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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE NOVEMBRE 1925 SOMMAIRE - ARSÈNE ALEXANDRE. - Quelques Tableaux qui demandent Justice. - 7 Illustrations. - CAMILLE ENLART. - Le Royaume de Jérusalem et ses Monuments Français. - 52 Illustrations. - HENRI CLOUZOT. - Le Pavillon du Collectionneur. - 12 Illustrations. - RENÉ CHAVANCE. - Le Pavillon de la C° Royale Asturienne des Mines. - 16 Illustrations. - MAXIMILIEN GAUTHIER. - Achille et Eugène Deséria, Miroirs jumeaux du Romantisme. - 15 Illustrations. - LE CURIEUX. - Le Carnet d'un Curieux. - 5 Illustrations. 87 ILLUSTRATIONS DANS LE TEXTE. ---

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Jeanne Lanvin Couture, Mode, Fourrures, Lingerie 22, Faubourg Saint Honoré, Paris.

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QUELQUES TABLEAUX QUI DEMANDENT JUSTICE BONONE. — L'ANGE ET SAINTE CÉCILE. — PALAIS CORSINI, ROME. --- M AURICE Barrès, en ses années de jeunesse, exalta superbement les Bolonais, devenus un tel objet de mépris, même de la part du doux M. Kaempfen, après avoir été pour Stendhal les divinités suprêmes de la peinture, qu'on avait une certaine difficulté à rencontrer au Louvre quelques-uns de leurs représentants, épars et relégués. C'est que Barrès, nullement fermé aux belles audaces, aux libertés de métier, à tout ce dont on fait volontiers un abus pour couvrir les insuffisances de pensée, était sensible, avant tout, à ce qu'on pourrait appeler le côté

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE mélodique de l'art. Puis, peut-être ne lui déplaisait-il pas de devancer les revirements de l'enthousiasme en rajeunissant simplement les vieilles causes. « On y reviendra ». Telle est la formule de l'homme sage qui a pu mesurer deux ou trois oscillations périodiques de cette boussole oiseuse et affolée qu'est l'esthétique. Rembrandt fut longtemps réputé vulgaire. Il redevint sublime lorsque Charles Blanc fut mort. « Otez-moi ces magots ! » ordonnait Louis XIV. Les magots rentrèrent derrière son convoi et enrichirent les collections du bon Louis XVI. Mais à côté de ces palinodies du sens admiratif, de ces hauts et de ces bas des Maîtres et des écoles, il est d'autres injustices. Il est d'autres victimes que les retentissantes. Nous voulons désigner les œuvres heureuses d'artistes, de qui la production, dans son ensemble, ne s'éleva pas plus d'à mi-côte. Les guides ne les mentionnent que rarement et ne leur accordent pas l'astérisque. Les historiens et les compilateurs les englobent dans le général dédain dont ils accablent tout ce qui n'est pas rebattu. Le public passe devant elles sans les voir, courant aux plus célèbres monstres. Les auteurs de ces ouvrages aussi rares que sacrifiés ne les ont peut-être pas eux-même faits exprès. Parfois cependant le flâneur ou le blasé les découvre et s'en éprend violemment. Combien d'années a-t-il fallu pour que de tels fantaisistes parvinssent à convaincre l'opinion de la signification, et même de l'existence de l'œuvre du Greco ? Nous voudrions être ici, de temps en temps, un de ces flâneurs. Un jour cela pourra être à un bout de la France, une autre fois à cent lieues de là. Aujourd'hui des hasards de vacances nous donnent l'occasion de commencer, sans autre préambule, par quelques tableaux dont nous nous sommes épris en Italie, perles d'autant plus ignorées qu'elles s'offrent à tous les regards, et qui demandent justice contre l'inattention ou le dédain. * Nous ne croyons pas qu'il existe un tableau d'ascétisme plus âpre, plus rigoureux, quoique bâti sur un thème d'adoration que le Suardi de la Pinacothèque Ambrosienne, à Milan, reproduit sur notre couverture. Alvise Vivarini et Lazaro Bastiani en unissant toutes leurs puissances d'amertume ne donneraient pas une aussi saisissante impression de ferveur momifiée. Que n'a-t-il été connu de Huysmans ! Depuis combien de temps ces personnages jeûnent-ils ? Quelle vie intérieure les conserve autour de ce petit Jésus inexistant ? La Vierge a été enlaïdie avec une sorte de conviction opiniâtre. La musique céleste, si voluptueuse dans tant de tableaux italiens, se réduit à ces trois anges dont un en figure de berger benêt, jouant des instruments bizarres, et singulièrement juchés au pied d'un arc de triomphe antique. Quel souvenir païen vient aussi se mêler à celui de l'architecture, avec cette sorte de sonneur de buccin qui semble échappé d'une fresque de Pompéi ? Conservent seuls un semblant de vie terrestre le saint Joseph, vieil ouvrier rechigné, et la petite sainte (Catherine ?) qui est aussi laide que touchante ; on ne parle point de l'autre grande bête de sainte si embarrassée de sa personne. Quant aux trois moines en adoration, imaginez-vous seulement que vous touchez leurs mains, et vous grelotterez jusqu'à la moelle. Quel phénomène intellectuel a poussé le Bramantino à ses débuts, qui devaient être suivis d'une œuvre riche et ample, à se complaire en ces aridités ?... Quoi qu'il en soit, c'est une page qui possède un étrange charme d'antipathie. Il est aromatisé de tendresse monacale, de ferveur desséchée et desséchante. C'est un crispant chef-d'œuvre. Après cela Dosso Dossi nous fait éprouver des impressions éllyséennes. Il n'y a pas grand peine d'ailleurs,

