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SIXIÈME ANNÉE N° 142 8 fr. 15 NOVEMBRE 1930 L'ART VIVANT DIRECTION-RÉDACTION 146, Rue Montmartre, PARIS (2e) ADMINISTRATION ET VENTE: LIBRAIRIE LAROUSSE 13-17, Rue du Montparnasse, PARIS (6e)
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SIXIÈME ANNÉE N° 142 8 fr. 15 NOVEMBRE 1930 L'ART VIVANT DIRECTION-RÉDACTION 146, Rue Montmartre, PARIS (2e) ADMINISTRATION ET VENTE: LIBRAIRIE LAROUSSE 13-17, Rue du Montparnasse, PARIS (6e)
GALERIE LE CENTAURE 62, Avenue Louise — BRUXELLES --- TABLEAUX MODERNES --- GALERIE DE FRANCE 2 bis, rue de l'Abbaye — PARIS (6°) Tél.: DANTON 79-34 — Métro: Saint-Germain-des-Prés Du 28 Novembre au 20 Décembre EXPOSITION DE PORTRAITS D'ENFANTS depuis les impressionnistes Au profit de l'Appui Maternel, Groupe Lariboisière. --- Ets A. DROUANT FABRIQUE DE PRODUITS POUR LES ARTS COULEURS POUR ARTISTES — TOILES À PEINDRE CADRES EN BOIS SCULPTÉ couleurs armand drouant USINES A PUTEAUX 10, RUE BELLINI — TÉL. WAGRAM 96-90 DEUX MAISONS DE VENTE A PARIS 14, RUE DES BEAUX-ARTS — Téléphone: DANTON 61-23 33 bis Bd DE CLICHY — Téléphone: TRINITÉ 55-77 --- TOUT ce qui concerne les ARTS PLASTIQUES vous le trouverez chez SENNELIER 3, Quai Voltaire PARIS Fabrique de Peindre à Couleurs fines et de Toiles --- EXPOSITION PERMANENTE DES PAPIERS CANSON ET MONTVAL ÉCHANTILLONNAGE 42, rue Bonaparte --- Galerie MARCEL BERNHEIM 2bis, Rue Caumartin PARIS (9°) TABLEAUX MODERNES Téléphone: CENTRAL 88-28 Télégr.: MABERNECO, PARIS VENTE — EXPERTISES — ACHAT
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L'ART VIVANT LE GUIDE ARTISTIQUE DANS LES MUSÉES LES MUSÉES NATIONAUX Musée du Louvre. — Ouvert tous les jours, sauf le lundi, de 10 à 16 heures. Des visites d'ensemble du Musée, sous la conduite de guides autorisés, ont lieu tous les jours à 10 heures et 14 heures (prix 10 fr.). Visites privées sur demande. Musée de l'Orangerie (terrasse des Tuileries). — Exposition des antiquités orientales provenant des fouilles de Tello, de Suse et de Syrie. Tous les jours, sauf le lundi, de 10 à 16 heures. Musée des Arts Décoratifs (Pavillon de Marsan, 107e rue de Rivoi). — Tous les jours, de 10 à 16 heures. A partir du 6 novembre, 1er Salon de l'Art et l'Agronomique. Musée de l'Arme (Hôtel des Invalides). — Tous les jours, de 13 à 16 heures. Musée du Luxembourg (19, rue de Vaugirard). — Tous les jours, sauf le lundi, de 10 à 16 heures. Musée du Jeu de Paume (Place de la Concorde et rue de Rivoi). Annexe du Musée du Luxembourg pour les peintures, sculptures et dessins d'artistes étrangers contemporains. — Tous les jours de 10 à 16 heures, sauf le lundi. Musée des Thermes et de l'Hôtel de Cluny (24, rue du Sommerville). — Tous les jours de 10 à 16 heures, sauf le lundi. Musée Guimet (6, place d'Iéna). Arts et religions de l'Orient et de l'Extrême-Orient. — Tous les jours, de midi à 16 heures, sauf le lundi. Musée de Versailles et des Trianaons. — Tous les jours de 10 à 16 heures, sauf le lundi. Musée de la Révolution (Salle du jeu de Paume, à Versailles). — Ouvert aux mêmes heures que le Musée de Versailles, dont il dépend. Musée des Antiquités Nationales (Château de Saint-Germain-en-Laye). Collections d'archéologie nationale et préhistorique. — Tous les jours, de 10 à 16 heures, sauf le lundi. Musée de Maisons-Laffitte (Château de Maisons-Laffitte). — Tous les jours de 10 à 16 heures, sauf le lundi. Musée de Malmaison (à Rueil). — Collections d'art et d'histoire de l'énoque napoléoniennne. Musée de Fontainebleau (palais de Fontainebleau). — Tous les jours, de 14 à 16 heures. Musée de Compiègne (Palais de Compiègne). — Collections d'objets d'art et d'aménagement de style. Ouvert tous les jours de 11 à 16 heures. Musée de la Voiture et du Tourisme. — Collections de carrosses, traîneaux, gravures, etc. — Annexe du Musée National de Compiègne. Mêmes heures d'ouverture. Musée National et Château de Pau. — Collections des souvenirs d'Henri IV et de tapissières, ouvert tous les jours de 10 à 12 heures et de 13 heures 30 à 16 heures. --- MUSÉES DE LA VILLE DE PARIS Musée Galliera (10, Avenue Pierre-Jér-de-Serbie). — Tous les jours de 10 à 16 heures, sauf le lundi. Exposition du Décor Moderne de la Table. Maison Victor Hugo (6, Place des Vosges). — Tous les jours, de 10 à 16 heures, sauf le lundi. Musée Carnavalet (23, rue de Sévigné). — Tous les jours, sauf le lundi, de 10 à 16 heures (le mardi à 12 heures 30 et le jeudi à 12 heures). Archéologie et histoire de Paris. Musée Cernschi (7, avenue Vélásquez). — Collocations Sino-Japonaises. Tous les jours, sauf le lundi, de 10 à 16 heures, et le mardi à partir de 12 heures 30. Musée Ethnographique et Sculpture comparée (au Palais du Trocadéro). — Ouvert les dimanches, mardis et jeudis de 12 heures à 16 heures. Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris (Petit Palais). — Ouvert tous les jours, sauf le lundi, de 10 à 16 heures et le mardi à 13 heures. Musée Rodin (Hôtel de Biron). — Tous les jours, de 13 à 16 heures. --- L'ENSEIGNEMENT DANS LES MUSÉES Tableau Horaire des Visites-Conferences Musée du Louvre. Dimanche 16, 10 h. 30. Mme DE BISTRAM: Watteau, Fragonard, Lancret (en langue hongroise). Lundi 17, 10 h. 30. M. LÉON GOSSET: Le Louvre des Valois et de Catherine de Médicis. Mme CHEVALLIER-VEREL: L'époque classique. Phidias. M. DE LA TOURETTE: Les décédants florents. M. BAZIN: Ingres. Mlle GAUGE: Léonard de Vinci (in English) M. ROMANELLI: Giovanni Bellini e Tiziani (in Italiano). --- Musée de Cluny. Lundi 17, 10 h. 30. Mlle LAROCHE: Le costume ecclésiastique en France et le costume militaire d'après les armes. Musée du Louvre. Lundi 17, 14 h. 30. Mlle PUY LE BLANC: L'histoire de l'Egypte d'après les représentations royales du Musée du Louvre. Mme MASSOUL: La céramique et la peinture étrusques et italiques au temps des Rois et sous le République. Mlle JALABERT: Michel Colombe et la sculpture française au début XVIe siècle. Mlle LEVALLET: Le mobilier et les objets d'art au XVIIIe siècle. Mlle GOLDSCHMIDT: L'art chinois. Les premières dynasties. Les bronzes. Mme BOUCHOT-SAUPQUE: Le portrait au XVIe siècle dans les écoles étrangères. Mlle LAMY: Les grandes formes de la peinture italienne (II). M. LANSON: La peinture française sous la Révolution et l'Empire. Le portrait. Mlle LEJEAUX: Rubens. Mrs TAYLOR: Géricault and Chassériau (in English). Musée des Arts Décoratifs. Mardi 18, 10 h. 30. M. IBELS: Le mobilier époque de la Régence. Musée des Arts Décoratifs. Mercredi 19, 10 h. 30. Mlle GAGNE: Linen, silk and printed fabrics. Lace and its technique, from the XVth century (in English). Mercredi 19, 14 h. 30. Mme DURAND-LEFEBVRE: Les porcelaines de Sèvres. Musée de Cluny. Jeudi 20, 10 h. 30. Mlle GIACOMOTTI: Le mobilier au début du XVIIe siècle (époque Henri IV et Louis XIII). Musée du Louvre. Jeudi 20, 10 h. 30. M. IBELS: Mœurs, coutumes et costumes de Romains. Musée du Luxembourg. Jeudi 20, 10 h. 30. Mrs TAYLOR: The fresco painting of René Piot, the work and place of Maurice Denis (in English). Musée du Trocadéro. Vendredi 21, 14 h. 30. Mlle JALABERT: Les grandes statues des cathédrales. Chartres. Amiens. Reims. Musée du Louvre. Samedi 22, 14 h. 30. Mlle RUTTEN: L'histoire de l'Asie antérieure (III). La première Babylone et la chute de la première dynastie. Musée Guimet. Samedi 22, 14 h. 30. Mlle GUILLAUME: Les récentes découvertes de la délégation française en Afghanistan. Musée du Louvre. Dimanche 23, 10 h. 30. Mme DE BISTRAM: Char-din, Greuze, Mme Vigée Le Brun (en langue hongroise). Musée du Louvre. Lundi 24, 10 h. 30. M. LÉON GOSSET: Le Louvre de Henri IV et de Louis XIII. La mort de Henri IV. Mme CHEVALLIER-VEREL: Les nouvelles tendances de l'art grec à la fin du Ve siècle avant J.-C. M. GILLES DE LA TOURETTE: Ecole de Padue. Mantegna. M. BAZIN: La peinture anglaise. Mlle GAUGE: The Dutch landscape painters of the XVIIth century. Mlle LAROCHE: Le costume français de la Renaissance. M. FONTAINE: Les émans de la Renaissance. M. ROMANELLI: Giorgione e Sebastiano del Piombo (in italiano). Lundi 24, 14 h. 30. Mlle PUY LE BLANC: L'histoire de l'Egypte d'après les représentations royales du Musée du Louvre. Mme MASSOUL: La céramique corinthienne. Mlle JALABERT: La Renaissance française: Jean Goujon. Mme BOUCHOT-SAUPQUE: Peinture flamande de la Cour de France au début du XVIIe siècle. --- M. LANSON: La peinture anglaise. Mlle LAMY: Les grandes formes de la peinture italienne (III). La couleur vénitière. Mlle LEJEAUX: Rubens (II). La galerie Médicis. Mrs. TAYLOR: Prud'hon and Corregio (in English). Musée Rodin. Mardi 25, 10 heures. Mlle LEJEAUX: Les bustes de Rodin: l'Homme au nez cassé, Puvis de Chavannes, Clemenceau. Musée des Arts Décoratifs. Mardi 25, 10 h. 30. M. IBELS: Le mobilier Louis XV. Musée Carnavalet. Mercredi 26, 10 h. 30. Mlle GAGNE: Private Houses and costume in Paris from the XVIIth to the XIXth centuries (in English). Musée des Arts Décoratifs. Mercredi 26, 14 h. 30. Mme DURAND-LEFEBVRE: Technique de la faïence et de la porcelaine. Musée du Trocadéro. Jeudi 27, 10 h. 30. M. IBELS: De la période gauloise à la période romane. Musée du Trocadéro. Jeudi 27, 10 h. 30. Mlle GIACOMOTTI: Ivoires religieux et profanes. Musée du Trocadéro. Vendredi 28, 14 h. 30. Mlle JALABERT: Le couronnement de la Vierge et le jugement dernier aux portails des grandes cathédrales. Musée du Louvre. Samedi 29, 14 h. 30. Mlle RUTTEN: L'histoire de l'Asie antérieure (IV). La civilisation de Haute-Syrie, de Phénicie, de Chypre, de Carthage. Musée Guimet Samedi 29, 14 h. 30. Mlle GUILLAUME: L'art khimer. Musée du Louvre. Dimanche 30, 10 h. 30. Mme DE BISTRAM: Le mobilier du XVIIIe siècle en France (en langue hongroise). --- COURS GRATUIT D'HISTOIRE GÉNÉRALE DE L'ART 5e leçon. — Archéologie Orientale et Sémitique par M. Delaporte. 