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leçons et résultats de la GRANDE ANNÉE
C'est le dernier jour de l'Exposition.
Le temps est gris, noyé de pluie ; les constructions s'estompent à dix pas ; les avenues les reflètent dans leurs flaques mélancoliques. Ce soir les illuminations scintilleront dans la brume. Les galeries, avec tous leurs trésors, sont parcourues par des visiteurs hâtifs qui regrettent de n'avoir pas assez regardé, d'avoir oublié maintes choses dont l'importance leur apparaît plus grande au moment où elles vont se disperser.
Maintenant la pioche entame le séduisant décor. Ce ne sont déjà plus que plâtras et loques.
Mais une image demeurera brillante dans nos esprits. Nous n'aurons qu'à évoquer un instant nos souvenirs, et, comme il arrive pour les souvenirs de fête, cette image se simplifiera et ne laissera plus ressortir que les enseignements.
Déjà, pendant les dernières semaines, les conversations, de ceux qui sont portés à réfléchir et synthétiser, portaient sur ce sujet. Essayons de les résumer.
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Tout d'abord les grandes lignes, la construction, ou, si l'on veut, l'ossature même des palais; galeries et pavillons éphémères, mais qui serviront cependant de types pour des édifices, à des villes entières plus durables.
L'architecture, française ou étrangère, a très fermement accusé une tendance à ne recourir qu'aux lignes droites ou bien aux courbes ininterrompues et aux grandes surfaces planes, débarrassées de toute superfétation, piliers, rondes-bosses et autres parties en reliefs ne se rattachant pas organiquement à la structure telle que la constituent les matériaux employés.
Ces matériaux, on le sait, se composent presque exclusivement de ciment armé. Parfois, comme pour les Pavillons du Danemark et des Pays-Bas, la brique, mais avec le même parti-pris de nudité.
Avantage de logique. Désavantage de sécheresse. Il est certain que l'on ne verra plus les poèmes de pierre si grandioses en même temps que caressants et opulents de nos cathédrales. Mais le désavantage, inhérent à cette rigidité, à cette pauvreté des lignes, se compense par la richesse des revêtements, le brillant des céramiques et des mosaïques, l'attrait des bas-reliefs de plus en plus appelés au décor, ainsi que nous le faisions remarquer dans un précédent article. Factice beauté peut-être, mais correspondant à notre vie elle-même d'étincelantes apparences.
L'erreur des constructeurs de l'Exposition, en général, fut de ne pas faire appel bien plus largement à ce subterfuge charmeur. Les parties les plus ratées — car il ne sert à rien de dissimuler qu'il y en eut, — auraient été séduisantes sous ce déguisement. La trop générale blancheur (sauf lorsqu'il s'agissait de revêtements de marbre comme peau Pavillon des Galeries Lafayette), était un peu déprimante. Au contraire, pour ceux de Primavera, du Louvre, du Bon Marché, soit la profusion de la polychromie, ou même le plus simple rehaut d'or, — dissimulaient immédiatement l'aspect géométrique qu'ils auraient donné sans cet adjuvant.
La blancheur serait l'écueil pour les villes, maisons et boutiques de l'avenir. On s'y ennuirait à mourir, et l'on y ressentirait, que trop bien, pourquoi les Chinois, avec leur raffinement, ont fait du blanc la couleur du deuil.
Nous avons dit, enfin, que les nouveaux modes de construction, dont la victoire est incontestable, avaient du moins des avantages de logique. Plus de netteté et de « spaciosité » si l'on nous passe ce barbarisme, dans la distribution des plans. De vastes halls, des rotondes et des coupoles d'un beau développement, autant de commodités et d'agrément qu'on n'eût pu obtenir naguère qu'à grands frais et à grand effort. Plus de recoins illogiques, plus de parties sombres : un éclairage abondant et égal, qui contribue à la santé pendant le jour et, grâce au progrès des systèmes lumineux, pendant les heures nocturnes rendant le repos et le home plus aisés et plus luxueux. Enfin, puisque nous nous sommes affirmés cette fois supérieurs dans l'art du vitrail, c'est une ressource renouvelée et merveilleuse pour l'architecture moderne.
