Extrait

Premières pages de l'ouvrage, en accès libre.

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ART et Décoration Revue mensuelle d'Art Moderne Sommaire - La Sculpture en Ivoire à Bruxelles, O. MAUS. - Les Concours de la Société d'encouragement, THIEBAULT-SISSON. - La Broderie, M.-P. VERNEUIL. - Les dernières fabrications de la Monnaie de Paris, F. MAZEROLLE. - Exposition École Guérin, THIEBAULT-SISSON. - Les Bijoux de Lalique, G. S. - Planche hors texte : Bijoux de Lalique. NOVEMBRE 1897 --- LIBRAIRIE CENTRALE DES BEAUX ARTS 13, RUE LAFAYETTE PARIS Prix de la Livraison : 2 fr. N° 11

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Art et Décoration Revue Mensuelle d'Art Moderne COMITÉ DE DIRECTION : MM. PUVIS DE CHAVANNES, VAUDREMER, GRASSET, JEAN-PAUL LAURENS, CAZIN, L.O. MERSON, FRÉMIET, ROTY LUCIEN MAGNE. *** Directeur : THIÉBAULT-SISSON --- Abonnement Annuel : PARIS & DÉPARTEMENTS . . . . . . . . . . . . . . . 20 fr. ÉTRANGER . . . . . . 25 fr. Prix de la Livraison : 2 francs L’Année parue ...

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Art et Décoration La Sculpture en Ivoire à l'Exposition de Bruxelles La sculpture chryséléphantine vient de renaître en Belgique. Le prix élevé de l'ivoire, la pénurie de praticiens capables de mettre celui-ci en œuvre avaient peu à peu fait choir dans l'oubli cet art charmant. Et la précieuse matière, jadis assouplie au génie des statuaires, à la fantaisie des artisans, semblait irrémédiablement dévolue aux manches de couteau, aux ronds de serviette et aux billes de billard, lorsqu'une heureuse inspiration ouvrit à l'ivoirerie une ère nouvelle. C'est au gouvernement de l'État indépendant du Congo et plus spécialement au baron Van Eetvelde, secrétaire d'État, dont l'intelligence supérieure et l'esprit d'initiative ont provoqué nombre d'innovations artistiques, que les ivoiriens sont redevables de cette efflorescence inespérée. M. Van Eetvelde mit généreusement à la disposition des meilleurs de nos statuaires une partie des richesses éburnéennes que chaque navire revenu d'Afrique décharge sur les quais d'Anvers. Il entra personnellement en relations avec eux, les excita à renouer la tradition interrompue des maîtres flamands et brabançons des XVIIe et XVIIIe siècles, les Van Obstal, les Copé, les Faidherbe, les Duquesnoy, les Bossint, les Angermayn, alla même jusqu'à leur trouver des acquéreurs. Grâce à ses efforts persévérants, voici, en quelques années, la sculpture chryséléphantine ressuscitée et s'imposant impérieusement parmi les plus belles tentatives de rénovation esthétique qui marquent notre époque. Un premier groupement avait réuni à l'Exposition d'Anvers, en 1894, un petit nombre CONSTANTIN MEUNIER.