1re série: le dimanche 16 novembre à 10 heures; 2e série: le jeudi 20 novembre, à 20 h. 45. 6e leçon. — Troie, Crète, Mycènes, Phénicie, Palestine, par M. Delaporte. 1re série: le dimanche 23 novembre, 10 heures; 2e série: le jeudi 27 novembre, à 20 h. 45. 7e leçon. — Archéologie grecque et romaine (I), par Mme Chevallier-Vérel. 1re série: le dimanche 30 novembre, à 10 heures; 2e série: le jeudi 4 décembre, à 20 h. 45. --- MONNAIES ET MÉDAILLES DE LA FRANCE Des causeries accompagnées de projections ont lieu, le vendredi soir à 17 h. 30 très précises, dans la grande salle du Musée de l'Hôtel des Monnaies, 11, quai de Conti, Paris (VIe), et se poursuivront selon le programme ci-après: La Technique de la Monnaie et de la Médaille frappée. — 7 novembre. M. DALLY, Directeur de l'Administration des Monnaies et Médailles. Les Monnaies Dieudonné du Moyen âge. — 14 novembre. M. DIEUDONNE, Conservateur du Cabinet des Médailles à la Bibliothèque Nationale. Monnaies et Médailles françaises de la Renaissance à Louis XIV. — 21 novembre. M. Jean BABELON, Conservateur-Adjoint du Cabinet des Médailles. Monnaies et Médailles du XVIIIe siècle. — 28 novembre. M. Henry NOCO, Président de la Société des Graveurs en Médailles. Monnaies et Médailles contemporaines. — 12 décembre. M. Louis GILLET, Critique d'Art. Monnaies et Médailles du XIXe siècle. — 19 décembre. M. Charles SAUNIER, Critique d'Art. ---
L'ART VIVANT LES EXPOSITIONS A PARIS Bibliothèque Nationale. — Les Ecoles contemporaines de gravure en Italie. Musée des Arts Décoratifs. — 1er Salon de l'Art et l'Aéronautique. Grand-Palais. — Salon d'Automne. Parc des Expositions. (Porte de Versailles). — Salon des Surindépendants. Salon des Vrais Indépendants. Galerie d'art contemporain (55, boulevard Raspail). — Exposition permanente des œuvres de Brianchon, Deshayes, Foujita, Friesz, Gluckmann, Ladureau, Laprade, Leguelt, Le Molt, Mariette Lydis, Léopold Pascal, le marin Paul-Emile Pajot, Thevenet, Vlaminck, de Waroquier. Galerie d'art du Montparnasse (132, boulevard du Montparnasse). — Artistes contemporains. A. Barreiro (30, rue de Seine). — Du 15 au 29 novembre, René Malliat, Jacquemot. Armand Drouant (35, rue de Seine). — Du 15 au 28 novembre : Willumsen, Hayden. Dru (11, rue Montaigne). — Jusqu'au 25 : dessins de Asselin, Laprade, Marquet, Puy, Thomsen, sculptures de Halou. Du 29 novembre au 17 décembre : peintures de Mlle Boudot. Drue (20, rue Royale). — Du 17 au 28 novembre : Georges Aubry, Jacques Zonbaloff. Editions Bonaparte (12, rue Bonaparte). — Peintures et dessins (1927-1930), d'Aberdam, jusqu'au 21 novembre. Fermé-la-Nuit (41, quai de l'Horloge). — Peintures modernes et librairie. De Frenne (41, rue de Seine). — Œuvres de Bonnard, Vuillard, Utrillo, Modigliani, Bosshard, Vlaminck. Galerie L'Epoque (22, rue La Boétie). — Peintures et sculptures; meubles d'André Arbus. Galerie de France (2 bis, rue de l'Abbaye). — Du 28 novembre au 20 décembre : Portraits d'enfants depuis les Impressionnistes, au profit de L'Appui Maternel, groupe Lariboisière. Genbo (93, avenue de la Muette). — Kalifala Sidibe. Gilbert (Rue Madame). — Pierre de Belay : Bretagne et Belgique. Charles-Auguste Girard (1, rue Edouard-VII). — Illustrations de Marcel Vertès pour Les Aventures du Rot Pausole. Graat (12, rue de Sèze). — Maîtres du xixe siècle et peintres contemporains. Katia Granoff (19, quai de Conti). Blanche Guillot (17, place du Tertre). — Peintures modernes. Galerie ouverte jusqu'à minuit. A.-A. Hébrard (8, rue Royale). — Jusqu'au 20 novembre : Jean Serrière, Art décoratif. Du 24 novembre au 13 décembre : Verrieries de Marinot. Wladimir Hirshman (265, rue Saint-Honoré). — Exposition d'œuvre de peintres russes. Javal et Bourdeaux (44, rue de Villejust). — Du 18 au 25 novembre : Originaux de Levy-Dhurmer pour l'Illustration de Bruges-la-Morte. La Jeune Peinture (3, rue Jacques-Callot). — Fresques et aquarelles de Charles Kassler, sculptures de Benny Kassler. Kleimann (4, rue de Seine). — Du 15 novembre au 1er décembre : exposition Chapin. Kolbert « Le Studio » (27, avenue Bosquet). — Portraits ou Masques? Exposition-enquête organisée par Waldemar George A partir du 20 : aquarelles, Palestine et Alger, par Lydia Mandel. Le Goupys (5, boulevard de la Madeleine). — Exposition de gravures, dessins et peintures de Georges Le Meilleur. Alice Manteau (Rue Jacques-Callot). — Peintures de Mintchine, Eve, etc... Henri Manuel (27, faubourg Montmartre). — Lucien Bigot (ex-légionnaire), paysages de banlieue et du Maroc. G.L. Manuel Frères (12, rue de Presbourg). — Du 18 novembre au 3 décembre : peintures d'Horace Richébé. Marseille (7, quai Voltaire). — Œuvres de Boussingault, de La Fresnaye, Lotiron, Luce, Marchand, Segonzac, Signac. Nounl