Extrait
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
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ART ET DÉCORATION
SEPTEMBRE 1926
L'EXPOSITION DES ARTS DECORATIFS
- SECTIONS ÉTRANGÈRES : LA POLOGNE — LA TCHÉCOSLOVAQUIE — L’U.R.S.S., PAR GASTON VARENNE.
- LA SECTION AUTRICHIENNE, PAR RENÉ CHAVANCE.
HORS-TEXTE :
- PEINTURE DÉCORATIVE, PAR S. STRYJENSKA.
- MAQUETTE DE DÉCOR, PAR F. FÉDOROVSKY.
- CHRONIQUE.
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EDITIONS ALBERT LEVY
LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS
2 RUE DE L'ÉCHELLE - PARIS
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CE NUMERO EXCEPTIONNEL
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ART ET DÉCORATION
et l'Art Décoratif
REVUE MENSUELLE D'ART MODERNE
Rédacteur en Chef : Léon Deshairs
29e année. — N° 285
Tous les droits sur les articles et les reproductions sont réservés pour tous pays.
Les articles parus dans Art et Décoration deviennent la propriété de la revue.
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L'année parue (de 1920 à 1923 inclus), brochée : 72 fr. Reliée, en 2 volumes : 96 fr. (Étranger, port en sus)
L'année 1924, brochée : 84 francs. Reliée, en 2 volumes : 108 francs (Étranger, port en sus)
Emboîtages (chaque emboîtement contient un semestre), 8 fr. (Port en sus : France, 2 fr. Étranger, 3 fr.)
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ÉDITIONS ALBERT LÉVY
LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS
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ART ET DECORATION
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ART ET DECORATION
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À l'Exposition des Arts décoratifs, à la classe 9, Louis Vuitton présente des sacs et pochettes qui sont de purs chefs-d'œuvre de maroquinerie tant par leurs formes mêmes, que par le fini de l'exécution et les combinaisons harmonieuses des peaux et tissus aux vives couleurs.
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Composition de J. Czajkowski et A. Jastrzebowski
Meubles exécutés par J. Svoczinski
L'EXPOSITION DES ARTS DÉCORATIFS
LA SECTION POLONAISE
L'effort fait par la Pologne pour nous faire connaître la variété de sa production artistique est des plus considérables. Il est d'autant plus remarquable qu'à peine libérée d'un long esclavage, la nation polonaise a eu, depuis la paix, à organiser entièrement sa nouvelle vie politique, administrative, militaire et économique. L'art ne fut cependant pas négligé. Il aida même au regroupement des trois tronçons du pays qui vécurent cent cinquante ans sous une domination étrangère et l'art populaire en particulier, demeuré toujours vivace, a permis à la Pologne de retrouver en lui, comme en un pur miroir, l'image fidèle de son génie et de sa tradition.
Il ne faut pas oublier ce point de départ quand on étudie la production artistique de la Pologne actuelle. L'animateur de la Section polonaise, M. Georges Warchalowski, l'a fort justement mis en lumière dans la préface qu'il a écrite pour le Catalogue de l'Exposition polonaise. Mais sa modestie lui a fait passer sous silence le rôle qu'il a joué lui-même dans la rénovation de l'art moderne, jailli du fond où se conservait intacte la conscience nationale. Fondateur, dès 1901,
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ART ET DECORATION
de la Société de l'art appliqué polonais à Cracovie, M. Warchalowski laissa entendre aux artistes et aux artisans qu'il ne s'agissait pour eux ni de copier, ni d'imiter les spécimens, même les plus parfaits, de l'art populaire, tels que ceux des montagnards des Karpathes. L'artiste, prenant modèle sur la loyauté et la simplicité de l'art paysan, ne devait se soucier que d'une chose, c'est de tirer son inspiration de lui-même et du génie de sa race, d'adapter chaque objet sorti de son cerveau et de ses mains aux exigences de la matière et à la destination de cet objet.
On vit bientôt se développer heureusement les conséquences de principes aussi sains et aussi rationnels. L'art du théâtre, l'art du livre, du vitrail, la peinture murale, la décoration des tissus, la céramique, la production du meuble en furent peu à peu renouvelés. L'architecture vint en dernier lieu et, comme dans bien d'autres pays, suivit un mouvement qu'elle aurait dû précéder. L'enseignement vit clairement, en même temps, dans quel sens il devait orienter l'éducation esthétique ou professionnelle des jeunes générations. Avant la résurrection de la nation, on assista donc aux débuts d'une renaissance artistique qui s'est continuée depuis lors avec une ampleur redoublée, dans une admirable unité de vues et d'inspiration.