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Art et Décoration d'œuvres. Mais l'essai était timide, restreint à des statuettes de petites dimensions, et seuls quelques artistes téméraires, Julien Dillens en tête, prirent part à l'escarmouche. Au Palais colonial de Tervueren, construit dans la majesté d'un admirable décor de verdure et d'eaux sommeillantes, le Salon d'honneur est entièrement consacré à la sculpture en ivoire. Sur des socles en bois du Congo, variés à l'infini et dont les dessins sont dus à l'imagination de nos meilleurs architectes, de grandes dimensions : figures en pied, bustes de grandeur naturelle. Il en est qui ont combiné avec goût l'ivoire et le bois, soit dans la composition de figures en ronde-bosse, soit dans les applications de l'art aux objets d'ameublement et d'ornementation. Des essais de polychromie ont été tentés. La gravure, la peinture ont été mises à contribution. L'adjonction de pierres précieuses, renouvelée de l'époque byzantine, a même été requise. Bref, l'effort s'est orienté dans toutes les parmi lesquels Victor Horta et Paul Hankar, statues, figurines, bas-reliefs s'érigent en blanche floraison avec la grâce de leur silhouette, la douceur lactée de leur coloration, la délicatesse de leurs veinules, la transparence des surfaces planes que polit la lumière. La plupart des statuaires belges ont pris à cœur de collaborer à l'œuvre commune, les uns par des compositions originales, spécialement conçues en vue de la matière à utiliser, d'autres par la reproduction en ivoire de figures modelées pour le bronze ou le marbre. Quelques-uns, s'inspirant des pratiques usitées au temps de Phidias et qui dotèrent l'art de la Minerve du Parthénon et du Jupiter d'Olympie, ont employé simultanément l'ivoire et le métal pour exécuter des œuvres directions et le résultat offre un réel intérêt. Dans le grand nombre d'œuvres exposées, de tendances diverses et de valeur inégale, un classement s'impose. En appelant à lui les artistes, l'Etat du Congo a dû se montrer éclectique et ne décourager aucune bonne volonté. Mais qui n'aperçoit, du premier coup d'œil, la distance qui sépare des belles œuvres, étudiées et muries, de C. Meunier, de Ch. Van der Stappen, de J. Dillens, de P. de Vigne, de G. Devreese, d'E. Rombaux et de quelques autres dont les noms seront cités au cours de cet article, les « postures » quelconques, dénuées de style et de pensée, éclipses dans les ateliers anversois? Anecdotes et sujets de piété, amours mièvres, madones, Ecce Homo, Christ à la colonne, Saint Sébastien, hom-

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La Sculpture en Ivoire à l'Exposition de Bruxelles mages puérils et courtisanesques au roi Léopold, constituent, avec quelques objets exclusivement industriels qu'on s'étonne de rencontrer en ce Salon d'art, le lot négligeable de l'Exposition. Cette rue Saint-Sulpice de l'ivoire a malheureusement ses chalands, et la badauderie de la foule s'attendrit aux complaintes, aux romances sentimentales, aux cantiques et aux litanies que chantent, d'une voix larmoyante, les ivoiriers de sacristie et de boudoir. Il eût mieux valu, certes, ne pas détourner des billards, des couteaux et des brosses à cheveux, leur destination naturelle, les défenses d'honnête pachyderme, qui ont servi à perpétuer ces ramasse-poussière. Cecidéblayé, le visiteur reste en présence de deux catégories d'œuvres qui se partagent son attention. Les unes appartiennent au domaine de l'art décoratif et réalisent, avec plus ou moins de bonheur, une application de l'ivoire aux objets usuels. Je citerai, dans cet ordre d'idées, la Glace aux paons composée pour un appartement malheureusement de style mauresque par MM. Samuel et Crespin; le Coffret de mariage en ivoire et bronze argenté de M. Fernand Dubois, dont divers objets réunis dans une vitrine : un cachet, une broche, un coupe-papier, des éventails, décèlent beaucoup d'ingéniosité dans la combinaison des motifs ornementaux; le Meuble à collections, de M. Paul Han- kar, le Vase au cygne de M. Wolfers. Les autres relèvent exclusivement de la statuaire et, parmi elles, il est quelques morceaux de premier ordre dont les illustrations qui accompagnent ces notes permettront d'apprécier l'intérêt. En modelant son Christ en croix, Constantin Meunier a montré ce que peut tirer un artiste tel que lui d'un sujet si souvent traité qu'il semble impossible de composer une modulation nouvelle sur le thème imposé de la douleur et de la résignation. L'œuvre, d'un puissant caractère plastique, s'éloigne autant des images gothiques du Rédempteur que des innombrables spécimens que nous ont légués du divin supplicié les statuaires de la Renaissance italienne. Le Christ de Meunier est humain, poignant de tristesse, endormi avec une souveraine noblesse dans le calme de la mort. La tête inclinée vers la terre, les membres cloués sur la croix, le torse amaigri sont traités avec une sobriété et une maîtrise admirables. La Psyché de Paul de Vigne, qui s'apparente par l'élégance et la grâce à la sculpture italienne du XVIe siècle, la Chrysis de Godefroid Devreese, dont le mouvement voluptueux semble avoir été inspiré par la forme même de la pointe d'ivoire dans laquelle elle a été taillée, l'Allegreto de J. Dillens, reproduction d'une des plus jolies figurines de l'artiste, le Vénusberg animé et séducteur d'Egide Rom- FERNAND KHNOFF.

