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LES ARTS N° 96 PARIS — LONDRES — NEW-YORK Décembre 1909 M. Q. DE LA TOUR. — MADAME DE POMPADOUR (pastel) (Collection de Mme la marquise de Ganay, née Ridgway)

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Collection de Mme la marquise de Ganay NÉE RIDGWAY Parmi les grands amateurs de la fin du siècle dernier, le marquis de Ganay fut un de ceux qui avec le plus de passion fit la chasse aux œuvres d'art qu'il jugeait dignes d'entrer chez lui. Il sut, avec un goût très sûr, former une collection des plus variées. Il ne voulut pas se cantonner dans une époque; il ne rechercha pas une série plutôt qu'une autre, au contraire des amateurs du moyen âge, de la Renaissance italienne, du XVIIIe siècle français, de ceux qui réunissent avec amourlesivoires du moyen âge, les céramiques ou les bronzes de la Renaissance. Le curieux d'objets d'art ne cherche pas la série, il ne vise que le beau; il ne classe pas, il écrème. Le marquis de Ganay resta fidèle à cette maxime. Il recueillit en même temps les peintures des maîtres flamands et hollandais du XVIIe siècle, et les œuvres si séduisantes des XVIIIe siècles français et anglais. Il collectionna les petits bronzes de la Renaissance aux superbes patines, les vases ornés de montures de bronzes finement ciselés et dorés, et le riche mobilier du XVIIIe siècle. Dans chacune de ces séries, le véritable amateur qui les formait sut fort bien choisir les objets les meilleurs, ceux qui plaisent par leur charme ou par leur beauté. Deux salons renferment cette belle collection, que nous avons plaisir à présenter aujourd'hui aux lecteurs des Arts. Madame la marquise de Ganay a placé chaque tableau, chaque objet d'art, avec infiniment de goût, dans les salons de son hôtel de la rue Pierre-Charron. Après avoir, pendant de longues années, assisté et conseillé son mari dans ses achats, Madame de Ganay n'a jamais cessé d'augmenter sa collection par d'excellentes acquisitions. Une petite série de tableaux de la Renaissance doit nous occuper tout d'abord, avant d'arriver à ceux du XVIIIe siècle, qui tiennent ici la place prépondérante. D'un artiste de la seconde moitié du XVe siècle, à la suite de Jean Fouquet, est un intéressant portrait de Louis XI, coifféd'unecalotte rouge enfoncée au delà des oreilles et portant, sur l'habit orange aux revers noirs, le collier de l'Ordre de Saint-Michel. Prêté, en 1904, PIERO DI COSIMO. — PERSÉE (Collection de Mme la marquise de Ganay, née Ridgway) à l'exposition des Primitifs français, par son propriétaire M. Georges de Monbrison, ce portrait fut étudié par Henri Bouchot, qui retrouva dans l'exécution de la peinture la main d'un miniaturiste, et l'attribua à Colin d'Amiens (1). Récemment, Madame de Ganay a eu la bonne fortune de trouver un charmant petit portrait d'homme de Jean Clouet. Le comte de La Marque, seigneur de Brainnes, a des yeux verts et une barbe blonde; il est coiffé d'un bonnet de velours noir. Il a successivement figuré dans les collections anglaises Magniac et Massey Mainwaring. De la collection de Monbrison pro- (1) Catalogue de l'exposition des Primitifs français, 1904, page 25, n° 53. PIERO DI COSIMO. — PERSÉE (Collection de Mme la marquise de Ganay, née Ridgway)

