Extrait

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4e Année. — Numéro 12 15 Juin 1926 BEAUX-ARTS REVUE D'INFORMATION • ARTISTIQUE • --- L'EXPOSITION DU LIVRE ITALIEN La double exposition du Livre italien, à la Bibliothèque nationale et au Musée des Arts décoratifs, est une des plus instructives et des plus attrayantes qui aient été organisées au cours de ces dernières années. Officium Cassinense. Fin du xie siècle. (Bibliothèque Mazarine.) Rue de Richelieu, M. Roland-Marcel et ses collaborateurs nous ont montré une centaine de manuscrits et de livres italiens, la plupart bien connus des spécialistes. On y a joint un choix remarquable de médailles, une riche suite de cartes et de plans, quelques bronzes (dont une ravissante figurine, très proche de Sansovino, appartenant à M. Jean-Louis Vaudoyer), enfin une suite de dessins incomparables empruntés aux collections du Musée du Louvre. Les Parisiens ont pu revoir, pour quelques semaines, certaines des feuilles célèbres de Léonard, de Raphaël, de Michel-Ange et du Titien qui charmaient jadis notre jeunesse dans les salles des dessins au Louvre d'avant-guerre. Au Pavillon de Marsan, l'ensemble présenté au public par M. de Marinis et ses collaborateurs est à la fois plus vaste et plus varié. En un millier de numéros, choisis avec un jugement aiguisé et une compétence presque infaillible, voici toute l'histoire du livre italien, depuis les premières années du xie siècle jusqu'au début du xixe, depuis ce Virgile de Naples, postérieur de bien peu à l'an mille, jusqu'à l'Homère de Bodoni, imprimé à Parme en 1808. Jamais pareil ensemble n'avait été réuni et les plus grandes bibliothèques du monde n'auraient pu en présenter l'équivalent. Pour la première fois, la Bibliothèque nationale a prêté libéralement ses trésors. Pour la première fois aussi, les bibliothèques publiques de l'Italie ont consenti à se séparer pendant quelques semaines de leurs volumes les plus précieux. D'Angleterre, sir George Holford nous a expédié deux volumes d'un prix inestimable et, des Etats-Unis, la Pierpont Morgan Library nous a généreusement envoyé quatre manuscrits hors ligne et deux livres imprimés à peine moins précieux. Plusieurs amateurs italiens et français, quelques libraires de marque, ont comblé les rares lacunes de cet ensemble et M. de Marinis, lui-même grand bibliophile, a tiré de ses propres collections quelques volumes rarissimes, particulièrement piquants. Ce n'est pas dans le cadre restreint de cette note qu'il est possible de signaler même les plus importantes des œuvres exposées. Qu'il nous soit au moins permis d'attirer l'attention sur l'intérêt exceptionnel

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BEAUX-ARTS de certains envois pour l'histoire de l'art italien, peinture, miniature, dessin et gravure. Les œuvres signées ou attribuées avec certitude abondent. Des noms nouveaux d'artistes, des problèmes historiques à résoudre, confrontent à chaque instant le visiteur. Le catalogue, forcément trop sommaire et rédigé en quelques journées d'un travail plus acharné que méthodique, n'a pu le plus souvent que signaler les difficultés sans les aplanir. Notons au passage la miniature signée par Berardus de Teramo, celle portant le nom de Christoforus Contexa, artiste vénitien des premières années du xve siècle dont nous connaissions le testament, le précieux Suétone illustré en 1433 par Milanus Burrus, l'Antiphonaire de Lippo Vanni, publié par M. Berenson dans la Gazette des Beaux-Arts (1), le Nouveau Testament de Christophoro de Prédís, appartenant au Roi d'Italie, le Dante de la Bibliothèque nationale avec des dessins inédits de l'école de Botticelli, l'admirable frontispice du Plutarque de Jenson, enluminure incomparable d'un contemporain de Mantegna, presque identique au titre d'un Aristote de la Morgan Library et certainement de la même main. Ce sont encore les miniatures de Leonard de Besozzo, dans un manuscrit de Mme Crespi-Morbio, celles de Francesco dai Libri, dans le Pontifical de M. Pierpont Morgan, celles d'Attavante, dans le missel de Thomas James, partagé entre la Bibliothèque de Lyon et le Musée du Havre. (1) V. Gazette des Beaux-Arts, Mai 1924. Même richesse dans les incunables, où les livres uniques abondent, et dans les reliures, où nous notons quatre admirables volumes ornés de plaquettes en relief et trois livres au chiffre de Girolamo Fioravante, ornés d'un monogramme qu'on avait toujours considéré à tort comme celui de Thomas Maioli. De luxueuses publications, qu'on nous annonce de divers côtés, tireront de cette exposition les enseignements nécessaires. Dès maintenant, adressons aux prêteurs des œuvres exposées l'expression de toute notre reconnaissance. SEYMOUR DE RICCI NOUVELLES Nominations. — Par arrêté en date du 25 mai 1926, M. Hendlé, conseiller d'Etat, a été nommé membre du Conseil supérieur des Beaux-Arts, en remplacement de M. Saisset-Schneider, décédé. — Par décret en date du 20 mai 1926, rendu sur la proposition du ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts, M. Gabriel Millet, directeur d'études à la section des sciences religieuses de l'Ecole des Hautes Etudes, est nommé professeur titulaire de la chaire d'esthétique et d'histoire de l'art du Collège de France, en remplacement de M. André Michel, décédé.