L'Exposition de 1925, en faisant largement ressortir ces principes si simples — tellement simples que l'on a peine à comprendre qu'on ait pu les perdre de vue il n'y a pas si longtemps, — aura donc donné des leçons et rendu des services.
Aura-t-elle cependant condamné sans appel tout ce qui se faisait hier encore ? Non, car il suffira de se rappeler combien avaient encore d'attrait les constructions de styles régionaux, comme certains pavillons des provinces, et la rue du village français. Mais qu'est-ce qui constituait justement ce charme ? C'était la logique des climats et des ressources locales. Ici, rien de nouveau, mais rien de voué à disparaître de notre sol. Simple question d'opportunité et de localité.
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Si nous passons maintenant au contenu, ici les restrictions se font plus rares. Il ne fut pour ainsi dire
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pas un objet qui fût insignifiant, ou ridicule, ou hideux.
Il est certain qu'un grand progrès a été accompli quant au goût. Degas disait : « Le goût, c'est le vice ». Le grand misanthrope n'avait peut-être pas tort quant au fond ; mais ce « vice » devenu endémique peut, par les chemins détournés de l'art, ramener à la vertu, — à une certaine vertu.
Ce n'est pas à une Revue comme La Renaissance, qui fait son étude des « industries de luxe », une des sources de richesse de la France, à regarder les choses sous cet angle pessimiste, et il est non moins vrai que la laideur est une immoralité, le mauvais goût un péché mortel.
Or, nos industries de luxe ont montré un goût exquis, au point de nous mériter l'admiration sans restriction de tous nos visiteurs, les plus prévenus, — ou les plus intéressés.
Peut-être n'a-t-on pas assez remarqué que l'évolution du costume féminin correspondait exactement à celle de l'architecture : simplification des lignes, exclusion de toute surcharge, parasite ou postiche, ces lignes faisant valoir celles du corps qui demeure la plus parfaite architecture, et la couleur seule devant faire valoir cette harmonie des plans. On peut être sûr, après la floraison extraordinaire de grâce et d'invention que nous ont offerte toutes les sections de la toilette, que, dans ce domaine, la France demeure pour longtemps sans rivale.
D'ailleurs que de talent, que de savoir, que de justesse et de finesse de conception dans la richesse merveilleuse de notre section des tissus ! Sans doute, diverses nations avaient envoyé d'excellents spécimens de leurs fabrications. Nous ne pouvons nous attarder à les passer en revue ; mais la supériorité de notre part était presque trop éclatante.
En somme c'est le goût et le tact du dessin qui sont à la base de cette victoire. Et il faut que ces qualités soient vraiment innées chez nous pour s'être manifestées à un si haut point, alors que l'enseignement du dessin est chez nous aussi faible et aussi peu suivi, aussi peu intelligent, disons brutalement le mot.
Phénomène bien significatif, l'enseignement du dessin est apparu bien plus complet à l'étranger, bien plus rationnel et plus riche en résultats purement didactiques que chez nous, notamment en Autriche et en Pologne.
Au contraire, nos écoles de province et même de Paris témoignaient d'un bon vouloir très louable, mais dont les résultats auraient été bien plus heureux sans les méthodes employées, plutôt pauvres et arriérées. Cela rend d'autant plus saisissant l'écart entre l'enseignement officiel et l'industrie privée. Ce goût des industriels français s'affirma avec autant de bonne grâce et d'aisance dans toutes les branches. La bijouterie, la céramique, l'orfèvrerie, entre autres,
montrèrent autant de mesure que de richesse et d'esprit. Paris redevenant lui-même son Exposition permanente et perpétuellement changeante n'est pas près d'être détrôné.
