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UNE EXPOSITION DE PRIMITIFS FRANÇAIS A NEW-YORK ÉCOLE DE L’ARTOIS. — LE CRUCIFIEMENT DE SAINT-PIERRE. ANCIENNE COLLECTION LEVESQUE. L’Exposition de Primitifs français, organisée par M. F. Kleinberger au profit de l’Hôpital français de New-York pour célébrer l’inauguration de sa nouvelle Galerie, va marquer une date importante dans l’histoire de la découverte de nos peintres du Moyen-Age et de la Renaissance. Découverte toute récente puisqu’elle date de la mémorable Exposition qui eut lieu à Paris en 1904. En dépit du pessimisme de quelques critiques qui soutiennent que, depuis lors, la question n’a pas avancé d’un pas, un quart de siècle ne s’est pas The Exhibition of French Primitives organized in New-York by Mr. Kleinberger for the benefit of the French Hospital, and to celebrate the inauguration of his new Gallery — marks an important date in the history of the discovery of our Moyen-Age and Renaissance painters. A recent discovery, since it dates from the memorable Exhibition of 1904 in Paris. Regardless of the pessimism of certain critics who maintain that since that date the matter has advanced no further, this quarter of a century has not passed without

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LA RENAISSANCE DE L'ART_FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE SIMON MARMION. — LE CHRIST PORTANT LA CROIX. COLLECTION DU COLONEL M. FRIEDSAM DE NEW-YORK. écoulé sans que des œuvres inconnues n'aient surgi, sans que des problèmes obscurs, d'attributions ou d'influences, n'aient été éclairés par quelques côtés. C'est le résultat de ces recherches que va mettre en lumière l'Exposition américaine de 1927, dont le succès ne sera pas moins éclatant que celui de son ainée, l'Exposition parisienne de 1904. Le fait même qu'une Exposition de ce genre puisse être organisée aujourd'hui à New-York, sans la moindre contribu- tion du Louvre, de Chantilly et des autres Musées français, avec les seules ressources offertes par les collections d'Amérique, démontre éloquemment les progrès réalisés en ce court laps de temps dans l'appri- ciation des Primitifs français. Avant l'ardente croi- sade d'Henry Bouchot, on aurait bien étonné la plu- part des Français, même les plus cultivés, en leur par- lant de nos peintres du Moyen-Age et de la Renaissance. Tout le monde admirait avec une dévotion plus ou moins éclairée les Primitifs flamands, les Primitifs allemands, et surtout les Quattrocentistes italiens, mis à la mode par les Préraphaélites et plus tard par Ruskin. Mais il ne venait à l'idée de personne qu'il pût y avoir aussi des Primitifs français. On admettait unanimement, comme une vérité trop évidente pour être discutée, que la peinture française, après des balbu- SIMON MARMION. — MADONE. COLLECTION F. KLEINBERGER. the appearance of master-pieces hitherto unknown, nor without light having been turned upon obscure pro- blems of attribution and influences. It is in fact the result of all this research which will illuminate the American Exhibition of 1927, whose success is bound to be no less brilliant than that of the preceding Paris Exhibition of 1904. The mere fact that such an Exhibition may to-day be organized in New-York without any contributions from the Louvre, Chantilly, and other French museums, but entirely from resources afforded by American and collections — this fact is an eloquent proof of the pro- gress rapidly achieved in the appreciation of French Primitives. Before the ardent crusade of Henri Bou- chot, the majority of even the most cultivated French- men would have been astonished had we spoken to them on the subject of our Moyen-Age and *Renais- sance* painters. Everyone, with a devotion more or less enlightened, admired Flemish Primitives, German Primitives, and above all the Quatrocentists of Italy who had been set in fashion by the Pre-Raphaelites and later by Ruskin. But it did not occur to any one that French Primitives also might exist. It was unani- mously admitted as a self-evident truth beyond discus- sion, that French painting — after unformed early

