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L'ART ET LES ARTISTES 5e ANNÉE N° 49 --- REVUE D'ART ANCIEN ET MODERNE DES DEUX MONDES DIRECTEUR-FONDATEUR: ARMAND DAYOT. --- AVRIL 1909 PRIX DU NUMERO 2 frcs N.E.T. REDACTION ET ADMINISTRATION 10, RUE SAINT-JOSEPH : PARIS

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L'ART ET LES ARTISTES Directeur-Fondateur : ARMAND DAYOT Secrétaire : FRANÇOIS DE MIGNANDER SOMMAIRE DU NUMÉRO 49 - LES GRANDS CHEFS-D'ŒUVRE: Van Dyck: Portrait d'une Inconnue (détail), 1 illustration. - TANAGRA, 13 illustrations. - LOUIS MÉNARD, 9 illustrations. - PIERRE-GASTON RIGAUD, 8 illustrations. - L'ART DÉCORATIF: Une découverte d'Étoffes Empire au Mobilier national, 6 illustrations. PIÈRE GUSMAN LOUIS DE FOURCAUD ANDRÉ GIRODIE LEANDRE VAILLAT Le Mois artistique en France, par E. M.; Angleterre, par Frank Rutter; Autriche, par William Ritter; Belgique, par Gustave Vanzype; Etats-Unis, 1 illustration, par A. Seaton-Schmidt; Italie, par Ricciotto Canudo; Orient, par Adolphe Tralasso; Suède, 1 illustration, par Carl-G. Laurin; Suisse, par Gaspard Vallette; Echos des Arts. Épreuve d'Art: Intérieur d'église, de Pierre-Gaston Rigaud. --- ABONNEMENTS: France, 20 fr.— Étranger, 25 fr. Les avis de changement d'adresse doivent nous parvenir, accompagnés de 2 fr. 50 en timbres-poste, au plus tard le 28 pour le numéro du mois suivant. Les articles publiés par l'Art et les Artistes deviennent la propriété de la Revue. Tous droits de reproduction et de traduction réservés. --- J. ALLARD Galerie de Tableaux des Maîtres Modernes 20, Rue des Capucines, 20 --- J. FÉRAL EXPERT EN TABLEAUX PARIS — 7, Rue Saint-Georges, 7 — PARIS TÉLÉPHONE 238.61 --- Galeries KLEINBERGER 9, RUE DE L'ÉCHELLE TABLEAUX ANCIENS Spécialité: ÉCOLES HOLLANDAISE ET FLAMANDE TÉLÉPHONE 238.61

