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LES ARTS N° 137 Mai 1913 --- J.-M. NATTIER. — PORTRAIT DE JEUNE FEMME (Collection Eugène Fischhof)

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LA COLLECTION EUGÈNE FISCHHOF Le 14 juin prochain aura lieu la vente d'une des collections parisiennes les plus justement estimées, la collection Fischhof dont, pour des raisons de santé, son possesseur a décidé, non sans regrets, on l'imagine, de se séparer. Parmi les innombrables œuvres d'art de toutes les époques et de toutes les écoles qui lui ont passé par les mains au cours de sa déjà longue carrière, M. Fischhof avait conservé ces quelque quatre-vingts toiles au milieu desquelles il ne s'en trouve pas une, on peut le dire, qui ne soit une œuvre de premier ordre; les toiles mêmes qui représentent ici ces maîtres suffiraient vraiment à faire la joie des amateurs les plus exigeants et l'honneur des collections les plus choisies. C'est, en effet, une chose admirable que dans la production du passé se rencontrent si rarement des morceaux médiocres; ils se sont éliminés d'eux-mêmes, dira-t-on, à travers les siècles. Il se peut, mais, quoi qu'il en soit, l'on ne contestera point qu'étant donnée la sévérité des disciplines que s'imposaient autrefois les peintres, il est exceptionnel de se trouver en présence d'œuvres anciennes entièrement dénuées de valeur. C'est ainsi qu'à côté des chefs-d'œuvre qui font de la collection Fischhof une collection unique, l'on peut voir des morceaux signés de noms moins illustres, je veux dire moins universellement connus du grand public, mais devant lesquels un véritable amateur d'art ne saurait demeurer insensible. Parlons d'abord des premiers. De Nattier, du grand portraitiste qu'il est toujours, voici l'adorable Portrait de jeune femme de la collection Doucet. Rien de plus tendrement séduisant que cette fleur de chair lumineuse, épanouie parmi les mousselines plissées et garnies de perles de son corsage, avec, sur le bras gauche, un nœud de ruban rose et, formant draperie et descendant en travers de l'épaule droite devant la poitrine, ce large ruban chiffonné d'un bleu doux qui s'harmonise si bien avec les tonalités de la gorge et celles des cheveux bruns ornés de perles dont une mèche négligemment glisse sur son épaule. Quel enchantement! avec quelle perfection tout cela est exécuté! Quelle maîtrise! Auprès d'une page iconographique de cette qualité délicate et tendre, le piquant contraste que fait le beau Portrait de jeune femme avec son enfant de Corneille de Vos, d'exécution si solide et si ferme, non point plus véridique ni plus observé, certes, mais véridique et observé si différemment. Qui dirait qu'il n'y a qu'un siècle entre un Nattier et un Corneille de Vos! Le portrait de Nattier est, malgré sa netteté, plein de sous-entendus; celui de C. de Vos plein de précision. Les étoffes dont est vêtue la jeune mère hollandaise, le devant de broderie de son corsage, la CORNELIS DE VOS. — PORTRAIT DE JEUNE FEMME AVEC SON ENFANT

