909. Les plans de l'hôtel sont de l'architecte Otto Rehnig, de Berlin, le même qui construisit l'hôtel Esplanade, à Berlin, reproduit dans la première série des Hôtels de Voyageurs au XXe Siècle. L'hôtel couvre une superficie de 2.500 mètres. L'entrée principale se fait par la Trankgasse, l'entrée des voyageurs par la Bahnhofstrasse, en face de la gare. D'un troisième côté l'hôtel donne sur la Marzellenstrasse ; cette partie du rez-de-chaussée est réservée à des boutiques, sauf un passage pour l'entrée des approvisionnements. Le style des façades, qui sont entièrement en pierre, est « Empire modernisé ». Vu la proximité du Dôme, les façades ont dû être tout d'abord approuvées par une commission d'art, afin d'être en harmonie avec les monuments avoisinants. Le hall d'entrée par la Trankgasse est de proportion imposante avec ses huit colonnes de granit, les socles en marbre de couleur claire et ses panneaux de bois sculptés. De jolis appareils d'éclairage, des sièges et des fauteuils confortables donnent à ce hall un aspect harmonieux et élégant. A droite du hall sont les bureaux et la poste, à gauche une boutique de journaux et de livres, communiquant directement avec le hall ; au fond, on descend quelques marches pour aller au jardin d'hiver, le lieu de rencontre de tous les élégants à l'heure du thé. Le sol, les pilastres et les soubassements sont en marbre blanc sur lequel se détachent les palmiers et les orchidées qui décorent ce jardin. A droite du jardin d'hiver, le salon de dames, décoré en style Louis XV, et à gauche le salon de lecture et de correspondance. Au fond, trois portes à deux battants conduisent dans le restaurant, de style Louis XIV, puis la salle à manger et la salle des fêtes décorée en marbre et bronze ; à côté, les salles de conférences et de réceptions, pour réunions privées ; ces différentes salles s'éclairent toutes sur une cour-jardin intérieure de 300 mètres superficiels. En été on dispose fort agréablement dans ce jardin des fauteuils, chaises et tables, où les voyageurs peuvent venir se reposer ou prendre leurs repas, loin du bruit, de la chaleur, ou de la poussière ; des fontaines avec vasques y donnent une agréable fraîcheur. Les cuisines sont situées au rez-de-chaussée, avec entrée de service par la Marzellenstrasse, comme nous l'avons dit tout à l'heure. Elles sont reliées aux salles à manger par un vestibule spacieux ; le tout est particulièrement ventilé, afin d'éviter que toute mauvaise odeur ne parvienne aux pièces de réception. Attenant à la cuisine, sont la pâtisserie, la cuisine du café, la poissonnerie, la chambre aux légumes et la plonge. Dans de vastes armoires sont renfermés les cristaux, les porcelaines et l'argenterie. Partout règnent l'ordre et la propreté. Un long corridor traversant tout l'hôtel passe directement de la Bahnhofstrasse dans le hall du devant, afin que les voyageurs qui le désirent puissent aller d'un côté à l'autre, sans traverser les pièces d'apparat. Deux escaliers pour le public, un ascenseur, un escalier de service et un monte-charge desservent les quatre étages de chambres. Des motifs en cuivre du plus heureux effet décorent l'escalier monumental qui part du hall. Il y a dans les quatre étages deux cents chambres et 60 salles de bains. Des salles de bains à chaque étage sont réservées aux voyageurs qui n'en ont pas en communication directe avec leur chambre. Toutes ces salles de bains s'éclairent directement sur rue, sur les cours intérieures ou sur des courrettes. Elles sont naturellement toutes d'une installation très soignée. Les chambres à coucher sont confortablement meublées et disposées de telle façon qu'à chaque étage on peut en réunir plusieurs afin de former appartement particulier. Les chambres qui n'ont pas de salles de bains sont pourvues d'une toilette avec eau chaude et froide. Partout des doubles portes et des doubles fenêtres pour éviter les bruits d'une chambre à l'autre ou avec l'extérieur. Les chambres donnant sur la cour-jardin intérieure possèdent des balcons agréablement aménagés, et sont spécialement appréciées des voyageurs pour leur tranquillité et leur fraîcheur. Partout les sonnettes sont remplacées par des signaux lumineux afin d'éviter le bruit. Dans chaque chambre est installé un téléphone. Le nettoyage de l'hôtel se fait au « vacuum cleaner ». Dans tout l'hôtel fonctionne un double chauffage à eau chaude et à air chaud. Un système de ventilation spécial aspire l'air vicié pour ramener l'air frais sans occasionner aucun courant d'air. L'hôtel est aussi bien garanti que possible contre l'incendie ; tous les planchers sont en fer, et les bois sont tous ignifugés. Toutefois, pour la tranquillité des voyageurs, de nombreux postes d'incendie sont installés dans les corridors. L'Excelsior-Hôtel a été construit par MM. Boswau et Knauer. Le mobilier et la décoration intérieure ont été exécutés par la maison H. Pallenberg, de Cologne.