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BEAUX-ARTS — Par décret en date du 11 juin 1926, M. Charles Boreux, conservateur adjoint du département des antiquités égyptiennes du Musée du Louvre, a été nommé conservateur de ce département, en remplacement de M. Georges Bénédite, décédé, et à compter du 1er juin 1926. Légion d'Honneur. — Parmi les nouveaux officiers et chevaliers promus et nommés à l'occasion de l'exposition des Arts décoratifs, nous relevons les noms suivants : Officier, M. Jean Dunand, sculpteur. Chevaliers, MM. Guy Arnoux, Léon Cauvy, Daragnès, Dufy, Dupas, Fournier, Gadan, Auguste Matisse, Prat, Ronsin, Valdo Barbey, Giraldon, Fontan, Malherbe, Broders, Laclotre, Jacques Nam, Lalire, Frey, Aubry et Spindler, artistes peintres; MM. Chaleysin, Costa, Dumaine, Mougin, Wlerick, Theunissen, Bigot, Hairon, Seguin, Mme Van Rozen, Mlle Heuvelmans, M. Garnier, Mme de Bayser, MM. Larivé et Silvestre, sculpteurs; MM. Goupy, Miault, Temporal, Coudyser, Hamm, Mme Pangon, MM. Matthieussent, Selmersheim, Préaubert et Laurent, artistes décorateurs ; MM. Pascal Forthuny, Aubry et Rambosson, hommes de lettres ; MM. Louis Hautecœur et Marcel Aubert, conservateurs-adjointes des Musées nationaux ; Alfassa, conservateur adjoint du Musée des Arts décoratifs ; Deshairs, conservateur de la bibliothèque de l'Union centrale des Arts décoratifs ; Mme Lapauze, directrice de la Renaissance artistique ; MM. Deneufgermain, directeur de l'Ecole des Arts appliqués de Bourges, Ferley, dessinateur graveur, Baschet, secrétaire général de L'Illustration, Decorchemont, céramiste ; Dorbon, libraire-éditeur ; Georges Auriol, dessinateur ; Jarach, éditeur d'art ; Manuel, photographe d'Art; Renard, fondeur en bronze ; Rousseau, inspecteur de l'enseignement professionnel et du dessin au Maroc ; Gavelle, directeur de l'école des Beaux-Arts de Lille. Réception d'Albert Besnard à l'Académie française. — Le 10 juin, en une séance très brillante, le maître Albert Besnard a été reçu à l'Académie française où il succède à Pierre Loti. Deux jours auparavant, en une réunion qui eut lieu en l'hôtel de la fondation de Rothschild, une épée d'honneur, œuvre d'Antoine Bourdelle, lui avait été offerte par ses nombreux admirateurs qui entendirent les discours de MM. Georges Lecomte, du peintre Aman-Jean et du sculpteur Bourdelle et les remerciements émus du maître. Inaugurations de monuments. — Le 6 juin a eu lieu à Villers-les-Andelys, l'inauguration d'un monument élevé à Nicolas Poussin natif de cette localité. Des représentants de l'Académie des Beaux-Arts, de l'Académie romaine de Saint-Luc et des sociétés artistiques de Normandie assistaient à cette solennité. — On vient d'élever, à Givet, un monument au compositeur Méhul qui naquit dans cette ville en 1763. L'œuvre est due au ciseau du sculpteur ardennais Croisy, récemment décédé. Les Amis du Louvre. — Le 28 mai, les Amis du Louvre ont été autorisés à visiter la Mosquée de Paris où est installé l'Institut d'art musulman. Accueillis par le président de l'Institut et par les architectes de la mosquée, MM. Heubez, Mantout et Fournez, ils ont pu admirer ce très intéressant spécimen de l'art musulman contemporain dont la décoration a été exécutée par des ouvriers marocains. — Le 24 juin, sous la conduite de M. H. Soulange-Bodin, les Amis du Louvre visiteront le parc de Sceaux, récemment acquis par le Département de la Seine. On sait que le château de Sceaux, édifié par Colbert et rendu célèbre plus tard par les fêtes magnifiques qu'y donna la duchesse du Maine, a été démoli sous le Directoire. Des bâtiments anciens il ne subsiste que le Pavillon de l'Aurore et l'Orangerie, mais le parc, que traça Le Nôtre, encore que très délabré, a conservé ses arbres et ses eaux. A la Bibliothèque de Rouen. — Continuant la série de ses expositions destinées à révéler au grand public ses richesses, la bibliothèque municipale de Rouen montrera, pendant le mois de juin, une suite de 300 estampes empruntées aux œuvres de Callot, Abraham Bosse, Audran, Nanteuil, Edelinck, etc... destinée à retracer l'histoire de la gravure au cours du xviie siècle. Un catalogue illustré a été rédigé à l'occasion de cette intéressante manifestation. A la Bibliothèque de Grenoble. — En même temps s'ouvrait à Grenoble une exposition organisée par M. Louis Royer, bibliothécaire de la ville, avec le concours de plusieurs amateurs de la région. C'est une exposition destinée à mettre en valeur les ressources d'un de nos plus beaux dépôts provinciaux en matière de livres illustrés du xviiie siècle, de reliures et même de dessins originaux d'illustrateurs. Les Amis du Vieux Reims. — Récemment, la société des Amis du Vieux-Reims s'est réunie à Hermonville. Sous la conduite de M. A. Prost, architecte des Monuments historiques, les membres de la société ont visité l'intéressante église qui, dans son ensemble, date du xiie siècle. On sait que le porche