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LA COLLECTION EUGÈNE FISCHHOF JAN STEEN. — LA NOCE

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LES ARTS robe à dessins bleus sur fond blanc de la fillette, sont traitées avec ce sens prodigieusement aigu des diversités de la matière qui caractérise les peintres des Pays-Bas; ce sont là des morceaux d'une somptuosité sans égale et qui rachètent ce qu'ont souvent d'un peu indifférent, de froid, d'égal, les physionomies des portraits hollandais. Chez Jan Steen, dans cette étonnante et parfaite Noce provenant de la collection Maurice Kann et dont M. Bode a loué fort justement « l'exécution très délicate et le coloris extraordinaire », nous retrouverons ces mêmes qualités, mais avec un sens de la vie, du mouvement de la joie bruyante et sensuelle dont l'éloquence est irrésistible. Quelle verve et en même temps quelle perfection dans le détail! Quelle intimité et en même temps quelle ampleur de touche! Voilà les qualités essentielles de ces délicieux maîtres hollandais. Pieter de Hooch les possédait plus complètement encore et à un plus haut degré et il avait le don du charme, une distinction naturelle, une élégance, un raffinement exquis. Le Perroquet de la collection Fischhof est là pour le prouver. Voici un vrai petit chef-d'œuvre dans l'œuvre, qui ne compte que des chefs-d'œuvre, de Pieter de Hooch. On ne peut rien rêver de plus précieux et de plus raffiné que la façon dont la lumière, d'une part, voilée par le rideau rouge qui garnit le vitrage supérieur de la fenêtre, d'autre part, pénétrant librement par la croisée ouverte, éclaire, caresse, enveloppe les êtres et les choses; c'est un véritable enchantement! Le Départ pour la chasse d'Albert Cuyp, malgré ses amples dimensions, n'est pas traité avec un moindre souci de la perfection. Ce tableau, qui faisait partie de la collection Kann, offre en outre de son intérêt artistique, un réel intérêt historique; l'un des trois cavaliers, celui qui monte le plus grand cheval, gris pommelé, serait le prince d'Orange. Les chevaux sont traités d'un pinceau extraordinairement habile, les vêtements des cavaliers avec un magnifique éclat dans des gammes intenses; les chiens sont admirables de vérité et le paysage, baigné de lumière dorée, est pénétré de toute la poésie des ciels septentrionaux. Tout concourt à faire du Départ pour la chasse, une œuvre absolument magistrale. Mais revenons à l'École française. Deux Hubert Robert de la plus belle qualité, adorablement peints dans ces gammes ambrées aux gris si fins, aux ombres si délicatement imprégnées de lumière; deux panneaux décoratifs de Lagrenée, Diane et Amphitrite, où il semble que le charmant peintre ait uni toute la grâce française à toute l'ampleur de style des Italiens; deux dessus de porte de Boucher avec des Amours parmi des nuages dont l'exécution large et sûre procure aux regards un pur ravissement; deux portraits de Largillière, la Marquise de Langle et la Marquise de Dangeau à la fois pompeux et véridiques et qui sont, tant au point de vue documentaire qu'au point de vue artistique, des pièces de musée; un très beau portrait de femme, dans une atmosphère dorée, de Tournière; la Dame au clavecin (Madame Rouillé) de Vestier, peintre souvent parfait et quel'on commence à peine à estimer selon sa réelle valeur (il faut voir avec quelle maîtrise SIR THOMAS LAWRENCE. — THE MISSES HAGUE (Collection Eugène Fischhof)

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LA COLLECTION EUGENE FISCHHOF ANGIOLO ALLORI (dit LE BRONZINO) PORTRAIT DE JEUNE FILLE est traitée la nature morte de ce portrait pour se faire une idée de ses dons et de son talent; un Bacchus et Ariane d'Antoine Coypel; deux Lancret, la Danse et les Dénicheurs qui sont, les Dénicheurs surtout, des morceaux d'une séduction incomparable; telles sont, entre autres, les toiles par lesquelles sont représentés nos maîtres français. J'ai gardé pour la fin un petit tableau de Marguerite Gérard qui est un vrai bijou: l'Enfant chéri. Tout y est exécuté avec cette espèce de tendresse passionnée qui semble, hélas! disparue pour jamais du cœur des peintres et grâce à quoi ceux qui en étaient possédés savaient revêtir de beauté les moindres choses et donner aux sujets les plus insignifiants une valeur et un intérêt supérieurs. L'École anglaise est représentée aussi généreusement et aussi magnifiquement que la française dans la collection Fischhof. La Lady Clifton de Cosway, le portrait d'Emily de Wisme, plus tard Lady Murray en sainte Cécile peint au pastel par John Russell et qui est une des pages les plus exquises qu'il ait exécutées, la Mrs. Clarke de Romney, un portrait de femme en bleu pâle de Gainsborough s'imposent avec une incontestable autorité à notre admiration. Mais les deux morceaux les plus sensationnels de l'École d'outre-Manche, ce sont, sans doute, les deux Lawrence et le Constable. Les Misses Hague de Lawrence, qui proviennent de la collection de Sir George Donaldson, le portrait de ces deux jeunes femmes assises dans un salon auprès d'une harpe, celle-ci, en robe blanche les mains abandonnées parmi les plis d'une sorte de grand manteau ou de draperie jaune d'or posé sur ses genoux, celle-là, en robe de soie mauve à reflets roses, tenant de sa main droite qu'elle appuie à l'épaule de l'autre, un archet et comme l'invitant à la musique d'une pression de sa main droite à son beau bras nu, le portrait de Lawrence mérite d'avoir sa place parmi les œuvres les plus justement réputées de l'École anglaise. Une autre toile de Lawrence, le portrait inachevé d'un jeune homme, montre la prodigieuse maîtrise du peintre, sa sûreté de touche, son inouïe virtuosité: les chairs du visage, les cheveux, la chemise, le gilet blanc sous un habit marron, tout cela est enlevé avec une ampleur souveraine. Lawrence ici n'a plus d'égal que les plus grands manieurs de pâte: un Frans Hals, par exemple! Quant à la Dedham Vale de Constable, elle est comme un résumé de tout ce qui constitue la personnalité du grand paysagiste. Les terrains, les arbres, le ciel, les figures qui animent ce coin de nature où Constable, à son ordinaire, concentre toute la poésie et toutes les beautés de la nature entière, il faut voir de quel pinceau ils sont exécutés! Qui ne connaîtrait le maître de la Cathédrale de Salisbury BARTOLOMEO VENEZIANO. — L'HOMME EN ROUGE