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CRAYONS L. & C. HARDTMUTH --- PETITES ANNONCES --- LTPIVER PARFUM POMPEIA LE ROBOT « STRAMANO PARIS » DERNIÈRE NOUVEAUTÉ LE PLUS FIN LE PLUS PÉNÉTRANT ESSENCE POUDRE ... RIZ, SAVON EAU « TOILETTE » POUDRE + SACHETS ETC. --- A LA PALETTE DE RUBENS Maison fondée en 1785 7, Quai Malaquais, Paris (près l'Institut) Spécialité de couleurs fines. Toiles pour l'huile et l'aquarelle. Rentoiilage. Restauration et Location de tableaux. Dépôts de couleurs, françaises, anglaises et allemandes, pour l'huile et l'aquarelle. --- ÉTIENNE BOURGEY 7, rue Drouot, PARIS --- EXPERT EN MÉDAILLES Achat et vente de Médailles et Monnaies anciennes : Grecques, Romaines, Françaises et Étrangères. --- ATELIER DES ARTISTES G.S. SENNELIER, 3, quai Voltaire, Paris. Fabrique de couleurs fines pour la peinture à l'huile. Toiles à peindre en pièces et sur châssis. Ébénisterie et matériel d'artistes, boîtes de campagne. Envoi franco du Catalogue, 160 pages illustrées. --- PHOTOS D’ART des Musées et Salons de Paris et Galeries étrangères. Gravures. Tableaux pour Appartements. ÉTUDES d’ART de tous genres. Cartes Postales illustrées. Portraits - Miniatures sur émail et agrandissements. Superbe avec 600 Illustr., 1 fr. 75, timbres français ou mandat de tous pays. BELLES COLLECTIONS de Photos et Cartes Postales de 3 fr. à 100 fr. HODRERET. — Le Mann. 24³⁰, 1 fr. 75 franco. H. A. WEISS, Éditeur 23, Rue d’Enghien, PARIS --- LARBAUD-ST-YORRE La plus dosée en Acide carbonique libre de toutes eaux du BASSIN DE VICHY La plus froide 10° Contre les Maladies du FOIE du REIN, del ESTOMAC le DIABÈTE et l’ALBUMINURIE Se trouve en bouteilles et demi-bouteilles dans toutes les Pharmacies et bons Restaurants. Refuser toutes les Contrefaçons. GROS ET EXPORTATION : LARBAUD-ST-YORRE, à VICHY. --- Anciennes Maisons ANGE OTTOZ, Ch. BERTAUX, F. LEFEBVRE PH. LECLUSE, Fabricant 58, Rue de Clichy (IX), en face de la rue de Parme ATELIERS : 13, rue des Grandes-Carrières (Montmarier) Toiles à Peindre. - Couleurs extra-fines broyées à la main. - Toiles pour l'Aquarelle, le Fusain, le Pastel. Matériel complet pour Artistes. Encadrements en tous genres. --- C. GUICHARDAZ 29 et 31, Rue du Dragon, PARIS Couleurs extra-fines broyées à l'huile. — Toiles et Tableaux. — Blocks, Péreira, Massini, Edouard et Lefranc --- LE BOUQUET DE LA MARIÉE Nouveau Parfum VIOLET, PARFUMEUR 29, Bᵈ des Italiens, Paris ---

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LES GRANDS CHEFS-D'ŒUVRE Cl. Anderson, Rome. Musée de Brera, Milan. VAN DYCK — PORTRAIT D’UNE INCONNUE (détail) 東

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Cl. Giraudon. JOUÉUSES D'OSSELETS (groupe) Musée du Louvre, TANAGRA UN soir, le duc d'Aumale, ce grand soldat doublé d'un grand artiste, sortait délicatement de sa vitrine une statuette ; il tenait religieusement, dans ses mains crispées par la goutte, la fragile pou- pée d'argile et la regardait avec amour ; il chantait intérieurement la grâce et le charme de l'œuvre et dit ces simples mots : « Quel art renferme une statuette de Tanagra ! » Aussitôt une jeune femme, sœur en grâces de l'exquise figurine, toute émue, demanda : « Cet artiste expose-t-il au Salon?... » La statuette faillit se briser sous les doigts du prince et alla, confuse, reprendre sa place auprès de ses compagnes.... Maintenant la statuette habite Chantilly et d'autres innombrables meublent les vitrines des Musées de Paris, de Berlin, de Londres. Partout les noms de Tanagra et de Myrina sont devenus célèbres, surtout depuis les découvertes et les admirables travaux de Olivier Rayet et de MM. Pottier et S. Reinach. Des amateurs, eux aussi, voulurent posséder de ces petits chefs-d'œuvre, et ils en trouvèrent. Alors de toutes parts surgirent des terres cuites, groupes, figures isolées, plus ou moins brisés, et les collections particulières s'enrichirent de figurines païennes, vermoulues, lézardées, peinturlurées, décolorées, mais gentilles à croquer : ce fut la joie, ce fut la fièvre tanagréenne, myrinéenne ! Et ce paludisme TÊTE DE JEUNE FEMME

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L'ART ET LES ARTISTES Cl. Giraudon L'ENKOTYLÉ Colt, particulière.