d'Hermonville, conçu comme une sorte de petit cloître, a été à plusieurs reprises imité par des maîtres d'œuvre de la région et représente admirablement une des caractéristiques de l'architecture champenoise. L'Art français à Amsterdam. — Sur l'initiative de notre ministre à La Haye, M. de Marcilly, et grâce au concours du ministère des Affaires étrangères, la France va pouvoir rendre à la Hollande la politesse qu'elle en reçut en 1921 lorsque les musées néerlandais organisèrent au Jeu de Paume des Tuileries la magnifique manifestation dont le souvenir est encore présent à tous les esprits. Le 3 juillet, en effet, s'ouvrira au Ryks Museum d'Amsterdam une exposition de cent tableaux et de cent dessins qui retraceront l'évolution de l'art français pendant trois siècles, de Lenain à nos jours. Le concours empressé des amateurs est venu compléter la large contribution apportée par nos grandes collections publiques : le Louvre, le Luxembourg, le musée Rodin et le Garde-Meuble national. Des œuvres capitales empruntées surtout au xviiie siècle et à la fin du xixe siècle seront ainsi mises sous les yeux du public néerlandais jusqu'à la fin de septembre. NÉCROLOGIE Le 2 juin est mort subitement LOUIS MAETERLINCK, conservateur honoraire du Musée des Beaux-Arts de Gand. Né en cette ville, le 22 août 1816, il laisse, comme historien de l'art, une œuvre importante qui porte notamment sur le problème des origines de la peinture flamande et de ses rapports avec l'école française.

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BEAUX-ARTS ACADEMIES SOCIETES SAVANTES Académie des Inscriptions et Belles-Lettres Séance du 4 juin M. René Dussaud fait un compte rendu du congrès archéologique international d'avril, où il avait été délégué avec MM. Bénédite, décédé, et Michon ; les congressistes ont parcouru la Syrie, la Palestine et la Transjordanie. M. Finot, directeur de l'école française d'Extrême-Orient, signale les résultats obtenus par cet institut au cours des cinq dernières années : fondation des musées du Laos, de Hué, d'Hanoï et de Saigon, restauration d'Angkor, exhumation au Tonkin de tombes et d'un temple khmer du quatorzième siècle. M. Cagnat fait connaître le rapport de MM. Philippe Fabia et Germain de Montauzan, professeur à la faculté des lettres de Lyon, sur les fouilles de Fourvières (forum vetus). Sur l'emplacement de l'ancien forum, on a découvert des revêtements de colonnes, et, à l'extrémité Nord, à 1 mètre 50 au-dessous du sol, on a trouvé un pavé de mosaïque à fond blanc parsemé de points noirs. Séance du 11 juin M. Théodore Reinach commente et restitue une inscription latine de Lyon dont la copie avait été soumise à l'Académie par M. Fabia. Elle nous apprend que l'église Saint-Michel d'Ainay a été bâtie vers 1029 par le prêtre Gotbrann. M. Goloubew signale les fouilles exécutées en Indochine par l'école française d'Extrême-Orient, sous la direction de M. Finot. M. Goloubew décrit notamment un temple khmer du xive siècle et des tombes chinoises situées au Tonkin. Il fait passer sous les yeux des assistants des photographies de vases sacrés et d'armes trouvés dans les tombeaux. MM. Sénart et Pelliot félicitent M. Goloubew et rendent hommage à l'école à la tête de laquelle M. Aurousseau vient d'être désigné par l'Académie pour remplacer M. Finot. Académie des Beaux-Arts Séance du 5 juin L'Académie a procédé à l'élection d'un membre titulaire en remplacement du statuaire Allar. M. Landowski a été élu au troisième tour par 21 voix sur 37 votants contre 12 à M. Ernest Dubois. Séance du 12 juin M. Henri Duhem, correspondant, offre à la compagnie l'ouvrage de M. Maurice Maucclair sur Marie et Rémy Duhem, peintres, sa femme et son fils. Ce livre est illustré de quelques reproductions d'œuvres de ces deux artistes. M. Adolphe Boschot a lu une notice sur la vie et les travaux de son prédécesseur, M. André Michel. ARTS APPLIQUÉS LA MODE EN 1926 La Mode de cette saison témoigne d'imagination quant aux détails dont elle se pare. Mais elle garde, même sous les froncis et les volants, la ligne que vous connaissez. C'est autour de cette ligne que s'exerce l'invention des maîtres de la couture, lesquels s'inspirent et des arts du passé et des tendances les plus hardies de l'esthétique actuelle, servis en cela par l'esprit fort éclectique des fabricants de tissus, de broderies, de rubans. Ligne droite, jupe courte, petit chapeau, souliers façonnés, ainsi peut-on énoncer les quatre points cardinaux de la toilette de jour de la Parisienne. Mais, d'abord, où se place la taille?... Je suis bien en peine de répondre. Car, à cet égard, la nature ayant, comme vous savez, abdiqué ses droits en faveur de la lingère, de la corsetière, du couturier, l'on voit, selon les firmes, et parfois dans la même maison, les tailles baisser et monter avec la même fantaisie que le thermomètre en ce printemps baroque. Revenons à la toilette de jour. Il n'est guère de Parisienne, à présent, dont l'activité ne se manifeste avec quelque intensité : finies, les promenades en calèche à l'abri de l'ombrelle paresseuse ; la pro-