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE étant beaucoup plus paien que mystique de nature. Son charmant Saint Sébastien du Musée Bréra n'est-il pas très aisément interchangeable contre un Apollon ? Aussi bien, son Apollon de la villa Borghèse n'aurait eu qu'à abandonner la lyre sur laquelle il chante la fugace Daphné pour redevenir ce charmant Sébastien ignorant la douleur, adossé à ce bel arbre, porteur de fruits savoureux, dans un coin ombreux de ce paysage bien cher à l'artiste, car il en a maintes fois retracé, dans ses fonds si lumineux, les claires collines, les arbres légers et les vieilles tours. Dosso Dossi, gloire de Ferrare, a été célébré par l'Ariosté ! Rien d'étonnant, car il est à la fois élégant et lyrique, recherché et plein de distinction. Il procède de son maître Lorenzo Costa, mais il a peut être plus d'ampleur. Il a la richesse de l'imagination ; il a le luxe de la couleur. Il a été le peintre favori de toute la famille d'Este. Qui l'apprécie aujourd'hui à sa valeur, alors qu'il faudrait presque faire un voyage pour l'étudier à part ! Sa Magicienne Circé peut nous retenir, même après le Corrège et le Titien qui font la gloire de la villa Borghèse. Cette belle courtisane un peu mûre, mais justement fière de sa beauté, n'est magicienne que de convention, malgré l'enthousiasme implacable dont elle anime habilement son regard. Dosso d'ailleurs est un grand peintre des yeux. Il a pris plaisir à faire luire ces beaux-là, avec lesquels il devait être en excellents termes, et cette fois encore il retrace, et en plein développement, le paysage aimé. Ce riche et voluptueux tableau demandait aussi justice. Espérons que les pèlerins d'art entendront notre plaidoyer. Savoldo a laissé un nom assez brillant dans l'École vénitienne. Mais on le néglige un peu, attiré par d'autres seigneurs, et ce que nous avons de lui au Louvre le fait mal connaître : deux portraits, dont l'Homme à l'armure, Gaston de Foix, jadis célèbre pour le jeu des miroirs qui l'éclairent, aujourd'hui relégué dans les frises de la grande galerie. Cela nous prépare mal à la brillante surprise de ce Tobie et l'Ange, autre escarboucle de la villa Borghèse. Rien de plus brillant et de plus suave, suavité d'autant plus remarquable qu'elle ne doit rien au vaporeux, à l'enveloppe d'un Corrège ou à la chaude richesse d'un Giorgione. Mais l'on se signe lors qu'est prononcé le nom de ce dernier, de qui l'on connaît si peu d'ouvrages, alors que Savoldo n'a pas dépassé les cercles des érudits... qui ne le couvrent pas de fleurs. Or, que de fleurs ne déposerait-on pas au pied de ce Tobie et de cet ange à la draperie si éblouissante et qui pourtant ne nuit en rien à la charmante tête ! Elle est d'autant plus charmante cette tête, et celle du jeune voyageur ne l'est guère moins, que visiblement, le peintre a pris pour modèles deux femmes probablement très aimées. Cela ajoute une grâce romanesque à ce tableau que l'on se tromperait fort en qualifiant de biblique. Cette observation, ou cette hypothèse, comme on voudra, ne soulève rien moins qu'une assez curieuse question d'art relative aux modèles de peintres. On sait que Michel Ange pour les figures de femmes qu'il créa, préférait la plupart du temps, des modèles du sexe fort qu'il considérait en même temps, quitte à en modifier quelques détails (faut-il dire sans importance ?), comme plus harmonieux de lignes et plus expressifs. Il appliquait ce système non point seulement, cela va de soi, à ses terribles Sibylles, mais aux incarnations de grâce et de beauté qu'il lui arriva de faire fleurir parmi l'ouragan de son œuvre. GIOV. LUTERO DIT DOSSO DOSSI, APOLLON ET DAPHNÉ. — VILLA BORGHÈSE, ROME.