Essor (40, rue des Saint-Pères). — Aquarrelles, dessins et gravures modernes. Pauvreau (17, rue Mazarine). — Peintures, dessins, aquarelles de Delacroix, de La Fresnaye, Derain, Vlaminck, Dulfrène, Despiau, R. Duffy, Friesz, C. Guys, Krémegne, Laprade, Lautrec, Matisse, Modigliani, Paylès, Pascon, Utrillo, Valadon. Galeries Georges Petit (8, rue de Sèze). — Jusqu'au 22 novembre : exposition d'art décoratif: Daurat, Jean Fouquet, Lalique, Mayodon, Ruhlmann, Despiau, Dulfrène, Raoul Duffy, J. Lurcat, Henri Matisse, Picasso. Tissus de Ducharme d'après les compositions de Michel Dubost. Du 16 au 30 : Mmes Blanche Odin et Thoriet. Galerie Pierre (2, rue des Beaux-Arts). — Peintures modernes. Le Fortique (99, boulevard Raspail). — Peintures modernes. Quatre-Chemins (18, rue Godot-de-Mauroy) — Ticho. Renaissance (11, rue Royale). — Du 18 novembre au 2 décembre : Jacovlev. A.-M. Reitlinger (12, rue La Boétie). — Jusqu'au 18 novembre : Fleurs et Marines, par Pierre Forest. Du 20 novembre au 2 décembre : l'artiste japonais Kokwan Kojo. Santiago (10, rue des Beaux-Arts). — Exposition d'œuvres récentes de Marie Vassilieff, Gross, Sine Mac Kinnon, Zina Gauthier, Kaye, Durand-Rosé, Scott, Velez, Brenson et Romulo Rozo. Galerie de France. COSSIO. MARINE. Galerie Bénézit (29, rue de Seine). — Jusqu'au 18 novembre, G. Maret, Zuber. Georges Bernheim (76, rue du faubourg Saint-Honoré). — Ebiche. Bernheim-Jeune (83, faubourg Saint-Honoré). — Suzanne Lalique. Marcel Berheim (2 bis, rue Caumartin). — Jusqu'au 20 novembre : Gabriel Fournier. Du 21 novembre au 4 décembre : Brianchon. Bernier (10, rue Jacques-Callot). — Œuvres de Dignimont, Raoul Duffy, Othon Friesz, Kars, La Pateliere, Laprade, Suzanne Valadon, Vlaminck. Sculptures et dessins de Jane Poupelet. Bigeon (8, rue La Boétie). — Tableaux modernes. Billiot (30, rue La Boétie). — Tableaux modernes. Bing (20 bis, rue La Boétie). — Peintures modernes. Galerie d'art du Bon-Marché. — Tableaux modernes. Th. Briant (32, rue de Berri). — Du 15 au 30 novembre : peintures de Pierre Bompard. Bru (14, rue de Clichy). — Galerie ouverte de 9 heures du matin à minuit : peintures modernes. Jeanne Bucher (5, rue du Cherche-Midi). — Exposition d'oiseaux pris dans la nature, par André Bauchant, paysan tourangeau. Cardo (61, avenue Kleber). — Exposition W. Sickert. Carmine (51, rue de Seine). — Du 17 au 30 novembre exposition de peintures de Suzanne Sardin. Jeanne Castel (1, avenue de Messine). — Jusqu'au 25 novembre : Roger Chastel. Casteluchio-Diana (16, rue de la Grande-Chaumière). — Vila Puig. Jean Charpentier (76, faubourg Saint-Honoré). — Du 18 novembre au 2 décembre : Paysages de Grosse. Du 20 novembre au 4 décembre : Marines de Marcel Clément. Laques de Jacques Nam. Au Singe peignant (31, rue de Richelieu). — Tableaux anciens et modernes, bibelots. Galerie Simonson (19, rue Caumartin). — Durand-Rosé, Andrée Chathele. Staden (43, faubourg Saint-Honoré). — Tsapline. Vanleeer (41, rue de Seine). — Peintures récentes de Graham. Vignon (17, rue Vignon). — Œuvres de Picasso, Braque, Rouault, Utrillo, Chirico, etc... B. Weill (46, rue Lafitte). — Du 12 au 25 novembre : Maurice Savin. Colette Weil (71, rue La Boétie). — Jusqu'au 26 : œuvres récentes de Kvapil. Du 28 novembre au 14 décembre : Gluckmann. Yvangot (29, rue de Penthiève). — Du 20 novembre au 5 décembre : Esteve. Zak (16, rue de l'Abbaye). — Du 7 au 20 novembre : Ary Stillman, Max Steinleitner et Aranka Schulhof. LES EXPOSITIONS CORBELLINI C'est un art tout de discrétion et de mesure que celui de Corbellini, et l'on cherchait vainement trace chez lui de cet esprit racrocheur qui trop souvent caractérise l'art italien contemporain. A la vérité, Corbellini doit peu de choses à ses origines; ce qui, essentiellement l'attire, c'est le paysage nordique : la Hollande, il a quelques années et, plus récemment, Bruges, lui ont inspiré des œuvres où l'atmosphère ouatée des petites villes flamandes, la brume légère des polders est traduite avec une sensibilité bien attachante. Non moins sensibles, mais plus fermes, sont les natures mortes que l'on peut voir actuellement à la Galerie Carmine. La sobriété, la tenue d'un tel ensemble témoigne des dons de ce jeune peinté et de son avenir. P. E. (Voir la suite page III) Galerie Zak. ARY STILLMAN.