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LES ARTS pourrait ici se faire une idée entière de son génie. Quand je prononce ce mot de génie à propos de Constable, je ne le fais qu'à bon escient. Dans l'histoire dupaysage, qui date relativement de si peu de temps, il occupe la première place à côté d'un Claude Lor-rain. Il est, comme le maître français, un créateur, ou, pour parler plus exactement, un révélateur de beauté. Le tableau de la collection Fisch- F. GUARDI. — LA PIAZZETTA hof en serait une preuve de plus, si une preuve de plus était nécessaire. Qu'ils semblent éloignés l'un de l'autre pour des observateurs superficiels, ces deux maîtres admirables! Que de liens, cependant entre eux pour qui sait voir, sentir et comprendre! Ah! comme je regrette, à propos de ce Dedham Vale, de ne pouvoir développer ce que j'avance, montrer les liens qui unissent, malgré les différences AELBERT GUY. — LE DÉPART POUR LA CHASSE (Collection Eugene Fischhof)

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LA COLLECTION EUGENE FISCHHOF HUBERT ROBERT. — RUINES ET FIGURES d'époques et de races, ces deux ancêtres de l'art du paysage! Mais, je ne puis m'attarder, car il me reste bien peu de place pour vous parler comme j'aurais voulu le faire du splendide Bartolomeo Veneziano, du Palma Vecchio, du Bronzino, des Guardi, du portrait de femme de Rosalba Carriera, du Tiepolo, du Moroni, du Benozzo Gozzoli, du Bartolomeo da Murano, pour ne citer que les principaux, par lesquels l'Ecole italienne se trouve représentée dans la collection Fischhof. Ce sont tous, comme d'ailleurs vous l'avez vu, ce sont toutes les pièces de cette collection, des morceaux de premier ordre. Le portrait de jeune fille du Bronzino est inoubliable; la Piazzetta de Guardi est une merveille; le portrait d'homme de Moroni est l'égal des plus belles effigies qu'ait signées ce maître sobre et profond. Le Crucifiement de Tiepolo porte toutes les séductions HUBERT ROBERT. — UN TEMPLE ROMAIN dont le prodigieux coloriste savait revêtir tout ce qu'il touchait... dans la plus petite de ses toiles, il est toujours tout entier, incarnant dans ses harmonies précieuses et raffinées toute l'âme de Venise à son déclin, en même temps que toute la lumière du ciel vénitien. ... Il y a, dans la collection Fischhof, bien d'autres toiles qui ne sont aucunement moins dignes d'admiration que celles dont j'ai essayé de décrire les beautés; elles contribuent à composer par leurs qualités exceptionnelles un ensemble unique, tel que seul un amateur d'art au goût le plus sûr et le plus avisé est capable d'en ordonner, source de pure et haute joie pour quiconque sait en ressentir la grandeur et le charme. GABRIEL MOUREY. PIETER DE HOOCH. — LE PERROQUET

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CAROLUS-DURAN. — ULTIMA ORA DI CRISTO SOCIÉTÉ NATIONALE DES BEAUX-ARTS SALON DE 1913 Le Salon de la Société nationale des Beaux-Arts a paru quelquefois faiblir, il se relève brillamment cette année, par l'apport de quelques jeunes et l'importante contribution des talents mûris. Maurice Denis et Bourdelle, requis par de grandes tâches, sont absents, mais d'autres les remplacent. Une heureuse surprise nous accueille dès l'entrée et l'on a d'abord une impression de renouvellement. La Salle d'honneur a été réservée, par la grâce du bon tapissier Aman-Jean, aux productions des jeunes recrues. On ne s'étonne pas de ce gestefraternel, de cette main tendue aux talents nouveaux par le charmant artiste qui a gardé intacte la jeunesse de la sensibilité et de l'imagination. La Société nationale n'aura qu'à se louer de s'être annexé quelques-unes des forces neuves révélées par le Salon d'automne ou par les Indépendants. Elle reste ainsi fidèle à son rôle d'intermédiaire bénévole entre le public et l'art qui vient. Il règne ici dans l'ensemble un goût de vérité, et de vérité aimable. Inventer peu, observer finement, tel est le mot d'ordre de la plupart des peintres. Je ne m'en plaindrai pas, estimant que le rôle de l'artiste est moins d'imaginer que de découvrir le sens du réel. Encore faut-il, pour découvrir, pénétrer par un regard appuyé, aigu et fort au delà des pellicules, soumettre les phénomènes passagers et diffus à l'ordre que réclame notre esprit et qui fait sa joie. L'âme de l'artiste est un miroir qui simplifie et condense ce qu'il réfléchit. Il me semble que beaucoup de peintres s'arrêtent à l'opération qui consiste à voir et à rendre. Quelques-uns sentent vivement et délicatement. Bien peu savent abstraire et, par un choix conscient, créer un style. On trouvera donc dans ce Salon beaucoup de charme épars, de notes et de notules, peu d'œuvres énergisées.

