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Plaisir de France AVANT-PREMIÈRE BRUXELLES 1958 survol en hélicoptère. L'INDE INNOMBRABLE notre voyage de printemps DE HENRI IV A LOUIS XIII chez l'antiquaire. FÉVRIER 1958

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SOMMAIRE A NOS LECTEURS Après avoir fait interpréter la rose par vingt artistes contemporains et mis sous les yeux de nos lecteurs cette exposition deux années durant, allions-nous la prolonger indéfiniment? C'eût été lassant. La rose reste notre emblème mais pour répondre à un désir de renouvellement, sans pour cela sacrifier à des pratiques tapageuses, nous illustrerons dorénavant notre couverture avec une ou plusieurs images se rapportant à un des sujets principaux traités dans le numéro. Sur notre couverture : statue polychrome et dorée de la fin du XVIe siècle, représentant sainte Marie l'Egyptienne (chez Besset, antiquaire). La Légende Dorée veut qu'une courtisane d'Alexandrie soit venue un jour à Jérusalem où elle fut touchée par la grâce. Elle se retira dans le désert en emportant trois pains qui miraculeusement suffirent à sa nourriture pendant 47 ans. Sa robe tombée en poussière, elle n'était vêtue que de ses cheveux. Lorsqu'elle mourut, un lion lui creusa une tombe de ses griffes. (Photographie Pierre Jahan) --- PLAISIR DE FRANCE (IMAGES DE FRANCE) Revue mensuelle DIRECTEUR GÉNÉRAL-RÉDACTEUR EN CHEF : OLIVIER QUÉANT FÉVRIER 1958 No 232 Pages D'un mois à l'autre - AUX DEUX POLES DE L'ACTUALITÉ, par Olivier Quéant ... 1 - Avant-première Bruxelles 1958 - SURVOL EN HÉLICOPTÈRE, par Roger Baschet 4 - Une destinée romanesque - CENT ANS APRÈS SA MORT : L'INOUBLIABLE RACHEL, par Jeanine Delpech. ... 8 - Sports d'hiver - A SKIS RACCOURCIS, par Michel Clare ... 14 - La France méconnue - L'ABBAYE D'OURSAMP, par René Briat... 16 - En marge des collections - SIGNÉ PARIS... 22 - Notre grand voyage de printemps - L'INDE INNOMBRABLE, par Francis Brunel... 24 - Paris demain - LA PLUS GRANDE VOUTE DU MONDE... 34 - Une nouvelle inédite - LE DERNIER TRAIN, par Geneviève Gennari... 36 - De Henri IV à Louis XIII - CHEZ L'ANTIQUAIRE, par Saint-Sère... 41 - DANS UNE DEMEURE RÉCEMMENT RESTAURÉE 46 - Les ventes - LES GRANDES ENCHÈRES À PARIS, par Raymonde Wilhélem ... 52 - Nos chroniques, la sélection du mois - THÉÂTRE, par Robert Kemp, de l'Académie française... 54 - CINÉMA, par Marcel Lasseaux... 56 - EXPOSITIONS, par René Barotte... 58 - DISQUES : théâtre et poésie, par Anne Fourny 60 - LIVRES, par Yves Gandon... 61 - LA DEUXIÈME ÉPREUVE DE NOTRE CONCOURS TOURISTIQUE 1958... 62 - L'ALBUM DE MON PÈRE... 64 - ÉCHOS ET INFORMATIONS - DISQUES DE MUSIQUE CLASSIQUE ET CONTEMPORAINE, par Gustave Samazeuilh Droits réservés pour tous les articles de ce numéro (textes et gravures). Copyright by Plaisir de France 1958. Les manuscrits non insérés ne sont jamais rendus et ne pourront en aucun cas faire l'objet d'une réclamation.

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UN MUR N'EST PLUS UNE FRONTIÈRE LA GLACE-MIROIR apporte dans votre foyer lumière, mouvement et joie! --- Pub. F. G. V. ENTACHROME RANK --- Un mur inerte et triste devient IMAGE VIVANTE ET COLORÉE Une pièce étriquée et morne devient SPACIEUSE ET GAIE --- EN VENTE CHEZ TOUS LES MIROITIERS

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Baguès 57, Avenue Raymond Poincaré Paris.

