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First pages of the volume, freely accessible.

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LES ECHOS DES INDUSTRIES D'ART GRILLE "les Tropiques" FER FORGÉ ET BRONZE composition d'Albert Simonet Édité par SIMONET FRÈRES 60, RUE DES ARCHIVES N° 2 JUILLET 1925

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F. BARBEDIENNE 30 Boulevard Poissonnière, Paris. Michel Roux-Spitz, architecte BONNES ADRESSES - ÉDITIONS D'ART HENRY "A la Pensée" 5 et 5, Faubourg St-Honoré - Paris 8° - MEUBLES D'ART V. RICCI, 77, Avenue Ledru-Rollin - Paris. - PERLES ET PIERRERIES LIMITATION Ad. SCHWENK Eto. 57-59, Rue Réaumar - Paris 2°. - TISSUS DÉCORÉS ALPHÈME, 9, Rue Jean-Goujon - Paris 8°. --- ÉCHOS DES INDUSTRIES D'ART ABONNEMENT SÉPARÉ Prix pour un an France-Belgique . . . . . . 25 fr. Etranger . . . . . . . . . . 50 fr. Les Echos des Industries d'Art, paraissant chaque mois, sont encartés gratuitement dans Les Echos, la grande revue commerciale française --- SOMMAIRE PAGES --- POUR L'ART MODERNE, par FRANTZ-JOURDAIN --- L'ARCHITECTURE NUE, par Guillaume JANNEAU --- EST-CE UNE RENAISSANCE? --- Réponses de J.H. Albert, BESNARD, FRANTZ-JOURDAIN, BENEDICTUS, Clément VAUTEL, L. SUE, Gaston VARENNE, Louis MAJORELLE, J. DESBOIS, Henri SAUVAGE. --- ART, SPORT, COUTURE, par Mme E.-A. ALPHANDERY --- PAGES --- LES BELLES SALLES A MANGER AUX "ARTS DECORATIFS" --- "PRIMAVERA", "SEVRES", "STUDIUM", "POMONE", "MAITROSE", "RULHMANN", "BELGIQUE", "POLOGNE", "DANEMARK". --- PROMENADE A TRAVERS L'EXPOSITION, par J. LEVORT --- LA SECTION DANOISE --- L'ART MODERNE SUR LES PAQUEBOTS, par J. DAL PLAZ ---

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"LA DANSE" FRIS DE J. BERNARD A L'EXPOSITION DES ARTS DÉCORATIFS (Photo Rep.) LES ECHOS DES INDUSTRIES D'ART Pour l'Art moderne par FRANTZ-JOURDAIN Votre Revue arrive à son heure — tentative si opportune et si nécessaire — au moment où vient de s'ouvrir l'Exposition des Arts Décoratifs Modernes qui prouvera la nécessité de l'alliance des Artistes et des Industriels. Vous savez que, depuis plus de vingt ans, je prêche l'union de deux classes sociales qui ne peuvent prospérer, qui ne peuvent vivre l'une sans l'autre et dont l'animosité déplorable l'une pour l'autre a été la cause d'une décadence qui nous précipitait à l'abîme. D'après le programme que je viens de lire, je vois que Les Echos des Industries d'Art vont servir de liaison, non seulement entre les Artistes et les Industriels, mais aussi entre les producteurs et le public. Le goût du public s'est sensiblement affiné depuis quelque temps; il n'accepte plus les ratatouilles de table d'hôte qu'on lui servait autrefois, il sait apprécier, choisir, imposer ses volontés et il entend qu'on fasse de sérieux efforts pour lui plaire. Voyez la révolution qui s'est opérée dans les catalogues, les prospectus, les vitrines, la présentation des objets de luxe. Je connais, à Paris, certaines boutiques où les étoffes sont disposées avec un sens si délicat et si sûr des tonalités qu'elles font une bien dangereuse concurrence aux expositions de tableaux. En vulgarisant pour ainsi dire la beauté dans toutes les branches de la Décoration, dans toutes les manifestations de l'ingéniosité française, un journal tel que vous le comprenez, et tel que vous saurez le diriger, rendra d'immenses services. Il maintiendra les traditions d'élégance et de mesure qui ont imposé nos conceptions au monde entier, et tout en défendant l'indépendance et l'originalité sans lesquelles l'Art n'existe pas, il empêchera l'incohérence et l'excentricité de vicier les qualités de grâce, de charme, de finesse et d'esprit dont notre pays est si fastueusement doué. FRANTZ JOURDAIN Président du Salon d'Automne

