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First pages of the volume, freely accessible.
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27e ANNÉE
Nouvelle Série
NUMÉRO 132
DÉCEMBRE 1932
L'ART
ET LES ARTISTES
ART ANCIEN, ART MODERNE
ART DÉCORATIF
DIRECTEUR-FONDATEUR
ARMAND DAYOT
RÉDACTION & ADMINISTRATION
23, Quai Voltaire, PARIS 7e
Revue mensuelle d'Art de France et de l'Etranger
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L'ART ET LES ARTISTES
Revue Mensuelle d'Art ancien, d'Art moderne, d'Art décoratif
Société anonyme au capital de 400.000 francs
(PARAISSANT DIX FOIS PAR AN)
Tous droits réservés.
Registre du Commerce Seine 58-503
Directeur-Fondateur :
ARMAND DAYOT
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XXVIIe ANNÉE — SOMMAIRE DU NUMÉRO 132 (Décembre 1932)
LES NOUVELLES DÉCOUVERTES DE L'ANCIENNE CIVILISATION SARDE (5 illustr.) . LUCIEN MIRAN
SANTIAGO BONOME, sculpteur de Saint Jacques de Compostelle (5 illustrations) . MARGARITA NELKEN
JEAN AUJAME (5 illustrations) . ROGER BRIELLE
UN SCULPTEUR CANADIEN, HENRI HÉBERT (7 illustrations) . LOUIS BOURGOIN
L'ART DÉCORATIF AU SALON D'AUTOMNE (5 illustrations). MAGDELEINE A.-DAYOT
L'ACTUALITÉ ET LA CURIOSITÉ : A travers les Expositions. (7 illustrations).
Echos des Arts (1 illustration). — Les Livres. — Chronique théâtrale et cinématographique.
Chronique des Ventes.
En hors-texte : PALISSOT DE MONTENOY, (buste) par HOUDON
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Prix de ce numéro : 12 francs. — Abonnement pour la France: Un an (dix numéros) 100 francs
(Demandes de changement d'adresse : 1 fr. 50. — Numéro spécimen : France 5 frs. — Etranger : dollar 0.35)
Compte Chèques postaux : 603.69
Abonnements pour l'Etranger : 1er PAYS AVANT ADHÉRÉ À LA CONVENTION DE STOCKHOLM (Afrique du Sud, Abyssinie, Albanie, Allemagne, Angola, Rép. Argentine, Autriche, Belgique, Brésil, Congo belge, Guatemala, Bulgarie, Canada, Chili, Cuba, Egypte, Equateur, Espagne, Estonie, Ethiopie, Finlande, Grèce, Haïti, Hongrie, Lettonie, Libéria, Lituanie, Luxembourg, Maroc espagnol, Mexique, Pays Bas, Paraguay, Portugal et colonies, Perse, Pologne, Roumanie, Salvador, Serbie, Tchécoslovaquie, Terre-Neuve, Turquie, U. R. S. S. (Russie), Uruguay, Vénézuëla): Un an (dix numéros), 130 francs. (Le n° ordinaire : 15 francs. Le n° spécial : 18 francs. 2e PAYS N'AVANT PAS ADHÉRÉ À LA CONVENTION DE STOCKHOLM : Un an (dix numéros) : 150 francs. (Le n° ordinaire : 18 francs. Le n° spécial : 20 francs).
Bureaux : 23, Quai Voltaire, Paris 7e
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ED. BOUET
RÉPARATEUR
TABLEAUX OBJETS D'ART
MAISON FONDÉE EN 1885
9, RUE DE PENTHIÈVRE, 9 — PARIS
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HUVÉ & VIÉL
INGÉNIEURS E.C.P.
MARBRIERIE d'ART
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SCULPTURES d'ART
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62, Rue Saint-Sabin — PARIS (XIe)
Téléph. : Roquette 33-47
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CH. POTTIER
EMBALLAGE & TRANSPORT
D'OBJETS D'ART
14, RUE GAILLON, PARIS-IIe
CENTRAL : 46-84
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Copyright by L'Art et les Artistes, 1932
Secrétaire de Rédaction : MICHEL FLORISOONE
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Chambre à coucher chez Madame S., par Maurice DUFRÈNE
réalisée par
“LA MAITRISE” des GALERIES LAFAYETTE
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TABLEAUX ANCIENS
Maison fondée en 1848
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GALERIES
KLEINBERGER
PARIS NEW-YORK
9, rue de l’Echelle 12 East, 54th Street
Tél. : Gutenberg 12-95
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SPÉCIALITÉS :
Écoles hollandaise, flamande
et Primitifs des XIV° et XV° siècles
R. C. Seine 171.152
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A. DECOUR
DÉCORATIONS ANCIENNES ET MODERNES
BOISERIES OBJETS D'ART
26 bis, RUE FRANÇOIS-1er PARIS
R.C. Seine 36 750
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LE GOU PY
A PARIS
28, AV. DES CHAMPS-ÉLYSÉES
R.C. Paris 73 244
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TABLEAUX ESTAMPES OBJETS D'ART
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CAILLEUX
Expert près le tribunal civil de la Seine Expert conseil du gouvernement près l'administration des Douanes
TABLEAUX DU XVIIIe SIÈCLE
136, FAUBOURG SAINT-HONORÉ
R.C. Seine 93 343
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FAITES DES
SPORTS D'HIVER
DANS LES STATIONS FRANÇAISES
LES MIEUX ÉQUIPÉES DES
ALPES ET DU JURA
CHAMONIX - MONT BLANC (1034 m.)
