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LES ARTS N° 6 PARIS — LONDRES — BERLIN — NEW-YORK Juillet 1902 J.-H. FRAGONARD. — LA FONTAINE D'AMOUR Collection Wallace
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LES ARTS N° 6 PARIS — LONDRES — BERLIN — NEW-YORK Juillet 1902 J.-H. FRAGONARD. — LA FONTAINE D'AMOUR Collection Wallace
J.-H. FRAGONARD. — LA MAITRESSE D'ÉCOLE Collection Wallace LES FRAGONARD DE LA COLLECTION WALLACE Le 15 avril 1761, Natoire, directeur de l’Académie de France à Rome, écrivait à Marigny: « M. l’abbé de Saint-Non vient de partir pour s’en retourner en France, et amène avec lui le sieur Fragonard, peintre pensionnaire qui vient de finir son temps. Cet amateur va faire différentes pauses par tous les endroits où il trouvera de belles choses à voir. Ce jeune artiste, qui a fait des progrès à Rome, profitera avec plaisir de cet avantage, et fera encore des études partout où ils s’arrêteront. » Le surintendant des bâtiments répondait, le 12 mai suivant, qu’il verrait arriver avec plaisir les voyageurs attendus et, Mariette, à la même date, inscrivait dans ses notes sur ce « jeune artiste », cette mention peu encourageante : « Il est disciple du sieur Boucher, je lui souhaite un aussi bon pinceau que celui de son maître. Je doute qu’il l’ait jamais. » L’Académie royale, dans les rapports annuels de ses « principaux officiers », le directeur de l’Académie de Rome et M. le surintendant, dans leur Correspondance, avaient suivi, avec une attention bienveillante, mais mêlée d’inquiétudes contradictoires, les envois du pensionnaire libéré qui regagnait Paris à petites journées. Ses « dispositions brillantes » avaient rempli de confiance ses maîtres et ses juges, mais en même temps ils redoutaient l’influence que semblait prendre sur lui le Barocci, « peintre admirable sans doute à plusieurs égards, mais dont la couleur peut être dangereuse à imiter ». Des « tons de couleur maniérés », des demi-teintes « trop bleues et d’autres aurores qui ne sont point naturelles » n’avaient pas été approuvées à Paris. « Exhortez-le donc, écrivait Marigny, prenant à son compte les « sentiments » et les expressions des principaux officiers de l’Académie, à ne regarder dans les grands maîtres que ce qui caractérise en eux une imitation vraye de la nature. » Natoire, que l’on rendait responsable des écarts de son pensionnaire, répondait (30 août 1758), dans une lettre dont il faut respecter l’orthographe : « Fragonard, avec des dispositions, est d’une facilité éthonante à changer de party d’un moment à l’autre, ce qui le fait opérer d’une manière inégale. Ces jeunes servelles ne sont pas aisée à conduire. Je tacherai toujours d’en tirer le meilleur party sans les trop
LES FRAGONARD DE LA COLLECTION WALLACE J.-H. FRAGONARD. — LES HASARDS HEUREUX DE L'ESCARPOLETTE Collection Wallace
LES ARTS gêner, car il faut laisser au génie un peu de liberté. » Il semble pourtant que les remontrances officielles avaient intimidé le bon Frago; il s'appliqua consciencieusement à son envoi de l'année suivante; mais on ne lui en sut aucun gré à Paris. Les mêmes « principaux officiers » de l'Académie écrivaient le 11 octobre 1759, et Marigny transmettait leur rapport en l'approuvant: « On est satisfait de l'exécution soignée et de l'étude qu'on remarque dans la figure académique du sieur Fragonard; cependant, on craint que l'excès des soins ne refroidisse entièrement le feu que l'on connaissait dans cet artiste. La peine s'y laisse apercevoir, et l'on n'y découvre point de ces heureux laissés (sic), ny de cette facilité de pinceau qu'il portait peut-être ci-devant à l'excès, mais qu'il ne faut cependant pas perdre entièrement en les rectifiant. Sa couleur ne présente pas de ces tons frais, hasardés par l'enthousiasme, et qui sont suivis du succès dans un artiste qui a étudié son talent et qui se livre avec connaissance aux mouvements de son génie... Il est temps que le sieur Fragonard prenne confiance en ses talents et que, travaillant avec plus de hardiesse, il retrouve ce premier feu et cette heureuse facilité qu'il avait, et qu'il semble qu'une étude trop sérieuse a captivés jusqu'au point de les détruire... » Natoire avait hâte de rassurer, par retour du courrier, ses collègues de Paris; il écrivait le 7 novembre à Marigny: « J'ay fait usage des deux lettres dernières que vous avés eu la bonté de m'écrire au sujet des pensionnaires.. Il n'y a point à appréhender que le sieur Fragonard rafroidisse le feu qu'il a naturellement pour son talen. Il est vray qu'il arrive