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Art et Décoration baux, prennent rang à côté de cette œuvre maîtresse. Le Belluaire de J. Dupon présente à divers Psyché. PAUL DE VIGNE. égards un incontestable intérêt. Outre son mérite plastique, la figure de l'artiste anversois se distingue par ses dimensions inusitées. C'est, de toutes les statues d'ivoire, la plus importante qui ait été exécutée en Belgique, et la juxtaposition des matériaux mis en œuvre a été faite avec une telle adresse qu'il est presque impossible de découvrir les joints. Cette question des raccords, de même que celle de la malléabilité de l'ivoire, obtenue, dit-on, par les anciens au moyen de mixtures dans lesquelles entraient la racine de mandragore et l'orge fermentée, préoccupe à juste titre les artistes. Elle figurait parmi les desiderata exprimés au comité de l'Exposition internationale de Bruxelles pour être soumise, sous forme de concours, à l'investigation des spécialistes. Si la sculpture chryséléphantine continue à se développer, comme tout le fait espérer, ces difficultés de métier devront être définitivement résolues pour lui permettre d'élargir son champ d'action. Dans le Sphinx du Silence, l'une des œuvres capitales du Salon de Tervueren, Charles Van der Stappen esquivale problème en combinant ingénieusement la disposition du casque et de l'armure, tous deux en métal, avec les parties visibles du visage et du cou, taillées dans un superbe morceau d'ivoire. Ce procédé lui permit de réaliser un buste de dimensions naturelles, lequel, par l'harmonie des lignes, la souplesse du modelé et le goût des ornements, marque à la fois dans l'œuvre de l'artiste et parmi les plus remarquables envois du Salon. Je reviendrai prochainement, dans une étude d'ensemble consacrée à Charles Van der Stappen, sur cette figure et sur un autre ivoire, orné de pierreries, que l'artiste composa, à la demande du Comité de l'Exposition, pour être offert à l'heureux gagnant du gros lot de la Tombola. Le Sphinx du Silence est conçu dans un sentiment décoratif qui a inspiré deux autres compositions, par lesquelles je termine la nomenclature des morceaux de choix qu'abrita, durant six mois, le Palais Colonial: un Saint Michel de belle allure de D. Weygers, et un Masque, à l'expression énigmatique, de Fernand Khnopff. Dans la composition du premier, M. Weygers a échappé, comme Constantin Meunier pour son Christ, au péril des redites. Saint Michel, qui est le patron de Bruxelles et dont l'image colossale, en bronze doré, évolue sur la flèche de l'Hôtel de Ville, est particulièrement en honneur dans les ateliers de la capitale, et il Chrysis. G. DEVREESE.

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La Sculpture en Ivoire à l'Exposition de Bruxelles n'est guère de statuaire qui n'ait reçu, au moins une fois dans sa carrière, la commande d'une effigie de l'archange triomphant. On pressent la difficulté de ne pas répéter ce qui a été fait antérieurement. M. Weygers s'est tiré d'affaire en artiste habile qui unit aux connaissances techniques un sens spécial des exigences ornementales. D'autres œuvres mériteraient une mention, sans doute. Et les noms d'Hippolyte Le Roy, de Guillaume Charlier, de Charles Samuel, de Pierre Braecke, de Desenfans, de De Tombay me viennent à la plume, évocatifs de travaux dans lesquels apparaît un sérieux souci d'art. Mais cet examen succinct ne peut s'étendre à tous. Les lecteurs de la Revue auront d'ailleurs, si le projet dont on m'a fait part se réalise, l'occasion d'apprécier à Paris, en 1900, l'ensemble de la production artistique qui, dans ce domaine spécial, a eu en Belgique une si rapide fortune. Le mouvement restera-t-il limité, comme il l'est actuellement dans les Flandres, à l'exécution de délicates et souples figurines? Il y a tout lieu, croyons-nous, de supposer que l'exemple donné par les sculpteurs sera suivi dans les industries d'art. L'Ivoire se prête à ravir aux usages les plus variés; il peut recevoir, entre des mains habiles, les destinations les plus simples ou les plus compliquées, depuis les coffrets ouvragés, à décor d'entrelacs ou de figures que l'ancienne Byzance fabriqua, jusqu'aux étuis japonais, jusqu'aux cuillères et aux peignes si curieusement fouillés de l'Assyrie et de la vieille Égypte. Nous appelons de tous nos vœux ce renouveau. Octave Maus Vénusberg. E. RONBAUX. Biscuits de Sèvres (xvm° siècle). BOIZOT.