Des qualités furent également à constater dans l'illustration, la gravure et la composition des livres. Des livres de luxe s'entend, car en général pour les ouvrages à grande diffusion et destinés à l'instruction comme à la simple distraction, nous n'avons guère réalisé encore de progrès décisifs.
On voit que nous ne dissimulons rien de ce qui nous reste à faire si nous proclamons ce que nous avons acquis, et conquis.
C'est en vertu de cette franchise que nous devons attirer l'attention sur le succès, mais aussi sur l'avenir des industries du meuble. Cet avenir risquerait d'être compromis si l'on ne cherchait pas à éviter deux écueils. L'un, d'une certaine monotonie des formes, par exemple la massivité et la raideur des lignes. On se fie trop à la séduction de la matière ; mais cette matière, ces bois précieux, caressants à l'œil, ne donnent pas tout ce qu'on pourrait obtenir de compositions moins uniformes, plus souples. L'autre est dans le prix même de ces ameublements. Une imitation à bon marché deviendra tout à fait insuffisante. On a vu à l'Exposition trop peu de recherches dans l'ordre du bois massif de nos forêts, appelant la sculpture sobre dont le principe est acquis, sans crainte du retour des surcharges et de l'illogisme
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La vision récemment éteinte nous ramène soudain vers celle presque oubliée, de 1900. Nous en avons été le témoin à la fois attentif et passionné. A cette époque on cherchait beaucoup de choses et avec beaucoup d'ardeur. On portait encore un lourd héritage de démodé ; aussi dans l'impatience de faire du nouveau, on en mettait trop. La très intéressante rétrospective de Galliera a montré le déchet à côté du sauvetage. Mais c'est de ce déchet même que, peu à peu, sont sortis des efforts plus méthodiques, des critiques plus fécondes. Ce qui a fait le succès de 1925, nous entendons succès des idées et des principes autant que des œuvres mêmes, c'est que les arts décoratifs opéraient sur un terrain plus largement déblayé.
A mesure que nous avancerons maintenant, les erreurs et les incertitudes inévitables s'effaceront, et l'on arrivera à mettre d'accord les idées et les œuvres, la production et la société.
Il importait que cette vérité devint évidente : beaucoup de nations cherchent avec acharnement, mais la France trouve sans effort.
ARSÈNE ALEXANDRE.
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A PROPOS DU CHATEAU DE MAISONS LAFFITTE
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CL. RENAISSANCE
LE PRÉSIDENT RENÉ DE LONGUEIL, SEIGNEUR DE MAISONS.
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L y a une douzaine d'années que le château de Maisons-Laffitte, acquis par l’État en 1904, restauré par le service des Monuments historiques et affecté aux Musées Nationaux, en 1911, par arrêté de M. Dujardin-Beaumetz, a été ouvert au public. Cinq à six mille visiteurs s'y rendent chaque année ; les résidents des jolies villas du parc de Maisons sont fiers de « leur » château ; c’est parmi eux que s’est recrutée surtout une petite société d’« Amis » bien intentionnés, mais un peu discrets. Toutefois, le public parisien ne connaît pas encore assez le chemin de Maisons.
Il est vrai que le bruit fait autour des craintes que l’on avait conçues légitimement de la disparition du
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château, puis la joie de son sauvetage, la surprise des premières découvertes et les premiers enthousiasmes devant sa résurrection furent assez brusquement coupés par le grand silence de la guerre. Le château fermé, privé des tapisseries que l'on y avait ramenées et qui en font le plus bel ornement, redevint le château de la Belle ont été achetés par l'État, ou vont l'être. La municipalité de Maisons-Laffitte, consciente de ses devoirs envers le château qui fait ou devrait faire sa gloire, a collaboré à plusieurs reprises à ces acquisitions ; elle a trouvé naguère, d'ailleurs, un concours libéral chez M. Frank Jay Gould, qui se substitua à elle pour payer sa quote-
J.-E. BULLOZ, ÉD.