Pour la bien comprendre il faut en étudier les manifestations premières à la classe de l'enseignement. La Pologne est un des pays qui a le mieux compris que l'art de demain devait être méthodiquement préparé, qu'il ne fallait pas le livrer au hasard. Et rien n'est plus instructif que les travaux de ses écoles d'art, que les principes et les méthodes qui y dominent. Je ne veux retenir ici qu'un seul exemple qui m'a frappé particulièrement. L'école nationale de l'industrie du bois de Zakopane déclare expressément que les professeurs ont pour tâche de ne pas initier leurs élèves aux styles anciens et modernes et de les soustraire à toute influence extérieure. Sans doute ils s'agitici d'élèves paysans dont on peut chercher à accroître l'habileté manuelle, mais dont il faut conserver intacte la source d'inspiration. Ailleurs pourtant, que ce soit à l'Ecole municipale de peinture et d'art décoratif de Varsovie, à l'Ecole nationale des arts décoratifs de Poznan, à l'Ecole des Beaux-Arts de Varsovie ouverte en 1923 ou dans de simples écoles municipales professionnelles, on sent partout le même esprit de fierté nationale et d'indépendance dominer l'enseignement tout entier. «L'idée principale de l'Exposition, nous dit-on, est de faire ressortir la tendance moderne de nos écoles qui veut mettre de l'ordre dans le système d'enseignement, en le basant sur le travail pratique dans les ateliers, en donnant aux élèves l'outil et la matière en main, en encourageant en première ligne la création individuelle, sans faire copier les styles du passé...»
Les résultats, les voici. Au milieu de l'art des autres nations un peu trop uniformisé, je dirais presque standardisé par la vie moderne qui prend de plus en plus un caractère international, l'art polonais garde une fraîcheur et une couleur qui sont bien à lui. Qu'il s'agisse du pavillon national polonais dressé sur le Cours-la-Reine, des intérieurs exposés aux Invalides, des produits de l'art populaire groupés à l'entresol du Grand Palais, des divers objets d'art rassemblés ici ou à la classe de l'Enseignement, on retrouve partout les marques profondes du génie d'une race qui, placée au point de croisement en Europe des influences orientales et occidentales, a su dégager de ces croisements un style particulier, un style proprement polonais. La Pologne a su le maintenir intact au cours de son histoire mouvementée et, depuis la guerre, on le voit sans danger subir les influences les plus modernes, celles-même du cubisme, sans rien perdre de sa saveur originelle.
Le pavillon national polonais est le meilleur exemple que l'on puisse donner de la manière dont se combinent et se fondent ces influences diverses. L'architecte Joseph Czajkowski en a dessiné le plan hardi et l'a couronné de cette belle lanterne de fer et de verre qui dresse sa flèche à 23 mètres de hauteur et traduit les aspirations du pays vers la clarté, la lumière et l'indépendance. La statue en marbre de Henri Kuna qui, dès le seuil, symbolise le rythme dans l'art, les
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LA SECTION POLONAISE
Pavillon de la République Polonaise
JOSEPH CZAJKOWSKI, architecte
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ART ET DECORATION
Architecture de Joseph Czajkowski. Peintures de Sophie Stryjenska
Banc dessiné par Charles Stryjenski, exécuté par Martens et Daab
Parquet exécuté par Rudolf Frères
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LA SECTION POLONAISE
Statue en marbre par Henri Kuna
Décoration murale par A. Jastrzebowski
vitraux de Joseph Mehoffer, destinés à la cathédrale de Varsovie, éclairant les deux salles latérales qui suivent le vestibule, la décoration du Salon d'honneur octogonal reposant sur de belles colonnes en bois de chêne noir sculpté, les peintures murales de Sophie Stryjenska qui a exprimé avec une magnifique intensité la vie polonaise se déroulant au travers des douze mois de l'année, les boiseries de cette salle exécutées par la fameuse école de Zakopane, enfin le cabinet de travail et le Salon conçus pour servir à un personnage officiel, avec son mobilier, ses bronzes, ses étoffes d'ameublement et de tenture, ses objets de cuivre (lampes et appliques) et ses tapisseries décoratives, tout cela constitue un parfait ensemble qui eût pu dispenser la Pologne de toute autre participation à l'Exposition. Les tendances actuelles de son art s'y lisent clairement.