Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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"BYBLIS" MIROIR DES ARTS DU LIVRE ET DE L'ESTAMPE PRINTEMPS MCMXXIV --- ÉDITIONS ALBERT MORANCÉ

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"BYBLIS" MIROIR DES ARTS DU LIVRE ET DE L'ESTAMPE — Pierre Gusman, Directeur-Fondateur. — P.-J. Angoulvent, Secrétaire de la Rédaction. — Albert Morancé, Administrateur. — SOMMAIRE DU N° IX : PRINTEMPS 1924 — — J.-E. Labourer, graveur moderne, par Claude Roger-Marx, p...

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“BYBLIS”

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Pierre Gusman étant Directeur-Fondateur, P.-J. Angoulvent, Secrétaire de la Rédaction et Albert Morancé, Administrateur BYBLIS a été tiré à 100 exemplaires, vélin d'Arches, numérotés, et 600 exemplaires, vélin Lafuma, sur les presses de Frazier-Soye. TROISIÈME ANNÉE ÉDITIONS ALBERT MORANCÉ LA MAISON DES MAITRES GRAVEURS CONTEMPORAINS PARIS — 3o et 32, rue de Fleurus — PARIS

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J.-E. LABOUREUR GRAVEUR MODERNE P eut-être semblera-t-il excessif d'employer à propos de J.-E. Laboureur le mot tradition. Cependant ceux-là mêmes que déroutent au premier abord ces planches d'un parti si franchement moderne, séduits par leur beau métier, ont vite fait de reconnaître en elles un esprit classique. — Voyant un artiste aussi dédaigneux des recettes de l'École dérober l'antique burin aux graveurs d'interprétation et le manier au mépris des règles, plusieurs ont crié : Sacrilège! Laisse-t-on un enfant jouer avec un poignard ? Et pourtant rien ne serait plus faux que de faire de Laboureur un impulsif, livré aux fureurs de l'imagination ou de la mode, quand, au contraire, tout chez lui est commandé par la raison et la volonté.Trop longtemps asservie, l'intelligence, depuis quinze ans, a pris durement sa revanche. Laboureur aurait pu, comme tant d'autres, tomber dans les formules et l'abstraction. Son esprit d'observation l'a sauvé ; jamais il n'a perdu contact avec la réalité qui l'amuse et qu'il aime. Sans verser dans le cubisme, il a su discerner la part de vérité qui se cache dans une hérésie et les bienfaits réels que son art de graveur en allait tirer. — Ne regrettons pas que Laboureur — dont l'œuvre, catalogué dès 1909 par les soins de Lotz-Brissonneau, comptait déjà près de deux cents pièces — ait rompu avec l'enseignement de Lepère, son premier maître, et avec sa première manière. Renonçant aux succès dont il eût pu, déjà, se contenter, il voulut découvrir les lignes les plus vraies de son tempérament afin de marquer le cuivre et le bois d'un sceau personnel. — Évolution dont on admirera la logique. Dans ses séries successives de bois au canif, comme dans ses eaux-fortes, Laboureur, plus ou moins consciemment, s'achemine vers le burin. Les griffonnis des peintres, ---

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pour lesquels une estampe n’est qu’un dessin multiplié, cessent de le satisfaire ; il entend que chaque planche soit œuvre méditée, où rien n’est laissé au hasard, où l’esprit a tout arrêté avant que la main n’obéisse : interprétation du monde sensible, ou mieux, transposition qui résume et suggère avec un minimum d’indications. — Son plaisir, comme celui de Raoul Dufy, est de découvrir un répertoire de signes nouveaux. Pour lui, toute vérité est d’ordre graphique ou calligraphique. Nul souci du modelé traditionnel, du jeu normal des lumières et des ombres : c’est à une logique opposée que répondent chez lui la disposition des tailles, leur direction, leur écartement. Ses gravures restent choses planes n’ayant rien de commun avec une œuvre peinte et qui parlent à l’esprit, d’abord. Poèmes linéaires dont l’unité réside en une sorte de mesure, de cadence préétablie, d’équilibre savamment trouvé entre des éléments géométriques. A la rigueur, ou pour plus de rigueur, Laboureur pourrait n’utiliser que de l’équerre, de la règle et du compas. Etrange et charmant architecte qui, sur ses plans, couche avec un égal plaisir les formes vivantes et les formes inanimées, ignore le « niveau » et ne tient aucun compte des lois de la perspective (après tout ne sont-elles pas des conventions ?), immobilise l’être humain dans une attitude synthétique et fait danser les maisons ! — Le jeu risquerait de devenir artifice s’il ne se doublait d’un autre jeu qu’on pourrait nommer jeu de correspondances. En littérature, Giraudoux et Morand, qui descendent de Jules Renard, le pratiquent avec bonheur. Entre les mains de J.-E. Laboureur, l’ingénieuse mécanique à images des Histoires Naturelles fonctionne avec une fantaisie charmante. Le Café est tout cercles (petites tables, soucoupes, billes du billard, têtes des clients) et tout rectangles (grandes tables, banquettes, billard). Dans les Plaisirs du camp, qui rassemblent des soldats anglais autour d’un phonographe, tout est disque, les soldats mêmes avec leurs ronds de bras ou de jambes, et les platanes, et les petits nuages à l’horizon. La fille aux oies laisse pendre deux bras pareils aux cous des bêtes qu’elle garde, et les lignes du paysage sont aussi dodues que le troupeau blanc. Tout est courbe dans Bachelor’s Fare et bientôt ---

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SUR LA MARNE

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J.-E. LABOUREUR. — Sur la Tamise.