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LES LEÇONS DE L'EXPOSITION L'Architecture Nue par Guillaume JANNEAU --- JE ne crois pas, disait Anatole France, aux nouveautés préméditées ». Dans l'Exposition, vaste et nombreuse, des Arts Décoratifs, il y a de ces nouveautés artificielles, il y a des erreurs, mais aussi des trouvailles et des réussites. Il advient même qu'un observateur dégage un enseignement non moins fructueux des premières que des secondes : car ces erreurs ne sont généralement que l'amplification, et le grossissement d'une chose juste. C'est à saisir ces mouvements d'idées communs que peut s'appliquer utilement la critique : ce sont les symptômes de l'évolution des mœurs et du goût. A la vérité, si l'Exposition, rompant avec l'usage des constructions provisoires, eût proposé pour thème aux architectes la création définitive, en matériaux durables, d'un quartier de plus pour Paris, si les problèmes précis et positifs d'urbanisme eussent été résolus ou même étudiés, de toutes parts eussent jailli les idées. La réalité seule est féconde : quels programmes fonder sur ce thème : un palais provisoire, en matériaux faux, ne servant à rien si ce n'est à l'exposition d'œuvres d'exception ? Force était, cependant, aux architectes de le définir ainsi, à moins que d'adopter le parti qu'a choisi l'auteur du pavillon soviétique, M. Melnikoff, et de construire une cage vitrée. Parti logique, d'ailleurs, et dont l'artiste russe n'a pas exploité toutes les ressources. Il lui fallait multiplier les jeux de glaces et les transparences, et bannir tout écran opaque de l'intérieur de sa maison de verre. Il semble que M. Melnikoff n'ait pas aperçu lui-même toute la valeur de son idée. De la chose utile, il pouvait faire une chose belle, en exaltant la spiritualité : car ce ne sont pas les formes qui contiennent l'art ; l'art n'est pas une réalisation, mais un principe. Aussi bien, en dépit du caractère fictif qu'ils conservent, quelques-uns des pavillons de l'Exposition présentent-ils cet intérêt particulier d'exprimer l'une des tendances de l'esprit moderne. Ils trahissent une aspiration de la sensibilité contemporaine : tels sont, notamment, le Théâtre de M. Perret, l'Hôtel du Collectionneur de M. Patou, le pavillon du Lyonnais de M. Tony Garaier, celui de Grenoble de LE PAVILLON DES SOVIETS Konstantin Melnikoff, Architecte LE PAVILLON DE SEVRES Façade extérieure, côté Est P. Patout et Ventre, Architectes