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PRINTEMPS 1958 Cannes CASINO MUNICIPAL - ROULETTE • 30 ET 40 • CHEMIN DE FER • BANQUE - COMEDIES • CONCERTS CLASSIQUES • VARIETES - 6 FEVRIER au 16 MARS : GRAND BALLET DU MARQUIS DE CUEVAS - 29 MARS au 13 AVRIL : REPRESENTATIONS D'OPERAS - Décrétés, costumes et musées ouverts du FESTIVAL D'AIX-EN-PROVENCE AMBASSADEURS : SIX GRANDS GALAS --- 2 GOLFS : MOUGINS et MANDELIEU 22 et 23 février : « LES COUPES D’OR DE MOUGINS » TOURNOIS DE TENNIS au CANNES L. T.C. GALLIA et CARLTON T.C. YACHTING : Mars-Réponse-Renouvelés • Pâtures, Régates Internationales HIPPODROME DE LA CÔTE D’AZUR (Cannes-sur-Mer) Réunions jusqu’au 9 mars (plat, obstacles, trot) 2 au 18 MAI : XIe FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM --- 6 PALACES ET 60 HOTELS DE TOUTES CATÉGORIES MAJESTIC • MONTFLEURI, etc. --- l’Eti à Deauville « LA PLAGE FLEURIE » A 2 HEURES DE PARIS PAR LE RAIL OU LA ROUTE PAQUES A OCTOBRE 3 palaces • 1.450 chambres NORMANDY • HOTEL DU GOLF • ROYAL CASINO - ROULETTE • 30 ET 40 • CHEMIN DE FER • BANQUE - GOLF (2 parcours) OUVERT TOUTE L’ANNÉE - 11 ou 14 JUIN : Championnat International Amateurs - JUILLET : Coupe Internationale des Seniors - TENNIS (25 Courts) • REGATES - 16 au 31 JUILLET : TIR AUX PIGEONS - 16 au 21 JUILLET : CONCOURS HIPPIQUE INTERNATIONAL - JUILLET • AOÛT • SEPTEMBRE : COURSES SUR DEUX HIPPODROMES (180 millions de prix) - AOÛT CHAMPIONNAT DU MONDE DE POLO VENTES DE YEARLINGS « CHEZ CHERI » AMBASSADEURS : 10 GRANDS GALAS 2 SERVICES AERIENS pour L’ANGLETERRE : Sur LONDRES par « Air France ». Sur SOUTHAMPTON par « Silver City ». --- PIERRE PAGES CANNES ET DEAUVILLE : Président-Directeur général : F. ANDRÉ

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D'UN MOIS A L'AUTRE AUX DEUX PÔLES DE L'ACTUALITÉ DEUX événements domineront, cette année, de haut, nos soucis quotidiens. L'exposition de Bruxelles, qui sera inaugurée vers la mi-avril, aura pour thème : « Bilan du monde pour un monde plus humain. » Bien que cette manifestation gigantesque dans laquelle cinquante-deux nations donneront chacune un échantillon de son génie puisse inspirer des conclusions aux démographes et aux sociologues, aux humanistes et aux philosophes des réflexions, c'est surtout à la science et à la technique qu'elle se rattache ; à la matière, en un mot. C'est au contraire au domaine de l'esprit que ressortit le centenaire des apparitions de Lourdes, qui sera célébré, lui, le 11 février. A Bruxelles, on espère trente-cinq millions de visiteurs, curieux de voir ce que sera le monde de demain. A Lourdes, on en attend dix millions — en partie les mêmes, qu'ils soient Polonais ou Brésiliens, mais ceux qui viendront ici penseront que notre bonheur n'est pas sur la terre, quoi que nous y fabriquions. Que certains réprouvent les démonstrations de la foi collective — orgueilleux partisans du dialogue individuel entre Dieu et eux — qu'ils crient à la superstition, voire à l'hystérie, laissons-les dire. Ce sont les mêmes qu'arrêtent dans leur élan tout un pseudo-barrage de rationalisme hautain, tout un narquois mépris pour l'iconographie populaire, toute une ironie stridente envers les cantiques enfantins. Ils ne savent pas distinguer le bon grain de l'ivraie ; ils ne veulent pas reconnaître que déjà, en se vouant à autre chose qu'à leurs petites affaires, les brancardiers de Lourdes s'élèvent au-dessus de l'égoïste et du mesquin. Ces esprits forts se refusent à voir que ni la politique, ni la philosophie, ni la science ne conduisent au progrès réel ni au bonheur vrai ; et que s'il n'y avait pas autre chose que les tribulations relatées chaque matin dans les journaux, ce serait à désespérer vraiment des hommes et des choses. --- Centenaire des apparitions de Lourdes, il serait plus exact de dire : centenaire des visions ; car Bernadette Soubirous seule a vu la Dame. Si elle était réellement apparue, d'autres l'auraient vue. Non. Ce message optique (et acoustique, puisque la petite entendit aussi, dans son cerveau, une voix) n'était destiné qu'à une créature et c'est à Lourdes qu'il fut capté. Cette vision miraculeuse fut un point de départ, celui des guérisons. Elles se produisirent devant cette grotte qui avait polarisé le courant mystique, faisant communiquer la terre avec le ciel comme le cratère d'un volcan par où le feu intérieur entre en contact avec l'air. Lourdes : un bouillonnement de la foi ; sans aucune idée péjorative, un abcès de fixation d'un flot immense et bénéfique. Le 11 février 1858, Bernadette brancha l'humain avec le divin. Depuis lors, l'intensité — on aurait envie de dire le survolage — de la prière à Lourdes Bernadette Soubirous.