VOLTAIRE JEUNE, HÔTE DE MAISONS.
D'APRÈS LA PEINTURE DU MUSÉE CARNAVALET.
ATTRIBUÉE À LARGILLIÈRE.
au Bois dormant. La réouverture, en 1919, et l'accroissement de ses collections furent salués avec une mesure un peu parcimonieuse. La Renaissance avait toutefois consacré à ce moment au château un joli article descriptif et critique dû à la plume de M. J.-G. Lemoine.
Maisons n'attire pas ; on incrimine la distance trop grande, le pavé trop dur, les abords peu accueillants. C'est un tort : les 17 kilomètres de route droite qui amènent de Paris ont été fort améliorés et quant aux abords du château, malgré l'économie rigoureuse prescrite depuis la guerre, les terrains nécessaires pour assurer les perspectives de la magnifique construction de Mansart, tous ceux au moins qui restaient disponibles,
part de 75.000 francs, dans une des acquisitions. Elle en trouvera d'autres encore, puisqu'elle donne le bon exemple, lorsqu'il va s'agir d'aménager ces terrains.
Un aménagement s'impose, en effet. Il ne saurait être question, bien entendu, de restituer l'ensemble des parterres du château tels que nous les montrent les anciennes gravures du XVIIe et du XVIIIe siècles, celles de Perelle ou de Rigaud que nous reproduisons ci-contre.
Vers le parc, la grande esplanade que flanquaient les fastueuses écuries du président de Longueil a fait place à une médiocre avenue bordée de villas disparates, depuis le lamentable lotissement de 1877-1880. Il ne reste plus de ce côté que la cour d'honneur entou-
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CL. RENAISSANCE
THIERS.
MANUEL.
BÉRANGER.
JACQUES LAFFITTE ET SES AMIS.
LAFFITTE.
ARAGO.
LA FAYETTE.
BENJAMIN CONSTANT.
MÉDAILLONS DE DAVID D'ANGERS.
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CL. ARCHIVES PHOTOGRAPHIQUES
PORTRAIT DE JACQUES LAFFITTE, PAR HENRY SHEFFER (1835).
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LE CHATEAU DE MAISONS, VU DES JARDINS.
GRAVURE ANONYME DU XVIIe SIÈCLE.
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LES ÉCURIES DU CHATEAU DE MAISONS.
GRAVURE DE PÉRELLE (XVIIe SIÈCLE).
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CL. RENAISSANCE
LE CHATEAU DE MAISONS, VU DES JARDINS DU CÔTÉ DE LA SEINE.
GRAVURE DE RIGAUD (DÉBUT DU XVIIIe SIÈCLE).
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CL. RENAISSANCE
LA VIEILLE ÉGLISE ET LE CHATEAU. — LITHOGRAPHIE (VERS 1830).
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GRAVURE DE PÉRELLE (XVIIe SIÈCLE).
GRAVURE DE PÉRELLE (XVIIe SIÈCLE).
CL. RENAISSANCE
PEYRE. — LE CHATEAU ET LES ÉCURIES EN 1817. — GOUACHF.
CL. RENAISSANCE
LE MOULIN DU CHATEAU, — EAU-FORTE PAR F. DUGARRIC (1877).
CL. RENAISSANCE
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TAPISSERIES DES GOBELINS, D'APRÈS LES « CHASSES DE MAXIMILIEN »
rée d'une grille rapportée, d'ailleurs assez intéressante, et où l'Etat entretient non, sans peine, deux pelouses et deux petits motifs à la française de « parterres de broderies » dessinés par l'architecte restaurateur du château, M. Malençon, qui donnent une légère idée des vastes compositions d'autrefois, beaucoup plus amples et plus éloignées des bâtiments.