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COLLECTION DE Mme LA MARQUISE DE GANAY, NEE RIDGWAY ÉCOLE FRANÇAISE, FIN DU XV° SIÈCLE. — LE ROI LOUIS XI (Collection de Mme la marquise de Ganay, née Ridgway) viennent encore un portrait de jeune femme, de Corneille de Lyon, et le portrait d’homme que nous reproduisons et que l’on peut attribuer à François Clouet. La jeune femme blonde, vêtue d’une riche toilette, provient de la collection Gaignères et passait pour être la duchesse d’Étampes, Anne de Pisseleu (1). Le jeune inconnu, qui porte un pourpoint de velours noir sur un gilet rose et une toque de velours noir à plume blanche, provient du château de Chenonceaux (2). Le portrait d’un homme vêtu d’un grand manteau noir et coiffé d’une toque noire est l’œuvre d’un artiste de l’École française du XVIe siècle (3). Un portrait d’évêque est une intéressante œuvre de Gérard David. A mi-corps, debout au milieu d’un paysage, l’évêque porte une riche chasuble et la mitre en tête; appuyé de la main gauche sur sa crosse, il donne la bénédiction de la droite. L’École italienne est représentée dans la collection par deux précieux petits tableaux. (1) Catalogue de l’exposition des Primitifs français, 1904, page 73, n° 175. (2) Catalogue de l’exposition des Portraits du XIIIe au XVIIe siècle, 1907, p. 185, n° 435. (3) Catalogue de l’exposition des Portraits du XIIIe au XVIIe siècle, 1907, p. 185, n° 436. A l’école de Léonard de Vinci se rattache une petite tête de Vierge, de laquelle se dégage un grand charme. Les deux petits panneaux qui sont reproduits au début de cette étude étaient vraisemblablement les deux montants d’un cassonne ou petit coffret. Les sujets sont tous deux empruntés à l’histoire de Persée. Nous voyons d’abord le héros se disposant à tuer le monstre marin, puis il chevauche Pégase et court délivrer Andromède. Le sujet est traité d’une façon charmante, les figures, fines et d’un joli dessin, se meuvent dans de verdoyants paysages. Nous trouvons une grande analogie entre ces deux petites peintures et les deux panneaux de cassonne entrés au musée du Louvre il y a quelques années, grâce à la libéralité de M. de Vandeul, et que M. Jean Guiffrey présenta aux lecteurs des Arts (1). Les noces de Thétis et de Pélaë qui y sont représentées semblent bien être traitées par le même artiste florentin, très probablement Lorenzo di Credi. Nous retrouvons dans l’une et l’autre de ces curieuses compositions la fantaisie bien particulière à Lorenzo di Credi. L’École flamande et l’École hollandaise du XVIIe siècle sont représentées par d’excellents tableaux. De Gonzalès Coques, nous voyons le portrait d’un homme assis dans sa bibliothèque et lisant. — Une scène de cabaret de Brauwer nous montre un homme, portant un vêtement d’un rouge violent, fumant sa pipe. Il est entouré de personnages aux FRANÇOIS CLOUET. — INCONNU (Collection de Mme la marquise de Ganay, née Ridgway) physionomies si laides et si caractéristiques du maître flamand. — Trois charmants petits tableaux de Téniers attirent (1) Les Arts, décembre 1902, p. 18 et 19.

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LES ARTS particulièrement l'attention : une partie de cartes au caba- ret ; — une vieille femme, dans un paysage, assise, avec un chien sur ses genoux, et à la main un œillet rose qu'elle sent; — une femme, habillée d'une très riche toilette, déjeunant, tandis qu'un serviteur lui verse à boire. Ce dernier tableau surtout est d'une très belle qualité. Les hollandais sont fort bien choisis : une curieuse scène de patinage est un beau Van Goyen. Une très belle marine, de Van de Velde, avec un grand navire entouré de voiliers et de barques de pêcheurs, sous un ciel ensoleillé, est d'un beau ton doré qui contraste avec son pendant de S. Ruysdael, où nous voyons des voiliers sur une mer assombrie par un ciel lourd et nuageux. Citons encore, de Cuyp, deux cavaliers, et, de Weenix, une scène de chasse d'un grand mouvement. Une petite esquisse de Franz Hals nous représente un homme dont la tête spirituelle et expressive est coiffée d'un grand chapeau, avec de longs cheveux qui retombent sur un grand col blanc. Enfin, deux char- mants petits tableaux de Terburg mériteraient beaucoup mieux que cette simple mention en passant : le mari et la femme représentés en pied, vêtus de noir, sur un fond gris ; l'homme, bien campé, porte avec élégance le vêtement noir avec le grand col de dentelles, la lourde perruque, le feutre noir aux larges bords et les bottes très hautes ; la femme n'est pas d'une beauté attirante mais bien curieuse avec son tout petit bonnet de den- telles et sa très grande collerette. C'est le xviiie siècle qui séduit le plus dans la collection de Ganay. C'est du reste aux artistes charmants de cette époque que fut faite la plus belle part dans le choix des œuvres d'art. Un des plus curieux tableaux de cette série est une grande toile de Charles-Antoine Coypel. Le sujet est évidemment une sorte de satire contre la mode du temps, contre la coquetterie exagérée des élégantes au début du xviiie siècle. Une petite fille, vêtue d'un simple peignoir à coiffer, joue à la grande dame ; assise devant une toilette, elle se fait coiffer par une autre enfant, très dévêtue aussi, montée sur un tabouret. D'autres enfants, tous fort peu vêtus, sont costumés en abbés, en magistrats, en sei- gneurs ou en grandes dames ; les unes minaudent avec coquetterie, les autres se fardent et se mettent des mouches. Cette spirituelle et amusante composition fut gravée par Lépicié, qui l'appela « Jeux d'enfants » et l'accompagna de ces vers : De la mode et de ses boutades, Ce jeu d'enfants rend les excès. Ces atours, malgré leur succès, Sont bien souvent des mascarades. GÉRARD DAVID. — UN ÉVÊQUE (Collection de Mme la marquise de Ganay, née Ridgway)