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B Incorporated 18th September 1967 Address: --- 123 Main Street --- City: --- New York, NY 10001 --- State: --- NY --- Zip Code: --- 10001 --- Phone: --- (555) 123-4567 --- Fax: --- (555) 123-4568 --- Email: --- info@example.com --- Website: --- www.example.com --- Signature: _________________________

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devait provoquer l'étincelle avec l'au-delà ; la formidable pression de la supplique, amener, sous forme de miracles, la réponse du Seigneur. Rapportées dans de nombreuses biographies, les répliques de Bernadette à ses questionneurs ressemblent étrangement à celles d'une autre paysanne : on y retrouve la densité lapidaire, la sûreté tranquille de Jeanne d’Arc, désarmant ceux qui espéraient l’embarrasser. A ces paroles historiques, Marcelle Auclair vient de donner un émouvant contexte sous la forme romancée : sa « Bernadette » (*) qui, depuis Zola et bien d’autres, est le dernier en date de tous les livres consacrés à Lourdes, a le mérite de mettre à la portée de tous l’histoire d’une vie surnaturelle. Le créateur du pavillon de la France à l’exposition de Bruxelles a une solide culture classique : j’ai connu Guillaume Gillet — fils de Louis Gillet et de Suzanne Doumic — en 1949, à la villa Médicis : ce Premier Grand Prix de Rome se livrait alors à des fouilles et à des relevés sous la basilique de Saint-Pierre (nous avons publié de lui des croquis de la rue à Rome dans notre numéro d’avril 1950). Et pourtant, ce grand architecte de quarante-trois ans est aujourd’hui — avec l’étroite collaboration d’un ingénieur, René Sarger — l’auteur d’un bâtiment dont les lignes révolutionnaires n’ont pas fini d’ébahir certains esprits, comme ne manquera pas de le faire aussi son église de Royan. Ailé de glaces, nervuré d’acier, le pavillon de la France à Bruxelles semble un gigantesque insecte : son antenne unique est une longue flèche oblique en acier, agissant comme contrepoids des charges de l’édifice, toutes décentrées et portées sur la périphérie. L’idée de ce « signal » était de M. Pierre de Gaulle. Le commissaire général de la France à l’Exposition avait, à son architecte, tendu une perche : celui-ci en fit un levier. C’est à cet ingénieux équilibre des forces que ce bâtiment doit son apparence aérienne. La même légèreté se retrouvera dans Notre-Dame-de-Royan, construite en voile mince de béton armé. Quant au château d’eau que Guillaume Gillet achève à Caen, c’est un autre exercice d’équilibre : il a la forme d’un cône reposant sur sa pointe comme une toupie. Telle fut la solution, non point extravagante, mais astucieuse, du problème posé : au pied de ce réservoir devait être installé un marché couvert qu’il ne fallait pas encombrer de points d’appui. Jamais les techniques n’ont progressé aussi rapidement qu’à notre époque : l’architecture se devait donc d’évoluer en fonction des procédés et des matériaux. La prochaine apparition dans le ciel de Paris de constructions neuves va être une grande actualité : le palais des Expositions du rond-point de la Défense, celui de l’UNESCO place Fontenoy, celui de l’OTAN à la porte Dauphine. On pourra déplorer que certains de ces bâtiments très modernes, trop proches d’édifices vénérables, s’accordent mal avec leur voisinage. Mais cette architecture nouvelle correspondant à des temps nouveaux, nous devrons bien l’adopter nous-mêmes comme les autres peuples l’ont fait. Il serait déconcertant que nos architectes fussent moins appréciés chez nous qu’ils ne le sont, non seulement dans des pays neufs comme le Venezuela, mais en Inde, en Turquie, en Iran. Dernièrement, nous avons cru bon de rappeler ici que l’aviation était née en France et d’évoquer les noms des pionniers. Charles Pathé, qui vient de mourir à quatre-vingt-quatorze ans, créa dans notre pays l’industrie du film. Il y a aussi loin du hangar à tournage de Vincennes en 1903 aux actuels studios de Hollywood, que du Blériot XI de la première traversée de la Manche au Boeing 707 qui, cette année, va mettre New-York à sept heures de Paris. Mais l’un a permis l’autre, cela il ne faut pas l’oublier. Souvenons-nous du coq de Pathé-Cinéma, de Pathé-Journal, du Pathé-Baby. Encore un nom dont nous pouvons être fiers, encore un champ où un Français a semé. OLIVIER QUÉANT. Guillaume Gillet peut avoir le sourire... Ce Grand Prix de Rome est l’auteur du pavillon de la France qui sera un des « clous » de l’Exposition de Bruxelles. Derrière lui, au mur, les maquettes des cloisons de cet extraordinaire bâtiment, construit en acier, en glaces et en polyester ondulé. Phot. Pierre Jahan. (*) Bload et Gay édit. Photographies J. A. Fortier, Keystone, Associated Press. Charles Pathé.

