Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

Page 1

CE TEMPS CI CAHIERS D'ART CONTEMPORAIN 3 LE LUMINAIRE Janvier 1929 PARAISANT TOUS LES TROIS MOIS Prix : 6 fr. 50

Page 2

Tissus d'Ameublement & Tapis Vre J.DUCHESNE & P.BINET 27. rue des Jeûneurs PARIS TÉLÉPH. GUTENBERG 29-97 & 70-38 ADR. TÉLÉGRAPHIQUE DUCBIN-PARIS REGISTRE DU COMMERCE - SEINE N° 168 064 SUCCÈS : 3 9e Fs S'ANTOINE PARIS TEL. DIDEROT 05-46 --- CRETONNES PERCALES TOILES DE JOUY VELOURS & SOIERIES DAMAS • TAPESSERIES MOQUETTES • PASSAGES CARPETTES • ETC

Page 3

VENINI - LUSTRES - APPLIQUES - VASES - EN VERRE DE VENISE CHEZ 19, PLACE DE LA MADELEINE

Page 4

Les artistes et artisans de la Manufacture Nationale de SÈVRES suggèrent à votre goût les objets les plus charmants et les plus dignes d'orner votre demeure; leurs œuvres sont en vente à SÈVRES : à la Manufacture à PARIS : 240 Rue de Rivoli et 21 Rue Drouot. Cher jeune Fontaine Les œuvres présentées à-dessus sont éditées à Sèvres et signées J. Beaumont, L. Heuvelmans, A.M. Fontaine, J. Gauveret.

Page 5

CE TEMPS CI CAHIERS D'ART CONTEMPORAIN Paraissani tous les 3 mois - Directeur: J. VIÉNOT - Rédact. en Chef: M. de ROUX - Abonnements: France 24 Frs - Étranger 38 Frs --- Rédaction -- Administration 40, Rue du Colisée, PARIS Tél.: Élysées 50-32 et 65-81 Publicité: Société DORLAND 65, Av. Champs-Élysées, PARIS --- Sommaire Pages --- Lettres de MM. Poincaré, Barthou, Herriot --- Sous le signe de la lumière, par Georges Remon --- Les lampes décoratives --- Les lustres en perles --- Quelques dispositifs d'éclairage indirect, par Jean Bourgnon --- Glace et métal --- L'Euvre de Venini --- L'Eclairage monumental, par Jacopozzi --- Silis --- Meubles lumineux --- Lampes --- Appliques --- L'Ecole de Paris, par Florent Fels --- L'Automobile, par James de Coquet --- Les disques, par Georges Aurie --- (Tous droits de reproduction interdits pour tous pays) ---

Page 6

Depuis sa fondation, "Ce Temps-Ci" a reçu de ses lecteurs de nombreux encouragements. Parmi les lettres de félicitations qui nous sont parvenues, nous reproduisons celles de MM. Poincare, Barthou et Herriot. Dans notre courrier, nous n'avons trouvé qu'une lettre de désapprobation; notre impartialité nous fait un devoir de la publier. N.D.R. --- Présidence du Conseil Paris 6 Octobre 1928 Monsieur le Directeur, Vous avez bien voulu me faire parvenir le premier numéro de la Revue que vous avez fondée "Ce Temps-ci". Je vous ressente vivement de cette intéressante communication. Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l'assurance de ma considération distinguée. [Signature] Monsieur VIENOT, Conseiller du Commerce Extérieur Directeur de "Ce Temps-ci" 40, rue du Collège, PARIS. --- Cabinet des Ministres et Industries Scolaires et des Finances, Paris Paris 27 SEPTEMBRE 1928 Monsieur le Directeur, Laissez-moi vous remercier de l'aimable pensée que vous avez eu de m'adresser un exemplaire de la Revue "Ce temps-ci". J'ai feuilleté ce cahier d'art avec attention et intérêt. Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l'assurance de mes sentiments distingués. [Signature] Monsieur J. VIENOT, Directeur de la Revue "Ce temps-ci". --- Monsieur le Directeur du "Ce Temps-ci" 6009 29/11/28 Quelqu'un prende noté qu'il est inutile de rembourser votre revue, & je ne sommes pas pour vous prétendre j'ai vous reproduire des revues inconvenantes. J'ai une bonne famille et je tiens assurément à ce que les revues qui proviennent chez moi soient propres et décrites. Merci, Monsieur, mes sincères salutations. --- CABINET LAURDE DES SCALAS Paris 27 SEPTIEMBRE 1928 Monsieur, Je m'empresserai de vous accuser réception du premier numéro de votre revue "Ce Temps-ci". Je vous en exprime mes vifs remerciements. Veuillez agréer, Monsieur, l'assurance de mes sentiments les plus distingués. [Signature] Monsieur VIENOT Conseiller du Commerce Extérieur.

