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LES ARTS N° 20 PARIS — LONDRES — BERLIN — NEW-YORK Août 1903 BUSTE D'ENFANT (marbre). — ART FRANÇAIS. — FIN DU XVIe SIÈCLE (Collection de Mme la marquise Arconati-Visconti) LES ARTS publieront dans le numéro de Septembre une importante étude sur WHISTLER et son œuvre.

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LA COLLECTION DE Madame la Marquise ARCONATI-VISCONTI* P OUR en terminer avec les peintures françaises, nous mentionnerons ici une œuvre excellente, qui, par sa date, surprend un peu dans un ensemble consacré exclusivement au xve et au xvie siècle : disparate des plus agréables, au surplus, et qu'on ne saurait regretter. C'est un pastel du xviiie siècle, qui représente une petite fille ; l'enfant, assise dans une chaise à dossier en bois, coiffée d'un petit bonnet orné de dentelles, est vêtue d'une robe recouverte d'un mantelet blanc ; elle cache ses mains dans un manchon en étoffe bleue garni de fourrure blanche, et regarde franchement le spectateur, avec une expression charmante de douceur et de sérieux. Par une bonne fortune trop rare, on connaît exactement l'histoire de cette œuvre si jolie. C'est le portrait, par La Tour, de Mademoiselle Ricard, qui devait plus tard devenir la mère du conventionnel Goujon ; l'enfant, née le 1er janvier 1745, aurait été crayonnée à Dijon, vers 1750 ; son portrait resta entre les mains de la famille Goujon jusqu'en 1898, date à laquelle il fut acquis par Madame Arconati-Visconti. Peu de peintures du xviiie siècle, peu, surtout, de cette qualité, nous montrent ainsi, pris sur le vif, des enfants en bas âge; car généralement les artistes réputés n'ont peint que des jeunes princes, dont les images, plus officielles, manquent souvent un peu de naturel et d'intimité. Il nous faut maintenant revenir en arrière, pour examiner les sculptures et les objets d'art, également importants et très nombreux. Pour le xive siècle, voici une grande vierge en marbre, qui a fait partie de la collection Spitzer. C'est, dans l'art relativement mal connu de cette époque, une œuvre de transition, où aucun des caractères spéciaux du siècle à ses différentes périodes ne domine d'une façon très nette. Par le hanchement assez peu accentué, par la sagesse relative des draperies, dont les grands plis conservent quelque chose des traditions de l'extrême fin du xiiiie siècle, cette statue pourrait être datée du premier tiers du xive siècle ; et, d'autre part, certains plis en tire-bouchon, certains tortillons, sembleraient devoir lui faire attribuer une date légèrement plus rapprochée. C'est d'ailleurs une pièce très élégante, d'une belle tenue, et dans un état de conservation trop rare. Tous les caractères d'un art de transition, — et ces périodes intermédiaires sont souvent les plus intéressantes à étudier, — se retrouvent également dans une statuette en marbre, représentant une Sainte dont l'attribut et la main gauche ont malheureusement été brisés. A première vue une pareille œuvre semble encore être tout à fait gothique, et rien ne paraît y annoncer clairement la venue prochaine de l'italianisme : l'attitude demeure simple et naturelle, les draperies tombent en plis logiques et harmonieux, et le livre ouvert, exactement reproduit, est encore dans l'esprit purement français du xve siècle. Toutefois un examen attentif permet de surprendre bien des symptômes d'une modification prochaine de l'art traditionnel. Toute indication réelle et particularisée de costume est supprimée ; sans doute nous n'en sommes pas encore au moment où la banale et vague drapery aura remplacé * Voir les Arts, no 19, p. 17. UNE SAINTE (Statuette marbre) Art français. — Fin du xve siècle Collection de Mme la marquise Arconati-Visconti)

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LES ARTS DRESSOIR ET BOISERIES ART FRANÇAIS. — XVe SIÈCLE (Collection de Mme la marquise Arconati-Visconti)