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BEAUX-ARTS menade au Bois se fait au volant... ou à pied le "footing" étant une loi pour qui veut conserver la ligne, cette ligne droite, seule permise. Impossible, oui, d'être l'oisive de jadis ; non seulement les sports nous appellent, mais les affaires aussi, de plus en plus : time is money et « money », c'est valeur anglaise, nous savons toutes ce que cela veut dire... Or, pour agir, il faut simplifier la mise. Voici donc le petit tailleur, avec une jupe de plus en plus courte, et le petit chapeau. Mais cette simplicité n'entraîne pas l'uniformité: les "tailleurs" empruntent au pastel ses tons les plus délicats, les chapeaux ont plus de caprice que jamais. Qu'elle soit médecin, avocat, femme de sport ou femme d'affaires, la Française n'en reste pas moins raffinée dans son élégance. Car si, le jour, elle adopte des vêtements pratiques qui lui donnent, les cheveux courts aidant, un aspect masculin, en revanche, le soir, elle revient à sa tradition de luxe. Alors, au lieu d'une gamme assourdie de mauves, de bleus, de gris, nous voyons des tissus d'un coloris très vif, parfois un peu "barbare"; tissus agrémentés d'or, d'argent, et de strass, et de perles. C'est un étincellement de paillettes et qui peut faire penser aux cascades lumineuses de l'Exposition des Arts Décoratifs, à moins qu'il ne rap- pelle à notre esprit quelque féerie de légende. Telles gaines, droites, étroites, où se moule le corps souple et nu, semblent venir des Mille et une Nuits. Mais aussi, il y a des robes du soir si légères et d'un rose si doux qu'elles paraissent immatérielles. Et tel est le goût de "l'harmonie", que certaines élégantes se plaisent à émouvoir leur chevelure d'un nuage de poudre accordé au ton de leur toilette. Faut-il enfin parler de certain "smoking" de lamé d'or ou d'argent? C'est peut-être joli, si la femme est jeune, c'est pratique, sans doute... mais combien peu féminin! A vouloir, le soir aussi ressembler à de jeunes garçons, les Parisiennes perdraient bientôt le sens de cette grâce qui est leur tradition inimitable. DARTEY. MONUMENTS HISTORIQUES Puy-de-Dôme. — Ce n'est assurément pas pour son aspect extérieur que le château de Villeneuve-Lembron vient d'être classé. C'est, en effet, une médiocre construction de la fin du xve siècle, fortement défigurée au cours des siècles. Mais, en

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revanche, l'intérieur conserve des menuiseries et des serrureries de la fin du moyen-âge dont il est extrêmement rare de trouver en place un tel ensemble. Nous donnons ici un exemple de ces curieuses serrures, qui montrent avec quelle habileté nos artisans travaillaient le fer. Ce qui donne aussi à ce château un intérêt incomparable, ce sont les peintures satiriques qui décorent la galerie du rez-de-chaussée et qui sont un des rares exemples des peintures murales civiles de l'époque. Exécutées pour le constructeur du château, Rigaud d'Oureille, maître d'hôtel de Louis XI, elles reflètent l'état d'esprit d'un homme qui a conservé peu d'illusions sur la reconnaissance des grands et à qui la vie conjugale n'avait sans doute pas donné de bien grandes satisfactions. Les sujets représentés que des inscriptions intitulent : le dict de l'astrologue le dict du vieux maître d'hôtel le dict de la Bigorne, le dict de la chiche face nous expliquent, sous une forme humoristique, les mésaventures qui peuvent atteindre les hommes à la Cour et dans leur ménage. Charente-Inférieure. — Le château de Dampierre-sur-Boutonne qui vient d'être classé parmi les Monuments historiques est une fort belle construction de la Renaissance que ses derniers historiens datent du milieu du xvie siècle. La partie la plus remarquable est assurément la galerie ouverte, à deux étages, et la grande salle qu'orne une majestueuse cheminée et dont le plafond a des poutres apparentes décorées de peintures de l'époque. La voûte surbaissée qui recouvre la galerie offre aussi un intérêt de premier ordre; les 93 caissons qui la forment sont, en effet, sculptés d'emblèmes et de légendes morales qui semblent se rapporter à la vie et aux malheurs de Jeanne de Vivonne, femme de Claude de Clermont, baron de Dampierre, qui périt dans une embuscade en 1545 après avoir été disgracié, et en même temps aux espérances de sa fille Claude-Catherine de Clermont, dame d'Annebault, qui fut dame d'honneur de la reine sous Henri III et que Brantôme avait en particulière estime. C'est ainsi qu'à côté de l'image d'un serpent, dont la tête est séparée du tronc et qui lutte contre l'adversité, accompagnée de la devise Dum spiro sperabo on peut voir un caducée entre deux cornes d'abondance avec les mots Virtuli fortuna comes. Jean Verrier.