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COLLECTION DE Mme LA MARQUISE DE GANAY, NEE RIDGWAY ÉCOLE FRANÇAISE DU XVIIIe SIÈCLE. — PANNEAU DE DÉCORATION (Collection de Mme la marquise de Ganay, née Ridgway)

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LES ARTS Le tableau de Coypel fit partie de la collection de Fagon, qui fut médecin de Louis XIV, et, plus récemment, de la collection Pourtalès (1). L'arrière-grand-mère du marquis de Ganay, Claudine de Maleteste, vicomtesse de Virieu, eut un des plus délicieux portraits que peignit Madame Vigée-Le Brun. L'artiste a mis dans les traits du modèle une vie et un esprit qui surprennent et qui charment, et qui devaient donner une très grande ressemblance. Le coloris général de la toile est tout particulièrement agréable. La toilette, gaie et printanière, bleu pâle avec manches, écharpe et rubans blancs, le chapeau de paille, orné d'un bouquet de fleurs, sur des cheveux poudrés qui retombent en boucles sur la nuque, contribuent à faire de cette jolie peinture un des plus séduisants portraits de femme de notre XVIIIe siècle. Madame Vigée-Le Brun peignit la toile en 1779 et la mentionna dans ses Souvenirs. Disparue pendant la Révolution, la charmante effigie de Claudine de Maleteste eut la chance de rentrer peu après dans sa famille et de n'en plus sortir. La dauphine Marie-Antoinette, par Duplessis, est en même temps qu'une très belle peinture un document historique du plus haut intérêt. La toile ne porte ni signature ni date, mais il ne peut plus y avoir aucun doute à ce sujet, depuis que Flammermont (1) publia l'intéressante inscription que porte une charmante tapisserie ovale qui reproduit exactement ce portrait. Avec la date 1774, on lit : Duplessis pinxit, Audran exuit. Ce précieux portrait de Marie-Antoinette, encore dauphine, à la veille de devenir reine, est conservé aujourd'hui dans la collection du prince d'Arenberg. Nul doute qu'il ne fut exécuté à la manufacture des Gobelins, peu après que Duplessis eut terminé la peinture. M. de Nolhac a publié dernièrement (2) une curieuse préparation qui lui appartient et qu'il considère — avec raison — comme étant une esquisse pour le portrait de la collection de Ganay. Nous retrouvons, en effet, dans ce simple masque qui dut être très rapidement exécuté, les caractères principaux de la physionomie de la jeune dauphine. Le portrait de Marie-Antoinette qui nous occupe est une charmante et séduisante peinture ; la jeune princesse semble avoir dix-sept ans, elle porte un corsage de brocart bleu à fleurs, avec le cou et les épaules nus ; les cheveux sont poudrés, les joues sont fraîches et fortement colorées. Un joli petit tableau de Boucher nous est connu par la gravure. Assise dans sa cuisine avec ses trois enfants, (1) Les Galeries d'amateurs - La Collection Pourtalis, par Mantz. - Gazette des Beaux-Arts, 1865, page 113. (2) Gazette des Beaux-Arts, 1897, tome II, p. 296. (3) Gazette des Beaux-Arts, 1909, tome I, p. 129. ÉCOLE FRANÇAISE, XVIIIe SIÈCLE. - PANNEAU DE DÉCORATION (Collection de Mme la marquise de Ganay, née Ridgway)