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Le Concours de la Société d'Encouragement à l'Art et à l'Industrie --- Cul-de-lampe. THOMAS. La Société d'Encouragement à l'Art et à l'Industrie avait mis au concours, cet été, entre les élèves des écoles d'art, un diplôme à décerner aux lauréats de ses concours, une carte d'invitation à ses soirées, une composition artistique destinée à servir de couverture au programme de ses représentations, et une marque ou monogramme à employer comme cul-de-lampe dans les publications de la Société. Ce concours a été jugé le mois dernier par une commission formée en partie de membres de la Société, en partie de fonctionnaires délégués par l'administration des Beaux-Arts, par laquelle la Société est subventionnée. Quelques critiques d'art avaient été adjoints au jury. J'en étais. Je n'étonnerai personne en disant que, malgré l'abondance des projets — il y en avait en tout plusieurs centaines — le concours a été trouvé unanimement très médiocre. Cette médiocrité, les programmes en étaient peut être un peu responsables, car il y manquait ces indications sommaires qu'on ne devrait jamais négliger dans un concours entre élèves, et qui Concours de diplôme (1er prix). Toutes ces compositions devaient être composées pour être reproduites en phototypie. appellent leur attention par avance sur les difficultés du sujet, en précisant nettement CHAUDET.

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Concours de la Société d'Encouragement les exigences spéciales auxquelles il est tenu de satisfaire, par définition même. pose de l'orner. Vous ne trouverez pas moins absurde, en y réfléchissant, le dessinateur qui, Concours de diplôme. Il me paraît indispensable, en effet, quand on propose pour sujet de concours un diplôme, d'établir ce qu'entendent par ce terme tous les gens qui réfléchissent tant soit peu. Un diplôme n'est pas une composition décorative comme une autre : c'est un certificat avant tout. Ce qui constitue, pour celui auquel on le décerne, l'essentiel, c'est la mention qu'il contient du concours à la suite duquel on le décerne, et, plus encore que cette mention, l'indication du prix, contre-signée par le président du jury. Le premier soin de l'artiste chargé de l'exécution d'un diplôme sera donc de disposer d'une façon apparente, bien en vue, l'arrangement typographique ou la combinaison de lettres qui constituent le côté pratique de la chose, c'est-à-dire le certificat. Vous ririez d'un menuisier qui, ayant à exécuter un buffet, se préoccuperait de la partie ornementale tout d'abord, et ferait dépendre la forme du buffet des dimensions ou des dispositions des panneaux dont il se pro- pour créer un diplôme, s'inquiétera surtout de disposer d'une façon agréable pour l'œil un groupe de figures symboliques et fera passer le certificat au second rang. C'est ce qui est arrivé, pour le diplôme de la Société d'Encouragement, à la plupart des concurrents. Ils ne se sont pas rendu compte qu'il importait avant tout de laisser au milieu de la composition un grand blanc dans lequel les indications nécessaires s'inscriraient, et que le plus clair de leur travail consistait à délimiter ce grand blanc par un encadrement auquel on n'interdisait pas le pittoresque, mais auquel il était formellement défendu de tirer l'œil au détriment de la partie essentielle, le certificat. De tous les concurrents, deux seulement ont compris d'une façon précise les exigences spéciales du sujet. Le jury a récompensé par un premier prix celui qui, tout en se donnant pour loi d'accuser, dans sa composition, la destination spéciale du diplôme, tout en encadrant, d'autre part, d'une bordure très franche FR. BREARD.

