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ART et Décoration Revue mensuelle d'Art Moderne Sommaire - Aman-Jean. - ANDRÉ BEAUNIER. - L'Enseignement des Arts Décoratifs à Vienne. - M. P. VERNEUIL. - Planche hors texte : - Pastel. - AMAN-JEAN. --- MAI 1902 --- LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX ARTS 13, RUE LA FAYETTE PARIS Prix de la Livraison : 2 fr. 6e Année, N° 5 --- petit salon blanc vitrail du placard n.158

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Art et Décoration Revue Mensuelle d'Art Moderne COMITÉ DE DIRECTION : MM. VAUDREMER, GRASSET, JEAN-PAUL LAURENS, FREMIET, ROTY, LUCIEN MAGNE, LÉONCE BÉNÉDITE, ROGER MARX, DAMPT --- Abonnement annuel : PARIS & DÉPARTEMENTS . . . . . . . . . . . . . . . 20 fr. ÉTRANGER . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15 fr. Prix de la Livraison : 2 francs L’Année parue ...

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Aman-Jean --- **ERTAINS artistes nous étonnent par leur puissance d'invention, qui renouvelle et qui diversifie sans cesse l'idée que nous avions de leur talent. Ils nous émerveillent, et ils nous déconcertent aussi. On se demande comment se peuvent organiser, dans leur esprit, tant et de si hétérogènes notions. Une telle production, riche et tumultueuse, apparaîtra, peut-être, comme géniale; à moins qu'on ne l'aperçoive, un jour, due seulement à de la virtuosité vaine. On hésite; on est tout prêt à admirer, mais on se tient sur la réserve, pour peu que l'on soit muni de prudence et de sincérité avec soi-même. Tout autre est l'œuvre d'Aman-Jean, qui, dès l'abord, captive et qui rassure. On la sent parfaite,—et j'aime rappeler ici ce mot de Leibniz en sa Monadologie: « La perfection n'est autre chose que la grandeur de la réalité positive prise précisément, en mettant à part les limites ou bornes dans les choses qui en ont »; c'est-à-dire que la perfection d'une œuvre d'art n'est pas subordonnée à l'étendue de cette œuvre et qu'il la faut juger en elle-même, non du dehors. Une œuvre d'art est parfaite si elle réalise pleinement son idée. De ce point de vue, on constituerait une esthétique positive, et qui, d'ailleurs, réserverait l'opinion de chacun sur la Beauté, les goûts individuels et l'agrément que certains trouvent à ceci ou à cela pour des motifs d'ordres divers... L'œuvre d'Aman-Jean est parfaite. Il y en a de plus variées et de plus prodigieuses, de plus émouvantes par l'im-pétuosité de l'imagination, de plus amusantes par la fantaisie et de plus magnifiques par l'ampleur. Mais en celle-ci l'accord est accompli de l'idée et de sa réalisation, des formes, des couleurs, de la qualité même de la peinture et de la philosophie ou du rêve qui s'y dévoile. Les procédés**

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Art et Décoration d'expression sont ici adéquats à la chose exprimée. Et c'est pourquoi cette œuvre est parfaite, ou, en d'autres termes, parfaitement cohérente, — bien qu'on la puisse aimer plus ou moins, suivant que l'on adopte ou non cette façon d'envisager la vie et le monde que cet artiste a choisie, ou à laquelle plutôt l'induisirent et son caractère et sa réflexion. La philosophie d'un peintre? Cela inquiète. On se méfie, à cause des résultats que tant d'autres obtinrent pour avoir mis leur palette au service d'idées abstraites, ou littéraires ou sociales. Il est vrai que certaines idées, intéressantes en elles-mêmes, ne s'accommodent pas d'être rendues par la couleur et la forme; et le principe de la distinction des arts n'a pas d'autre portée que celle-là. Mais ce fut le premier bonheur d'Aman-Jean, puisque ses aptitudes étaient d'un peintre, que sa conception des choses se traduisit naturellement en images. Non en symboles. Peut-être faillit-il s'y tromper. On l'a vu d'abord l'un des exposants les plus distingués des salons de la Rose-Croix. Il y avait là du mysticisme auquel se plut sa nature délicate et religieuse. Il ne s'y attarda point et il prit conscience de l'erreur qui résidait en cet art grêle, chétif, pauvrement idéologique. La vie, au contraire, l'attirait et la réalité. De jour en jour on l'a pu suivre, depuis lors, qui acquérait un sentiment plus véridique de la beauté qui est au monde. Aux petites vierges étriquées, tenant des lys ou autres fleurs emblématiques il préféra les douces et savoureuses chairs que la lumière caresse et qui sont une image plus belle de la vie. Son inspiration n'est pas sensuelle avec exubérance, mais voluptueuse en même temps que pensive. Encore que pudiques, les épaules nues de ses femmes ont une grâce délicieuse et elles sortent des étoffes qui les gardaient, avec une câline désinvolture, et on les sent polies et fraîches, autant que rondes et blanches... Je voudrais définir avec justesse la séduction de ces figures auxquelles donnent un agrément nouveau la décence du maintien et la lenteur élégante du geste; et si la joliesse exquise des formes allait être touchante à l'excès, l'ingénuité du regard en corrigerait le charme trop vif. Oui, un regard presque enfantin et qui ne sourit ni ne pleure, et qui, dans sa candeur, est grave. Rêve-t-il, contemple-t-il?... Ces yeux très purs se sont ouverts sur le vaste monde, et ils n'en ont pas vu la laideur. On dirait que le spectacle d'ici-bas s'est ennoblì d'être vu par eux. Les choses ne sont pas telles ou telles, indépendamment de l'âme qui les suscite, et chaque âme se fait son univers à sa semblance. Ainsi se purifie le monde pour des yeux purs. Ces jeunes femmes, le peintre les entoure d'un décor semblable à elles, d'une beauté simple et fine, de fleurs et de feuillages qui s'enguirlandent, de tranquilles paysages silencieux. Et l'ensemble est d'une sereine mélancolie, d'une grâce parée et d'une douceur délicate. Le rêve de Watteau est imprégné de Buste d'Aman-Jean, par DAMPT.