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[57] 15 JUIN 1926 183 BULLETIN DES MUSÉES MUSÉE DU LOUVRE Peintures et Dessins Acquisitions faites à la vente Warneck La vente Warneck a enrichi le Louvre de trois œuvres qui présentent chacune un vif intérêt. D’abord le Musée devra à la libéralité de M. Arthur Sambon, héritier de M. Warneck, un tableau dans lequel, avec une minutie d’imagier, un maître primitif du début du xve siècle — Simon Marmion, suivant M. Friedländer — a représenté le miracle du Saint-Vou (Santo Volto), le Christ en croix de Lucques, qui s’anime pour récompenser un pieux trouvère d’une oraison musicale. Le département a pu acquérir, d’autre part, sur les crédits de la Caisse des Musées, un précieux panneau par le maître flamand-espagnol Juan de Flandes (fin du xve et début du xvie siècle), pan- *JUAN DE FLANDES. Le Christ et la Samaritaine. (Musée du Louvre.)* neau qui faisait jadis partie d’une série retraçant la vie du Christ et de la Vierge, peinte pour Isabelle la Catholique. Sauf quinze de ces œuvres revenues, grâce à Charles-Quint, dans les collections royales d’Espagne, toutes sont aujourd’hui perdues ou dispersées. L’attribution à Juan de Flandes est due à Crowe et Cavalcaselle. Cette peinture représente le sujet tant de fois traité de la Vierge et de la Samaritaine au bord du puits. Le coloris a conservé une délicate fraîcheur. La figure de la femme est particulièrement remar- BONINGTON. Sur l’Adriatique. quable par sa grâce et par la teinte délicieuse de la robe. Enfin le Louvre a acheté un Bonington particulièrement prenant : c’est un paysage exécuté pendant le séjour du peintre à Venise en 1826. L’Adriatique avec, au fond, Venise sous un ciel chargé de nuages, voici le thème de cette composition aux teintes délicates et vaporeuses. G. R. Acquisitions diverses Le département a acquis, d’autre part, dans le dernier mois, trois importants tableaux du xviiie siècle : un panneau de DUMÉNIL DE LA TOUR représentant l’Adoration des Bergers qui s’apparente curieusement à l’art de Lenain et deux magnifiques paysages classiques de GUASPRE POUSSIN. Il a également reçu un don de nouveaux tableaux de COROT : deux portraits d’abord, venant des enfants de Mme Lemarinier, parente de l’artiste et représentant l’un sa nièce et l’autre sa petite-nièce ; sept peintures enfin venant de M. Christian Robert, de Mantes, une Vue de Florence. Rosny au Printemps avec un ensemble décoratif composé de cinq panneaux représentant des vues d’Italie. Nous reviendrons prochainement sur quelques-unes de ces acquisitions, trop nombreuses pour être détaillées aujourd’hui.

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BEAUX-ARTS Département des Objets d'Art Le Legs Cosson (Suite) Le legs fait si généreusement au Louvre par M. Paul Cosson comprend notamment une quantité importante d'objets de la Chine et du Japon: la section de l'Extrême-Orient va s'augmenter ainsi de plus de cent vingt pièces. Toutes sont intéressantes, et plusieurs ont une valeur particulière. Sans vouloir les énumérer toutes, il convient du moins d'expliquer à quelles séries elles se rattachent. Parmi les œuvres chinoises, nous citerons une curieuse plaque en bronze, ornée de deux oiseaux affrontés; une coupe en bronze; un miroir en bronze de l'époque des T'ang, décoré de cavaliers; deux sculptures en pierre, dont un Bodhisatva de l'époque des T'ang; une peinture du temps des Ming. L'art japonais est plus abondamment représenté, ce qui ne saurait surprendre, car M. Cosson avait été l'un des premiers en date parmi les japonisants de Paris. La donation comprend une trentaine d'inros du xvie et du xvme siècle, deux écritorières, près de quarante gardes de sabres, quelques estampes et deux dessins. Par la variété de ses éléments, cette donation représentera dignement un amateur à la fois éclectique et modeste qui fut toujours pour le Musée un véritable ami. Acquisition récente Le département a acquis, d'autre part, sur les arrérages du fonds Raoul du Seigneur, un important et charmant objet d'orfèvrerie du moyen âge. Il s'agit d'un petit triptyque en argent décoré de personnages en émail translucide et formant un reliquaire portatif, que l'on peut attribuer au xve siècle et probablement à l'école rhénane. MUSÉE DE CLUNY En dehors d'une assiette en faïence de Marseille représentant le Triomphe de Mardochée détachée du legs de Mme Abram aux Arts Décoratifs et destinée à enrichir la section hébraïque de Cluny, ce musée a reçu un don de M. le Dr Contenau, un ivoire espagnol du xve siècle encadré d'une monture en filigrane d'argent. MUSÉE DE MAISONS LAFFITTE Exposition des “ Courses en France ” On a inauguré officiellement, le 19 juin, au château de Maisons, dans une partie des salles du rez-de-chaussée habituellement consacrées à la peinture du xvie siècle et aux souvenirs relatifs à l'histoire du château, une exposition temporaire des Courses en France organisée par le Syndicat d'initiative de Maisons, avec le concours de la municipalité