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE JEAN BOURDICHON. — DEUX PORTRAITS. — COLLECTION MORTIMER SCHIFF. tiements informes et un apprentissage italien sous la direction du Primatice, le Maître de Fontainebleau, ne commençait, en réalité, qu'au XVIIe siècle avec Poussin et Claude Lorrain. L'in vraisemblance d'une pareille affirmation aurait dû sauter aux yeux. Car enfin, comment expliquer qu'un pays comme la France qui avait été au Moyen- Age le plus brillant foyer artistique de l'Europe, qui avait créé et répandu, à travers le monde, cet admirable art gothique dont le vrai nom serait art français ait dû attendre jusqu'au XVIIe siècle pour posséder une École de peinture digne de ce nom ? Eh quoi ! Nos « maîtres d'œuvre » étaient capables de dresser jus- qu'à une hauteur vertigineuse les voûtes grandioses des cathédrales d'Amiens et de Beauvais, nos « ima- giers » peuplaient les portails de Chartres et de Reims d'un monde de statues dignes d'être comparées aux plus pures merveilles de la sculpture grecque, et nous n'aurions pas eu d'artistes capables d'animer une muraille ou de peindre un portrait ! Une telle supposi- tion parait absurde a priori. Elle est de plus formelle- efforts and its Italian apprenticeship directed by Prima- tice, master of Fontainebleau—in reality only commenced with Poussin and Claude Lorrain in the XVIIth Century. The absurdity of such a statement should have struck us long ago. For how was one to explain that a country which, like France, was in the Middle Ages the most brilliant artistic centre of Europe — having created and spread throughout the world that Gothic Art whose real name might indeed be French Art — should have waited until the XVIIth Century before possessing a School of painting worthy of the name? Indeed! Our “Master Workmen” were capable of raising glorious arches of the Amiens and Beauvais Cathedrals to dizzy heights; our “image makers” peopled the great doorways of Chartres and of Reims with a whole world of statues worthy of being compared to the purest marvels of Greek sculpture — and yet we were without artists capable of animating a wall-space or of painting a portrait! Such a supposition appears a priori absurd; it is furthermore completely refuted by documents and monuments.

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE ment contredite par les documents et les monuments. Il est vrai que beaucoup de nos meilleurs peintres de cette époque étaient, en première ligne, des enlumeurs de manuscrits et que le développement de la peinture monumentale, si féconde au xiiie siècle, fut entravé à partir du xiiiie siècle par les progrès mêmes de l'architecture gothique qui, ayant réalisé par la croisée d'ogives et les arcs-boutants la solution du problème de l'équilibre des voûtes, remplaça hardiment les murs pleins par des claires-voies vitrées : c'est la peinture sur verre qui succède, dans nos cathédrales, à la peinture murale, c'est l'art prestigieux du vitrail, où le soleil collabore avec l'artiste, qui nous tient lieu de la fresque. Toutefois, il ne faut pas croire que la peinture française de cette époque reste strictement cantonnée dans la miniature et le vitrail. Le nombre des fresques qu'on a déjà découvertes, sous le badigeon, dans les chapelles de nos cathédrales et dans les moindres églises de village est considérable. En outre, le catalogue des peintures exécutées sur panneaux de bois : grands retables à volets ou petits portraits, s'accroît sans cesse. Le moment est donc heureusement choisi pour mesurer le chemin parcouru. * Sans répéter en aucune façon l'Exposition parisienne de 1904, puisque ses éléments sont puisés à d'autres sources, l'Exposition organisée à New-York permettra de suivre, sans lacunes, l'évolution de la peinture française depuis le règne de Charles V jusqu'à l'extinction de la dynastie des Valois. Certes le xive siècle, notre Trecento, n'est pas représenté très abondamment dans les collections américaines. Les œuvres les plus importantes sont restées en France : au Louvre qui s'est fait récemment céder par la Bibliothèque Nationale le portrait de Jean le Bon, au Musée de Dijon qui a hérité du fameux triptyque de la Chartreuse de Champmol, commandé par le Duc de Bourgogne. A défaut de chefs-d'œuvre de cette importance, on a pu prélever dans l'admirable Collection du Colonel M. Friedsam, qui ne possède pas moins de 46 Primitifs français et qui est certainement la Collection privée la plus importante de ce genre, de curieux panneaux très archaïques, attribués à Jean d'Orléans, fils du peintre de Jean le Bon : ce sont deux scènes de l'histoire de Salomé demandant et recevant la tête de saint Jean Baptiste. A partir du xve siècle, les œuvres conservées deviennent beaucoup plus nombreuses et l'École française fait preuve d'une vitalité d'autant plus surprenante que les ravages de la guerre de Cent ans auraient pu entraver ou même paralyser son développement. A vrai dire le rôle de Paris, prépondérant sous le règne de Saint Louis, est bien diminué à cette époque. Mais d'autres It is a fact that at this period many of our best painters devoted themselves to the illumination of