L'ART DE LÉON POIRIER M. Léon Poirier est un des maîtres du cinématographe, dont l’œuvre présente une vivante unité et se développe harmonieusement selon sa loi intérieure sans tenir compte des contingences. Pour n’avoir jamais failli à lui-même, ni à la haute idée qu’il s’était faite de son art, il a bien mérité de l’écran français. Son attitude, cet épanouissement continu, conséquent de sa doctrine et de sa technique, forcent l’estime, car ils restaurent dans sa dignité et son sens plus pur un mode d’expression suspecté, par les élites, d’attentat contre l’esprit. Tant d’autres, virtuoses de génie, magiciens de la camera, se sont pliés, résignés ou cyniques, à l’inexorable loi de l’offre et de la demande. On a vu les plus grands transiger, sinon capituler devant la raison commerciale. Ils ont produit un ensemble d’ouvrages qui ne forme pas un tout, car une part en est déterminée par les circonstances extérieures. Fidèle à sa vocation, à ce sentiment raisonné qui le portait vers le film, M. Léon Poirier a évité de pareilles embûches. L’œuvre de cet homme encore jeune est forcément inachevée. Mais elle n’est pas fragmentaire. Certes, de Jocelyn, qui fit connaître son nom, jusqu’à Caïn, sa dernière escale, nous distinguons chez le réalisateur (qui, à partir de Verdun devient aussi auteur) plusieurs phases, je dirais même plusieurs paliers, car son voyage est une ascension. Mais la substance en reste inaltérée. Chaque bande, celle du début comme celles de sa précoce maturité, offre les mêmes caractères immanents. M. Poirier ne fait pas tourner à vide le moulin à images. Il lui fait moudre le grain : nourritures terrestres et idéales moissons. Le cinéma n’est pas pour lui un divertissement gratuit. Il n’est pas un versificateur pliant le flux des images à une cadence. Il est un poète. Et c’est dans l’alliance avec un poète qu’il puisa l’inspiration de son premier ouvrage, ce Jocelyn, dont la « lecture » à même l’écran est restée inscrite, pour beaucoup d’entre nous, au livre de mémoire, comme une date de notre vie sentimentale. Avec le courage d’une profonde conviction, M. Poirier substitua, dès ce moment, au mouvement extérieur, saisi au vol, à cette agitation de surface qui semblait être la force vitale du cinéma, le mouvement intérieur se manifestant dans la lente éclosion d’un geste, l’illumination (du dedans autant que du dehors, par la lumière, mais surtout par l’âme, d’une face projetée en « gros plan », par la cessation même du discours filmé et par l’éloquence de l’immobilité, par cette irradiation d’un sentiment intensément vécu, mais inexprimé, tu, latent et d’autant plus communicatif. Il résulte de cette réserve, de cette noblesse d’une douleur contenue un effet que l’on eût cru impossible à atteindre : la concordance de ton, l’égalité de niveau entre les vers de Lamartine, choisis comme sous-titre pour raccorder les scènes en « donnant le la », et les séquences d’images encadrées par ces citations. Le même souffle pénètre l’écrit et la photo ; et la musique de la prosodie trouve sa continuation, sa vibrante résonance dans le rythme du montage... Un autre principe se fait déjà jour dans cette mémorable tentative. Les épisodes suprêmes de Jocelyn sont tournés en plein air, dans le décor naturel de la montagne, avec le soleil pour luminaire, — et non point sous les sunlights du studio, dans l’ambiance factice des cadres construits. Plus il ira, et plus résolument M. Poirier repoussera le trompe-l’œil, cette atmosphère artificielle de l’usine de films. L’acteur, suggestionné par le metteur en scène (mais il n’y a pas de scène), est exalté par les choses de la nature, par le fluide qui émane de certains paysages intimes ou pathétiques captés à l’aide du « regard de cristal » de l’objectif... Cette réverbération des neiges, qui baigne la déchirante idylle de Jocelyn, continue, en sa luminosité blafarde, à vibrer au fond_de_notre souvenir. Vint la fameuse randonnée africaine de la mission Citroën, dont la Croisière noire de M. Léon Poirier est le fidèle mémorial. Cet itinéraire africain avec ses horizons mouvants, la configuration de ses espaces démesurés, « la cime indéterminée des forêts » — pour user d’une phrase de Chateaubriand qui incita Stendhal à sa défense de la prose romantique, — les éclaircies de la brousse pareilles à des trouées dans l’infini, les dunes, le ciel, les eaux, la lumière et l’ombre, dont le violent débat éclate dans les antithèses des blancs angéliques et des noirs d’Erèbe, ce panorama d’un continent devaient enchainer le paysagiste. Mais presque jamais l’homme n’est absent de cette immensité : la caravane, les tribus indigènes servent aux « extérieurs » d’échelle et de centre. Le modèle des corps noirs, la plénitude de cette ronde-bosse humaine sculptée par le soleil sont rendus par l’appareil de prise de vue avec une plasticité incomparable. Et la chorégraphie sacrée des tam-tams, mystères de cette noire Eleusis, est interprétée non seulement avec les variantes de plans et de tempo où se complait le cinéma, mais également selon le symbolisme divin ou satanique de ces jeux qui sont aussi des sortilèges. L’austérité même de ces notations, l’absence de surenchère, l’exclusion de l’arrangement et du cabotinage font de ce tableau de l’Afrique un document hors de pair... « La meilleure partie du courage, c’est la discrétion », dit Shakespeare qui se connaît en héroïsme. C’est