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HAMPSTEAD GARDEN SUBURB UNE CITE-JARDIN ANGLAISE Une foule d'individus vivant à Londres songeaient à s'échapper de cet immense amas de pierre et de briques ; ils rêvaient de gentilles maisonnettes, de jardins en fleurs pour tous, d'un endroit où l'opulence et la misère ne se heurteraient pas, où chacun, pauvre ou riche, ouvrier ou bourgeois de la classe moyenne, aurait son propre « home » et sa part de soleil et d'air pur, où tout enfant pourrait s'ébattre à l'aise sur une pelouse verdoyante, où tous pourraient pratiquer un sport hygiénique. Mais leurs travaux, — la préoccupation du pain quotidien à gagner — les attachaient à la métropole et rendaient difficile la réalisation de leur intense désir : un vrai « home », réellement leur, et qu'ils n'auraient à partager avec personne. Londres s'étendait sans cesse et, allongeant ses tentacules, englobait les villages et les petites villes des environs, les champs et les forêts disparaissaient et, à leur place, petites ou grandes, des

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L'ART DÉCORATIF Maison du Club. — R. UNWIN, architecte.

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L'ART DÉCORATIF maisons s'édifiaient, sortant de terre comme des champignons. C'est à cette époque qu'apparaissait le type de la « Suburban Villa ». Rue par rue, des quartiers entiers se couvrirent de maisons semblables. Ces espaces, véritables déserts de maisons, s'étendant sur des lieues, sont vraiment grandioses à leur façon. Des maisons uniformes, de petits jardins, tous pareils, ennuyeux et entourés des mêmes clôtures insipides ; la même monotonie régnant dans l'installation : si, par exemple, nous regardons la rue enfilade, nous voyons, encastré dans chaque fenêtre-balcon (baywindow), le même bureau se reflétant dans le même panneau du lourd buffet d'acajou placé à l'arrière-plan. Le style Victoria est de rigueur ; c'est ainsi dans toute la longueur de la perspective. \\ Un jour, cependant, comme par miracle, le rêve des « utopistes de cités-jardins » put enfin se réaliser. La nouvelle se répandit qu'à la frontière nord-ouest du fameux Hampstead heath, un immense territoire était à vendre, presque tout le heath. Le Hampstead heath est situé au nord-ouest de Londres ; sa superficie est de 500 acres, soit 235 hectares. C'est une belle contrée, de style anglais, où l'on trouve des champs émaillés de fleurs, des lacs et, ça et là, des ruisseaux, des bouquets d'arbres, des bois. Etant la propriété de la ville et considéré par le Country Council comme parc public, le terrain ne peut être bâti. Attenant au heath, 320 acres étaient, depuis Henry VIII, propriété de la célèbre école Eton. Les gouverneurs du Collège avaient décidé de vendre cette propriété qui avait pris de la valeur par suite de la construction du « tube » (c'est ainsi que l'on surnomme l'un des chemins de fer souterrains) aboutissant à sa limite, escomptant ainsi un bénéfice Porte. — B. PARKER, architecte.

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L'ART DÉCORATIF supérieur à celui produit par la location du terrain comme pâturages. Aussitôt la décision connue, un groupe se réunissait, principalement formé des partisans du « Garden City » : le Hampstead Garden Suburb Trust était fondé. Le capital nécessaire fut constitué au moyen d'actions qui permirent d'acquérir la totalité du territoire et d'empêcher qu'il ne se morcelât entre les mains des spéculateurs et des « jerrybuilders » (architectes incompétents qui ne bâtissent que par pure spéculation et mal). L'exploitation à outrance du terrain aurait eu pour résultat de rompre l'effet d'ensemble par des maisons mal bâties et incohérentes et de supprimer la vue magnifique de la partie ouest de Hampstead heath. Des 320 acres, le trust en offrait 80 au Publicam pour agrandir Hampstead heath, mais à la condition qu'une partie du Suburb donnerait directement sur le heath dont il ne devait être séparé que par un mur. Par acte parlementaire, le trust a obtenu la modification des ordonnances locales, quant aux projets de rues, dispositions des trottoirs et chaussées, etc. En même temps, cet acte fixe définitivement le nombre des maisons et donne au trust, comme propriétaire du terrain, le droit de surveiller la construction des maisons, de concert avec la commission locale de contrôle. Le trust exerce ce droit non seulement au point de vue des conditions d'hygiène, mais encore et surtout au point de vue décoratif. Les parcelles de terrain sont louées pour une période de 99 ans, les plus grandes le sont même pour 999 ans. Le loyer varie selon la dimension et l'emplacement de £5 à £35 ou 40. Le contrat oblige le propriétaire de la maison à faire exécuter, à des époques déterminées, les réparations nécessaires ; par exemple, les encadrements des fenêtres, les portes doivent être repeints tous les trois ans, etc. Escatier. — R. UNWIN, architecte.