manuscripts and that the development of other forms of painting — so flourishing in the XIIth Century — was in the XIIIth Century impeded by the progress of Gothic architecture which, having solved by crossed ogives and by arched buttresses the problem of balanced vaulting, completely replaced solid walls by open spaces filled with glass. It was painting upon glass which succeeded mural painting, that elusive art of stained glass in which the sun itself collaborates with the artist, and which with us replaces the fresco. Nevertheless it must not be thought that French painting of that period was limited to miniatures and stained glass. The number of frescos which have already been discovered beneath the white-wash in the chapels of our cathedrals, as also in simple village churches, is indeed remarkable. In addition there is the whole catalogue of paintings upon wooden panels — great altar screens with shutters, or small portraits — which is incessantly increasing. This is therefore an appropriate time to note the advance which has been made. * Without being in any sense a repetition of the Paris Exhibition of 1904, since its elements have been obtained from entirely other sources, the Exhibition organized in New-York will make it possible to follow the evolution of French painting without interruption from the reign of Charles V until the extinction of the Valois dynasty. Certainly the XIVth Century, or to use the term which is current in Italy — our Trecento — is not very abundantly represented among American collections. The most important work of this period has remained in France : in the Louvre, which has recently obtained from the Bibliothèque Nationale the portrait of Jean Le Bon and in the Musée de Dijon which has inherited the famous tryptich from the Chartreuse de Champmol ordered by the Duc de Bourgogne. Though lacking in master-pieces of a like importance, one has been able to obtain from the collection of Colonel M. Friedsam — owner of no less than 46 French Primitives, undoubtedly the most important private collection of this sort — some curious and archaic panels attributed to Jean d'Orléans, son of the artist who painted Jean Le Bon, representing Salomé demanding and receiving the head of Saint John the Baptist. From the XVth Century on, a far greater number of works has been preserved, and the French School gives proof of a vitality which is all the more surprising in view of the fact that the Hundred Year's War might have been expected to curtail or even paralyze its deve-

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE LE MAITRE DE MOULINS. LE MARTYRE D'UN SAINT. COLLECTION DU COLONEL M. FRIEDSAM DE NEW-YORK. centres d'art se forment dans la région de la Loire, notamment à Tours, résidence favorite du roi Louis XI, en Provence où Avignon, la ville des papes et Aix, la Capitale du Roi René, tiennent le premier rang et enfin dans la Bourgogne et la Flandre, réunies sous la même domination, où une École franco-flamande fleurit à Dijon, à Douai et à Valenciennes. L'Exposition réunit des œuvres capitales de ces trois groupes principaux. Le Maître le plus célèbre de l'Ecole de la Loire, Jean Fouquet est représenté par le beau portrait du Roi Louis XI (Coll. Friedsam) : précieux document iconographique provenant du célèbre Cabinet formé à la fin du XVIIe siècle par l'éрудit Roger de Gaignières. Jean Bourdichon, l'enlumineur des Heures d'Anne de Bretagne, et Jean Perréal qu'il convient sans doute d'identifier avec le mystérieux Maître de Moulins dont le chef-d'œuvre est le grand triptyque de la cathédrale de Moulins en Bourbonnais, appartiennent au même groupe, si purement français, de ces peintres qui perpétuent les traditions des enlumeurs et dont le coloris limpide, le style calme reflètent, comme un miroir fidèle, la mollesse souriante du val de Loire. L'Ecole de Provence, dont le caractère méridional se trahit par une lumière plus crue, des lignes plus sèches, un relief plus âpre et un accent plus dramatique est lopment. At this period Paris, all-powerful under the reign of Saint Louis, had greatly lost in influence. But other art centres were formed in the Loire country, especially at Tours, the favorite residence of King Louis XI — in Provence, where the Papal city of Avignon and Aix, the capital of King René, held first rank — and lastly in Burgundy and Flanders, united under one rule, where a Franco-Flemish School flourished in Dijon, Douai and Valenciennes. The Exhibition unites important master-pieces of those three leading groups. The most celebrated master of the School of the Loire, Jean Fouquet, is represented by his fine