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Aman-Jean plus de tristesse, étant plus fugitif et tout enfiévré de l'angoisse des fins prochaines; la gentillesse en est inquiétante et la gaieté trempée de larmes. Ici, le recueillement et la paix, le calme des plaines enchantées, dans la monotonie des heures claires... La philosophie d'Aman-Jean, comme j'ai dit, est un idéalisme conscient de lui-même et réfléchi; elle transfigure la réalité suivant le vœu d'une âme tendre et soucieuse d'harmonie, que les contrastes violents offenseraient. Pour l'exprimer, cette philosophie, il n'a point eu recours à des allégories savantes. Seulement il a placé, au milieu d'ornements naturels et des parures que font aux éclaircies des 17.

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Art et Décoration parcs les flexibles rameaux des arbres variés, de jeunes femmes en qui s'évoque toute la gracieuse beauté de ce monde sans joie. Les plus anciennes œuvres d'Aman-Jean datent d'une vingtaine d'années et l'un de ses premiers essais est ce portrait de lui-même, antérieur aux cours de l'Ecole des Beaux-Arts et où se remarque déjà une manière spéciale, un style. J'ai signalé le goût momentané de l'artiste pour le mysticisme un peu désuet de la Rose-Croix. De grandes compositions vinrent ensuite, le Saint Julien l'Hospitalier du Musée de Carcassonne, la Jeanne d'Arc du Musée d'Orléans. Elles sont habilement conçues, bien agencées et de nature à édifier le public : ce peintre a démontré qu'il aurait pu faire un peintre d'histoire tout comme un autre, et mieux qu'un autre; on lui pardonne donc de s'être établi peintre indépendant!... Et certes, Aman-Jean,—qui, à la rigueur, se fût passé de la permission,—se révéla tel. Il négligea « le sujet ». Il ne crut pas indispensable qu'un incident quelconque, authentique ou imaginé, qu'une anecdote ou simplement quelque chose d'épisodique et de concret se trouvât représenté en chacun de ses tableaux. La plupart de ses tableaux n'ont pas de titre et l'on serait bien en peine de leur en donner un : mais à quoi bon? Ils n'ont pas de sujet. Cela ne veut pas dire qu'ils ne signifient rien. Seulement, ce qu'ils signifient, des mots ne le pourraient pas rendre. Cet art n'est aucunement mêlé de littérature : pictural, il se suffit à lui-même, quant à son mode d'expression et quant aux idées aussi qu'il exprime. Il faut louer Aman-Jean de n'avoir point, ainsi que d'autres, fait de confusion entre des esthétiques diverses et, peintre, d'être un peintre absolument. Les confusions d'arts, presque toujours répréhensibles, donnent quelquefois, il est vrai, des résultats curieux, intéressants; mais cette pureté que nous trouvons dans la peinture d'Aman-Jean, par exemple, est d'une qualité supérieure. Et il est admirable encore que, s'abstenant de tout ce qui ne constitue pas l'art même du peintre, Aman-Jean ne