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la belle villageoise tient le plus jeune devant elle, tandis que les deux autres jouent avec un chat et un balai; à terre, des légumes et des accessoires de cuisine. De Chardin, une nature morte, datée de 1758, nous montre un panier de prunes avec différents fruits et une bouteille. Un villageois en habit de fête est peint par Trial, artiste peu connu de la fin du XVIIIe siècle. L'un des plus séduisants portraits, parmi ceux que le Lyceum exposa l'andernier dans son exposition rétrospective de portraits peints par des artistes femmes, fut certainement celui du danseur Vestris II, par Madame Romany, élève de Regnault et contemporaine de Greuze. Cette grande artiste, qui fut surtout une miniaturiste de beaucoup de talent, peignit avec une grâce délicieuse le citoyen Vestris, dont les succès comme danseur étaient énormes auprès des habitués de l'Opéra, il y a plus d'un siècle. « C'était, nous dit Madame Vigée-Le Brun dans ses Souvenirs, le danseur le plus surprenant qu'on puisse voir, tant il avait à la fois de grâce et de légèreté. Quoique nos danseurs actuels n'épargnent point les pirouettes, personne, bien certainement, n'en fera jamais autant qu'il en a fait. Il s'élevait au ciel d'une façon si prodigieuse qu'on lui croyait des ailes; ce qui faisait dire à son père: « Si mon fils touche la terre, c'est seulement par procédé pour ses camarades. » Le tableau figura au Salon de 1795 et appartint en dernier lieu à Alexandre Dumas fils. D'une femme peintre aussi, moins connue que Madame Romany mais non dépourvue de talent, Aimée Duvivier, est le portrait du marquis d'Acqueville, peint en 1791. Assis à son bureau, le marquis porte une culotte collante et des bas gris, une jaquette bleue et un jabot de dentelle retombant sur un gilet blanc semé de coquelicots. Si le portrait n'est pas peint avec la grâce et la force de celui de Vestris, c'est pourtant une œuvre tout à fait intéressante d'une artiste peu connue de l'époque de la Révolution. Deux toiles de Goya représentent deux manières bien différentes du grand artiste espagnol. Une petite fille de douze ans, la jeune de Monte-Hermosa, fille de la marquise d'Echany, est debout dans un jardin, sous un ciel sombre; d'une main elle tient un lis, de l'autre elle retient sa robe. La physionomie de l'enfant est très sérieuse, ses cheveux et ses yeux sont bruns. Nous nous trouvons devant un des beaux ÉCOLE FRANÇAISE, XVIIIe SIÈCLE. — PANNEAU DE DÉCORATION (Collection de Mme la marquise de Ganay, née Ridgway)

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LES ARTS portraits de Goya et nous admirons tout particulièrement les blancs de la robe de l'enfant, qui sont d'une si rare qualité. Moins importante et moins séduisante, mais très curieuse, est une petite esquisse de Goya : dans la montagne espagnole, une foule se presse devant une auberge, plusieurs voyageurs arrivent à dos de mulet. Cette peinture sombre et laissée à l'état d'esquisse, rend bien l'atmosphère du pays catalan ; la scène est traitée avec un mouvement prodigieux. Lorsque David peignit le tableau du Sacre de Napoléon, A. WATTEAU. — FEUILLE DE CROQUIS (Collection de Mme la marquise de Ganay, née Ridgway) dans l'œuvre de David » (1). Il est intéressant de noter que ce tableau passa successivement dans les collections Laffitte (à la vente duquel il fut payé 6,300 francs en 1834), Pourtalès et de Lord Dudley. Notons en passant deux charmantes petites toiles d'Hubert-Robert, peintes toutes deux en Italie. L'une nous montre une église perchée au haut d'un escalier très raide, que descendent quelques femmes italiennes. L'autre est d'une couleur blonde tout à fait jolie : sous un ciel clair, des paysans ont installé un bivouac au pied (1) Les Galeries d'amateurs. — La Collection Pourtales, par Mantz. — Gazette des Beaux-Arts, 1865, page 114. il fit, d'après nature, l'admirable portrait du pape Pie VII et du cardinal Caprara, son légat en France, qui est peut-être la plus belle œuvre de la collection de Ganay. Le Pape est assis, et sa tête se détache sur la robe blanche du cardinal, debout derrière lui. La figure de Pie VII, qui avait alors soixante-trois ans, est d'un très beau caractère, d'une admirable expression, mais celle du cardinal est encore plus belle et plus impressionnante par sa laideur et par sa puissance. Un historien de l'art a dit — non sans raison — de ce double portrait, dans un article très élogieux, que « le dessin en est si ferme et si beau que ce portrait se classe au premier rang d'une haute terrasse que surmonte un grand jardin dont on devine la beauté, à côté d'une colonnade dont la perspective est habilement dessinée. De Louis Moreau, un petit panneau ovale, d'un joli coloris, nous montre un grand escalier au milieu d'un beau parc, peut-être Saint-Cloud. Une vue de Venise, de Guardi, est d'une bonne qualité : l'île et l'église de Saint-Georges-Majeur, avec des gondoles au premier plan. Et, puisque nous passons rapidement en revue les paysages de la collection de Ganay, n'oublions pas un charmant petit paysage de Corot, dont nous apprécions la clarté et la légèreté.