quelquefois que, pour vouloir se surpasser, on se trouve au-dessous de soy-même; mais je crois que celuy-ci reprendra aisément ce que la nature luy a donné, et je vois de luy des choses par intervalles qui me donnent de grandes espérances. » Voilà, on l'avouera, qui n'est pas mal jugé et qui n'est pas mal dit. Frago essaya bien encore de « se surpasser », par exemple, quand il composa pour l'Académie et pour s'élever à la dignité de « peintre d'histoire », son Chorésus se sacrifiant pour sauver Callirhoë, à propos duquel Diderot écrivit la description lyrique et apocalyptique que l'on sait; mais il signait, à peu près en même temps, son Maitre du monde (un Amour sur des nuages): Fragonard après son retour d'Italie, et laissant les grands sujets à qui voulait les prendre, au grave Doyen ou à ses émules, c'est à ce maître du monde, du monde où l'on s'amusait dans le Paris de 1765, qu'il allait consacrer son culte et son génie. En 1766, l'Escarpolete prouvait qu'il avait décidément pris contact avec son public. Nous connaissons par les Mémoires de Collé dans quelles conditions ce tableau lui fut commandé, et quoique l'anecdote ne soit pas inédite, il faut la reproduire ici parce qu'elle est au plus haut point instructive et « représentative ». « Croirait-on, disait Doyen à Collé avec une vertueuse indignation, croirait-on que peu de jours après l'exposition de mon tableau de Sainte Geneviève des ardents, un homme de Cour (cet homme de Cour était probablement le baron de Saint-Julien qui possédait encore l'Escarpolete en 1788) m'a envoyé chercher pour m'en commander un... dans la forme que je vais vous dire? Ce seigneur était à sa petite maison avec sa maitresse, lorsque je me présentai à lui. « Je désirerais, me dit-il, que vous « peignissiez madame (en me montrant sa maitresse) sur une « escarpolete qu'un évêque mettrait en branle. Vous me place- « riez de façon, moi, que je voie les jambes de cette belle enfant... « et mieux, même si vous voulez égayer votre tableau! » A ces propositions, assurément malhonnêtes, le sage Doyen demeura comme « pétrifié », et condensant dans sa riposte toute l'ironie méprisante dont il était capable, il répondit: « Ah! Monsieur, il faut ajouter encore à l'idée de votre tableau en faisant voler en l'air la pantoufle de madame et que des Amours la retiennent! » Mais, lui, Doyen, ne mangeait pas de ce pain-là; il se retirait avec dignité, non sans avoir adressé son amateur et sa maitresse au petit Fragonat... qui n'y mit pas tant de façons et peignit, sans se faire prier, les Hasards heureux de l'escarpolete. Il s'appliqua, c'est évident, et surveilla sa verve; mais cette application n'est déjà plus de la froideur. Il lui arrivera, certes, par la suite, de peindre avec plus d'abandon et plus de lyrisme; mais le voilà bien tout entier, merveilleusement habile à faire jouer les roses des jupes envolées dans l'or léger des verdure automnales, à conduire les modulations de la lumière vivante et subtile dans toutes les parties du tableau qu'elle anime, depuis le foyer central d'où elle émane jusqu'au fond de la pénombre où elle éveille — sur la perruque et les vêtements de l'abbé, dans la profondeur des bosquets complaisants — des échos discrètement harmonieux. Quant à la composition du tableau, c'est exactement celle dont l'homme de cour avait proposé le scénario à Doyen, avec l'addition du motif de la pantoufle envolée, — que nul petit Amour pourtant n'ose attraper au passage. Ici, le petit Amour est en marbre, et d'ailleurs il est trop occupé à regarder pour son compte, tout en recommandant, de son doigt posé sur la bouche, une hypocrite discrétion. A cette heure de ses débuts et de ses premiers succès, à cette date de 1766, Fragonard nous apparaît dans l'histoire de l'art français, non point comme le scandale de corruption et d'hérésie que les réformateurs de la fin du siècle et les esthéticiens du premier Empire accableront de leurs anathèmes, mais comme le produit logique, sinon nécessaire, d'une école très vivante et d'une société. Dans l'école, par Watteau, plus grand que lui sans doute, par Boucher, il va rejoindre Rubens, le maître que l'art français, violemment italianisé par les Académiciens du xviie siècle, invoqua comme un libérateur, et par lequel il reprit efficacement contact, contre l'ultramontanisme dogmatique, avec ses origines et ses traditions septentrionales; entre le Chapeau de paille et cette tête mutine caressée de rayons et de fines demi-teintes qui passe, revient et se dérobe dans le balancement de l'escarpolete, comme