Page 7

SOUS LE SIGNE DE LA LUMIÈRE MEHR LICHT (GOETHE) Quel poète consentirait à écrire cette étincelante Ode à la lumière dont nous rêvons, ou seraient marqués en traits de feu les splendides réalisations et les plus inouïes aspirations des temps que nous vivons? Ou, à défaut de ce prince du verbe, quel philosophe n'aimerions-nous voir s'ingérer l'idée de mettre en scène — à la manière de Platon — tous ceux — physiciens, ingénieurs, architectes, décorateurs — à qui nous devons d'avoir discipliné les effusions tantôt intimes et tantôt effervescents de la fée Électricité, oui, quel philosophe ne serait tenté par l'idée exaltante de magnifier le quotidien miracle, dont nous sommes chaque jour un peu plus émerveillés! Il me semble que les uns ou les autres réprimeraient difficilement un légitime mouvement d'orgueil, à la pensée qu'ayant ravi aux dieux leurs secrets, et accomplissant le cycle prométhéen, l'homme a su créer une lumière dont il augmente à volonté la puissance et l'éclat, et qu'il peut à son gré, grâce à elle, faire de la nuit le jour, et nous induire — ce que les magiciens d'autrefois n'avaient pas imaginé — à vivre plus vite et plus intensément des journées plus longues.... dans une vie plus courte!

Page 8

Car vraiment et sous nos yeux, que de choses se sont transformées, et avec elles, nous aussi, et nos besoins et nos mœurs! Dans tout dialogue platonicien, une part revient au moraliste. Celui-ci épiloguerait tout à son aise sur une constatation qui s'impose à tous, à savoir que la lumière abat chaque jour de nouvelles cloisons, qu'elle pénètre partout, supprimant ces retraites d'ombre, de silence et d'intimité où nous nous complaisions naguère encore. Ce n'est pas seulement nos magasins, nos restaurants, nos palaces, nos établissements publics que nous voyons ouvrir les vannes au flot des éclairages torrentueux et communiquer par de larges baies avec la rue elle-même irradiante. C'est en effet dans nos demeures aussi que nous voulons être éclairés comme en plein jour! Et cette aptitude des hommes d'aujourd'hui à vivre pour ainsi dire à tout moment en pleine lumière, n'estimez-vous pas qu'elle implique un bouleversement prodigieux de nos psychologies? D'ailleurs, nous vivons sous des cieux où les jours longs sont les plus rares, où la vie active et en commun se déroule aux heures et dans les locaux où l'éclairage artificiel est de rigueur, où les tonalités que l'on recherche pour composer des harmonies, soit dans la décoration intérieure, soit dans la toilette, sont presque toujours prévues et combinées en fonction de l'éclat intense des lampes électriques.... Mais qu'on y réfléchisse un peu, même sous l'effet des plus puissants «sunlights», jamais la lumière produite n'est comparable à la lumière naturelle. Elle est d'une autre espèce et régée par des lois particulières comme tout ce qui touche à l'homme ou vient de lui. L'artifice ne va jamais sans l'art. Et il est curieux de voir comment et au prix de quelles difficultés nous arrivons à nous accommoder de forces à la fois tout à fait étonnantes et pourtant imparfaites. La source lumineuse — ampoule ou tube incandescent — offre ce précieux avantage d'une lumière obtenue sans flamme, partant sans danger d'incendie, mais l'éclairage à vif présente l'inconvénient, surtout pour des raisons spectrales, d'être affreusement nuisible à la vue. Tout le problème a donc consisté et consiste encore à chercher et à trouver des matières ou des dispositifs qui corrigent ces fâcheux effets. Un temps, les progrès ont été assez lents. C'est celui qui nous a donné ces ridicules appareils Éclairage au ras du sol par des boules lumineuses. imités des bronzes d'éclairage de style — lampes juives ou romaines, lustres à branches ou candélabres — ou encore, ces lampes enrobées d'abat-jour d'étroffes multicolores où s'ingéniait le génie féminin. Peu à peu, on a vu surgir des éléments décoratifs d'un goût plus affiné, — vases, boules, faïences converties en lampadaires — mais que nous classerons, sans les rejeter, tant il en est d'aimables et de motivés, dans le domaine du bibelot. C'est G. de Pawlowski, je crois, qui dans une de ses spirituelles chroniques dont on apprécie volontiers l'humour et la malice, sinon toujours