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LES ARTS complètement l'habillement contemporain, réputé bas et commun ; cependant la robe collante, à peine indiquée, disparaît sous un grand manteau, sans forme précise, dont un pan couvre la tête, dissimulant en partie les cheveux. Enfin, le type du visage est un peu généralisé ; nous n'avons plus ici des traits individuels, mais une sorte de noblesse très légèrement conventionnelle, d'où sortira plus tard sans peine, quand la mode et l'italianisme auront fait leur œuvre, la « tête d'expression » classique. Ce mélange charmant, et très savoureux, hâtons-nous de l'ajouter, de traditions gothiques et de tendances nouvelles permet de dater approximativement cette statuette, et de la rattacher au moins indirectement à l'école de la Loire. Bien qu'elle paraisse appartenir à une période un peu antérieure, elle serait à rapprocher des fameuses Vertus, sculptées par Michel Colombe pour le tombeau de François II de Bretagne à Nantes (1502-1507), dont elle a la douceur et le charme intime, avec un visage toutefois plus fin, comme aussi de la Vierge d'Olivet. L'italianisme domine tout à fait dans un bas-relief, provenant du château de Pagny (Côte-J'Or), et qui date de 1538 environ ; il représente deux enfants soutenant un écusson, et fait pendant à celui de la collection de M. Foule, qui a été publié ici même (n° de mai 1902). Au xvie siècle également, et à l'un de ses représentants les plus illustres, Germain Pilon, a été attribué un joli buste d'enfant qui a jadis appartenu à M. Bonnaffé. M. Emile Molinier, qui l'a publié en 1899 dans les Monuments et Mémoires (Fondation Piot), a émis à son sujet une hypothèse des plus ingénieuses. D'après lui, nous aurions là une image de la petite Marie-Élisabeth, fille de Charles IX et d'Élisabeth d'Autriche, qui mourut en 1578, âgée de cinq ans. Mais on ne saurait, et M. Molinier lui-même a eu soin de le déclarer, se montrer très affirmatif pour cette identification, car les ressemblances, dans les portraits d'enfants, sont toujours très difficiles à préciser. D'ailleurs le costume semblerait indiquer une date plus récente. On nous permettra d'ajouter que l'attribution à Germain Pilon ne paraît pas, non plus, absolument certaine. On ne retrouve pas, en effet, dans ce buste, le style si personnel de Pilon, où une tendance au maniérisme s'unit si heureusement à une facture très large. Il n'y a pas identité de manière avec les œuvres certaines du maître, et nous serions presque tentés de songer plutôt à un artiste moins puissant et moins caractérisé, comme Barthélémy Prieur. La question de l'atelier de Pilon est d'ailleurs des plus obscures, et il serait à souhaiter qu'un érudit entreprit de la tirer au clair. Le soi-disant buste de Marie-Élisabeth de France devra alors être examiné de très près, et fournira certainement des indications précieuses. Pour le mobilier français, nous trouvons, dans la collection de Madame la marquise Arconati-Visconti, plusieurs pièces de premier ordre, dont quelques-unes sont justement célèbres. Le xve siècle est représenté par un très rare ensemble de boiseries, provenant d'une maison de Rodez, et qui a fait partie de la collection Stein ; il comprend, avec un revêtement formé de panneaux à serviettes, un dressoir délicatement orné de fenestrages gothiques, et portant un écu fleudelisé. Au style gothique encore, mais du commencement du xvie siècle, appartient un autre dressoir, décoré non seulement de rinceaux très simples, mais aussi de statuettes, œuvre probable de quelque huchier de la Champagne ou du nord de la France. De la même époque sont deux beaux panneaux, où l'on voit deux anges tenant des écus décorés d'aigles employées, et qui proviendraient des environs de Brou. D'une période plus tardive, celle de la Renaissance classique, date un meuble fameux, l'armoire de Hugues Sambin. On nous excusera de ne pas nous appesantir sur ce monument de la hucherie bourguignonne vers 1580, maintes fois publié, et sur lequel nous ne LA VIERGE ET L'ENFANT Statue marble. — Art français, xiv° siècle (Collection de Mme la marquise Arconati-Visconti)

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LES ARTS DRESSOIR ART FRANÇAIS. — COMMENCEMENT DU XVIe SIÈCLE (Collection de Mme la marquise Arconati-Visconti)