une image attirante et décevante du caprice et de la volupté, il y a filiation directe et parenté charmante. Quant à l'inspiration, certes on ferait tort à l'esprit français si on voulait le ramener tout entier aux limites et à la portée de cet art galant et polisson. Mais enfin, puisqu'il y eut au xviiie siècle, — et non pas seulement en France, — dans ce qu'on appelait la haute société et les heureux de ce monde, une façon de comprendre ou de rêver le plaisir qui transformait la vie en une joyeuse mascarade, et inspirait à Chamfort sa définition cynique de l'amour: « échange de deux fantaisies, contact de deux épidermes », il était naturel que l'art reflétait ce rêve, comme il avait, à d'autres époques, exprimé les austérités du jansénisme dans les portraits de Port-Royal, ou les minauderies des dévolutions jésuites dans les tableaux d'autel de Le Brun et de Mignard, ou bien, à la même heure, l'honnête simplicité de la vie bourgeoise dans les
LES FRAGONARD DE LA COLLECTION WALLACE chefs-d'œuvre de Chardin. Et si l'esprit français y mit sa marque propre, ce fut, avec Watteau, un arrière-fond de poésie mélancolique et comme la confidence d'un témoin qui a senti la nature plus grande que les amusements éphémères qui passent sous ses yeux, — avec Frago, une bonne grâce enjouée, une flamme légère d'esprit où il semble que les impuretés et les réalités grossières du libertinages s'évaporent pour ne laisser à l'œuvre d'art que le charme de leur sourire et le prestige des enchantements harmonieux d'une heure de folie. Mais la passion même ne lui fut pas étrangère. Voyez dans la Fontaine d'amour, de quel élan, dans quel oubli de tout ce qui n'est pas son désir et son vœu, le couple couronné de roses se précipite et tend ses lèvres avides aux coupes que leur offrent des Amours complaisants... le mystère ici s'ajoute à la passion; les amants sortent un moment de l'ombre enveloppante, où la chevelure blonde de la jeune femme fait passer comme un flamboiement; ils offrent à la lumière la jeunesse de leur corps, leurs bouches impa- J.-H. FRAGONARD. — L'ENFANT BLOND Collection Wallace tientes de baisers ; ils s'enfonceront bientôt dans les abris impénétrables de la forêt prochaine dont quelques rayons perdus suffisent à nous révéler la présence et la profondeur. Un lyrisme tempéré, un lyrisme de romance sentimentale, suflit au Chiffre d'amour. Ce n'est pas un grand secret qu'elle porte au cœur, la petite personne en robe rose qui, de la pointe d'un canif, grave un S au tronc d'un vieux chêne. Derrière elle, le ciel profond rayonne; son profil à contre-jour s'enlève sur ce fond lumineux en une demi-teinte d'une indicible délicatesse, cependant que les plis satinés de sa jupe et le poil soyeux de l'épagneul intelligent qui la garde, resplendissent dans la clarté joyeuse du matin. Elle lira bientôt la Nouvelle Héloïse, mais elle n'excommuniera jamais, au nom de la morale, le Sacrifice de la rose. Frago, si loin que sa clientèle et son goût aient pu le mener des intérieurs chers à Chardin, n'oublia jamais complètement les leçons trop courtes qu'il avait reçues du vieux maître.. Et peut-être en trouverait-on dans la Maitresse d'école, plus encore que dans l'Enfant blond, un souvenir et un écho. Sans doute, beaucoup de Boucher se mêle ici à Chardin, et il suffirait de déshabiller ces gamins, — et aussi leur maîtresse qui s'est déjà mise à son aise, — pour les transformer en petits Amours polissons et en nymphe facile, mais tout de même, quelque chose flotte ici qui nous permet de penser à l'autre... De ce Fragonard assagi sortira un jour la peinture sentimentale de Mademoiselle Gérard, sa belle-sœur. Mais Frago assagi, ce sera Frago vieilli. La Révolution, en dispersant sa clientèle, lui portera un coup sensible. Du moins ne menacera-t-elle sa liberté ni sa vie. L'amitié de David le protégera à temps; on le fera entrer dans le Conservatoire du Muséum, et son « dossier personnel » a conservé cette note : « Fragonard a pour lui de nombreux ouvrages; chaleur et originalité, c'est ce qui le caractérise; à la fois connaisseur et grand artiste, il consacrera ses vieux ans à la garde des chefs-d'œuvre dont il a contribué dans sa jeunesse à augmenter le nombre...» Ses chefs-d'œuvre, on allait les traiter de croûtes, de pochades libidineuses, on allait les proscrire au nom de la vertu, des Grecs et des Romains; — mais c'étaient bien des chefs-d'œuvre, s'ils nous ont gardé, toujours persuasifs et évocateurs, la justesse du geste, la sensation de la vie, le sourire d'un rêve. ANDRÉ MICHEL.