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L. LHERMITTE. — EN MOISSON Photo Victorienne.

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LES ARTS quement voulues et mûries qui vous inspirent le désir impérieux de les revoir pour surprendre leur secret et pénétrer leur âme profonde : beaucoup de jolies apparences, et peu de réalités secondes. On est amusé plus qu'ému, agréablement chatouillé, plutôt que ramené à la contemplation des grandes lois qui régissent la nature et la vie. Suivons donc l'exemple du maître hospitalier qui nous présente en si belle place ses jeunes confrères. L'œuvre qui nous appelle d'abord, au centre du grand panneau, ce sont les Paysans attablés de Louis Charlot. Elle résume de longues recherches et des études approfondies. L'impression est forte, grave et rude. Bien assise et bien charpentée, sobre, saine et âprement rustique, la composition qui groupe quatre personnages dans une salle enfumée et grise, atteste d'abord la plus intime compréhension des êtres et de leur ambiance. On perçoit chez ces Morvandiaux un mélange de malice sauvage, de force lente et de rêverie triste qui fait d'eux les émanations nécessaires du sol rude et de la vie besogneuse. Certes on est forcé de penser aux frères Le Nain, et à Cézanne. Comme chez nos vieux maîtres réalistes, les regards appuyés viennent de loin, d'un passé profond de misères, et sur les durs visages flotte un voile de mélancolie hostile. C'est très émouvant. On demande de l'humanité ; mais en voilà de l'humanité, sans pamphlet et sans romance, de la pure et directe vérité humaine. Je crois entendre la plainte de l'accordéon qui scande cette heure de repos. La couleur, avec ses bleus tristes, ses gris sales, ses tons de bure, le rouge assourdi de l'enfant, soutient cette impression dolente et farouche. Chaque personnage est vrai et typique, et l'on éprouve, devant ces êtres différents, l'inquiétude que j'ai sentie souvent au contact du vrai paysan, si lointain et si fermé pour nous. Voilà donc un aspect inédit de nature et qui nous a révélé par des moyens sobres et loyaux, par un art puisé directement à la vie et gardant quelque chose de son mystère. Il y a bien de l'esprit, de fines sensations mais un peu de mollesse dans la toile d'André Chapuy, un Dimanche en banlieue, une douceur d'harmonie, une vérité d'enveloppe dans les Brûleurs de Goémon de Ladureau. Une importante composition de C. Lambert réunit dans la familiarité d'un banquet estival, un Groupe d'artistes belges. La facture en est impétueuse et un peu confuse, mais les personnages, solidement campés, vivent, parlent, pensent et rêvent : les ardeurs de l'esprit se font jour à travers la forte matérialité flamande. Cette œuvre de verve hardie et souvent heureuse intéresse aux modèles et fait honneur à l'artiste. Un autre Belge, Jefferys, atteste les plus beaux dons de coloriste dans une esquisse largement traitée — au Théâtre des Singes. Ce décor de fête foraine, où roule une foule inesthétique, prend, sous le prestigieux pinceau de l'artiste, tout le charme d'un bouquet aux nuances finement harmonisées. Jefferys a l'imagination du réel, il nous promet un beau peintre. L'Espagnol Vazquez-Diaz a fait un méritoire effort pour échapper à l'anecdote. Dans sa Mort du toréador il se relie aux meilleurs de sa race et se rappelle Zurbaran. La composition pourrait avoir plus d'aplomb : mais l'homme couché sur un matelas et couvert d'une chape verte, la rangée des personnages noirs, le geste du prêtre qui bénit, A. BESNARD. — PORTRAIT DE M. DUBAR, DIRECTEUR DE « L'ÉCHO DU NORD »

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SOCIÉTÉ NATIONALE DES BEAUX-ARTS. — SALON DE 1913 J.-A. MUENIER. — LE RÉVEIL la douleur affaissée de la femme, tout cela forme un ensemble grave et sévère, comme il convenait. La Douleur des Juives au cimetière, de Suréda, ne manque pas d'originalité ni de grandeur. Les violets noirs, les ors et les bleus forts ont une belle et grave sonorité. Les silhouettes s'inscrivent seulement sur les fonds avec trop de sécheresse, et le procédé du graveur persiste dans la manière du peintre. L'Improvisateur basque de Roby, dans son ambiance chaude et dorée, plaira par le naturel des expressions et le