encore cette vertu classique de l’équilibre ébranlé par l’assaut de la passion et rétabli par la volonté lucide — qui assure à Verdun, vision d’Histoire tout un côté de monumentale grandeur, une sérénité de masque tragique. Nous avions connu, avec le Napoléon de M. Abel Gance, l’esthétique du tumulte. Nous découvrons dans Verdun celle du tumulte vaincu, la sagesse des vaillants plutôt que leur folie. Car la valeur est honorée dans ce film tout comme la guerre y est condamnée ; le réquisitoire contre le carnage est aussi un requiem pour les héros. En peignant les soldats de la guerre, l’auteur les synthétise, les typifie. Chacun des personnages, meneurs du « jeu pour la patrie », incarne, se détachant de la foule, masse amorphe, de la troupe, organisme collectif, anonyme, unanime, toute une classe, un âge de la vie, une condition sociale, une attitude morale. Parfois, cette tendance à généraliser fait usage de l’allégorie : nous nous refusons alors à suivre M. Léon Poirier ! La texture de son film est composite. L’action funèbre et triomphale, reconstituée sur les lieux, sur cette terre déchirée encore par les stigmates de sa Passion, est cimentée par des « actualités » de l’époque documents directs et authentiques interpolés dans le récit. Ici encore, les plus belles scènes sont celles où la nature sert de fond, de cadre, voire de socle à l’action, où la nature agit. Il y a là certaine scène inoubliable entre toutes, celle de la montée aux tranchées d’une division d’infanterie avançant par colonnes. Les « valeurs » picturales de cette image qui est une « toile de maître peinte par un tourde manivelle », la dégradation des gris dans ce sinistre camaué, la fatale gravité du moment touchent ici au sublime grâce à je ne sais quelle miraculeuse complicité du ciel avec l’artiste, ciel lourd de menace et déchiré par une navrante lueur : « page célèbre », comme la poésie sur pellicle n’en possède pas beaucoup. Après avoir élevé ce cénotaphe à la démence des nations et à leur sacrifice (ou cela se serait-il passé avant ?), l’artiste voudra puiser dans le trésor des humbles. J’ai le grand regret de ne pas avoir vu ce film réalisé sur le thème du roman de M. de Chateaubriant, La Brière, et qui a pour interprètes les rudes habitants des tourbières, principe qui sera repris par d’autres réalisateurs. Les traits des personnages ne doivent y être que le reflet
L'ART VIVANT de la physionomie d'un terroir ; essai de ce qu'on peut définir comme un « exotisme régional ». Venant avant Cain, la Brière ferait donc songer au cycle breton peint par Paul Gauguin — Christ jaune, Misères humaines — avant d'appareiller pour Tahiti... Vous lirez tout à l'heure, sous la plume de l'auteur lui-même, l'historique de ce nouvel ouvrage et le roman du romancier. Si je m'en vais traiter, en prenant à M. Léon Poirier les mots de la bouche, de cette « aventure des mers exotiques », c'est que ce film n'est pas seulement une profession de foi de l'auteur, mais aussi une déclaration de principe de l'art français du cinématographe, prenant position dans la juste querelle du film, genre autonome, chose en soi, avec le « talkie ». Cain est une œuvre d'une inspiration très pure, d'un mouvement continu et d'un style soutenu, une œuvre conçue et exécutée en dépit des mots d'ordre de l'heure, au mépris des préjugés commerciaux. C'est donc, sous maints rapports et même à un point de vue de courage moral, un travail exemplaire qui — pour employer une formule dont on a souvent abusé — fait honneur à la production française. A première vue, on classerait Cain dans la grande famille des documentaires romancés, dont Flaherty est le père, Nanouk le premier né et qui, avec Moana, explore les archipels aux sirènes des Mers du Sud, les forêts vierges des Antipodes, terra australis incognita... Or, l'attitude d'un Léon Poirier devant la nature intacte et les âmes non polluées diffère sensiblement de celle du maître irlandais et de ses émules. Sa bande est un documentaire moins romancé que lyrique et philosophique : lyrosophique. S'il vogue vers Madagascar, après avoir accompli la Croisière noire qui le rendit célèbre, s'il quitte Tananarive et appareille vers un îlot perdu au large, dans l'Océan Indien, c'est pour obéir à un besoin de contemplation plutôt que d'action. Il s'éloigne du monde civilisé non pour satisfaire une fringale de sensations neuves, non pour courir l'aventure ; c'est pour mieux se recueillir. Il est plus près des Pères du désert que des touristes de Cook, et quand il traverse l'Afrique à dos d'auto-chenille, ce n'est pas à un Stanley qu'il nous fait songer, l'intrépide reporter, mais à un Livingstone, l'explorateur-missionnaire, le pèlerin du continent noir... Il en résulte, malgré la plénitude luxuriante de la végétation tropicale, les indescriptibles beautés de la lumière et de la mer, une