Extrait
Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.
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ART ET DÉCORATION
JUIN 1925
L'EXPOSITION DES ARTS DÉCORATIFS
L'ARCHITECTURE : SECTION FRANÇAISE
PAR LIONEL LANDRY
SIX PLANCHES HORS-TEXTE EN HÉLIOGRAVURE
CHRONIQUE: INFORMATIONS, CONCOURS, VENTES, LIVRES, ETC.
ÉDITIONS ALBERT LEVY
LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS
2 RUE DE L'ÉCHELLE - PARIS
CE NUMÉRO EXCEPTIONNEL :
France : 10 fr. Étr. 12 fr.
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ART ET DÉCORATION
et l'Art Décoratif
REVUE MENSUELLE D'ART MODERNE
Rédacteur en Chef : Léon Deshairs
29e année. — N° 282
Tous les droits sur les articles et les reproductions sont réservés pour tous pays.
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L'année parue (de 1920 à 1923 inclus), brochée : 72 fr. Reliée, en 2 volumes : 96 fr. (Étranger, port en sus)
L'année 1924, brochée : 84 francs. Reliée, en 2 volumes : 108 francs (Étranger, port en sus)
Emboîtages (chaque emboîtement contient un semestre), 8 fr. (Port en sus : France, 2 fr. Étranger, 3 fr.)
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ÉDITIONS ALBERT LÉVY
LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS
2, Rue de l'Échelle, PARIS (1er)
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ART ET DECORATION
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ART ET DÉCORATION
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ART ET DÉCORATION
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L'EXPOSITION DES ARTS DÉCORATIFS
L'ARCHITECTURE : SECTION FRANÇAISE
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I. LES TENDANCES GÉNÉRALES
Les organisateurs de l'Exposition de 1925 se sont proposé d'ouvrir un champ libre à toutes les recherches vers des formes d'art nouvelles.
La nouveauté de formes artistiques peut procéder de trois éléments : volonté de l'artiste de s'exprimer par des moyens sur lesquels le public ne soit pas blasé ; modification de la sensibilité du public ; mise en œuvre de techniques nouvelles.
Le premier de ces éléments a existé de tout temps. Tout au plus s'est-il accentué au cours de ces dernières décades ; il est d'ailleurs en relations directes avec le second.
Il y a modification certaine de la sensibilité du public en ce sens que les générations qui surviennent adoptent des conceptions d'elles-mêmes, des « bovarysmes » nouveaux. Le changement le plus réel, dans cet ordre d'idées, est marqué par la prépondérance accordée aux éléments d'ordre utilitaire, exclusifs de toute intention expressive.
Dans la catégorie des techniques, enfin, apparaissent des innovations incontestables : pour ce qui est du meuble, le développement de la fabrication mécanique ; en architecture l'emploi du fer, qui n'a pas été une nouveauté en ce sens que les problèmes posés ont été ceux-là même que les gothiques
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ART ET DECORATION
s'étaient efforcés de résoudre avec de la pierre, et celui du béton armé qui appelle aussi un rapprochement, mais beaucoup plus lointain, avec les constructions concrètes des Romains.
Le rôle décisif que joue en architecture l'élément technique apparaît quand on constate combien peu ont varié les formules architectoniques correspondant à l'emploi des matières traditionnelles. La construction en pans de bois est quasi immuable; toute bâtisse de moellons qui se surmonte d'un toit de tuiles s'apparente forcément aux édifices gallo-romains; les Néerlandais, grands manieurs de briques, ont beau varier leurs formules, la filiation des œuvres reste patente. Tous ces modes structuraux « parlent », pour employer la métaphore de M. Paul Valéry, des langages connus qu'affectent tout au plus des évolutions aisées à suivre. Le béton, au contraire, ne « parle » pas encore au grand public; un langage commun ne s'est pas encore établi entre créateurs et spectateurs; l'un des objets de l'Exposition doit être précisément d'en accélérer la naissance.
Considérée en elle-même, la construction en béton armé se caractérise avant tout par les facilités de réalisation qu'elle offre aux architectes : avantage incontestable du point de vue pratique, inconvenient du point de vue expressif : la lutte contre la matière est un facteur d'intérêt en tout domaine artistique. A cet égard le temple grec donnait au spectateur l'idée d'une victoire définitive; le problème ne se posait pour ainsi dire plus. L'église du Moyen âge le posait et le résolvait tout à la fois par des moyens visibles qui en faisaient ressortir la difficulté; une travée gothique est un combat où l'ennemi est maîtrisé, non point annihilé, comme le démon sous les pieds de l'archange. La construction en béton pose le problème; nous savons qu'il est résolu, puisque l'édifice tient, mais nous en restons encore, tant que notre éducation n'est pas faite, un peu étonnés, et, dans notre esprit, cet équilibre n'est pas attribué à des parties visibles, définies, de la structure.
Ainsi la formule de Fénelon, qu'aime à citer M. Perret, « tourner en ornement toutes les parties nécessaires à soutenir un édifice » devient malaisée à appliquer, du fait que ces parties ne s'isolent
L'accueil, statue de la porte de la Concorde — Photo Chevojon —
DEJEAN, statuaire Bas-reliefs de JOEL et Jan MARTEL
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L'EXPOSITION DES ARTS DÉCORATIFS
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PATOIT, architecte
Porte de la Concorde — Photo Chevojon
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ART ET DECORATION
TOURNON, architecte
pas, ne ressortent pas de la masse générale.
Comme nous l'indiquions tout à l'heure il y a là une analogie avec la construction concrète des Romains; pour l'achèvement d'édifices de cette catégorie, on a le choix entre trois partis.
Le premier, nettement négatif, consiste à s'en tenir à la construction nue, dépouillée de tout élément décoratif. Il est facilité, à l'époque présente, par une modification certaine de la sensibilité du public qui s'est habitué à voir, dans le domaine industriel, des constructions dépourvues de toute décoration (gares, usines, ponts, navires, locomotives, automobiles; on pourrait ajouter, dans un autre domaine, vêtements et chaussures d'hommes), mais pour lesquelles le problème de l'adaptation technique à la fin proposée est tellement important qu'il rend toute stylisation ou toute addition sans intérêt (1).
Lorsqu'un édifice ne pose point de ces problèmes techniques dont la solution est à elle seule un succès, que par suite l'adaptation à l'objet est chose banale, l'auteur sera tenté, pour sortir de cette banalité, de chercher un effet d'ordre décoratif par des additions ou des stylisations.
S'il adopte ce parti, l'architecte du béton aura tendance à utiliser les propriétés de son «matériau» dans le sens de la virtuosité technique, à affirmer sa personnalité de cette manière. Le pavillon du Tourisme, avec ses porte-à-faux, ses encorbellements audacieux, son campanile, fournit un amusant exemple de cette tendance.
Un dernier parti, celui-là même auquel s'étaient ralliés les Romains, consiste à revêtir la structure, en tout ou partie, d'une
(1) Cette assertion n'est pas rigoureusement exacte et l'adaptation à la fin n'est jamais le seul élément décisif: il y a des modes pour les navires (il suffit de voir combien datent les cheminées multiples, les mâts «Tour Eiffel», etc.) pour les locomotives (le coupe vent) pour les automobiles, etc.
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L'EXPOSITION DES ARTS DECORATIFS
ROGER BOUVARD, architecte
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Pavillon de la Ville de Paris
- Photo Chevojon -