portrait of King Louis XI (Friedsam Collection) : a valuable iconographic document which came from the "Cabinet" collected at the end of the XVIIth Century by the cultured Roger de Gaignières. Jean Bourdichon, illuminator of the Book of Hours of Ann of Brittany, and Jean Perréal who may doubtless be identified with the mysterious Maître de Moulins whose master-piece is the great tryptich of the Moulins Cathedral — these belong to the same purely French group of painters who perpetuate the traditions of the illuminators, and whose limpid colouring and reposeful style like a faithful mirror reflect the smiling softness of the Valley of the Loire. The School of Provence, whose Southern characteris-

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE moins spécifiquement française : car elle a subi à la fois l'influence de l'Italie toute proche, encore renforcée par son enclave avignonnaise et celle des Flamands qui descendaient la vallée du Rhône. Nicolas Froment qui a peint en 1475 le triptyque du Buisson ardent pour la cathédrale d'Aix et surtout l'auteur anonyme de la poignante Vierge de Pitié de Villeneuve-lez-Avignon, aujourd'hui au Louvre, sont les principaux Maîtres de cette École. Un curieux tableau appartenant à M. Kleinberger, où l'on voit, sur un fond de ville aux tours crénelées, une sainte nimbée comparaisant devant un juge, permettra de saisir combien cet art provençal nerveux et tendu diffère de la grâce aimable des peintres de la Touraine et du Bourbonnais. Dans l'Ecole de la Bourgogne et du nord de la France, l'influence des Pays-Bas, déjà très sensible en Provence, s'accuse naturellement encore davantage. On sait que les Ducs de Bourgogne avaient attiré à Dijon toute une colonie de peintres flamands. D'autre part, à Valenciennes et à Douai, nos peintres du nord étaient en contact étroit avec leurs voisins de Bruges et d'Anvers. De là vient que cette École a un caractère un peu hybride et qu'il est souvent difficile de décider si telle œuvre est plutôt française que flamande. Dans les cas douteux, la provenance des peintures est un précieux indice. C'est ainsi que nous sommes fondés à rattacher à l'École de Picardie les remarquables volets de retable de la fin du xve siècle acquis par M. Ryerson de Chicago. Nous savons en effet que ce retable a été exécuté pour la Chartreuse de Saint-Honoré à Thuison près d'Abbeville, origine qui est d'ailleurs confirmée par la présence, au revers des volets, de deux saints particulièrement vénérés par les Chartreux : saint Hugues, évêque de Lincoln et saint Honoré, évêque d'Amiens. Il y a tout lieu de croire que cette œuvre a été exécutée sur place par un artiste local. C'est également au nord de la France qu'il convient d'assigner deux panneaux, provenant de l'ancienne Collection Levesque, qui portent la date de 1451. Les figures très vivantes des donateurs agenouillés devant leurs patrons : saint Pierre crucifié la tête en bas et saint Antoine ermite présentent de frappantes analogies avec les tapisseries d'Arras. D'autre part, la facture minutieuse rappelle l'art de la miniature particulièrement florissant dans cette région. De Simon Marmion, le prince des enlumineurs, né à Amiens, mais fixé à Valenciennes dans la seconde moitié du xve siècle, M. Kleinberger expose une charmante Madone qui a séduit tous les connaisseurs à la récente Exposition de Londres. Jean Bellegambe de Douai est, comme Simon Marmion, un peintre franco-flamand ; mais il appartient à une génération postérieure, déjà imprégnée de l'idéal de la Renaissance. Ses fonds tics are revealed by a harsher light, by dryer outlines, a more rugged relief and a more dramatic accentuation, is less specifically French. This School has undergone both the influence of Italy reinforced by the limitations of Avignon, and that of the Flemings from the Valley of the Rhone. Nicolas Froment who in 1475 painted the tryptich of the "Burning Bush" for the Cathedral of Aix and especially the unknown creator of that poignant "Virgin of Pity" from Villeneuve-lez-Avignon which is now in the Louvre — these are the masters of this School. A curious painting in the possession of Mr. Kleinberger, in which one perceives against the background of a town with its crenelated towers an aureoled saint appearing before her judge, will make it possible to understand how greatly this tense, strained art of Provence differs from the pleasant charm of painters from the Touraine and the Bourbonnais country. In the Schools of Burgundy and of Northern France, the influence of the Netherlands which was already so noticeable in Provence is undoubtedly even more accentuated. It is a