Page 9

la sûreté de l'information, feignait de s'étonner de la part donnée à l'éclairage artificiel par nos artistes décorateurs. A leur dernier salon, il comptait — et c'était l'exception — ceux qui avaient aménagé leurs ensembles et leurs stands en vue d'un éclairage naturel. Son bon sens se hérisssait à l'idée qu'on put vivre toute une existence dans une atmosphère d'hypogée ou plutôt de palais féerique, et il réclamait l'ouverture, dans les parois, de larges baies où s'irisât la belle clarté du jour. Accoutumé à de plus redoutables gymnastiques de la pensée, l'auteur du périlleux « Voyage au pays de la quatrième dimension » aurait pu tout de même faire cette observation : que le luminaire tenant une place de plus en plus considérable et considérée dans la demeure moderne, nécessitant des recherches de matière et de forme où la collaboration des industriels et des architectes-décorateurs se double à présent des savants essais des physiciens, il n'est que logique de mettre en vedette ces intéressants efforts. Nos maîtres verriers se sont assez tôt attaqués au problème. Sans doute, le meilleur procédé est-il toujours celui de l'éclairage indirect assuré par réflexion, par l'entremise d'un écran opaque : dalle ou corniche en staff. Mais on peut cependant imaginer des cas où le verre dépoli ou le verre pressé utilisés pour les frises, les sophites, les bornes lumineuses, seront accueillis sans hostilité. Toutefois n'oublions pas que le verre moulé, exécuté en série, ne sied pas aux installations de choix où préside un goût parfait, c'est-à-dire exclusif. Nous lui préférons certains verres émaillés diffusants au travers desquels l'œil n'aperçoit pas, comme il est courant, l'ampoule brillante entourée d'un halo gris terne, et c'est dans ce sens que doivent être poursuivies les recherches de matières lorsqu'il s'agit d'appareils visibles, plafonniers ou appliques. Tels sont les principes. Mais que de variétés dans les applications, je veux dire dans les formes et dans la destination des appareils. Voyez ce que devient un escalier éclairé par en bas au moyen de boules lumineuses. Voyez l'effet précieux obtenu au moyen de lustres en perles ou de lustres en verre bouillonné agrémenté d'un cercle d'email coloré. Voyez ces incessantes investigations reposant sur des données proprement architectoniques, pour jouer logiquement et d'une manière attrayante du principe de l'éclairage indirect, qu'il s'agisse de corniches ou de plafonniers ou de simples lampes articulées de bureau ou de piano. Voyez encore les meubles lumineux. Voyez même les luminaires décoratifs, guirlandes ou arabesques stylisées créant quand il le faut un agrément élégant et discret. Quel prestigieux langage et de bon goût parlent ces éléments de vie et de beauté que nous devons à nos modernes décorateurs qui semblent avoir repris à leur compte le mot du vieil Hugo sécrivant : « Et ma patrie, c'est la lumière ! ». GEORGES RÉMON.

Page 10

LAMPES Arlequin éclairant, en bois sculpté, par Mme Denise Louvet. --- Arbre en fer forge, lumineux. ---

Page 11

DECORATIVES