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Aman-Jean soit pas tombé dans cet autre défaut qu'est l'inu- tible virtuosité. Non, il a su réaliser ce difficile problème d'une peinture pleine de pensée, animée d'une intime philosophie et qui pourtant ne fut que de la peinture. Cette œuvre profonde est harmonieuse. Ceci caractérise encore Aman-Jean et achève de démontrer combien est directe l'expression de sa pensée: entre sa pensée et l'expression qu'il lui donne, nul intermédiaire ne s'introduit d'une autre espèce que la couleur et la forme. Et la preuve, c'est que sa « philosophie » est tout entière dans ses portraits, où, évidemment, « le sujet » est réduit à son minimum. Il ne faudrait pas conclure de là qu'Aman-Jean, portraitiste, sacrifie à d'autres préoccupations le personnage et qu'il l'utilise seulement pour d'autres fins. Il est soucieux, — autant qu'il le doit et de la manière qu'il le doit, — de la ressemblance. Du moins peut-on constater qu'il ne désindividualise pas les figures qu'il interprète; mais il leur laisse leur caractère propre, il le marque même très nettement. Ainsi ont toujours procédé les grands artistes. Les portraits d'Holbein accusent des individualités puissantes, en même temps qu'ils signifient tous, dans leur variété prodigieuse, la conception qu'avait cet homme extraordinaire de l'âme humaine et des façons dont elle se spécifie en des personnes. L'analogie qu'il y a entre tous les portraits d'Holbein, elle est due à ce fait que sa philosophie était assez compréhensive pour rassembler en une riche synthèse la multitude et la diversité des accidents. De même, si différentes soient-elles les unes des autres, les jeunes femmes qu'Aman-Jean portraitura semblent, par l'élégance et la grâce, des sœurs; — ainsi s'unissent harmonieusement les cas particuliers de l'Univers, en un esprit qui a trouvé la formule de sa philosophie. Les portraitistes, — et je ne parle que des meilleurs, non de tels ou tels, en renom, dont l'adresse consiste à bien imiter de riches étoffes, les peluches et les velours, les failles, les soies de dames bien mises, — les portraitistes sont, le plus souvent, des psychologues avant tout, et le visage est donc, pour eux, l'essentiel. C'est par la physionomie qu'ils caractérisent le personnage. Ainsi procède Holbein, le plus grand parmi eux. Aman-Jean, lui aussi, sans doute, utilise la physionomie du visage; et, dans le regard fixe et aigu, pensif et doux de ses figures, il a mis un rêve pénétrant. Mais sa philosophie ne se résout pas en une psychologie. Ce qu'il a voulu rendre, avec son art, c'est une opinion plus générale sur l'Univers, dont la beauté s'est révélée à lui par l'heureuse combinaison des couleurs et la perfection des gestes. Il ne conçoit pas l'être humain comme isolé de toutes choses, ici-bas, par sa pensée; mais plutôt il admire en lui l'expression la plus synthétique et vive de l'Univers, l'Univers se pensant lui-même et conscient de sa beauté. Certaines femmes pri-

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Art et Décoration leurs gestes lents avec les lignes naturelles, les nuances de leur parure avec celles des horizons, et tant aussi leur âme silencieuse et calme s'empli du songe universel! La couleur, dans les tableaux d'Aman-Jean est mate et un peu voilée, — analogue, d'ailleurs, qu'il emploie le pastel ou l'huile. Peut-être, avec le pastel, obtient-il des tons plus variés, plus composites quoique bien unifiés, et arrive-t-il, en multipliant les touches diverses, à rendre plus palpable et enveloppante l'atmosphère. Mais, par un procédé ou l'autre, il vise à produire le même effet, et le modèle dont il s'inspire, c'est la Nature doucement éclairée de diffuse lumière qu'un ciel pâle et blanc tamise. La couleur d'Aman-Jean, on la dirait, d'abord, un peu éteinte. Quand il a plu, les nuages dégonflés se fondent et, assemblés, se tendent en écran pour amortir les rayons trop durs du soleil. Alors surtout la campagne est charmante. et alors seulement en est discernable l'infini merveilleuse des nuances... Les vives soleillades, au contraire, allument ici et là des couleurs crues, éveillent des reflets puissants, accusent des reliefs, par le rude contraste de l'ombre. Cette lumière très intense, on peut l'aider-même. Et l'on doit exubérante alors, elle ne vilégies réalisent tout le mystère de beauté qui est épars aux paysages, tant s'accordent mer. Mais pour accorder que, trop