well-known fact that the Dukes of Burgundy had called to Dijon a whole colony of Flemish painters. Furthermore, both in Valenciennes and in Douai our northern painters remained in close contact with their neighbours in Bruges and Antwerp. Hence the somewhat hybrid character of this School which at times makes it difficult to tell whether a particular work is indeed French or Flemish. In cases of doubt the source from which the paintings have reached us is an indication of great value. Thus it is that we are inclined to attribute to the School of Picardy those remarkable shutters from an altar screen of the end of the XVth Century owned by Mr. Ryerson of Chicago. We know in fact that this altar screen was made for the Chartreuse de Saint-Honoré at Thuison near Abbeville — an origin which is furthermore confirmed by the presence upon the back of the shutters of two saints particularly dear to the monks of the Chartreuse : Saint Hugues, Bishop of Lincoln, and Saint Honoré, Bishop of Amiens. There is every reason to believe that this work was executed on the spot by a local artist. To Northern France may also be attributed two panels which came from the former Levesque Collection and which bear the date of 1451. The life-like figures of the donors kneeling before their patrons : Saint Peter crucified head down and Saint Anthony, both afford striking analogies with certain tapestries made in Arras. Furthermore, the painstaking execution recalls the art of miniature-painting which was especially flourishing throughout this region. Mr. Kleinberger also exhibits a charming "Madonna" — which was the delight of all connaisseurs at the recent London Exhibition — by Simon Marmion the

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JEAN BELLEGAMBE. — L'ADORATION DE LA VIERGE. — TRIPTYQUE DES CISTERCIENNES DE FLINES. COLLECTION DU COLONEL M. FRIEDSAM. JEAN BELLEGAMBE. — LA CONVERSION DE SAINT-PAUL. — COLLECTION F. KLEINBERGER.

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE CORNEILLE DE LYON. PORTRAIT D'ANTOINE DE BOURBON, ROI DE NAVARRE. COLLECTION F. KLEINBERGER. PORTRAIT DE M. DE LA NOVE. COLLECTION DU COLONEL M. FRIEDSAM DE NEW-YORK. d'architecture, d'une extrême richesse, n'ont plus rien de gothique. L'Exposition de New-York attirera certainement l'attention sur ce Maître trop peu connu : car on pourra y admirer deux de ses œuvres les plus importantes : la Conversion de saint Paul, déjà très remarquée à Bruges en 1902 et le beau triptyque de l'Adoration de la Vierge, un des joyaux de la Collection Friedsam, peint en 1533, deux ou trois ans seulement avant la mort de l'artiste, pour l'abaye des Cisterciennes de Flines, près de Douai. Le coloris harmonieux et limpide de ces peintures rappelle Gérard David et CORNEILLE DE LYON. PORTRAIT DE JEAN D'ALBON, SEIGNEUR DE SAINT-ANDRÉ. COLLECTION DU COLONEL M. FRIEDSAM DE NEW-YORK. prince of illuminators, who was born in Amiens but settled in Valenciennes in the second half of the XVth Century. Jean Bellegambe of Douai, like Simon Marmion, is a Franco-Flemish painter; but he belongs to a later generation already imbued with the ideals of the Renaissance. His architectural backgrounds which are extremely sumptuous, retain nothing of the Gothic. The New York Exhibition will not fail in calling attention to this too little-known master, for two of his most important works will be displayed there : " The Conversion of Saint

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE FRANÇOIS CLOUET. — PORTRAIT DE Mme DE PIENNES, FILLE DE L'AMIRAL CHABOT. — COLLECTION F. KLEINBERGER. FRANÇOIS CLOUET. — PORTRAIT DU JEUNE ROI, CHARLES IX. COLLECTION DU COLONEL M. FRIEDSAM DE NEW-YORK. surtout Quentin Metsys. En dehors des peintures de l'École de Fontainebleau qui ont été presque toutes dénaturées par de fâcheuses restaurations et qu'on ne pouvait songer à transporter de l'autre côté de l'Atlantique, l'École française du XVIe siècle ne nous a guère laissé que des portraits. Tandis que les grandes compositions décoratives encadrées de sculptures en stuc sont d'un goût tout italien, la peinture de portrait qui se développe à la Cour des Valois est d'origine et d'inspiration flamandes. Jean Clouet qui était sans doute originaire de Bruxelles, Corneille de Lyon qui avait JEAN CLOUET. — PORTRAIT DE FRANÇOIS 1er. COLLECTION DU COLONEL M. FRIEDSAM DE NEW-YORK. Paul ", much admired at Bruges in 1902, and the " Adoration of the Virgin ", a fine tryptich which is one of the jewels of the Friedsam Collection and was painted in 1333, only two or three years before the death of the artist, for the Cistercien Abbey of Flines near Douai. The clear and harmonious colouring of these paintings recalls Gérard David and especially Quentin Metsys. In addition to the paintings of the School of Fontainebleau — almost all of them deteriorated because of faulty restoration and also unable to withstand a sea voyage across the Atlantic — the French School