discrétion dans les procédés d'expression — et procédé n'est pas le mot approprié, car tout ce qui est factice est banni — qui frise le jansénisme. Van Dyke, dans Ombres blanches, où alternent satire et féerie, avait donné ce tableau du bain des jeunes filles en fleur dont nous avons gardé le sensuel éblouissement. Poirier renonce à un tel luxe ; il est en quête de vérité généralement humaine, non d'un pittoresque chimérique. En peignant l'aventure du demi-civilisé européen, déclassé, révolté, découvrant en cette île déserte le paradis perdu, le reperdant, le retrouvant une fois de plus, c'est un mythe moderne que M. Poirier cherche à nous donner, une moralité légendaire. On voit reparaitre, et c'est la nature même du sujet qui rend ces « rappels » inévitables, les thèmes d'Ulysse jeté sur les côtes des Phéaques, de Siegfried forgeant son épée. Et, signe du véritable artiste, il élimine tout superflu de cette « robinsonade ». Deux éléments : la vie intérieure de l'homme qui transparaît plutôt que de se manifester avec ostentation ; la photogénie naturelle des « extérieurs », car rien n'est construit ni truqué au studio, tout est repéré, sélectionné, délimité par l'œil du photographe et enregistré par la camera, l'artiste opérant directement sur la matière vivante. Un seul protagoniste (Cain, le « maudit de la terre », aux prises avec cet état de nature qu'avait exalté Jean-Jacques), l'étonnant Thomy Bourdelle, assisté d'une partenaire et de quelques comparses. Ce monodrame, car c'est dans le cerveau d'un seul que se déroule le conflit, pourrait faire bâtir les gens trop pressés. « Toujours les paradis ont été monotones », se plaignait encore le poète d'Emaux et Camées ! Mais ceux qui, sous l'uniformité apparente d'une action ainsi simplifiée, sauront reconnaître la gamme bien tempérée des nuances les « quarts de tons » à peine perceptibles, s'en iront comblés. Si je parle musique, c'est surtout au figuré.La partition est strictement réduite au rôle auxiliaire « d'atmosphère musicale »; les bruits du vent, de la mer, des machines, les propos des passagers à bord du paquebot, les chantssetcomplaintes de Zouzour, l'Eve dece Paradis non artificiel, tous les éléments sonores n'interviennent qu'en fonction du sujet en soulignant les péripéties du poème filmé. Et ces interruptions ne font que rendre plus profond le grand silence de cette cantilène muette d'images et de pensées. André LEVINSON. ---
LE PAQUEBOT "CHAMBORD" QUITTANT MARSEILLE A DESTINATION DE MADAGASCAR. LE CINÉMA ART VIVANT ET LA RÉALISATION DE “CAÏN” Aventure des mers exotiques L e cinéma est le moyen d'expression de la pensée qui pourrait être le plus justement qualifié d'art vivant. En effet, le cinéma, c'est en principe l'art du mouvement et le mouvement c'est l'essence même de la vie. Mais, hélas, la plupart du temps, le cinéma n'est cela qu'en principe car, en fait, tous les efforts des industriels qui exploitent l'engouement du public pour les spectacles de l'écran tendent à employer cette invention dont l'importance fut aussi grande que celle de l'imprimerie, comme un vulgaire moyen de reproduction mécanique d'autres arts, littérature ou théâtre, sans se soucier de sa technique propre. Depuis l'avènement du film parlant, la médiocrité du cinéma s'est aggravée d'une façon navrante. Un domaine était toujours resté son patrimoine personnel : c'était la nature. Lui seul en effet pouvait permettre au spectateur de s'évader des limites étouffantes de la vie quotidienne, de connaître des horizons et des rythmes nouveaux. Or, aujourd'hui, selon les méthodes américaines, et en raison des complications nouvelles apportées par l'enregistrement du son, tous les films sont tournés au studio, de sorte que l'écran n'est plus qu'une scène à laquelle il manque cette radiation vivante, ce magnétisme humain qui est précisément l'essence de l'art dramatique. Le cinéma parlant 100%, pour employer une formule qui tient plus de la finance que de l'art, n'est que du théâtre mécanique : la foule curieuse est accourue pour le voir comme un phénomène forain mais la curiosité s'érouse vite et déjà la foule reflue désappointée car elle n'a pas trouvé dans le film parlant l'émotion qu'elle demande aux spectacles quels qu'ils soient : course de taureaux, drame, comédie ou cinéma. Il y a autant de différence entre un personnage
PARTIR... INSTANT DÉLICIEUX OU TOUS LES VISAGES SONT SOURIANTS... Mlle RAMA TAHÉ, Mme LÉON POIRIER, M. LÉON POIRIER. M. THOMY BOURDELLE, M. LÉON POIRIER. A chaque escale, M. Léon Poirier fit prendre sur le vif des images et des paysages pittoresques. Il n'eut, d'ailleurs, qu'à se lour de l'équipage qui, vivement intéressé par les diverses opérations et désireux de contribuer à la réussite de l'œuvre, se transforma, chaque fois que cela lui fut demandé, en un collaborateur enthousiaste et précieux.