et de la Société des Amis du château. Les amateurs de sport trouveront là, réunis en grand nombre, des documents curieux sur l'histoire des courses depuis leur origine parisienne, au Champ de Mars, à la fin du xviiie siècle, sur les différents champs de courses, les héros et les familiers du turf. Les souvenirs du champ de courses de Maisons sont en particulier évoqués par quelques jolies sépias figurant les abords du château qui fut celui du comte d'Artois, après avoir été celui des présidents de Longueil, et surtout par le délicieux tableau d'Eugène Lami, appartenant à M. Henry-Louis Rouart et représentant le champ de courses de Maisons, avec le château dans le fond et d'agréables personnages en costumes Louis-Philippe au premier plan. Mais les amateurs d'art y trouveront aussi leur compte, car le Louvre a prêté trois magnifiques études peintes de chevaux de course lancés au galop par Géricault avec six études à l'aquarelle ou à la sépia du même artiste représentant des chevaux à la promenade, au pansage ou à l'écurie. Tout un panneau est consacré encore à Degas et à Toulouse-Lautrec, interprètes puissants des chevaux et des jockeys, à côté de la lithographie de Manet, représentant l'Arrivée de la course, prêtée par le Cabinet des Estampes. Alfred de Dreux, dont l'art est de plus en plus apprécié, est représenté par plusieurs tableaux et études peintes ou dessinées, ainsi que John-Lewis Brown. D'autres toiles signées de noms moins connus ou même quelques toiles anonymes offrent d'ingénieux et pittoresques tableaux du monde des courses, à côté de celles des spécialistes du sport moderne: Princeteau, Jacques Brissaud et Maurice Taquoy et aussi de quelques peintures plus hardies aux tonalités vigoureuses et aux arabesques étranges de Van Dongen et de Raoul Dufy. Le château de François Mansart n'avait jamais abrité pareille réunion derrière ses nobles façades. Il est à souhaiter que la curiosité et le sport lui amènent de nouveaux et toujours plus nombreux admirateurs. AU MUSÉE DE ROUEN Acquisitions de sculptures du XVIIIe siècle Le Musée de Rouen est en ce moment assez décevant pour les amateurs de peinture ancienne. La moitié de ses salles, fermée pour des travaux importants au bâtiment construit il y a une quarantaine d'années par Sauvageot et déjà fatigué, ne laisse visibles que les salles modernes récemment remaniées par M. Guey, son conservateur. En attendant que celui-ci nous fasse la surprise d'un arrangement nouveau de ses peintures

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BULLETIN DES MUSÉES anciennes mentionnons quelques-unes de ses exhu- mations récentes en matière de sculpture, et surtout une acquisition importante. Les exhumations consis- tent en plâtres anciens de l'atelier de Caffieri de Pierre et de Thomas Corneille; mais aussi en un charmant buste de femme rouennaise du xviie siè- cle que nous reproduisons ci-dessous et qui repré- sente Mme du Bocage, première lauréate du prix de poésie de l'Académie de Rouen en 1746. Quel en est l'auteur? M. Guey estime avec quelque raison que ce pourrait être J.-B. Lemoyne, qui séjournait à Rouen vers cette date et venait d'y modeler le buste du chirurgien Le Cat retrouvé et publié Att. à J.-B. LEMOYNE. Buste de Mme du Bocage (Musée de Rouen) ici même récemment. La qualité très souple de la sculpture n'y contredit pas. Non content d'exploiter ainsi les ressources de ses greniers et de ses caves, M. Guey a poussé une pointe hors de chez lui et en a rapporté un très bel exemplaire en plâtre terre-cuité du Diderot de Heudon, authentiqué par le cachet bien connu de l'artiste; c'est non pas le type du Louvre, mais celui plus « héroïque » du buste de bronze de Langres. L'acquisition est importante dans un musée provincial et il convient d'en féliciter l'au- teur. AU MUSÉE DE BLOIS Exposition de tapisseries et de meubles Depuis l'achèvement de la restauration de Duban, c'est-à-dire depuis plus d'un demi-siècle, le châ- teau de Blois, propriété de la ville, était affecté pour une partie au Musée municipal (aile Louis XII), pour une partie à la Bibliothèque, à une salle de fêtes et d'expositions (aile Gaston d'Orléans) et pour la partie la plus considérable (aile François Ier et Salle des Etats) laissé à l'état d'appartements et de galeries théoriquement reconstituées, à grands renforts de dorures, de peintures criardes et de vitraux agressifs. Hors cela, aucun accessoire, aucun meuble pour peupler ce vide qu'essaient seuls d'animer les boniments pseudo-historiques des gardiens loquaces. La grandeur des souvenirs malgré tout, l'intérêt artistique des constructions, attirent chaque an- née une foule de visiteurs, légèrement déçus seule- ment par la médiocrité des intérieurs et depuis le régime des entrées payantes, la ville de Blois se fait avec son château un assez joli bénéfice. Une municipalité avisée a décidé récemment de consacrer une partie de ce bénéfice non seule- ment à collaborer avec les Monuments historiques à l'entretien du gros œuvre