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LES ARTS saurions apprendre rien de nouveau à nos lecteurs; il convient toutefois de signaler sa polychromie ancienne, encore bien conservée, qui achève de lui donner un aspect original. On retrouvera des influences bourguignonnes dans le décor de trois belles stalles (ancienne collection P. Eudel), qui proviennent de l'église Saint-Étienne, à Toulouse, où le reste de cet ensemble important est encore conservé; leurs chimères à têtes d'hommes rappellent, par exemple, les satyres du dressoir d'Annecy, qui appartient aujourd'hui à M. Salting. Trois armoires, dont l'une offre une forme inusitée, représentent à la perfection l'art si délicat et si fin des huchiers de l'Ile-de-France, où l'on sent une influence directe de Jean Goujon. Nous serions moins affirmatif quant à la provenance exacte d'un autre dressoir, d'une décoration relativement simple, que l'on a parfois rattaché à l'école lyonnaise, et qui date aussi de la seconde moitié du xvi^e siècle. Mais nous avons des renseignements précis sur l'origine de deux belles portes en bois sculpté; l'une d'elles vient du célèbre château de La Bâtie, dans le Forez, reconstruit par Claude d'Urfé entre 1535 et 1558; l'autre ornait jadis une maison d'Orléans, qui avait appartenu à un certain Jean d'Alibert, gentilhomme calviniste; on a prétendu que dans cette maison aurait eu lieu, en 1551, la première assemblée du culte réformé à Orléans, mais des recherches ultérieures ont démontré l'inexactitude de cette tradition. La porte, en tout cas, avec son élégant décor de cuirs découpés, date certainement de l'époque de Henri II. Pour les autres branches des arts industriels en France, nous avons également à signaler des pièces du plus haut intérêt. Deux ivoires du xive siècle méritent une attention particulière. Le premier compte parmi les plus importants monuments de ce genre qui soient parvenus jusqu'à nous. C'est un triptyque où se déroulent en demi-relief, les principaux épisodes de la vie de la Vierge. Les scènes se suivent dans l'ordre chronologique, en commençant par le registre inférieur ; les trois premières, toutefois, ont été assez étrangement entremêlées, l'artiste n'ayant pas su disposer clairement, et dans leur ordre logique, les quatre sujets qu'il voulait y placer ; il nous montre successivement l'Annonciation, la Présentation au Temple, l'Adoration des Mages, et la Nativité. Le registre du milieu est occupé par une seule composition, la Mort de la Vierge. Marie, étendue sur un lit, est enveloppée dans un linceul dont deux apôtres tiennent les extrémités; derrière elle le Christ, debout, recueille MEUBLE A DEUX CORPS Ile-de-France, — xvie siècle (Collection de Mme la marquise Arconati-Visconti)

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LES ARTS ARMOIRE, ORNÉE DE PEINTURES, ATTRIBUÉE À HUGUES SAMBIN (DIJON, VERS 1580) (Collection de Mme la marquise Arconati-Visconti)

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LES ARTS ARMOTRE Ile-de-France, — XVIe siècle (Collection de Mme la marquise Arconati-Visconti) --- CANON EN BRONZE Art français, — XVIe siècle (Collection de Mme la marquise Arconati-Visconti) ---

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LES ARTS PORTE DE LA MAISON DE JEAN D'ALIBERT ORLÉANS. — XVIe SIÈCLE (Collection de Mme la marquise Arconati-Visconti)

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LES ARTS DRESSOIR École Lyonnaise (?), — xvi° siècle (Collection de Mme la marquise Arconati-Visconti) l'âme de sa Mère, sous la forme d'un petit enfant; à droite et à gauche, les autres apôtres assis et pleurant. Enfin, au registre supérieur, nous assistons à la glorification de la Vierge; au centre, le Christ bénit sa Mère, assise auprès de lui sur un trône, et couronnée par un ange; deux anges les encensent, tandis que deux autres portent des flambeaux; aux deux côtés, saint Pierre et saint Paul, debout. Le style de toutes ces figures est d'une élégance remarquable; l'on y sent encore, dans la simplicité des draperies, dans la justesse des attitudes, un reste des grandes traditions du xii°siècle. Ici, du moins, l'on n'a point affaire à l'une de ces œuvres de pacotille, comme les ateliers du xive siècle en ont produit un si grand nombre, pour satisfaire aux pieuses demandes. Par sa valeur trop rare, ce triptyque mérite d'être comparé à celui de la collection de M. Martin Le Roy, qui représente, lui aussi, l'histoire de la Vierge, mais où le choix des scènes n'est pas identique, non plus que la disposition générale. Le second ivoire, une valve de miroir, offre un sujet souvent traité sur les objets analogues: la Prise du château d'Amour; mais rarement les ivoirières y ont fait preuve d'autant d'habileté et de délicatesse. La scène, empruntée au Roman de la Rose, montre des chevaliers armés de pied en cap, et montés sur des chevaux caparaçonnés, attaquant le château; sur la plus haute tour, l'Amour, ailé, plante des flèches dans le cœur de deux des jeunes femmes qui l'entourent; à l'étage inférieur, d'autresjeunes femmesaccueillent de leur mieux les assaillants, qui ont pénétré jusqu'à elles au moyen d'une échelle de corde, ou en se faisant la courte échelle. Parmi les émaux champêlevés,nous mentionneronsparticulièrement une jolie pyxide,

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STALLES PROVENANT DE L'ÉGLISE SAINT-ÉTIENNE DE TOULOUSE. — XVIe SÈCLE (Collection de Mme la marquise Arconati-Visconti)