WINTER-PALACE à MENTON (Alpes-Maritimes) Planches 17 à 21 E WINTER-PALACE, récemment construit sous la direction de M. A. Tournaire, l'architecte bien connu, jouit d'une situation remarquablement exceptionnelle. Il est édifié sur le versant d'une colline formant une sorte d'éperon s'avancant vers la mer entre deux vallées : l'une, celle du Carrei avec Menton et ses coquets jardins, l'autre, celle du Borriigo, plus fruste mais non moins pittoresque. De tous les points du Winter-Palace la vue s'étend aux horizons merveilleux qu'offrent d'une part, la baie de Garavan et le clair panorama des côtes d'Italie avec Vintimille, Bordighera, San-Remo, d'autre part, le promontoire du Cap Martin qui, avec moins d'envergure, est un spectacle d'un charme captivant et reposant. Devant l'hôtel se développe, en terrasses successives, un curieux jardin dessiné à flanc de coteau, ombragé de mille variétés de palmiers, de pins, de cactus, de rosiers s'enroulant dans les oliviers, de massifs de fleurs les plus variées ; derrière, agreste et presque abrupte, s'élève la Colline de l'Annunziata, abri naturel contre l'aquilin des Alpes. En arrière et plus loin, des montagnes se dressent et ferment cet écrin où se trouvent enchâssés Menton et ses jardins. Cette situation exceptionnelle garantit pour le Winter-Palace, tout particulièrement au sein même de Menton, au climat tant vanté, une régularité de température qui se traduit par une étonnante et luxuriante végétation. L'aspect de l'immeuble lui-même est fort gai avec ses larges baies, ses bows-windows, les clochetons qui forment silhouette, et les portiques qui, au niveau du jardin et de la terrasse d'arrivée, forment de délicieux abris en plein midi. M. Tournaire a étudié la disposition intérieure de manière à répondre le mieux possible aux besoins des divers services, tout en ménageant cet aspect large, facile et confortable qui constitue une des plus grandes satisfactions du voyageur quittant son home pour séjourner à l'hôtel. Le vestibule d'entrée n'est qu'une partie d'un immense hall à vousures élégantes portées par des colonnes, avec grandes baies ouvrant sur la terrasse d'arrivée, en plein midi. Dans le prolongement de ce hall, dans une partie surélevée, toujours en plein midi, se trouvent d'une part le salon de lecture ou salle des journaux, de l'autre le salon de musique avec boudoir réservé pour les dames. Chacun de ces salons a une décoration particulièrement appropriée à son usage. Au fond de cet ensemble un vaste hémicycle, également surélevé, double la surface du hall, en formant comme une partie plus intime. La grande circulation centrale qui dessert d'un côté l'escalier d'honneur et une aile du bâtiment, conduit de l'autre à une vaste salle à manger, dont les deux parois Est et Sud sont formées de vastes baies ouvertes sur la mer et sur la campagne, d'où l'on jouit d'un panorama splendide. La décoration de cette salle à manger, avec son plafond à coupoles, a emprunté ses plus jolis motifs à la flore du pays : lauriers roses, citronniers et orangers, roses et passiflores, le tout du plus heureux effet. Les différentes salles ont été décorées par MM. Rudnicki, de Paris, et Apy, de Marseille. Cette salle à manger prend tout un étage d'un bâtiment formant retour d'équerre sur le bâtiment principal, et l'architecte a disposé dans l'angle ainsi formé du côté nord, dans des bâtiments n'ayant qu'un rez-de-chaussée, tous les divers services nécessaires au fonctionnement d'un grand hôtel qui produit tout sur place. Une cour postérieure permet d'arriver à chacun de ces services : chaudières, force motrice, glacière, magasins, cuisines, fabrique d'électricité, blanchisserie, etc. Ceux de ces services qui ont besoin de communiquer directement avec les bâtiments d'habitation, peuvent le faire au point précis où cette communication est nécessaire ; la disposition adoptée a donné les meilleurs résultats. Les différences de niveau du sol ont permis à l'architecte de trouver au-dessous de la salle à manger, dans un étage de plain-pied avec le jardin, une confortable salle de billard à laquelle conduit un escalier spécial intérieur. Le reste de ce même étage a reçu tout le service de la lingerie, les logements