des bâtiments, mais à améliorer les aménagements intérieurs. La nomination fort opportune, d'autre part, du Dr Lesueur érudit historien du château, plein d'activité et de goût, comme conservateur du cha- teau et du Musée de Blois, assure à ces bonnes intentions une unité de direction et une efficacité certaine dont nous avons dès cette année la preuve. Les salles consacrées au Musée, où la peinture ancienne et moderne s'entassait un peu au petit bonheur, dans des locaux, d'ailleurs ingrats par leur lumière inégale et l'encombrement des fausses che- minées gothiques, ont été entièrement remaniées. Une des cheminées a été heureusement patinée et une ordonnance logique constituée depuis une salle dédiée à la Renaissance jusqu'à la galerie terminale où s'espace quelques tableaux de l'époque roman- tique. Nous reviendrons quelque jour sur cette mise en valeur heureuse qui nous laisse apprécier à leur mérite différents morceaux précieux et qui a per- mis d'envoyer au Musée moderne, installé aujourd'hui dans l'ancien évêché, nombre de pièces de la seconde moitié du xixe siècle. Insistons pour aujourd'hui sur l'utilisation toute nouvelle des salles de l'aile François Ier où sont passés quelques portraits de l'ancienne collection du Musée, mais qui doit surtout pour cette saison un éclat exceptionnel à la présence de seize pièces de tapisserie de la tenture d'Artémise déposées par le Garde-meuble national et d'un certain nom- bre de pièces de mobilier, de tableaux, de tapisserie, etc., prêtées par diverses personnes, surtout par de grands antiquaires parisiens.

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BEAUX-ARTS On sait l'intérêt de cette tenture d'Artémise, dont les cartons furent composés au xve siècle par Antoine Caron, sur l'initiative de Nicolas Houel, et qui ne fut exécutée, à de nombreux exemplaires, par des ateliers parisiens que sous Henri IV et sous Louis XIII. La Direction des Beaux-Arts en avait successivement organisé ces années dernières la présentation d'ensemble à Strasbourg et à Bordeaux. L'ouvrage de Houel était dédié à Catherine de Médicis et c'est l'histoire même de la reine-mère qu'il prétendait dépeindre : ses triomphes, les honneurs rendus par elle à la mémoire de son mari les soins qu'elle prit pour l'éducation de ses fils. Il poussait l'allusion jusqu'à nous montrer la reine convoquant les Etats généraux du royaume. L'allusion, comme le style de l'œuvre, ne sont guère déplacés dans le cadre où vécut la reine Catherine de Médicis. Malheureusement, les tapisseries exécutées au xviiie siècle dans les ateliers de François de la Planche avec leurs somptueuses bordures, cadrent mal comme dimensions avec les salles du château de Blois et la plupart n'ont pu être disposées que dans la grande salle des Etats. Trois seulement figurent dans les appartements, avec les pièces de moindre importance dues aux prêts temporaires que nous signalions plus haut. Trois pièces de l'appartement ont pu être ainsi remeublées et l'aspect s'en trouve modifié du tout au tout, grâce à quelques bahuts, tables, chaises et crédences un peu disparates, mais de bonne qualité. Certains petits tableaux, une Diane de l'école de Fontainebleau, plusieurs portraits, de l'école des Clouet et de Corneille de Lyon évoquent le goût classique commençant, ou les physionomies des personnages du temps. L'expérience est très heureuse et les visiteurs du château se plairont certainement à ces reconstitutions discrètes. Les historiens même qui le connaissent le mieux auront une impression de vie et de proportion qu'ils ignoraient jusqu'ici, dans les pièces déjà décorées de somptueuses cheminées. MUSEE PYRENEEN DE LOURDES On sait que le Touring-Club de France a loué à la Ville de Lourdes une partie de son ancien et pittoresque château pour y établir un musée régionaliste pyrénéen. Installé avec goût et déjà riche en souvenirs et documents locaux, ce musée a remporté tout de suite un légitime succès et bénéficie naturellement de l'abondance des pèlerins et touristes qui passent dans la localité. On y a compte, en 1925, 75.000 visiteurs, en augmentation de 18.000 sur l'année précédente. Les droits d'entrée ont plus que doublé depuis 1921, et le produit en a été consacré à l'entretien des bâtiments et à des achats artistiques. On a enregistré également de nombreux dons et un legs de 10.000 francs. Le conseil d'administration du Touring-Club se propose, pour augmenter les ressources qui seront affectées à la création d'autres musées régionaux, de porter le droit d'entrée à 2 francs comme dans les Musées nationaux et la plupart des châteaux historiques, l'entrée restant gratuite pour tout membre du Touring-Club porteur de sa carte. AU MUSÉE DE DIJON Projet d'exposition de la Vie révolutionnaire La Foire gastronomique qui attire à Dijon chaque année tant de visiteurs, avait naguère encombré le musée ou ses abords d'un appareil un peu inattendu. Un projet que nous annonce l'excellente Revue de Bourgogne dans son numéro du 15 mai, promet, au