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COLLECTION DE Mme LA MARQUISE DE GANAY, NEE RIDGWAY M. Q. DE LA TOUR. — PORTRAIT DE FEMME (pastel) (Collection de Mme la marquise de Ganay, née Ridgway)

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LES ARTS --- La Tour est très bien représenté par trois pastels. Dans un beau portrait du peintre par lui-même, l'artiste porte un vêtement de velours marron, et est coiffé d'une calotte noire. Un masque spirituel d'une jolie femme semble être une préparation pour un portrait de Madame de Pompadour. Les yeux sont pleins de vie et d'esprit; la bouche, fine et bien dessinée, est à peine entr'ouverte; les cheveux, poudrés, dégagent le front et les tempes. On lit, écrit à la mine de plomb, de la main de l'artiste : « Madame la comtesse de... Peinte par De La Tour » (1). (1) Maîtres du XVIIIe siècle. — Cent pastels, 1908, page 39. LOUIS MOREAU. — PAYSAGE (Collection de Mme la marquise de Ganay, née Ridgway) Le portrait de Madame de Pompadour en bergère, qui provient de la collection de la Béraudière, figura, avec la préparation dont nous venons de parler, à la très belle exposition des Cent pastels (1). De profil à gauche, elle tient la houlette et est coiffée du petit chapeau de paille d'Italie à rubans roses; un bouquet de fleurs des champs orne son corsage décolleté. La physionomie est jolie et rusée; le pastel a conservé une délicieuse fraîcheur de tons. A cette même exposition si brillante des Cent pastels, se trouvait le pastel de Drouais, que les Arts ont reproduit dans l'article de M. P.-A. Lemoisne (2). Chacun aura conservé le souvenir, parmi tant de séduisants visages féminins, de cette charmante inconnue, jeune et mignonne, avec ses cheveux poudrés et sa robe rose, cravatée de dentelle autour du cou. N'oublions pas de noter deux très beaux dessins qui mériteraient mieux qu'une rapide mention : plusieurs études de têtes de femme au crayon légèrement rehaussé de sanguine, par Watteau, nous font penser à quelques-unes des études de l'incomparable série des dessins du maître exposés au Louvre et à celles de la collection Groult. La femme laide et coiffée d'une manière si démodée, dont Ingres fit le dessin à Rome en 1816, devait être d'une étonnante ressemblance. Six panneaux peints, qui semblent être l'œuvre d'un artiste tel que Jean-Baptiste Leprince, décoront d'une façon tout à fait agréable la salle à manger de l'hôtel de Ganay. Les sujets sont variés; des personnages en costumes chinois ou turcs dansent, jouent, tirent à l'arc, ou pèchent, dans de jolis paysages. Les encadrements de chaque panneau sont différents, avec des rinceaux et des animaux variés. Un charmant petit plafond (1) Maîtres du XVIIIe siècle. — Cent pastels, 1908, page 33. (2) Les Arts, octobre 1908, page 20.

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COLLECTION DE Mme LA MARQUISE DE GANAY, NÉE RIDGWAY F. BOUCHER. — LA BELLE VILLAGEOISE (Collection de Mme la marquise de Ganay, née Ridgway)