du personnel avec lavabos, bains, douches, etc. Dans les étages supérieurs qu'une vaste galerie dessert de bout en bout des bâtiments, les chambres sont fort spacieuses, éclairées par de vastes baies ; elles sont accompagnées de cabinets de toilette, de salles de bains, souvent même d'une antichambre. Ces diverses dépendances sont éclairées par des courrettes intérieures qui donnent en même temps du jour à la grande galerie longitudinale. Les chambres avec les salons intercalés au milieu d'elles, sont souvent disposées pour former au besoin des appartements particuliers, groupés avec tous leurs services. Ces diverses dispositions dans les étages ont donné la plus grande satisfaction. L'ensemble des bâtiments est couvert par des terrasses d'où l'on jouit d'une vue admirable, si bien qu'on a installé sur la partie arrière de ces terrasses des chambres de voyageurs, qui sont très recherchées. Pour les besoins du service, l'outillage le plus moderne a été installé et il est continuellement perfectionné; par exemple: le chauffage central avec ventilation mécanique, l'eau chaude sur toilettes et salles de bains, les monte-plats électriques, et ascenseurs, ces derniers installés par la maison Stiegler. L'installation sanitaire est irréprochable et souvent citée comme exemple dans la région. Elle a été faite par la maison Bouillet, de Monte-Carlo, ainsi que l'installation électrique. La menuiserie d'ameublement a été faite par MM. Dubourg, de Nice, et Bosio, de Marseille ; la ferronnerie par M. Wesbecher, de Paris. En ce qui concerne le gros œuvre, les divers entrepreneurs furent : pour la maçonnerie, M. Burson, de Nice ; pour la charpente en fer, M. Puchet, de Paris, et pour la menuiserie, M. Bosio, de Marseille. Grâce à sa situation, au souci et à la recherche du confort dans le détail comme dans l'aménagement, aux soins particuliers apportés au service et à la table par la Direction, cet hôtel s'est assuré, depuis son ouverture, la fidélité d'une clientèle d'élite.
HOTEL MARIE-CHRISTINE à SAINT-SÉBASTIEN (Espagne) PLANCHES 22 A 26 'HOTEL occupe une superficie d'un peu plus de quatre mille mètres carrés, dont deux mille mètres de construction, le reste étant occupé par les jardins et terrasses. Les plans sont dus à l'architecte Charles Mewès, spécialiste en cette sorte de construction; tous les travaux ont été dirigés par l'éminent architecte basque, M. François Urcola, auteur également du nouveau théâtre de Saint-Sébastien. L'hôtel se compose de cinq étages sur rez-de-chaussée et caves. Dans les caves sont tous les services de l'hôtel. Ces caves ont une hauteur de cinq mètres cinquante, et ce qui attire tout d'abord les regards est la superbe cuisine, d'une dizaine de mètres de longueur. Une hotte en verre absorbe toutes les odeurs généralement répandues dans les cuisines. L'installation de la cuisine a coûté 52.000 francs et a été faite par la maison Cubain, de Paris; elle comprend le grand fourneau de cuisine, grillade, four de pâtisserie, fourneau de cafétéria, chocolaterie, salamandre, etc., etc.; une grande table chaude sépare la cuisine de l'office; plus loin, la plonge pour le lavage de la vaisselle, puis la chambre frigorifique, de très grandes dimensions, avec divisions pour la viande, volaille, fruits. A côté de la cuisine se trouvent également le timbre pour l'argenterie, magasin, garde-manger, etc. Ensuite, de l'autre côté de la cuisine, nous rencontrons la cave aux vins fins de toutes les marques connues. L'installation des chaudières pour le chauffage et le service d'eau chaude a été faite par la maison Larrinaga y Zubiaurre, de Bilbao, d'après les plans de l'ingénieur anglais M. Dye; le système est à circulation d'eau dans un seul tuyau et se compose de deux installations indépendantes, une pour le rez-de-chaussée et l'autre pour les cinq étages supérieurs. La première de ces deux installations est alimentée par une chaudière système Beston n° 120 A et la seconde par deux chaudières du même système. Les radiateurs du rez-de-chaussée sont installés de façon à pouvoir être enlevés pendant l'été. Cette installation a coûté un peu plus de 77.000 pesetas. Dans les sous-sols existent encore de vastes salles à manger pour les