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THEATRE DE L'EXPOSITION Entrée principale, façade Ouest A.-G. Perret et A. Granet, Architectes MM. Selmersheim et Maurice Dufrène, celui de Sèvres de MM. Patout et Ventre. Tous sont composés dans cet esprit de sobriété qui bannit tout décor superfétatoire, favorise le jeu des volumes dans la lumière et se plaît même à accentuer leur masse, leur épaisseur et leur caractère pesant: l'art moderne, très-savant, très-cultivé, rejoint ainsi la grande architecture du XVIIe siècle, celle des Robert de Cotte et des Vauban. Tout autre est la conception des pavillons de la Maîtrise et des Éditions Crès, par MM. Hiriart, Tribout et Beau, de Primavera, par M. Sauvage, de Pomone, par M. Louis Boileau. Là, règne la fantaisie, le luxe matériel, la richesse des effets. C'est là de l'architecture d'exposition parisienne : elle nous est propre: aucun des pavillons étrangers ne trahit la moindre affinité avec son ingénieux caprice. Ceux-ci, généralement, s'inscrivent dans des lignes simples, témoin ceux des Pays-Bas, du Danemark, de la Tchéco-Slovaquie, de l'Autriche, de la Pologne. Sans laisser s'exprimer des dispositions originales, ils ne subordonnent pas l'architecture à l'imagination : ils ne réalisent pas sur le sol une figure de rêve. Ce sont des compositions cohérentes, volontaires, appuyées dans l'expression : où l'on eût, jadis, allégé la massivité du comble en l'animant de lucarnes, on accuse, au contraire, aujourd'hui son volume, on accentue ses proportions : M. Gocar, dessinant le Pavillon national Tchéco-Slovaque, et M. Staal celui des Pays-Bas, coiffés tous deux d'un énorme comble nu, ont même visiblement spéculé sur cet effet. Mais cet expressionnisme nous est peu familier : nous sommes des rationalistes. Aucun peuple ne l'est même à notre manière. Il règne, en France, un esprit de mesure qui s'oppose heureusement à l'esprit de système. Le grand, chez nous, n'a garde d'atteindre le colossal. Le bandeau par lequel MM. Patout et Ventre limitent, en même temps qu'ils consolident les façades du pavillon de Sèvres est puissant, robuste et grave ; mais il n'est pas lourd. Il n'est pas lourd parce que ses proportions, par rapport aux masses qu'il domine, sont justement établies. Le projet primitif du Théâtre de l'Exposition, œuvre de M. Perret, secondé par M. Granet, ne comportait pas ces colonnes, d'ailleurs élégantes et pures, qui créent, sur les façades, des accidents pittoresques, mais la nudité de ses surfaces, dès le principe, était tempérée par l'élément décoratif que constitue, aux deux tiers de leur hauteur, une frise de moulures verticales juxtaposées. Moulures qui révèlent une fonction : ce sont, en effet, les "chicanes" demi-cylindriques pivotantes, pour l'aération de la salle. Voilà l'esprit des recherches françaises. Le goût qu'elles manifestent pour les volumes nettement silhouettés dans l'atmosphère est, pareillement, fondé sur une expérience. Il n'est nullement superficiel ni passager : ce n'est pas une mode. Comme l'ont observé de clairvoyants PAVILLON LYON-SLETIENNE Tony Garnier, Architecte

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analystes, il est déterminé par un facteur décisif de la vie contemporaine : la vitesse. Passant vite, regardant vite, prenant vite connaissance des choses proposées à notre examen, nous avons besoin de clarté. Ce n'est pas la violence d'une excitation qui la fixe dans notre mémoire, c'est sa netteté. L'architecture extérieure, celle du "passant" comme l'appelait Viollet-le-Duc, obéit à cette sollicitation d'ordre psychologique. Elle affecte des formes simples, lisiblement écrites, dont l'emploi généralisé de matériaux privés de contexture naturelle — le ciment armé, les agglomérés — favorise l'élaboration. L'architecture ancienne admettait une décoration ; l'art consistait à la composer de telle manière que le spectateur, en s'approchant, découvrit toujours de nouvelles beautés, depuis les grandes divisions fortement profilées jusqu'aux légers reliefs destinés à réchauffer la froideur des surfaces nues. Il n'en va plus de même. La maison n'est plus, dans l'atmosphère, qu'une masse entre d'autres masses, desquelles il lui faut se distinguer sans toutefois troubler une ordonnance qui doit son caractère et parfois même un véritable style à la répétition systématique des mêmes effets : témoin l'architecture industrielle américaine, la scandinave et l'allemande. Pour l'architecture monumentale, subissant l'influence générale, elle simplifie pareillement ses compositions, comme en fait foi le noble et sobre monument de l'Hartmannsweillerkopf, œuvre de M. Robert Danis : une plateforme en béton couvrant une Pavillon des Pays-Bas J.-F. Staal, Architecte crypte et portant un autel : quatre angles, quatre éperons fendant l'horizon. Nous avons recouvré le goût des formes simples. Quelques-uns même l'érigent en système : c'est le mouvement extrême du balancier. Si la maison d'habitation, desservie, ventilée, éclairée, chauffée par l'électricité, la mécanique et la vapeur, simplifie avec raison ses distributions intérieures, il convient d'observer que la simplicité du monument de l'Hartmann est l'expression d'un sentiment d'ordre esthétique, et non d'un besoin positif. Nous sommes devenus sensibles à la beauté logicienne que ne concevaient pas les vieux artisans. Ils dédaignaient les formes nues. Exécutaient-ils une bassinoire, un compas, une lunette, une arme, un caparaçon, ils en gravaient, ils en niellaient et damasquinaient les surfaces, comme ils animaient de colonnes, de frises et de trumeaux les façades de leurs monuments. Nous laissons aujourd'hui les angles se découper sur le ciel et les formes des carrosseries longues s'accuser par de beaux luisants nets. Nous trouvons une élégance particulière à la machinerie moderne qui conditionne secrètement notre esthétique. Sans doute, les arts ont leurs lois propres; mais l'esprit qui les informe est un. La direction qu'ils suivent, dans leur évolution, est la même, quand ils vivent dans la vie, comme aux belles époques. Guillaume JANNEAU. Pavillon du Collectionneur P. Patout, Architecte. Frise décorative de Joseph Bernard Groupe en pierre A la gloire de Jean Goujon par Jeanniot (Photos Branger.)