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De Paris «Tour Eiffel» AVANT-PREMIÈRE EXPOSITION 1958 SURVOL EN HÉLICOPTÈRE Deux fois par jour en hiver, quatre fois en été (en attendant que le service soit encore intensifié lorsque sera ouverte l'exposition), des hélicoptères de la Sabena relient dans chaque sens, en une heure quarante, Paris à Bruxelles. --- DE LA TOUR EIFFEL A L'ATOMIUM La dernière vision que l'on emporte de Paris est la tour Eiffel et la première que l'on ait de Bruxelles est l'atomium : symboles des deux expositions qui auront marqué de grandes étapes du progrès. Rappelons que l'atomium, haut de 110 mètres, est la reproduction d'une molécule d'acier grossie 186 milliards de fois. Ses neuf boules ayant chacune 18 mètres de diamètre serviront de musées atomiques et seront mises à la disposition de différents pays. La plus haute contiendra un restaurant. Un tube central, de 3 m. 50 de diamètre, servira de cage à l'ascenseur le plus rapide du monde, c'est-à-dire capable d'entraîner vingt personnes à la vitesse extrême de cinq mètres par seconde. --- UN petit bâtiment que l'on pourrait prendre pour une gare routière mais qui possède en miniature tous les aménagements des plaques tournantes internationales, depuis le bureau des douanes jusqu'au poste de police à peine plus grand que la cage vitrée d'une cabine téléphonique ; un aéroport qui s'est fait tout petit pour s'insinuer dans Paris même, à proximité d'un métro, place Balard. Et, pour bien marquer qu'il ne doit pas être confondu avec les grands dont il n'a pas les dévorantes ambitions, il a pris le nom d'« héliport » : un terme tout neuf inventé par les Belges pour désigner une station d'hélicoptères et que Lille étrenna en France. C'est à la Compagnie aérienne Sabena que revint en effet l'initiative de créer des services réguliers d'hélicoptères et d'étendre son réseau jusqu'à Lille et Paris après avoir atteint Rotterdam par Anvers, Axel-Terneuzen, Duisbourg, Bonn par Liège, Maëstricht et Cologne. Nos voisins ont compris que ce mode de transports était le complément indispensable de l'avion de ligne. Alors que la vitesse et le poids sans cesse croissants des cargos aériens exigent des aires d'atterrissage de plus en plus vastes (et par conséquent éloignées des agglomérations), les appareils à voilure tournante se contentent pour leurs manœuvres verticales d'espaces restreints qui

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à Bruxelles «Atomium»