Les véritables parterres s'étendaient surtout entre le château et la Seine, sur la face Sud, et descendaient jusqu'à la berge du fleuve. Un grand motif d'architecture en fer à cheval semble même avoir été conçu, mais non complètement exécuté, vers la tête du pont actuel placé dans l'axe du château. Ce pont, qui ne date que du Premier Empire, et les routes qui, de là, divergent l'une vers le champ de courses, l'autre vers la ville, bordée déjà de guinguettes et de bâtiments utilitaires, ont irrémédiablement gâté le bas de cette pente douce qui dévalait du château vers le fleuve. Leurs talus élevés laissent en contre-bas des fondrières que l'on s'est efforcé jusqu'ici de combler économiquement. Il conviendra de parachever rapidement cette opération que la guerre a ralentie et qui, en se prolongeant, semble condamner à un perpétuel enlaidissement les abords du château et impose au visiteur qui arrive en voiture de Paris, un premier plan de décombres malpropres.
Ce minimum de décence et de propreté obtenu, il faudra songer à régler la circulation qui tend à s'accen- tuer par les allées qui montent au château. Ces allées, publiques par habitude plus peut-être que par droit, doivent être réservées aux promeneurs et aux voitures légères. Le trafic courant doit s'établir à droite vers le champ de courses dont l'accès, soit dit en passant, aurait grand besoin d'être amélioré, à gauche vers la ville, rejoignant la route de Paris qui correspondait jadis à l'ancien bac. Il est bien fâcheux que des idées de symétrie aient fait, au début du xixe siècle, planter le nouveau pont dans l'axe du château et non à la place du bac qui aboutissait vers l'angle du parc. Nous eussions évité le bout de route parallèle à la Seine et sa chaussée qui défigure le bas de nos terrains.
Une sorte de demi-lune limitée par des barrières pourrait être tracée à la tête du pont et, au delà, une grande pelouse rectangulaire ferait suite à celle qui est déjà disposée devant la façade méridionale du château. Il serait à souhaiter évidemment que l'on put agrémenter ces pelouses de quelques massifs de fleurs. Mais leur entretien exigerait des sacrifices assez lourds et peut-être assez vains, étant donné la circulation nécessaire et le peu de surveillance. Que les gazons soient bien entretenus et respectés, les allées bien tracées, le dessin net et harmonieux, ce sera déjà beaucoup. Mais la ville de Maisons ne peut faire moins pour encadrer, pour « monter » dignement le joyau d'architecture que la libérale initiative de l'Etat lui a conservé.
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SALON DE JEU.
Le Maire de Maisons d'ailleurs, M. Duverdy, n'est-il pas président de la Société des Amis du château et son principal donateur. C'est lui qui personnellement y a fait entrer l'an passé la belle effigie de Jacques Lafitte par Lafitte à Blanchard, un peintre de 1840 qui n'était pas sans talent, pour commémorer le passage à Maisons de la flottille du Prince de Joinville ramenant les cendres de «l'Empereur».
par Henry Sheffer que nous reproduisons et qui avait bien droit de figurer parmi les dieux lares de la maison ; déjà, nous lui devions auparavant un lustre, épave retrouvée de l'ancien mobilier du château, des porcelaines et un curieux tableau qui avait été commandé
L'hommage de ce banquier libéral, ministre bourgeois de Louis-Philippe, fier d'avoir salué sans doute par le terrible froid de décembre 1840, la dépouille de «l'autre» avec les gardes nationales des environs, massées sur les berges de la Seine, a été traité avec soin et même avec
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CL. A. N.
MOTIF DÉCORATIF DU GRAND ESCALIER. — ATTRIBUÉ À PHILIPPE DE BUYSTER.
