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LES CARTONS DE LA MANUFACTURE NATIONALE DE SÈVRES — ÉPOQUE MODERNE — PUBLIÉS SOUS LA DIRECTION DE ALEX SANDIER DIRECTEUR DES TRAVAUX D'ART ET PRÉCÉDÉS D'UNE INTRODUCTION DE GEORGES LECHEVALLIER-CHEVIGNARD CHEF DES SERVICES ADMINISTRATIFS, DE LA BIBLIOTHÈQUE ET DES ARCHIVES DE LA MANUFACTURE PARIS LIBRAIRIE GÉNÉRALE DE L'ARCHITECTURE ET DES ARTS DÉCORATIFS CH. MASSIN, ÉDITEUR 51, RUE DES ÉCOLES, 51

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LES CARTONS DE LA MANUFACTURE NATIONALE DE SÈVRES — ÉPOQUE MODERNE —

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Des mêmes auteurs : LES CARTONS DE LA MANUFACTURE DE SÈVRES ÉPOQUES LOUIS XVI ET EMPIRE

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LES CARTONS DE LA MANUFACTURE NATIONALE DE SÈVRES — ÉPOQUE MODERNE — PUBLIÉS SOUS LA DIRECTION DE ALEX SANDIER DIRECTEUR DES TRAVAUX D'ART ET PRÉCÉDÉS D'UNE INTRODUCTION DE GEORGES LECHEVALLIER-CHEVIGNARD CHEF DES SERVICES ADMINISTRATIFS, DE LA BIBLIOTHÈQUE ET DES ARCHIVES DE LA MANUFACTURE PARIS LIBRAIRIE GÉNÉRALE DE L'ARCHITECTURE ET DES ARTS DÉCORATIFS CH. MASSIN, ÉDITEUR 51, RUE DES ÉCOLES, 51

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INTRODUCTION Les documents que l'on trouvera dans ce recueil ont été choisis parmi les projets de décoration que la Manufacture de Sèvres a, au cours des quinze dernières années, reproduits d'après les compositions des peintres attachés à la Maison et surtout d'après celles d'artistes étrangers à son personnel. Ainsi groupées, ces œuvres, d'inspiration très différente, prennent une signification précise et apparaissent bien comme des manifestations caractéristiques de ce « style moderne » dont les tendances, un peu incohérentes peut-être au début, sont aujourd'hui assagies et appliquées dans toutes les branches de l'art décoratif. Et en parcourant ces planches harmonieuses où sont utilisées toutes les ressources de la stylisation, on est amené à constater que la Manufacture a su, dès longtemps, prendre dans les doctrines nouvelles ce qu'elles contenaient de meilleur, sans renoncer aux qualités de pondération et de grâce qui ont toujours distingué ses productions. Ainsi cette maison que l'on a si longtemps accusée — le grief était passé à l'état de lieu commun — de rester par principe en arrière ou même en dehors du mouvement par lequel se renouvelle chaque jour tout ce qui touche à l'art décoratif, fut donc ici parmi les novateurs, et il faut reconnaître que, sous la direction d'Alexandre Sandier, elle sut faire bon marché de « l'honnête médiocrité » qui lui assurait dans le public une estime également exempte de discussions et de gloire. Elle courut l'aléa qu'entraînait l'affiliation résolue à une école dont les créations étaient loin alors d'avoir conquis la généralité des amateurs. Et, si le succès d'expositions comme celles de 1900 à Paris et de 1904 à Saint-Louis a démontré que l'effort n'avait pas été inutile, nous ne devons pas oublier quelle persévérance avait été nécessaire pour tirer les artistes de l'ornière où ils s'enlisaient et pour leur rendre une personnalité qu'ils avaient perdue. C'est de 1894, en effet, que date l'orientation nouvelle donnée aux travaux de Sèvres, et c'est contre des habitudes vieilles de près d'un siècle que la direction d'art de la Manufacture eut à lutter à cette époque. Il semble que depuis le premier Empire les portes de la maison se soient lentement fermées sur ceux qui y étaient entrés et que de moins en moins les influences extérieures aient été admises à y faire pénétrer leur souffle vivifiant. La longue domination des chimistes qui, au cours du

