Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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ART ET DÉCORATION OCTOBRE 1924 --- ÉMILE LENOBLE, PAR LÉON DESHAIRS. — UN SCULPTEUR DE PIERRES DURES; MATEO HERNANDEZ, PAR RENÉ-JEAN. GEORGES RENOUVIN, PAR GUILLAUME JANNEAU. CHRONIQUE : INFORMATIONS, CONCOURS, EXPOSITIONS. --- EDITIONS ALBERT LEVY LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS 2 RUE DE L'ÉCHELLE - PARIS --- CE NUMÉRO : France : 7 fr. Étr. 8 fr.

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ART ET DÉCORATION et l'Art Décoratif REVUE MENSUELLE D'ART MODERNE Rédacteur en Chef : Léon Deshairs 28e année. — N° 274 Tous les droits sur les articles et les reproductions sont réservés pour tous pays. Les articles parus dans Art et Décoration deviennent la propriété de la revue. Les modèles publiés dans la revue sont et demeurent la propriété de leurs auteurs, toutes reproductions ou imitations même partielles, sont interdites et seront poursuivies par leurs auteurs. Le Numéro : - France . . . 7 francs - Étranger . . 8 francs L'Abonnement : - France . . . 70 francs - (12 numéros) Étranger . . 85 francs L'année parue, brochée : 72 francs. Reliée, en 2 volumes : 96 francs (Étranger, port en sus) Emboîtages (chaque emboîtement contient un semestre), 8 fr. (Port en sus : France, 2 fr. Étranger, 3 fr.) --- ÉDITIONS ALBERT LÉVY LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX-ARTS 2, Rue de l'Échelle, PARIS (Ier) Compte chèques Postaux 6699 R.C. Seine 64696 Téléphone Louvre 23-87 --- EDGAR BRANDT 101 BOULEVARD MURAT, PARIS TEL. AUTEUIL 07-95 12-40 REGISTRE DU COMMERCE DE LA JEINE N° 116570 FERRONNERIES LUSTRERIE OBJETS D'ART EXPOSITION PERMANENTE

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ART ET DÉCORATION Louis Chambry 54, Faubourg Saint-Antoine PARIS La Maison n'a pas de Succursales MEUBLES - TAPIS - LUSTRES - PAPIERS PEINTS MEUBLES MODERNES - DÉCORATION D'INTÉRIEURS --- H. MORAND & CIE FERRONNERIE LUSTRERIE EXPOSITION : 32, Boul. Haussmann, PARIS (Opéra) Téléphone : Marcadet 24-90 FABRICATION : 13, passage de l'Élysée-des-Beaux-Arts Paris (XVIII) Téléphone : Marcadet 24-90, 24-91 R.C. Seine 79.420 --- VITRAUX D'ART SGRAFFITES DÉCORATION J.J.K. RAY PARIS 3, PASSAGE DE L'ÉLYSÉE DES BEAUX-ARTS (PLACE PIGALLE) Téléph. MARC 31-29 R.C. Seine 40.194

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ART ET DÉCORATION ON TROUVE : - Les céramiques de Delaherche - Decœur - Lenoble - Mayodon - Avenard - Les verreries de Lalique - Decorchemont - Goupy - Les dinanderies de Dunand Chez GEO. ROUARD 34 Aue de L'OPERA R. C. No 48069 (Seine) --- ROYAL Cette machine à écrire représente l'idéal de l'élégance d'une machine ultra moderne Modèle 1924 Série 700/800,000 — Demander démonstration et essai gratuit — J.-H. DAVIS & Cie 12, rue de la Tour des Dames PARIS (9e) --- FERRONNERIE ET SERRURERIE D'ART Paul KIS 2, rue Léon-Delhomme, PARIS-XVe Tél. Séguir 71-22 — N.-S. Vaugirard — R. C. Seine 44.181 Cache-Radiateur

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ART ET DÉCORATION L. VUITTON, éditeur. Les CANNES de THÉÂTRE DE LOUIS VUITTON sont à citer parmi les derniers raffinements de la mode masculine. Pommeaux étranges de Roger Foy, masques d'ivoire fins et mystiques, masques de douceur ou de colère; pommeaux d'ivoire de Le Bourgeois, Cless Brothier, Nitard, tous révèlent un art très sûr et une exécution toute personnelle qui ont véritablement ressuscité le port de la canne au théâtre. Citons encore les fameux pommeaux "profilés" décrits spécialement sur demande adressée à LOUIS VUITTON 70, CHAMPS-ELYSEES, 70 PARIS qui envoie gracieusement sa Brochure "Les Cadeaux" H. ROLATO-PÉTION Ancienne Maison REIS, fondée en 1886 13 et 15, Rue Taitbout, PARIS Fauteuil cuir antique

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* Bol céladon, décor gravé — bouteille brun rouge, décor noir sous couverte — pot, engobe jaune clair ÉMILE LENOBLE Les œuvres reproduites dans ces pages datent toutes de ces deux dernières années. Elles sont donc loin de résumer la production d'un artiste qui, depuis 1904, année où il «se jette à l'eau,» comme il dit, n'a cessé de le renouveler et de progresser. Mais elles montrent bien, je crois, le caractère essentiel de son beau talent : l'équilibre, la pleine santé. Si expressive qu'en soit la forme, si personnel qu'en soit le décor, si rare qu'en soit la matière, jamais un vase de Lenoble ne donne l'impression de la recherche et de l'effort. Tout y semble aisé, naturel, créé dans la joie. L'épaisseur correspond au volume, le poids à l'aspect. Prenez ce bol, cette bouteille ou ce pot, vous aurez autant de plaisir à les caresser qu'à les voir: ce sont des fruits bien venus et mûrs à point. Le potier choisit d'abord sa terre. Celle que préfère Lenoble, c'est l'argile grasse du grès. S'il y mêle du kaolin, ce n'est que pour les petites pièces qu'il veut fines et claires. Le grès lui plaît par sa robustesse, par sa cohésion, par la dureté qu'il prend au grand feu. Il lui plaît aussi parce que, bien mieux que la pâte courte et peu plastique dont on fait la porcelaine, il se prête au travail du tour. Or, c'est sur ce plateau mobile, vieux comme l'art de la céramique, qu'il aime à créer lui-même toutes ses formes, à les voir naître et renaître avec variété sous ses doigts. Il est sûr qu'ainsi créées elles n'auront rien d'arbitraire, qu'elles seront logiques et vivantes.