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE La Rachel et la Lia, qui escortent son Moïse, furent-elles exécutées d'après ce principe? Si on en pouvait être sûr, ce serait une éclatante démonstration du problème. Mais, d'autre part, pourquoi ne pas admettre que, pour les figures de jeunes gens, et principalement d'anges, ceci soit dit sans la pensée d'un fade et vieux l'avare astérisque de ces augustes entêtés parfois si dépourvus de jugement, M. Bædeker et M. Joanne. La Sainte Cécile de Bonone, au Palais Corsini, s'est trompée de lieu de naissance. Pour un peu, elle aurait pu éclore à Anvers, après Coxie et avant Rubens. Aimable petite bourgeoise, fine, soignée, docile aux madrigal, un modèle féminin est cent fois préférable à tous les Adonis appuyés de tous les Antinoüs? Les travestis, au théâtre, ont toujours remporté le succès et favorisé l'écllosion des rêves. Le théâtre de Shakespeare en fourmille, et l'on peut accepter avec joie une contre-partie shakespeareienne aux prédilections michelangelesques. Enfin ce qui est applaudi au théâtre ne peut être proscrit en peinture. Rendons grâce à Savoldo de nous avoir proposé cette énigme. Des séductions moindres, mais encore fort rares et de prix, mériteraient pour nos trois derniers tableaux ironiques leçons du gamin d'ange qui la reprend d'une fausse note, elle a mis sa plus belle robe de satin, et lissé ses cheveux. L'artiste a mis à leur disposition tous les instruments qui l'amusaient à peindre, y compris une contrebasse peu habituée à favoriser l'extase musicale. Il faudrait peu de chemin à faire pour retrouver le sentiment des leçons de musique de Terburg ou de Metsu, et nous ne serions point surpris que Bonone, honneur de Ferrare, ait simplement pris pour modèle sa progéniture dans cette savoureuse page. C'est un attrait plus bourgeois encore qui nous fit aimer, en dehors des mérites de peinture qui sont fort opulents, cette Vierge couturière (textuellement : Virgine cucitrice) de Moretto da Brescia, en la même GIOV. LUTERO DIT DOSSO DOSSI. LA MAGICIENNE CIRCÉ. — GALERIE BORGHÈSE, ROME. CL. ALINARI

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CL. ALINARI SAVOLDO. — L'ARCHANGE ET TOBIE. — GALERIE BORGHÈSE, ROME. CL. ALINARI CARAVAGGIO. — LE REPOS EN EGYPTE. — PALAIS DORIA, ROME.