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE DESCENTE DU SAINT ESPRIT. TROIS PANNEAUX DU TRIPTYQUE DU RETABLE DE LA CHARTREUSE D'ABBEVILLE. (FIN DU XVe SIÈCLE), ÉCOLE D'AMIENS. COLLECTION RYERSON DE CHICAGO. commencé par s'appeler Corneille de La Haye, nous viennent tous les deux des Pays-Bas. Mais il suffira de voir aux murs de la « maison gothique » où émigre la Galerie Kleinberger une sélection des œuvres de ces artistes, si merveilleusement représentés dans la Collection Friedsam, pour se convaincre que ces Néerlandais, établis en France, y ont conquis droit de cité. S'ils étaient restés à Bruxelles et à La Haye, ni Jean Clouet, ni Corneille de Lyon n'auraient jamais peint ces délicats portraits de grands seigneurs, qui ne pouvaient être appréciés que dans le milieu élégant et raffiné jusqu'à la perversité de la Cour des Valois. Des portraits comme ceux de Guillaume Gouffier, sire de Bonnivet (Musée de Saint Louis), de Mme de Piennes, fille de l'amiral Chabot (à M. Kleinberger), ou du jeune Roi Charles IX (Coll. Friedsam) sont la quintessence du goût et de l'esprit français. Tel est, résumé à grands traits, l'ensemble incomparable de peinture ancienne que M. Kleinberger a eu l'heureuse pensée de réunir pour la délectation et l'instruction des amateurs d'art des États-Unis. Ce sera pour beaucoup d'entre eux une révélation. LOUIS RÉAU. ASCENSION. of the XVIth Century has left little besides portraits. Whereas the large decorative compositions framed in stucco ornament are of a taste which is purely Italian, the portrait-painting which developed at the court of the Valois is Flemish both as to origin and inspiration. A study of selected works by these masters — so marvelously grouped in the Friedsam Collection — displayed upon the wall of the “Gothic House” to which the Kleinberger Gallery has moved, will offer a convincing evidence that these Netherlands who settled in France there conquered the rights of citizenship. Had they remained in Brussels or the Hague, neither Jean Clouet nor Corneille de Lyon would ever have painted these fine portraits of great lords and ladies which are only to be appreciated in surroundings as elegant and over-refined as those existing at the court of the Valois. Such, broadly outlined, is the incomparable collection of ancient painting which Mr. Kleinberger has had the happy thought of assembling for the delectation and the education of art lovers in the United States. For many of them it will be a revelation. LOUIS RÉAU. SAINT HUGUES.

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SUR QUELQUES TABLEAUX DE LA COLLECTION COGNACQ PHILIPPE DEBUCOURT. LA MARCHANDE DE CHIFFONS. CL. RENAISSANCE Le grand ennemi des Musées, c’est l’immobilité. On finit par passer devant les œuvres en croyant les connaître, ce qui est pire que de les ignorer totalement. Si j’avais été Directeur de Musée, j’aurais mis mon personnel sur les dents, et j’aurais été maudit des écrivains qui publient des guides par ordre de salles. Les œuvres s’ennuient d’être toujours à la même place. Elles deviennent ternes, maussades, récalcitrantes. Elles ne livrent leur secret que si on les viole un peu, à moins qu’on ne se fasse un peu violence à soi-même devant elles. Rappelez-vous, vous qui avez assidûment fréquenté le Louvre pendant des années, les trois aspects successifs de la Bethsabée. Lorsqu’elle émigra de la salle Lacaze dans un des petits cabinets latéraux aux Rubens, et enfin lorsqu’elle occupa son milieu de panneau The greatest enemy of a Museum is its immobility. We end by passing before great works of art thinking that we know them, which is even worse than remaining in utter ignorance of them. If I had been director of a Museum, I would have set the teeth of all the personnel on edge, and would have been cursed by those writers who publish guide-books giving all the rooms in proper succession. For works of art grow weary of remaining forever in the same place. They become spiritless, dull, refractory. They yield their secret only if they be treated to abit of violence now and then, or unless we ourselves become violent before them. Try to recall, O you who during many years have so assiduously frequented the Louvre, the three successive aspects of the Bethsabée: when it travelled ANTOINE WATTEAU. FEMME COUCHÉE TENANT UN VERRE.