un esprit qui fait penser déjà à Eugène Lami, par l'hon- nète Blanchard, et c'était un bien joli souvenir à faire figurer dans cette chambre d'honneur qui s'appelait lorsque nous primes possession du château, la «cham- bre de Mme Thomas », du nom d'un des derniers pos- sesseurs de la demeure historique, mais qui avait dû être jadis la chambre de M. et Mme Laffitte. Il est vrai qu'elle avait vu passer aussi auparavant le Maréchal Lannes qui en avait fait renouveler le décor par quelque élève de Percier et Fontaine, et c'est le souvenir du Maréchal qu'on y évoque de préfé- rence aujourd'hui en raison de ces travaux. Le fastueux et prodigue Comte d'Artois, qui avait, avant lui, fait travailler dans cette partie du château, n'avait pas eu, sans doute, les ressources nécessaires pour pousser les travaux jusqu'au pre- mier étage. La Révolution, après son impécuniosité, l'en empêcha. Lorsqu'il eut pris et montré à la noblesse française le che- min de l'exil, les commis- saires de l'Assemblée qui vinrent prendre posses-
sion du château le trouvèrent plein d'échafaudages. La belle chambre du pavillon d'angle, après avoir été occupée, s'il osa y entrer jamais, par le citoyen Lan- chère, fournisseur aux armées révolutionnaires, et grand acquéreur de biens nationaux, puis par le glo- rieux Maréchal qui en par- tit, y laissant la jeune et gracieuse duchesse de Mon- tebello, pour aller se faire tuer à Essling, était donc devenue la chambre du banquier Laffitte, chef du parti libéral sous la Res- tauration, et le Comte d'Ar- tois, montant sur le trône, sous le nom de Charles X, ô ironie du sort ! eût trouvé dans son ancienne demeure, réunis autour de Laffitte, les orateurs de l'opposition, les Manuel et les Mignet, les Thiers, les Arago, les Benjamin Constant, Béranger lui-même, qui n'avait pas de passion cependant pour ces lambris dorés. « Je ne suis pas né pour les châteaux, écrivait-il ; c'est peut-être ce qui me rend injuste pour Mansart, qu'en faveur des mansar- des, je devrais cependant aimer beaucoup ». Le chan- sonnier libéral prétendait
LE GRAND ESCALIER.
CL. ELECTROPHOT
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LHUILLIER. — DESSUS DE PORTE DE LA SALLE A MANGER DU COMTE D’ARTOIS.
qu’il n’avait pu faire un seul couplet dans ce château royal, où cependant Voltaire avait habité.
Voltaire ! et nous voici, remontant presque un siècle en arrière, au temps du dernier des Longueil, celui qui mourut à 31 ans, et que Voltaire plongé dans un désespoir qui « allait, dit-il, jusqu’à l’abrutissement » appelait « son ami, son soutien et son père ». C’était en 1731 et, quelques années plus tôt, Voltaire qui fréquentait volontiers au château, qui y était fort bien reçu et avait, au moins autant que pour le Marquis de Maisons, une passion pour sa jeune tante, la Maréchale de Villars, Voltaire y était tombé subitement malade de la petite vérole. Soigné avec un dévouement parfait par un médecin qu’on était allé quêrir à Paris, M. de Gervasi, il se sentit assez mal pour accepter les bons offices du curé de Maisons (c’est lui qui nous en assure), qui s’était aussi intéressé à sa santé et qui reçut sa confession. Il s’en allait guéri, le 1er décembre 1723, lorsqu’un feu de cheminée éclata dans la chambre d’où il sortait, et malgré les pompes qu’il fallut aller aussi chercher à Paris, consuma, tout l’intérieur d’un des pavillons du château, celui du sud-ouest qui précisément dut être repris plus tard par le Comte d’Artois, pour la salle à manger du rez-de-chaussée, puis par le Maréchal Lannes pour la chambre du premier. C’est donc dans le comble de ce pavillon, au second étage, que se trouvait vraisemblablement la chambre occupée par Voltaire avant l’incendie de 1723, et non dans le belvédère central, où une fausse tradition la fait encore chercher aujourd’hui.
Singuliers logis, du reste, que ces combles du château de Maisons, où quelques petites pièces mal agencées succèdent à l’apparat monumental des grands appartements du premier étage, mais com-
CLODION. — ÉRIGONE.
SALLE A MANGER DU COMTE D’ARTOIS.