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE galerie. C'est le produit d'une région généreuse, cares- sante, nourricière. Tout abonde dans cette nature, fruits, fleurs, oiseaux, petit gibier. Tout est bienveillant et affable. Les deux enfants jouent avec des fleurs comme de vrais poupons ; l'agneau est la bénignité même. La Vierge et sainte Anne sont deux excellentes la musique à l'ange violoniste, en compagnie du bon âne qui semble y prendre plaisir ! Et quel accent mo- derne chez la jeune mère, qui berce, cette fois, un vrai enfant et non un conventionnel pupazzo ! Quel soin dans les accessoires, dans les détails du paysage luxu- riant et lumineux ! Enfin, de toute évidence, l'ange est CL. ANDERSON MORETTO DA BRESCIA. — LA VIERGE COUTURIÈRE. — PALAIS CORSINI, ROME. créatures, peut-être des commerçantes voisines de l'atelier du Maître. Vivent les peintures qui font aimer la vie ! Le bonheur de cette bonne grosse blonde est communicatif. Nous n'avons pas la prétention de révéler le Caravage qui se défend tout seul : il s'est même toujours vaillamment défendu contre les critiques académiques du xixe siècle. Mais qui s'avise, au Palais Doria, de prendre ce grand bourru en flagrant délit de grâce, et d'amabi- lité familière. Ce Repos en Egypte n'est-il pas rare et attrayant? Voyez-vous l'effet qu'il produirait au Louvre, alors qu'il faut le dénicher au second rang au Palais Doria ? La jolie idée du saint Joseph tenant docilement encore une femme préférée. Et, malgré la banalité des conséquences que l'on peut tirer de nouveau de cette constatation, l'art de peindre n'a pas encore trouvé meilleur recours. Telles furent nos aventures en Italie, au mois de septembre, alors que des milliers de pèlerins processionnaient dans Saint-Pierre et lui donnaient un caractère émouvant de vie. Les musées eux, n'avaient point de foules. On pouvait causer avec les œuvres et les entendre parler dans le grand silence du passé, et réclamer contre les modes et contre l'oubli, ce qui est la même chose. ARSÈNE ALEXANDRE.

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LE ROYAUME DE JÉRUSALEM ET SES MONUMENTS FRANÇAIS CL. ENLART --- CATHÉDRALE DE BEYROUTH, XIIe SIÈCLE. — ABSIDE PRINCIPALE. --- LORSQU'EN 1860, la France eût reçu des puissances européennes le mandat de rétablir la paix en Syrie, elle suivit l'exemple qu'avait donné Bonaparte en Egypte : des savants allèrent, sous la protection de nos troupes, étudier les vestiges du passé dans ce foyer d'antiques civilisations, et, de leur œuvre, il nous reste de beaux et solides ouvrages : la Mission de Phénicie, de Renan ; Les Eglises de la Syrie Centrale et les Eglises de la Terre Sainte, du Marquis de Vogüé ; l'Architecture Militaire des Croisés, du Baron Rey. Mais, de l'aveu même de ces auteurs, il restait encore beaucoup à étudier. Or l'état et les mœurs du pays, sous le régime turc, ne rendaient pas l'étude facile. Ceux qui la tentèrent, comme mon savant ami, M. Dussaud et le regretté Max van Berchem, ont eu à vaincre de sérieuses difficultés. J'en ai connu moi-même quelque chose dans mes premières missions. Mais lorsqu'après la victoire de 1918, la France reçut en Syrie le mandat actuel, elle eut la bonne inspiration