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Aman-Jean joue pas très bien son rôle de lumière, qui est seulement d'éclairer la surface colorée des choses. Elle veut qu'on l'admire et, orgueil- leuse, elle exagère ses effets. Sous l'excessif éclat de la lumière, la couleur dispa- rait: il n'y a plus, dans le paysage, que la lumière impétueuse, fantasque, épa- nouie... Combien la Nature est mieux visible en son détail délicat et nom- breux, si le ciel se couvre, non de lourds nuages opaques, mais de buée légère et diaphane, et si la lumière, adoucie ainsi, se répand en ondes égales, pures, tranquilles. Les couleurs, toutes, se révèlent, sans que les unes soient offusquées par la trop vive ardeur des autres; cha- cune d'elles est en valeur, s'affirme sans outrecuidance et compose avec ses voisines une juste et belle harmonie. Il n'y a pas de nuances perdues. Et c'est l'image d'une âme apaisée qui, n'étant point accaparée par quelque passion trop exclusive, s'épanouit toute. Oui, ces colorations mates et voilées auxquelles se plaît Aman-Jean, c'est à la Nature qu'il les emprunte ; et l'arti- fice ingénieux de sa palette, il l'apprit de ces paysages qu'une lumière discrète éclaire doucement. Et c'est pourquoi son œuvre émeut par le recueillement et le silence ; n'est-elle pas tout imprégnée de la tranquillité pensée de la nature ? Et elle enseigne aussi une mo- rale de sérénité, de calme et de lucide rêverie. Parce qu'il aime les demi- teintes et les nuances fines, il ne faudrait pas croire que la pein- ture d'Aman-Jean fut terne et fade. S'il évite la crudité de certains tons, c'est afin que tous aient leur place dans l'ensemble, et il ne veut

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Art et Décoration en sacrifier aucun. Ses couleurs sont franches, et elles peuvent même sembler hardies à force de vérité. Elles sont très exactement celles de la Nature. Et ici, louons Aman-Jean d'être un coloriste sincère. J'entends par là qu'il ne s'inspire aucunement des coloris conventionnels. Les peintres, on le sait, n'évitent pas toujours le défaut de n'imiter point la Nature, mais une certaine idée de la Nature que les artistes précédents ont instaurée, qui peu à peu s'écarte davantage du modèle premier, et qui finale-

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Aman-Jean ment est devenue un poncif. Ou bien, s'ils réagissent là-contre, c'est au moyen d'inventions hasardeuses, chimériques, sans rapport avec la réalité ingénument perçue. Aman-Jean, lui, est libre des poncifs, et l'on ne sent pas qu'il ait fait effort pour s'en libérer. Il a des roses délicieux qui proviennent des bruyères drues sur les landes; à la fin de l'été elles roussissent, et leurs teintes carminées se mêlent de chaudes rouilles. Son vert est celui des oliviers ou des mousses, et des jaunes de genêts pointent parfois dans ces nuances. Quant à ses violets, à ses mauves bleutés ou assombris, il les a pris à l'écharpe de brumes qui traîne aux horizons. Et toutes ces couleurs, il les combine sans timidité, sans mièvrerie, sans le moins du monde s'astreindre aux opinions courantes sur l'harmonie des tons. Il est audacieux et désinvolte, mais non paradoxal. Il ne veut pas étonner ni déconcerter; les couleurs se fondent, dans ses tableaux, comme s'unifie, dans un paysage, l'extraordinaire variété des nuances. Le dessin d'Aman-Jean, la sinuosité des contours et les gestes des personnages ne sont pas moins naturels. Ni emphase, bien entendu, ni préciosité; nulle affectation de simplicité non plus. Il n'a pas réagi, comme d'autres l'ont fait, contre l'habituelle mimique des écoles, au moyen de cette sorte de gaucherie qui n'est pas dénuée d'agrément, mais dont les mérites sont négatifs plutôt qu'ils ne réussissent à constituer une innovation véritable. La grâce des gestes, chez Aman-Jean, provient de leur aisance que rien n'entrave; ils ne réclament pas une tension volontaire des muscles, ils ne répondent pas à une recherche compliquée d'élégance; ils sont les gestes spontanés d'êtres souples et beaux, et dont les mouvements s'accordent avec les lignes environnantes du paysage. Les corps s'inclinent sans mollesse, les bras se courbent, s'arrondissent, et par les mains fines se joignent; et ils n'ont pas de lassitude, mais aucune activité violente ne sollicite leur énergie. Et les flexibles cous soutiennent l'ovale délicat des visages. Pour laisser aux gestes leur facilité, leur agilité naïve, Aman-Jean pare ses jeunes femmes d'étoffes légères qui ne se cassent séchement ni ne s'éploient ainsi que de lourds brocards. Il ne veut pas que le vêtement vaille par lui-même et substitue l'éclat de sa richesse à l'élégance propre des membres qu'il dissimule. Le vêtement qu'il peint est chaste, mais docile au corps, à sa forme, à ses mouvements.