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Art et Décoration le champ sur lequel s'enlevait la mention caractéristique. Société d'Encouragement, 8e concours général de composition décorative, etc., avait PAUL FOLLOT. su vivifier l'ensemble en y introduisant d'un côté des figures et de l'autre une série d'attributs destinés à affirmer mieux encore l'idée de prix, et de prix décerné à une œuvre d'art. La reproduction que nous donnons de ce projet, dû à M. Georges Chauvet, de l'Ecole régionale des Arts industriels de Reims, permettra à nos lecteurs de juger du bel équilibre logique de sa composition et des qualités qui s'y attestent. Il eût été meilleur encore si le détail en avait été moins touffu dans la partie inférieure, et si la coloration en avait été d'un vert moins acide. On n'a point accordé de prix, et je le regrette, à une composition conçue dans le même esprit et fort intéressante, de M. François Bréard, élève de l'Ecole nationale des Arts Décoratifs de Paris. La maigreur de son encadrement et la disposition un peu confuse des lettres ont rendu sévère pour lui le jury. Nous le reproduisons pourtant de préférence aux projets honorés de la seconde et de la troisième récompense. Tout en rendant justice au mérite pittoresque et à l'agrément indéniable des figures dont M. Lorant, élève de l'Ecole Bernard-Palissy, a fait le motif principal de sa composition, j'estime qu'il s'était mis de lui-même hors concours en ne réservant pour le certificat qu'une portion infinitésimale et tout à fait insuffisante de l'ensemble. Le projet de M. Senninger, de l'Ecole nationale des Arts Décoratifs de Paris, ne m'a paru, de son côté, qu'assez médiocrement réussi, et sa composition, correcte d'ailleurs, n'est formée que d'éléments banals. Pour la carte d'invitation, les résultats ont été moins satisfaisants encore que pour le diplôme. Un seul projet méritait l'attention : c'est celui que nous avons reproduit. Il est l'œuvre de M. Henri Thomas, de l'Ecole nationale des Arts Décoratifs de Paris. Nos lecteurs y constateront comme nous, en même temps qu'une distinction élégante, un heureux emploi de la figure et des encadrements d'une variété ingénieuse. Le programme a donné lieu à un petit nombre de compositions bien comprises, parmi lesquelles on en retenait deux surtout, envoyées par le triomphateur du diplôme, M. Chauvet. Elles méritaient toutes deux le premier prix. J'aurais préféré voir récompenser, pour ma part, celle qui comporte, comme motif central, le masque de la Comédie, et dont THOMAS. les feuillages ornementaux portent, en guise de fleurs, des globes de lumière. L'autre a néan-

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Concours de la Société d'Encouragement moins emporté les suffrages, mais je lui reproche un emploi mal justifié de la figure. Cette jeune leur art. Sacrifiant à une fausse élégance, ils recherchent les ornements maigres et les griffonnis à la plume, qu'ils devraient exclure à tout prix. Certes, l'auteur du projet auquel on a décerné le premier prix a témoigné d'un talent des plus fins dans sa composition. Mais cette légèreté, dans l'art du livre, n'est pas de mise... Comparez à cet ornement typographique si frêle, qu'un souffle le ferait envoler, la belle tenue du projet de M. Thomas, bien arrêté dans son encadrement, et si franc dans son parti d'opposition de noirs et de blancs. Le projet de M. Paul Follot (second prix) n'est pas le rêve, mais le souci de la destination typographique s'y atteste, et à ce titre seul il serait infiniment préférable aux lignes grèles dont le projet de M. Guyot se compose et qui lui donnent de loin l'apparence, non d'un cul-de-lampe, mais d'une simple toile d'araignée. Nous n'en féliciterons pas moins la Société d'encouragement d'avoir mis ces sujets au concours. Que les résultats du concours soient médiocres, peu importe. Il suffit, pour ramener à un plus juste sentiment de certaines nécessités artistiques, d'avoir éveillé sur elles l'at- Couverture de programme (1er prix). CHAUVET. fille au type hiératique, dont les mains, avec un respect religieux, tiennent un lis, ne me semble caractériser aucunement le programme de soirée auquel elle a la prétention de servir de frontispice. On adressera le même reproche aux projets reproduits par nous, quoique non primés, de M. Paul Follot, élève de l’École Guérin. Mais la composition du premier, sans être originale, n’est pas dépourvue d’habileté, et le camaïeu bistre en est fort agréable. On a goûté assez vivement dans le second une jolie saveur archaïque. Quant à la marque de la société, on peut dire qu’à part une demi-douzaine de projets, le résultat du concours est néant. Sauf un seul, qui n’a pu pourtant réunir le nombre de suffrages nécessaire pour un prix, aucun des concurrents n’a donné à sa composition le caractère de largeur et de simplicité, dont le sens typographique fait un devoir à tout artiste chargé de composer un ornement de bas de page ou de fin de chapitre. Il est vrai que nos imprimeurs, les premiers, ignorent le plus souvent ce principe, jadis élémentaire dans Couverture de programme. CHAUVET. tention. Imprécises dans ces premiers essais, les idées de la jeunesse se formeront et se cla-