contraire, s'il se réalise, comme il est probable, dans quelques salles du Palais des Etats, de faire, en 1927, à ses richesses déjà si importantes un complément singulièrement intéressant. Le Comité départemental d'histoire de la Révolution se propose, en effet, d'organiser l'an prochain, à l'époque de la foire, une vaste exposition rétrospective de la Vie bourguignonne à l'époque révolutionnaire, qui promet d'être des plus attachantes par l'abondance et l'intérêt des pièces exposées et l'attrait des conférences qui les commenteront. Une section sera destinée à raconter la Vie monumentale de Dijon pendant le passage de l'ancien régime au nouveau, sous la direction de M. Gaston Roupnel, professeur à la Faculté des lettres; une autre à la Vie privée, au mobilier, au costume, aux insignes, bibelots, etc., sous la direction de M. Perrin du Puycousin, conservateur du Musée de Tournus; une troisième section qui ne sera pas la moindre, groupera les œuvres de peinture et de sculpture de l'époque par les soins de MM. Fernand Mercier et Henri Drouot, Mlle Imperial; se chargeant spécialement de l'enseignement artistique et de l'œuvre de François Devosge. La Vie militaire enfin sera présentée et commentée par M. le général Duplessis. Le Comité fait appel à toute personne qui possèderait des documents relatifs à ces différents aspects de l'histoire bourguignonne et voudrait bien les mettre à sa disposition en les priant de vouloir bien se mettre en rapport avec M. Fernand Mercier, conservateur adjoint du Musée de Dijon.

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BEAUX-ARTS CORRESPONDANCE DE L'ÉTRANGER HOLLANDE Les Magasins de la « Bijenkorf » à La Haye Le mot hollandais « Bijenkorf » qui signifie « Ruche » désigne une société, qui a ouvert en mars à La Haye des Grands Magasins analogues à ceux qu'elle possédait depuis une douzaine d'années à Amsterdam. Mais tandis qu'il s'agit à Amsterdam d'un immeuble d'un style banal, sans caractère, l'autre est le résultat d'un concours de projets et la création de l'architecte amsterdamois Piet Kramer, qui a créé un bâtiment d'aspect tout à fait moderne, original et monumental. Kramer, J. M. Van der Mey et feu M. de Klerk sont les chefs de la jeune école d'architecture moderne, dite d'Amsterdam, qui, sans nul doute, résulte d'une réaction contre la tendance rigoureusement rationaliste du grand Berlage, qui avait créé un style tout à fait à lui, sur les principes de l'emploi propre et juste des matériaux, l'abolition de toute ornementation, qui ne résulterait pas de l'architecture même et la sincérité absolue du bâtiment. De ces principes devait résulter, chez des architectes moins doués, un art dur, froid, intellectuel, programmatique, avec parfois des possibilités inouïes et d'une fantaisie tout à fait originale, comme dans les œuvres de Oud et Dudok. Les nouveau-venus cherchent, tout en appréciant le rôle libérateur et novateur de Berlage, un art plus romantique, personnel, imaginatif. Le fameux « Scheepvaartbuis » à Amsterdam, construit par eux fut la première grande manifestation de cette tendance nouvelle et aussi le premier bâtiment comportant une abondance de sculpture-architecturale. Mais le Bijenkorf de La Haye marque une évolution très personnelle et heureuse de Kramer. Il a une façade de 102 m. sur une rue récemment ouverte dans un quartier ancien de la ville et encore sans autres constructions, et de 36 m. sur une rue très animée. La hauteur, jusqu'au toit plat est de 24 m. C'est, chose curieuse, dans une ville de 400.000 habitants ! le plus grand peut-être et sûrement le plus haut édifice de La Haye ! Ce qui frappe d'abord, c'est la forme grande, simple et claire de la façade avec la courbe molle du coin des rues. Cette façade repose sur un rez de chaussée entièrement en bronze (dont le ton, trop clair jusqu'ici, ne donne pas encore l'effet voulu de gravité et de force pour la soutenir) avec de grandes vitres d'étalage, abrité par un large auvent, également en bronze et verre. Au-dessus vient d'abord une bande unie en briques, posées verticalement ; puis de hauts pans de mur, en briques horizontales, ininterrompus, mais curieusement ondulés, entre de grandes fenêtres verticales, de double largeur, composées, chacune, de six colonnes de petits carreaux en verre fondu, dans des garnitures en bronze et placés en encorbellement. Entre les fenêtres et le mur il y a comme de fortes incisions, créant des lignes d'ombre très profondes ; mais ces lignes d'ombre, sont, de haut en bas, deux fois franchies par des blocs de pierre très claire, sculptés curieusement par divers artistes et faisant fonction — pour l'œil — de charnières. Ces fenêtres sont coupées à l'intérieur par trois étages de galeries, sans les marquer extérieurement; on l'a reproché à l'architecte. Mais cela montre que M. Kramer n'appartient pas à l'école constructive et qu'il a voulu donner surtout un effet grandiose ; en cela il a réussi. PIET KRAMER. Les Magasins de la «Bijenkorf », La Haye ---