COFFRET A BIJOUX D'ÉLISABETH STUART D'ANGLETERRE, REINE DE BOHÈME Travail allemand par Christophe Angermeyer (1620). — Collection de M. le Baron de Schlichting La Collection de M. le Baron de Schlichting La collection de M. le baron de Schlichting a ceci de particulier qu'elle n'a rien de systématique, et qu'il ne s'y trouve qu'un seul groupe d'objets réunis avec l'idée de constituer un ensemble méthodique, je veux parler de la plus belle série de boîtes à miniatures du XVIIIe siècle qui sans doute existe actuellement à Paris. Les tableaux et les objets d'art sont de pure décoration intérieure, noble parure des hautes murailles d'un vieil hôtel de la rue Cambon. Ces peintures mêmes, peu nombreuses, indépendantes les unes des autres, d'écoles différentes, ont été recueillies, on le sent bien, par un homme de goût, qui ne saurait se contenter de peu, difficile en ses choix, et plus heureux des longs et touchants colloques avec une seule belle œuvre, que des énervantes poursuites de choses multiples et variées où s'épuise souvent le plus sincère et le plus passionné des amateurs. Devant ce petit nombre de peintures (nous nous proposons de n'en présenter que six) n'est-il pas admirable et rare que le premier nom que nous écrivons est celui d'un des plus grands génies de la Renaissance italienne, de Léonard de Vinci? et il est peu de collections, je pense, dont on puisse commencer l'étude avec un semblable point de départ. L'œuvre dont il s'agit, peinte sur un panneau de bois, représente la Vierge assise, tenant l'Enfant Jésus sur son
LES ARTS LÉONARD DE VINCI. — LA VIERGE ET L'ENFANT Collection de M. le Baron de Schlichting --- Description
LES ARTS genou gauche, au premier plan d'un paysage dont les fonds montagneux, délicatement vaporeux et bleuâtres, sont baignés par les eaux d'un lac, voilé d'une brume légère, et qui peut être le lac de Garde. L'arbre lui-même, si frémissant, si fin et si élancé, qui se trouve à gauche de la composition, et vient y jouer un rôle nécessaire, est pour nous une silhouette connue. Ces détails, joints à la couleur chaude et ambrée de la peinture, pourraient laisser supposer que Léonard a peint ce tableau à son retour de Venise, dans les toutes premières années du xvi^e siècle, surtout si l'on observe com- Collection de M. le Baron de Schlichting Dans la collection de Lord Battersea, à Londres, existe une réplique du petit tableau qui nous occupe, mais avec des variantes; on n'y trouve plus les fleurs de lis, ni l'arbre du premier plan, ni le château fort au bord du lac. Au revers du panneau, se lit en écriture du xvii^e siècle : « donné par le pape Benoit XIII, 1724, au cardinal de Polignac » (famille Orsini). « Cabinet du Roy ». Ce qui laisserait supposer que le tableau a pu être légué par le Cardinal au Roy, dans les collections duquel il serait entré après sa mort. De Léonard à Franz Hals, cela peut sembler manquer de transition, pour ceux qu'un idéalisme aussi épuré rend inaptes à goûter la saveur d'un réalisme aussi franc. Ce portrait de peintre où la fantaisie se mêle à la vérité avec un goût si capricieux, est une œuvre remarquable du maître. Elle se classe dans la série de ses œuvres plutôt calmes et d'exécution légère, sans cette fougue et cette audace de fac- bien le type de la Vierge se rapproche de celui de la sainte Anne du Musée du Louvre, qui est bien de cette époque. Sans vouloir céder à la tentation puérile de trouver à cette œuvre des origines illustres, serait-ce trop avancer que de rappeler à ce sujet que le roi Louis XII avait manifesté le désir que Léonard peignit « certain petit tableau de Notre Dame ou autre » ? Quelques historiens du Vinci, tels que Charles Clément ou Gaye (Carteggio) ont rapporté,ce fait. Un heureux hasard nous mettrait-il en présence de ce tableau de Madone que Léonard aurait peint pour Louis XII ? Collection de M. le Baron de Schlichting ture qui caractérisent quelques-unes des grandes réunions d'archers du musée de Haarlem. Elle est d'une grande liberté et d'une étonnante habileté de touche, et l'harmonie des noirs veloutés des vêtements et des gris fins du fond est un véritable régul