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INTRODUCTION xix° siècle, furent successivement appelés à présider à ses destinées, avait fatalement relégué au second plan le souci de la valeur artistique et interverti les rôles : tandis que le but doit être, avant tout, de créer de belles œuvres originales et que, tout naturellement, l'initiative des travaux doit revenir aux artistes, il semble que la recherche de la beauté ait alors été remplacée par l'unique préoccupation de mettre en valeur les découvertes techniques des savants. Ces tendances s'étaient manifestées dès l'Empire, et le régime imposé par Napoléon Ier à la Manufacture les avait singulièrement favorisées. Au lieu de la liberté et de la fantaisie qui avaient caractérisé la production au xvm° siècle, l'empereur avait donné à l'établissement un but utilitaire qui devait nécessairement restreindre la variété de sa fabrication, et il avait trouvé en Brongniart un esprit autoritaire dont le premier soin fut de proscrire la « pâte tendre », si précieuse, si exquise et si riche entre les mains des artistes du temps de Louis XV et de Louis XVI. Ses travaux avaient perfectionné au plus haut point les moyens de fabriquer et de décorer la pâte dure; mais cette matière, remarquable par ses qualités pratiques, uniquement employée depuis lors, n'offrait aux décorateurs que des ressources bien médiocres et sans variété. En outre, des artistes excellents entrèrent alors dans les ateliers de Sèvres; mais ils eurent le défaut d'y rester trop longtemps et d'empêcher, par leur présence, l'incessant rajeunissement qui doit être la règle d'une maison d'art. Ces hommes, devenus des fonctionnaires, perdirent tout contact avec le dehors, s'immobilisèrent dans une formule et se complurent dans des travaux longs et compliqués dont l'exécution matérielle les mettait à l'abri pour de longs mois, parfois pour des années, de tout effort, de toute recherche nouvelle, en un mot de toute initiative. Les uns et les autres étaient parvenus à une habileté incontestable qui, aujourd'hui encore, suscite l'étonnement du public devant les assiettes du musée de Sèvres où sont peintes les vues des châteaux de France ou devant les plaques de porcelaine sur lesquelles sont reproduits les tableaux du Louvre; mais il ne faut pas craindre de dire que ces qualités apparaissent bien médiocres et négligeables lorsqu'elles sont aussi stériles au point de vue de l'art. Le mal, sans cesse aggravé pendant les cinquante premières années du siècle, fut loin de disparaître sous Napoléon III : dans cette période où l'art décoratif connut une décadence d'autant plus profonde qu'elle n'était faite que d'imitations maladroites, il eût été bien étonnant que la Manufacture se renouvelât : deux artistes étaient seuls chargés d'établir inlassablement des projets, d'avoir de l'imagination, de la grâce et du goût, pour les trente décorateurs qui, dans les ateliers, passaient leur vie à copier des compositions sans originalité. Parfois, cependant, apparaissait une composition plus aimable, gracieuse et neuve; c'est que, par une exception trop rare, l'on avait fait appel au concours d'un artiste du dehors, Hamon, Gérôme, ou quelque autre de la même école.... Après 1870, on eut bien la conscience de la lente dégénérescence artistique de la Manufacture. Une docte commission pensa y porter remède en indiquant toutes les qualités que devait posséder une œuvre digne du renom de la maison : il s'agissait simplement de retenir ce que les arts céramiques avaient produit de plus parfait à chaque époque depuis leur lointaine origine et de se servir de tous ces éléments pour créer des œuvres nouvelles! Heureusement, vers le même temps, arrivait à Sèvres Carrier-Belleuse : avec lui, avec les élèves qu'il amena, un peu de vie et de mouvement pénétrèrent dans les ateliers depuis trop longtemps soustraits aux influences extérieures; sous sa direction, la sculpture en biscuit prit un nouvel essor et on lui doit un grand