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE d'y envoyer un haut commissaire qui n'est pas seulement un chef militaire glorieux, mais un esprit extrêmement distingué, curieux de tout ce qui est noble et en particulier de l'art et de l'histoire. Étant de ceux qui ont eu la bonne fortune d'être désignés par l'Académie des Inscriptions et appelés par le général Gouraud, je me suis attaché à l'étude de l'Art des Croisés en Syrie et en Palestine, après l'avoir étudié en Chypre dans des missions précédentes, en 1895 et 1900. Un an et demi passés dans les anciens royaumes d'outre-mer, m'ont donné pour les Croisés une grande admiration. Les Croisades se déchaînèrent comme éclatent les Révolutions : des idées couvaient, encore confuses ; Urbain II eut fait acclamer l'idée de la Croisade, il parcourut les cités de France pour y prêcher la Guerre Sainte ; l'idée eut un immense succès, que favorisaient, en dehors même de l'idée chrétienne, des causes politiques et économiques. Les hauts barons tinrent avec les prélat des conseils de guerre ; les plans de l'expédition y furent arrêtés tandis que des foules s'enrôlaient en masse. Le peuple et la bourgeoisie fournirent les contingents ; soldats pour conquérir et émigrants des deux sexes, pour coloniser ; la féodalité fournit les cadres de l'expédition ; elle fut sagement conçue et ordonnée ; la discipline guère inférieure, dans les troupes régulières, à celle que l'on obtiendrait aujourd'hui ; ce qui man- des forces étaient sous pression, impatientes de trouver leur emploi ; il suffit qu'alors une parole éloquente désigne le but ; le torrent prend sa direction. Lorsqu'en 1095, au concile général de Clermont, qua, ce fut, comme dans toute armée féodale, ou comme dans toute armée moderne formée d'éléments trop divers, l'unité de commandement. Trois chefs populaires allaient prêchant et entraînant

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LA RENAISSANCE DE L'ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE TORTOSE. — INTÉRIEUR DE LA CATHÉDRALE. la masse des petites gens. L'amienois Pierre l'Ermite, monté sur son âne, avait des récits émouvants, et une parole ardente, à laquelle sa grande barbe et ses yeux vifs ajoutaient je ne sais quel prestige ; Gautier-sans-avoir, chevalier bourguignon, d'autres disent normand, n'était pas moins écouté des foules, et le prêtre allemand Godescalc enrôlait dans son pays des bandes sauvages dont la brutalité allait être une source de désastres. Sous leur conduite, les émigrants et les forces populaires se concentrent à Cologne et par l'Allemagne, la Bavière, la Hongrie, Belgrade, la Bulgarie et Sofia, gagnèrent Constantinople. L'empereur Alexis Commène se hâta de les faire passer sur la rive d'Asie. Bientôt il vit revenir les débris de cette grande armée très éprouvée par la bataille de Nicomédie, décimée par le désastre et les massacres de Civitot. L'armée régulière s'é- tait avancée plus lentement, mais plus sûrement, par cinq routes différentes, vers Constantinople, où elle se concentra, sous la haute autorité d'Aimeri, évêque du Puy, légat du pape, lequel demanda et obtint le passage en Asie. Les principaux chefs militaires étaient : les trois fils du Comte Eustache II de Boulogne. Godefroy, Duc de Brabant du chef de sa mère, sainte-Ide ; Eustache, héritier du comté et Baudoin ; leur cousin Baudouin du Bourg, fils du Comte de Rethel ; Robert, Comte de Flandre et Robert Courte-Heuse, Duc de Normandie ; Hugues le Grand, Comte de Vermandois, frère du Roide France Philippe Ier ; Etienne, Comte de Blois ; Guillaume le Charpentier, Vicomte de Melun ; le châtelain de Saint-Omer. A ces chefs du Nord, il faut ajouter Guynemer, le Commandant d'une flotte recrutée à Boulogne et dans les Pays-Bas ; ce marin avait exercé JÉRUSALEM. — ÉGLISE SAINTE-ANNE.