courriers, de grandes chambres pour les serviteurs de l'hôtel, salles de bains, lingeries avec de grandes armoires tout au pourtour, salles de repassage, salles pour les moteurs électriques des ascenseurs, monte-charges, vastes charbonnières, etc.. Rez-de-chaussée. — La porte d'entrée principale de l'hôtel donne sur le jardin et est située en face du Palais Bellamar, résidence du Gouverneur civil. On pénètre dans l'hôtel par le hall où sont installés l'administration et le bureau du directeur de l'hôtel; à droite est le départ du grand escalier en marbre blanc avec sa rampe en fer forgé. Conire la cage de l'escalier se trouvent les deux ascenseurs dont un est plus rapide que l'autre. Leur installation a été faite par la maison Munai et Guitart, de Madrid. A la suite sont les vestiaires, toilettes et w.-c. pour dames et messieurs, installés avec tout le confort moderne. L'entrée des bagages est faite par une porte à côté de la porte principale. Les malles sont immédiatement déposées dans le monte-charge et montées à l'étage voulu. Du hall on pénètre dans la grande galerie qui contourne l'édifice et donne accès aux divers salons du rez-de-chaussée. En premier lieu la salle à manger de trente-deux mètres sur douze, le restaurant qui occupe la rotonde, ensuite la pâtisserie et à la suite un coquet salon de conversation pour dames; celui-ci est suivi du bar-fumoir pour messieurs avec un joli comptoir où sont servis liqueurs et rafraîchissements, puis un grand salon pour noces et banquets avec entrée indépendante et qui peut être complètement isolé du reste de l'hôtel, ne gênant ainsi en rien les voyageurs. Il y a en plus un appartement de grand luxe composé de: salon, salle à manger, trois chambres à coucher et un superbe cabinet de toilette. Tous les salons décrits ci-dessus sont décorés avec beaucoup de goût et ont accès à la terrasse extérieure qui donne sur la promenade et à la statue d'Oquendo. La décoration des salons a été exécutée par MM. Iniguez, Gargallo frères et Alonso et Galdona. Etages supérieurs. — Tous les étages supérieurs ont la même distribution. Ils se composent de cinquante chambres à coucher, chacune avec une salle de bains indépendante, et en plus, quatre salons composant un appartement séparé pour famille. Ces appartements se composent de salon, deux, trois ou plusieurs chambres à coucher, salles de bains, w.-c. et armoires. Les chambres sont numérotées de 101 à 150 pour le premier étage de 201 à 250 pour le deuxième, de 301 à 350 pour le troisième. Ce système de numération qui se correspond à chaque étage offre de très grandes facilités, en premier lieu pour le public et aussi pour l'administration. Le mobilier des chambres tout en étant simple est très élégant; les lits sont en métal doré, la moitié des chambres à deux lits et les autres à un lit. Toutes possèdent de grandes et belles armoires construites dans l'épaisseur des murs, à l'intérieur une commode distribution et à l'extérieur des glaces allant jusqu'au sol et permettant de se voir des trois côtés à la fois. Toutes ces chambres ont un balcon extérieur donnant soit sur la mer soit sur la rue Oquendo ou sur la Zurriola; il n'y a absolument que les salles de bains qui donnent sur les cours intérieures. En plus des w.-c. que possède chaque chambre, à chaque étage il en existe deux pour dames et deux pour messieurs. Un service de postes d'incendie avec sa lance montée et prête à fonctionner est installé à plusieurs endroits et à chaque étage. L'installation de salles de bains, lavabos, w.-c., etc., a été faite par la maison Urbina, de Bilbao, et a coûté près de deux cent mille pesetas. Au cinquième étage existent des habitations pour les voyageurs désirant payer moins cher qu'aux autres étages, ainsi que des chambres de domestiques, mais avec les mêmes commodités qu'aux étages inférieurs. Il y a dans l'hôtel cent kilomètres de tuyaux pour l'eau * Hôtels de Voyageurs. — II

Cet ouvrage, deuxième série, étudie les hôtels de voyageurs au XXe siècle. Il présente des plans et des descriptions détaillées, notamment l'Hôtel Majestic à Nice, édifié par une société suisse et conçu pour le luxe et l'hygiène. L'ouvrage aborde également le Paris-Lyon-Palace-Hôtel à Paris.