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L'ART DÉCORATIF Temple Fortune Lane. — H. A. WELCH, architecte. Avenue de Willifield. — G. LUCAS, architecte.

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L'ART DÉCORATIF Les constructions furent entreprises le 1er mai 1907 et, en moins de 3 ans, le beau village était sur pied. Car c'est un village; le nom de suburb: faubourg, est trompeur. Si, administrativement, il forme un faubourg de Londres, d'aspect, c'est un village. Ce qui caractérise les faubourgs londoniens: rues toutes semblables, trottoirs pavés, séparation complète de la classe ouvrière et de la classe moyenne (qui se subdivise en 3 catégories et vit à l'écart), n'existe pas ici. Comme un ancien village anglais qui constitue un paysage en s'adaptant aux vallons et aux coteaux, notre village est de même ordonné pour former un tout harmonique avec le terrain; mais ce qui, dans les vil- lages d'autrefois, s'édifiait naïvement au cours des longues années, a été, ici, créé à dessein par les architectes de valeur qui ont dressé les projets: MM. Barry Parker et Raymond Unwin. On a respecté tous les arbres et toutes les haies,les monticules et les dépressions du sol. Un vieux et gros chêne se trouve-t-il sur le tracé du chemin, nous dévions celui-ci et reculons un groupe de cottages; nous obtenons ainsi un charmant petit jardin imprévu, devant les maisons, au bord de la rue. Ou encore, un coteau s'élève-t-il peu à peu — c'eût été chose facile de le niveler. Mais aussi, cela aurait dénaturé le caractère du territoire donné; on a donc tranché la difficulté créée par la différence de niveau en faisant reposer, de chaque côté de la rue, les combles des cottages sur des murs de hauteurs différentes. Du sommet de la colline, la rue s'évase en place fermée. Ces places fermées sont très catéristiques pour Suburb. Le Hamps-

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L'ART DÉCORATIF Salle de lecture du Club. - R. UNWIN, architecte. Salle à manger de Waterloo Court. - BAILLIE SCOTT, architecte.