des yeux. L'œuvre est signée F. H. et datée 1640. Le xviii^e siècle français est ici gracieusement représenté par un beau portrait de l'archiduchesse de Parme, sœur de Marie-Antoinette, par Roslin, œuvre délicate et fine, reflet plein de charme de son époque. La duchesse est assise, vue d'une robe d'un bleu passé qu'affine encore le réseau des tulles noirs pailletés qui l'enveloppent. Les notes claires sont données par la fraîcheur de carnation d'un visage charmant et des mains fines et aristocratiques. Un beau portrait de l'architecte Gabriel, par Greuze, d'une exécution légère et souple, d'une extrême fraîcheur,
LA COLLECTION DE M. LE BARON DE SCHLICHTING FRANZ HALS. — LE PEINTRE AMBULANT Collection de M. le Baron de Schlichting
LES ARTS se relie aux beaux portraits du XVIIIe siècle par une vérité d'expression dont les œuvres de Greuze sont trop fréquemment dépourvues. Un buste en marbre, de Gabriel, exposé dans une des salles de sculpture du Musée du Louvre, par l'analogie physionomique, autorise à identifier ainsi le portrait de Greuze qui nous occupe, et qui fit autrefois partie de la collection Polotzof. Une autre œuvre de Greuze, de plus grande importance, a figuré à l'Exposition rétrospective de 1900 à laquelle M. de Schlichting avait bien voulu la prêter. Elle représente l'Innocence enchâinée par les Amours et suivie du Repentir, à moins que ce ne soit plus simplement le Triomphe de l'Hymen. L'Innocence, sous les traits d'une jeune fille drapée à l'antique, entraînée par Cupidon, brandissant une torche enflammée, entourée de petits Amours qui cherchent à arrêter ses pas, est retenue par une femme suppliante qui descend derrière elle les degrés d'un temple antique précédé d'un haut portique. Le sujet est présenté avec cette sensibilité maniérée, et ce désir de vertu moralisatrice par où s'affirme le plus souvent l'art de Greuze. Mais ici du moins la composition ne manque pas d'adresse : elle rappelle par l'opulence du décor et la richesse de la couleur, les grandes compositions mythologiques de Rubens. Ce tableau avait été commandé à Greuze, par l'imperatrice Catherine de Russie. Le Zéphyr, J.-B. GREUZE. — PORTRAIT DE L'ARCHITECTE GABRIEL Collection de M. le Baron de Schlichting de Prud'hon, a été vu également et admiré à l'exposition centennale du Grand Palais, en 1900. Un enfant nu, aux chairs ambrées et comme pénétrées de lumière, se balance aux branches de grands arbres. La légende raconte que l'idée en serait venue à Prud'hon alors qu'il faisait le portrait de M. Lezay-Marnésia, en voyant le jeune enfant de son modèle se balancer éperdument devant ses yeux. C'est la première idée du tableau de 1815 qui a appartenu au duc de Sommariva, et qui est actuellement en la possession, je crois, d'un membre de la famille Péreire. Cette étude, que Prud'hon avait conservée, fut acquise après sa mort par un de ses amis, M. Constantin, et était passée ensuite dans les collections du duc de Morny. Cette rapide revue de quelques œuvres de peintures capitales ne saurait nous faire omettre un très beau bronze d'amiablement, d'une fonte brune admirable, dans lequel Falconet a apporté son sentiment rare de grâce et d'élegance. C'est une figure d'Eros approchant une flèche d'une torche enflammée, l'allumant au flambeau de l'Amour. Un très beau et très riche bureau à cylindre mérite de retenir un peu plus notre attention. L'abattant est décoré de compartiments à rosaces ciselés, et porte au centre un ovale renfermant une gerbe de fleurs au milieu de flèches figurant les rayons du soleil. Les côtés
BUREAU DE CATHERINE II DE RUSSIE, PAR DAVID ROENTGEN Collection de M. le Baron de Schlichting

Ce numéro de la collection « Les Arts » présente une étude approfondie des œuvres de Jean-Honoré Fragonard conservées dans la Collection Wallace. L'article explore la carrière de l'artiste, ses influences, et analyse plusieurs de ses peintures emblématiques telles que « La Fontaine d'Amour » et « L'Escarpole ». Il aborde également la collection de M. le Baron de Schlichting, mettant en lumière des œuvres de Léonard de Vinci et Franz Hals, ainsi que des objets d'art du XVIIIe siècle.