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ART ET DÉCORATION Grand pot bleu de cuivre, grand feu Petit pot, engobe noir Les formes que conseille le tour sont certes de tous les temps et leur généralité même les préserve de vieillir. Mais, d'instinct ou par réflexion, l'artiste les modifie, les fait plus élégantes ou plus trapues, plus surveillées ou plus libres, suivant son goût, son tempérament, son humeur. Si impersonnelles qu'elles paraissent au premier abord, elles expriment la volonté et la sensibilité du potier. Celles de Lenoble sont franches, pleines de bon sens, de générosité et de belle humeur. Notons que, lorsqu'il façonne un grand pot, il n'hésite pas à le tourner en deux pièces pour que les bords restent gras, finissent en force, et que le passage soit insensible entre le dedans et le dehors. Soudées à la barbotine, les deux pièces seront ensuite intimement unies par le feu. Enfin, Lenoble use avec discrétion du tournasin, lame d'acier qui sert à épurer les galbes: au poli de la surface, il préfère la variété, la vie que laisse la trace de la main; il lui plaît que des stries rappellent la montée du vase et le fassent tourner et monter encore, alors qu'il est achevé. Quand le tour s'arrête, quand le bol, la coupe, la bouteille ou le pot ont atteint les proportions voulues, leur plein et harmonieux volume, le potier peut se demander si l'eurythmie de la forme, la beauté de matière et de couleur que prendront ensuite dans la fournaise les engobes et les couvertes ne supplètent pas à tout ornement. Tout ce qui sert à vêtir le grès rude et pauvre — les engobes, enduits opaques, les couvertes, enduits translucides, — tout cela ne suffit-il pas à sa parure? Le manteau que le feu attache à sa chair sera somptueux et changeant, tantôt mat comme un fruit velouté, tantôt luisant comme un métal, tantôt lisse et tantôt grenu ; uni s'il accompagne, en se refroidissant, le retrait du corps qu'il recouvre, enrichi, dans le cas contraire, d'un fin réseau de craquelures. Et

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ÉMILE LENOBLE Page 99 Image Description: - Top Image: - A large, ornate pot with a decorative border. - Several smaller pots are placed around the pot. - One pot has a textured surface. - Bottom Image: - A large, ornate pot with a decorative border. - Several smaller pots are placed around the pot. - One pot has a textured surface. Text Below Images: - Petit pot, engobe sous couverte blanc crème — Baguier blanc jaunâtre avec taches flambées, décor en relief — Grand bol, engobe brun foncé — Petit pot vert de cuivre, décor gravé - Gourde céladon, tache vert de cuivre — Bol jaune, tache rouge — Pot, engobe brun clair

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ART ET DÉCORATION qui ne connaît, au moins dans ses effets, la magie du grand feu qui, selon que l'atmosphère du four est plus ou moins riche ou pauvre en oxygène (feu d'oxydation, feu de réduction), modifie les oxydes métalliques qui colorent engobes et émaux, les fait passer, par de subtiles nuances, du jaune au noir, du brun au céladon, du bleu-turquoise au rouge sanglant? Il y a quelque vingt-cinq ans, les pionniers qui renouvelaient la céramique française proscrivaient à peu près le décor; ils aimaient surtout les belles et dures matières, filles du grand feu, les épaisses coulées d'émaux ou ces colorations surprenantes et fondues dont l'atmosphère réductrice revêt les flammés ou flambés. Sauf Chaplet qui, dans ses porcelaines flammées, s'était fait avec originalité l'émule des chinois, ils prenaient de préférence leurs modèles dans l'art sobre du Japon. Lenoble, s'autorisant d'exemples plus lointains, fut amené à réconcilier le décor et le grand feu. Et voici comment. On peut dire que Lenoble était né potier.

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ÉMILE LENOBLE Grand pot, engobe noir En quittant l'École des Arts Décoratifs, où il rêvait de céramique, il fit un stage de sept ans chez un industriel et se familiarisa d'abord avec la faïence et les émaux stannifères. C'étaient, cependant, les passionnantes recherches de matières, c'étaient le grès et le grand feu qui le tentaient. En 1904, il entra chez Chaplet, son parent par alliance, et, tout en aidant dans ses travaux le maître, âgé et déjà presque aveugle, il put faire, dans le four de Choisy-le-Roi où celui-ci cuisait ses pièces, ses premiers essais. On en vit les résultats en 1906, chez Georges Petit. En vérité ils appartenaient à deux races bien différentes les œufs qu'avait couvés simultanément le four de Choisy. Entre les porcelaines flambées de Chaplet et les grès d'un blanc crèmeux que Lenoble s'efforçait alors d'obtenir — au prix de grandes difficultés, dans une atmosphère réductrice qui ne leur convenait pas et qu'il modifiera bientôt chez lui — il n'y avait d'autre parenté que la dureté du support. Lenoble admirait