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L'ART DÉCORATIF tead way, par exemple, se partage deux fois : la monotonie de l’alignement est rompue par une grande cour gazonnée. Une rue se ramifie, l’une des bifurcations conduit au faite d’une petite colline, l’autre conserve le même niveau. La solution du problème est une petite place publique reliant les deux voies. Chaque rue a son caractère propre, chaque maison ou groupe de maisons son individualité; mais ici la variété est subordonnée à un principe d’unité. L’architecte du trust, chargé du contrôle, ne permet pas qu’un ouvrage, si beau soit-il, s’érite là où il pourrait rompre l’harmonie de l’ensemble. En dehors des maisons pour « une famille », il y a aussi quelques grandes maisons comprenant plusieurs appartements. Par exemple, le Waterloo Court (Baillie Scott, architecte) réservé aux dames seules, contenant 50 petits logements. Ce bâtiment entoure un grand carré par de longs couloirs voutés donnant accès au rez-de-chaussée et aux étages. Ces logements comprennent une ou deux chambres à coucher, un salon, une salle de bains, une petite cuisine avec fourneau à gaz (pas de réchaud, four, etc.), buanderie-service d’eau chaude. Dans l’édifice se trouve une grande salle à manger commune. Un autre essai, intéressant au point de vue social, est un groupe de maisons pour les personnes âgées et nécessiteuses. Cet édifice circonscrit également une grande cour Il est construit en briques faites à la main et de différentes couleurs chaudes. Les balcons sont en chêne brut, de même que les consoles. Les appartements se composent d’une cuisine, d’un salon avec alcôve. Chaque appartement comprend, en outre, une chambre à charbon et des lieux d’aisance. Le loyer hebdomadaire est très bas, aussi y a-t-il plus de demandes que de logements libres. Comme édifice public, seule la maison du club existe jusqu’ici, comprenant une salle de lecture, une salle de billard, un grand hall et des emplacements pour les sports. Au milieu du Suburb et en même temps au point le plus élevé, se trouve le Central Square; autour, on est en train d’ériger deux églises et l’« Institute », édifice public avec salles de musique et de danse, etc. Celui-ci offert par le trust à la population du Suburb. L’achèvement définitif du Central Square, qui demandera encore beaucoup de temps, constituera une intéressante et belle place principale du Suburb. Ce sera un « public space » idéal avec pelouses, bouquets d’arbres, parterres de fleurs et offrant une vue de tous côtés, sur tout le Hampstead heath, Highat Finchly et les belles collines de Harrow qui l’environnent. Dans le village même, il n’y a pas de magasins, mais un groupe de maisons qui constitue la limite nord, vers l’artère de communication, a été édifié pour contenir des magasins. Au dessus des magasins, il y a des logements, occupés en partie par les propriétaires des magasins, mais surtout par des célibataires. Comme on peut s’en rendre compte à l’examen des illustrations de l’article, la moderne « home architecture » a cherché et trouvé son inspiration dans les vieux villages anglais. On a repris la tradition où elle s’est arrêtée, pour la continuer et la développer. Tout un groupe de jeunes architectes travaille ainsi. Ils sont modernes au vrai sens du mot. Ils font un travail intéressant, original et individuel ; mais on sent qu’il y a derrière eux, la longue lignée des ancêtres.

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L'ART DÉCORATIF Maison à boutiques ; aux étages, de petits appartements. - H. PARKER et R. UNWIN, architectes. Place Asmuns. - R. UNWIN, architecte.

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L'ART DÉCORATIF Et l'intérieur des maisons? Car enfin, quelle que soit la bonne impression produite par le sympathique aspect extérieur, les maisons sont, avant tout, faites pour que l'homme les habite, y vive. Eh bien! ces maisons sont, à peu d'exceptions près, très pratiquement conçues; leur installation vise à atteindre le maximum de commodité, à économiser le travail. Partout de grands placards, des buanderies, des conduites d'eau chaude et d'eau froide en communication avec le fourneau. Partout où c'est possible, des carreaux en céramique vernissée. Pour l'éclairage, le chauffage, même pour le chauffage à la cuisine, on peut obtenir l'électricité à un prix modéré. Pour le charbon, on a réservé des chambres spéciales de façon à n'avoir plus à descendre à la cave. Au point de vue hygiénique, les installations sont irréprochables. Tout tuyau nécessaire aux diverses canalisations (W.-C., bains, lavabos, buanderies) est appliqué contre les murs extérieurs de la maison. C'est une ordonnance obligatoire pour tout Londres. En un mot, ces maisons ne sont pas seulement belles ou charmantes, offrant aux yeux un aspect harmonieux par le calme de leurs grandes lignes, mais elles sont au premier chef « habitables » et pratiques. Le Suburb se trouve à une distance de 6 milles anglais — 9 km. 500 — de la station de Charing Cross, au centre de Londres; le tramway souterrain effectue ce parcours en 20 minutes. Le matin, pour les employés, et le soir, pour le public des théâtres, il y a Salon. — E. PARKER, architecte.

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L'ART DÉCORATIF Bureau. — E. PARKER, architecte. Salle à manger. — R. UNWIN, architecte.