MONTROC - LE - PLANET (1384 m)
COMBLOUX (1000 m.) MÉGÈVE-MONT
D'ARBOIS (1100 m.) VILLAR-DE-LANS
(1050 m.) BRIANÇON - M' GENÈVRE
(1860 m.) MONT REVARD (1550 m.)
COL DE VOZA (1650 m.)
MOREZ-LES-ROUSSES (1135 m.)
PEIRA - CAVA (1580 m.)
BEUIL (1454 m.) etc. etc...
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M. et R. STORA
32BIS - BOULEVARD HAUSSMANN - 32BIS
R. C. Seine 269.093
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FAÏENCES ITALIENNES ET HISPANO-MAURESQUES
MOYEN AGE ET RENAISSANCE
TAPISSERIES ANCIENNES
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LE NURAGHE ZURAS PRÈS GHILARZA (SARDAIGNE)
LES NOUVELLES DÉCOUVERTES DE L'ANTIQUE CIVILISATION SARDE
Les Carthaginois pénétrèrent en Sardaigne probablement vers le IXe siècle avant notre ère. Et envisageant surtout leur commerce, ils n’occupèrent que quelques points des côtes sud et ouest. Une autre raison pour laquelle ils ne s’étendirent pas davantage, c’est qu’ils trouvaient, en face d’eux, des populations autochtones fortes et bien armées. À ce moment donc, deux civilisations sont en présence dans l’île : la Punique uniquement maritime, et la Sarde, terrienne.
On a discuté et on discutera longtemps encore pour savoir d’où venaient ces Sardes. La question n’est pas résolue. On a cru qu’ils étaient des Ibères, sortis d’Espagne ou de Gaule, ou encore des Celtes, comme le laisseraient croire leurs menhirs et leurs dolmens, et aussi leurs tombes dites « de géants », semblables à tant d’égards aux allées couvertes de notre Armorique. Il est plus probable qu’ils étaient des Libyens venus d’Afrique, sans qu’on puisse dire l’époque de leur migration. Quoi qu’il en soit, ces Sardes avaient une civilisation, et, dans la construction militaire, étaient d’excellents architectes, comme l’attestent ces monuments appelés nuraghe, qui frappent immédiatement tout voyageur arrivant en Sardaigne, et ont donné le nom de nuragique à la civilisation dont ils sont issus.
Qu’est-ce donc que les nuraghe? Les nuraghe qu’on évalue à sept mille environ dans l’île (beaucoup sont aujourd’hui
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L'ART ET LES ARTISTES
ruinés), sont des tours en forme de cônes tronqués, et couronnées probablement d'une terrasse (nous disons probablement car aucun ne nous est parvenu intact), avec étages superposés. Ils sont construits en gros blocs de pierre, parfaitement joints sans ciment, et alignés au fil à plomb. A l'extérieur comme à l'intérieur, leur forme présente beaucoup de variantes. Une porte basse, généralement au sud-est, donne accès dans un couloir intérieur, lequel dessert une, deux ou trois salles. L'escalier montant aux étages est disposé dans l'épaisseur des murs. Dans les salles, les assises de pierre qui les composent, vont toujours en rétrécissant, à mesure qu'elles s'élèvent, de façon à former une voûte semi-ovoïde.
Les premiers ne seraient peut-être pas de beaucoup antérieurs à l'immigration Punique. Mais quelle était leur destination?