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L'ART ET LES ARTISTES FEMME DRAPÉE

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L'ART ET LES ARTISTES des terres cuites fit des victimes : un bon nombre de ces figures étaient fausses,... mais elles étaient si jolies, leur grâce si aimable et les sujets si ingénieux ! Ces œuvres maintenant sont classées ; elles seraient, de l'aveu relevé dans un récent catalogue, dues à un artiste athénien du XIXe siècle ! Qu'il soit d'Athènes, de Naples ou de Montmartre, peu importé, cet artiste moderne a beaucoup de talent ; mais que penser de l'entremetteur qui plaça des Vénus et des Amours d'une façon si spéciale ? Maintenant les collectionneurs avertis sont méfiants et Tanagra produit... moins. Mais qu'est-ce donc que Tanagra ? « C'était, au IVe siècle avant notre ère, une jolie ville de Béotie, haute et escarpée, argileuse et blanche d'aspect, avec des maisons à l'extérieur élégant et décorées de peintures à l'encaustique. » Entourée de collines semées de pins et de lentisques, Tanagra, qui était située au nord de la vallée de l'Asopos, devait une partie de ses richesses à la vigne et à l'olivier. Sa position en faisait la clef de la plaine thébaine, et avec ses murailles fortifiées elle dominait la contrée. Sur le flanc de la hauteur, couronnée par l'Acropole, s'étagaient, en terrasses, les temples luxueux qui surplombaient les demeures, et on y voyait un Triton acéphale rappelant une légende bachique, des statues célèbres du sculpteur archaïque Calamis : un Dionysos et un Hermès Criophore (qui porte un bélier). On vénérait aussi la mémoire de la poétesse Corinne, enfant de Tanagra au VIe siècle, et à laquelle ses compatriotes avaient élevé un somptueux tombeau. Avec Pindare, elle avait reçu des leçons de Myrtis « aux chants si doux », et, plus âgée que le poète thébain, lui donna des conseils, puis en triompha dans cinq concours aux jeux publics de la Grèce. Elle chanta en dialecte éolien « le bouclier de la belli-queuse Minerve », et aussi « la gloire qu'elle apporta aux Ta-nagréennes au blanc péplos ». Même une peinture du Gymnase de Tanagra représentait « Corinne se ceignant le front du bandeau triomphal », après une victoire remportée sur Pindare. De Tanagra, célèbre jadis par ses combats de coqs, très endommagée par les Athéniens, mais aussi peuplée à l'époque romaine que l'était Thespies, ville voisine, il ne reste, sous le nom

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L'ART ET LES ARTISTES GROUPE NUPTIAL (Myrina) * du Grimadha, que des ruines peu intéressantes des temples, du théâtre, de quelques maisons et la nécropole, distantes de 3 kilomètres du village moderne de Liatani, et le sol est parsemé de débris de vases, de style dit corinthien, dont le caractère a une origine lydienne et phrygienne, provenant de récipients ayant contenu le vin et l’huile recueillis sur les collines voisines. * « Les Tanagréennes passent pour être, par leur taille, par leur démarche et par le rythme de leurs mouvements, les plus gracieuses et les plus élégantes de la Grèce. Leur conversation n’a rien de béotien, leur voix même est pleine de séduction. Elles ont aussi une façon inusitée de porter la partie de l’himation qui forme voile au-dessus de la tête, de telle sorte que le visage est réduit aux yeux seuls à découvert (comme les femmes turques avec leur feredgé) ; tout le reste est caché par le vêtement. « Elles portent une chaussure mince, basse et étroite, de couleur rouge, et si bien lacée que le pied semble presque nu. « Leurs cheveux sont blonds, ramenés en touffes sur le sommet de la tête, et cette coiffure porte le nom de petite lampe. » Ainsi s’exprimait au IIIe siècle av. J.-C. le poète grec Hérakleidès. On ne saurait mieux décrire les statuettes tanagréennes, images fidèles de la femme thébaine qu’appréciait tant le poète et qui, à son époque, représentait la suprême distinction, tout comme la Parisienne représente l’élégance moderne. Et c’est au silence des tombeaux que nous devons la conservation de tant de figurines délicates ensevelies depuis 2 500 ans dans les 10 000 tombes de la nécropole, dans quelques temples et habitations : dons faits aux morts, offrandes aux dieux