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INTRODUCTION nombre de figures et de groupes précieux, bien appropriés à la matière, toujours élégants de composition et d'exécution. Carrier-Belleuse, toutefois, ne pouvait avoir la même influence bienfaisante sur la décoration des vases : et cela était d'autant plus fâcheux que, depuis 1880, les laboratoires de la Manufacture avaient établi la formule d'une « pâte nouvelle » qui apportait enfin aux décorateurs la possibilité de modifier leurs méthodes de travail et de varier considérablement leurs effets par l'emploi des émaux. Carrier-Belleuse disparut en 1887. Sa succession revint à l'un des meilleurs artistes de la maison, Gobert, qui s'était distingué depuis longtemps par ses travaux sur porcelaine et aussi par ses décorations en émaux sur métaux. Gobert, malheureusement, était un artiste très personnel, indépendant, et il n'eut pas sur les artistes de Sèvres une autorité suffisante pour orienter la production artistique dans une voie nouvelle. L'évolution nécessaire devait s'accomplir peu d'années après sous la pression de l'opinion publique. Vers 1892-1893, l'existence même de la Manufacture fut mise en discussion, et le Parlement n'en accepta le maintien que sur l'engagement formel pris par le ministre de l'Instruction publique d'alors, Léon Bourgeois, d'en modifier complètement les conditions de fonctionnement et d'en renouveler la production. Lentement apparaissait la nécessité de rendre aux artistes, à l'art, la prédominance qui doit leur appartenir dans les destilées d'un établissement dont le passé est si riche de créations originales et dont le nom ne pouvait évoquer que des souvenirs de grâce et de beauté. Chaplain, le maître-graveur, apporta son effort à cette œuvre, mais il dut renoncer dès 1897 à ce surcroît de labeur et abandonner le combat qu'il fallait patiemment soutenir pour imposer l'esprit nouveau aux décorateurs de Sèvres. Il laissa cette charge périlleuse à M. Sandier, son collaborateur depuis deux ans, qui arrivait là avec l'autorité et la réputation d'un des chefs du mouvement moderne. Celui-ci estima qu'aucun compromis n'était possible entre les habitudes anciennes et les tendances qu'il s'était engagé à faire triompher dans la maison. Il se réserva d'une façon exclusive la composition des formes et apporta dans ce travail une méthode rigoureuse, faite de logique et de raison : ennemi de tout artifice de construction, il proscrivit absolument les assemblages, les montures qui trop souvent enlèvent à un vase, à une coupe ou à un objet quelconque, sa raison d'être. Quant à la décoration, il fit résolument appel à des artistes du dehors, stimulant l'initiative des meilleurs de ceux qui travaillaient dans la Manufacture, leur montrant la voie à suivre et les aidant à triompher des difficultés. Depuis lors, cette direction n'a pas cessé d'être appliquée à la Manufacture qui, en même temps qu'elle encourage chez les artistes faisant partie de son personnel toutes les recherches et tous les efforts, fait un appel chaque jour plus large au concours des décorateurs dont le talent se révèle ou s'affirme au dehors. Ainsi, loin de s'isoler, elle s'efforce de vivre en un contact toujours plus intime avec ce que l'art moderne crée de meilleur et de plus vivant. Et, ce faisant, elle est rentrée dans la tradition des époques qui ont établi sa réputation et assuré sa longévité. Car il est incontestable que l'originalité et la variété de ses productions au xvm° siècle sont dues pour une bonne part à ce qu'elle fut mêlée à tous les mouvements de ce siècle : ses relations journalières avec la Cour, les fantaisies du roi, les exigences de Mme de Pompadour et de la Dubarry, la nécessité de fournir aux souverains étrangers des objets nouveaux et somptueux, contraignaient tout le personnel à un effort sans cesse renouvelé. Et tous se sentaient soutenus, alors comme aujourd'hui,

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INTRODUCTION par la présence au milieu d'eux des grands artistes, qui se faisaient un devoir et presque une gloire d'abandonner parfois leurs travaux personnels pour apporter à la Manufacture des directions précieuses et laisser aux décorateurs dans une esquisse, un croquis, une ébauche, la trace de leur génie ou de leur talent. La grandeur d'une maison d'art ne peut être assurée que par un incessant apport d'idées, empruntées à ceux qui, isolés, combattent au dehors. Ainsi ce recueil tout moderne se rattache à celui précédemment publié où se trouvent groupés "les cartons de Sèvres au XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle": l'un et l'autre sont, à plus de cent ans de distance, comme des témoignages de la volonté de la Manufacture de vivre, à chaque époque, avec son temps. GEORGES LECHEVALLIER-CHEVIGNARD.

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TABLE DES PLANCHES PLANCHES --- 1. --- Compositions de Mme G. Rault. --- 2. --- Mme G. Rault. --- 3. --- M. Lasserre. --- 4. --- MM. Barberis, Sandier et Bethmont. --- 5. --- Mmes Leroux et Bethmont. --- 6. --- M. Gillet. --- 7. --- Mmes J. et M. Vesque. --- 8. --- Mme G. Rault. --- 9. --- M. Barberis. --- 10. --- Mme Bethmont. --- 11. --- MM. Barberis, Sandier, Mmes Leroux et Boyer de Sorieres. --- 12. --- M. Couty. --- 13. --- MM. Benedictus et Barberis. --- 14. --- Mlle Lucy Marchandise. --- 15. --- M. Thiellement et Mme G. Rault. --- 16. --- Mme G. Rault. --- 17. --- MM. Barberis, Ulhrich, Mmes L. Marchandise et Bethmont. --- 18. --- Mmes J. et M. Vesque. --- 19. --- Mmes L. Marchandise et Bethmont. --- 20. --- Mme G. Rault. --- 21. --- M. Gillet. --- 22. --- M. Gillet. --- 23. --- Mme G. Rault. --- 24. --- MM. Sandier, Barberis, Mme Bethmont. --- 25. --- Mmes J. et M. Vesque. --- 26. --- M. Gillet. --- 27. --- Mme Leroux. --- 28. --- Mme G. Rault. --- Cul-de-Lampe de l'Introduction. Composition de M. Barberis. --- PARIS. — L. MARATHOUX, INC., 1, RUE CASSETTE.