L'ART VIVANT parlant de l'écran et un acteur qu'entre un automate et un homme : on ne va voir le premier qu'une fois, tandis que si le second est sympathique on aime à le revoir souvent. Ce sont là des nuances qui échappent aux brasseurs d'affaires. Pourtant, le succès auprès du public dépend de ces nuances et la réussite des entreprises cinématographiques dépendra toujours en fin de compte du succès. L'évolution se fera donc a'elle-même, mais laborieusement, car une situation de fait s'est créée qui ne pourra se dénouer sans catastrophe. Des capitaux énormes ont été investis dans la construction de studios parlants. Si l'on revient à une formule de cinéma dans laquelle le plein air domine, ou tout au moins soit à égalité, les studios chôme-ront et les capitaux pâtiront. Solution fâcheuse mais inévitable car le cinéma, par la volonté du public, sera un art vivant ou ne sera plus. C'est fort de cette conviction que j'ai quitté la France le 20 juin 1929 — il y a presque 18 mois — pour Madagascar, dans l'intention d'y écrire un roman et d'y réaliser en pleine nature, en pleine vie, un film dont le titre serait : Caïn, aventure des mers exotiques. Il faut d'abord expliquer le sujet que résume ce titre. Il ne s'agit pas d'une reconstitution biblique, d'un de ces films à 10.000 figurants, d'une de ces pièces montées d'après l'antique dans les studios d'Hollywood et qui en vérité tiennent plus du théâtre du Châtelet que de l'histoire. Mes intentions sont tout autres. Le nom de « Caïn » pour moi a la valeur d'un symbole. Il stigmatise les révoltés de tous les temps, depuis l'âge biblique jusqu'à celui du communisme. Mon « Caïn » est donc un homme moderne, une scorie de l'usine brusquement plongée dans la nature absolue des tropiques, dernière zone où l'homme soit encore obligé de s'incliner devant elle. Cela c'est la situation. L'action, c'est la vie de cet homme, l'odyssée de sa conscience, l'histoire de son amour. Il me fallait trois person-nages. Un homme, une femme et la nature. J'emmenais avec moi l'homme, Thomy Bourdelle, dont la musculature impressionnante se cachait dans Verdun, visions d'Histoire sous le feldgrau de l'officier allemand. J'emmenais aussi la femme en la charmante personne de Mlle Rama Tahé, une Guadeloupéenne qui grimpe dans les lianes comme on grimpe à dix-huit ans et que l'on a du sang cacique dans les veines. Quant au troisième personnage : la nature, c'est pour le chercher que nous partions à Madagascar, — et nous l'y avons trouvé. On connaît Madagascar, mais bien peu de personnes s'en font une idée exacte. On parle tout de suite de la reine Ranavalo, on a le vague souvenir d'une île qui figure en bas et à droite des cartes de l'Afrique ; quelques-unes citent les noms de Tananarive, Majunga, Diégo-Suarez, Tamatave. Enfin, lorsqu'on a parlé du raphia, du café, du graphite, des caimans, des requins, des moustiques et du terrible soleil, la conversation est épuisée sur le sujet. Il faut passer à autre chose. C'est dommage. Tout d'abord, n'en déplaise aux géographes, Madagascar n'est pas une île africaine. Lorsque après avoir traversé l'Afrique il y a cinq ans avec la mission Haardt-Audouin-Dubreuil pour y réaliser la Croisière Noire j'arrivais en fin de voyage à Madagascar, ce fut pour moi une profonde surprise. Le canal de Mozambique une fois franchi, nous abordions une terre nouvelle, où les habitants, les arbres, les animaux n'avaient plus aucune ressemblance avec ceux du Soudan, de l'Oubangui, du Congo ou du Tanganyika. Plus de lions, de panthères, d'éléphants, d'hippopotames ou de rhinocéros, plus de nègres hilares, de danses frénétiques, de rythmes violents, de shimmy excessifs, plus d'arbres de Karité, de palmiers à huile, de fromagers gigantesques. L'exubérance africaine est finie. Nous sommes reçus par des Hovas obséquieux, aux phrases ampoulées, aux noms fleuris comme ceux d'Extrême-Orient, aux yeux bridés et au teint jaune comme ceux des Java-

Ce numéro de L'Art Vivant, daté du 15 novembre 1930, présente une section "Le Guide Artistique" détaillant les expositions en cours dans les musées nationaux et de la ville de Paris, ainsi que les galeries d'art parisiennes. Il inclut également des critiques d'art, notamment sur l'œuvre cinématographique de Léon Poirier et son film "Caïn", ainsi que des publicités pour des galeries d'art, des fournitures pour artistes et des publications comme le Larousse du XXe siècle.