La première idée qui vient à l'esprit, lorsqu'on en rencontre un isolé, au début d'un séjour en Sardaigne, est de leur donner une destination funéraire. Toutefois cette première impression s'évanouit assez vite. Il est difficile en effet d'y reconnaître des tombes (aucun squelette n'y ayant été découvert), ou des temples (vu leur nombre trop grand, la difficulté de leur entrée et aussi l'obscurité qui y règne). Tout milite au contraire en faveur de forteresses, et ceci à cause de leur disposition interne, de l'épaisseur de leurs murs, et aussi de leur position dans des sites le plus souvent bien choisis. Les plus nombreux sont le long de la grande voie de pénétration sud-nord de l'île, dans la région de Macomer. Tout atteste qu'ils répondent à un but de défense, de conservation de la terre sarde, de protection de clans ou tribus sardes contre d'autres clans ou tribus de même race. Les cabanes habitées, qui gravitaient autour, y portaient en cas d'alerte leurs objets précieux. Du haut des terrasses, les feux avertissaient de la présence de l'ennemi.
Et les machines de siège étant sans doute inconnues alors, comment ces murs énormes auraient-ils pu être forcés?
En dehors de la Sardaigne, on en trouve seulement, mais d'une importance moindre, dans les îles de Pantellaria, des Baléares, et la province des Pouilles (Italie).
Seuls, les nuraghe étaient connus sur la terre sarde, quand La Marmora d'abord, Perrot et Chipiez ensuite, les étudièrent. Mais voici que depuis trente ans surtout, de nouvelles découvertes ont augmenté les vestiges de la civilisation nuragique.
Des fouilles ont mis à jour des sanctuaires très primitifs, épars dans la campagne, contemporains et antérieurs même peut-être aux premiers nuraghe. On les trouva près de grottes vouées sans doute à des divinités souterraines, et autour de fontaines certainement divinisées à cause des ex-votos qu'on y rencontra, comme à Rebeccu, près de Bonarva, et à Santa Lulla di Orune.
Ces premiers sanctuaires n'ont laissé que des traces insignifiantes. Sans doute s'était-on aperçu de bonne heure de l'in sécurité d'un culte pratiqué dans de telles conditions. Rien d'étonnant à ce que l'idée ait germé dès lors chez les Sardes, de mettre leurs sanctuaires plus en sûreté. Les prêtres ne répugnèrent pas à entrer en contact avec les guerriers, et à associer ainsi la morale et la force, qui sont en somme les deux grandes sauvegardes d'un peuple. Pour éviter violences et pillages, la religion chercha asile dans les forte resses. Le nuraghe primitif resta ouvrage de défense avec sa garnison de guerriers. Mais tout autour de lui, s'éleva une enceinte non circulaire, mais disparate, en tout cas savamment combinée, avec des angles rentrants facilitant la défense. C'est dans cette enceinte que s'installa le culte, d'abord très simplement, avec un autel en plein air, et une demeure pour le prêtre. C'est ce qui explique, dans certains nuraghe, l'adjonction de murs d'enceinte
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LES NOUVELLES DECOUVERTES DE L'ANTIQUE CIVILISATION SARDE
à la tour primitive, la présence d'autels, et enfin la découverte de statuettes votives provenant de l'exercice d'un culte pratiqué dans cet endroit. Un exemple frappant de l'association de la forteresse et du temple embryonnaire, est le nuraghe de Losa, près de Ghilarza, aujourd'hui monument national.
Telle est la genèse de ces nuraghe postérieurs, ayant deux destinations. L'agglomération des habitants était éparse dans la campagne, vaquant à l'ordinaire à ses occupations. Mais la défense et l'embryon du culte étaient réunis dans une même enceinte, ébauchant ainsi quelques siècles avant les Grecs, ce que devait être l'Acropole.
Mais peut-être vint-il des accalmies, des périodes de paix, où la confiance naquit. Et alors la face des choses changea. Ou bien le temple osa à nouveau, sans défense, affronter la pleine campagne (on en voit quelques exemples). Ou bien il s'adjoignit une forteresse comme à Abini de Teti ou à Serri, près Mandas, dont nous aurons l'occasion de reparler. Mais les facteurs sont intervertis. Ce n'est plus le temple qui entre dans la forteresse. C'est lui, au contraire, qui s'adjoint celle-ci.
Ces temples, ainsi isolés ou fortifiés, qui furent l'objet des fouilles nouvelles, sont certainement de l'époque nuragique, mais sans doute seulement de la fin de cette période. Mettons-les avec M. Taramelli du IXe ou plutôt du Vime siècle avant le Christ. Par une anomalie assez étrange à première vue, ce sont eux, les plus récents, qui ont été détruits, alors que nombre de nuraghe présentent encore de beaux restes. Mais en somme, cela s'explique assez bien. Les Romains, très scrupuleux en religion, ne touchèrent pas aux temples. Mais les Vandales, et plus tard les Sarra-sins, avides de trésors, n'eurent pas la même réserve. Ils les pillèrent, alors qu'ils
LE NURAGHE PALMAVERA, PRÈS ALGHERO
LE NURAGHE DE LOSA, PRÈS GHILARZA