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NOS ENQUETES SUR L'EXPOSITION Est-ce une Renaissance? Nous adressons à un certain nombre de personnalités la lettre suivante : 1. Quelle est, selon vous, la tendance architecturale de l'Exposition et comment la caractérisez-vous ? 2. Croyez-vous qu'elle aboutira à une Renaissance ? 3. Quel est l'ensemble architectural qui a vos préférences ? Nous avons déjà reçu de nombreuses réponses qui ne manqueront pas d'exciter la curiosité, qui provoqueront même, peut-être, des polémiques. Elles sont parfois contradictoires, mais, de leur ensemble, il sera pourtant possible de dégager des idées générales. Ainsi sera atteint notre but, qui est d'indiquer la voie à suivre aux pionniers de l'art moderne. Voici les premières réponses qui nous sont parvenues: M. ALBERT BESNARD, Directeur de l'Ecole des Beaux-Arts, un des plus grands peintres dont s'honore l'Ecole Française. Personne ne serait capable de juger l'Exposition actuelle et surtout ses tendances, étant donné son amalgame avec le Paris de toujours. Une cité nouvelle située loin de toute construction et bâtie en accord harmonisé, par une direction d'Art, pourrait seule permettre un jugement d'ensemble sur l'architecture moderne. Actuellement, je me contenterai de dire que, malgré l'incohérence des édifices et surtout de leur emplacement, j'éprouve un certain soulagement à ne pas voir se répéter une fois de plus l'architecture et les décors de nos belles époques. ALBERT BESNARD. M. FRANTZ-JOURDAIN, Président du Salon d'Automne et précurseur de l'architecture moderne. La tendance actuelle est la simplicité, peut-être même poussée à l'excès, la recherche de l'effet architectural par la logique de la construction, le respect de la matière employée, la perfection de la main-d'œuvre. Il faut le reconnaître loyalement, qu'on le regrette ou non, c'est le cubisme qui a imposé sa formule à l'Exposition de 1925. Cette formule qui, en peinture où elle donna toute son énergie au début, s'étiole et se meurt, triomphe, logiquement d'ailleurs, en architecture et dans les Arts Décoratifs qui subissent son empreinte, aussi bien dans la verrerie que dans la reliure, dans les meubles que dans les tissus. De cet effort vraiment émouvant pour se débarrasser des vieilles formules, sortira certainement un style nouveau et nous assisterons à une véritable Renaissance. Il y a des œuvres si charmantes, si ingénieuses, si originales, si personnelles dans la section française que j'ai peur de commettre une injustice en en choisissant une, quand d'autres mériteraient une gloire au moins égale. Je me rabats donc sur les sections étrangères car, je crois, les pavillons de la Hollande et de la Tchécoslovaquie tiennent la corde. Je ne crois pas toutefois qu'aucune construction ait fait oublier la Galerie des Machines et la Tour Eiffel.