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L'ARCHITECTE
REVUE MENSUELLE DE L'ART ARCHITECTURAL PUBLIÉE AVEC LE CONCOURS DE LA SOCIÉTÉ DES ARCHITECTES DIPLÔMÉS PAR LE GOUVERNEMENT
COMITÉ DE DIRECTION :
- MM. A. ARFVIDSON,
- L. H. BOILEAU,
- L. BONNIER,
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- A. DEFRASSE,
- AD. DERVAUX,
- ROGER EXPERT,
- TONY GARNIER,
- J. GODEFROY,
- CH. LETROSNE,
- P. PATOUT,
- CH. PLUMET,
- H. SAUVAGE,
- L. SOREL,
- A. VENTRE
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SOMMAIRE
du numéro de "L'Architecte" de Juillet 1927
TEXTE
L'ÉVOLUTION DES CHARPENTES DU XIe AU XVIIIe SIÈCLE
(à suivre)
H. DENEUX.
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Pl. 41 et 42. — Immeuble à loyers, boulevard Pereire, à Paris. Marcel HENNEQUET.
Correspondants.— Allemagne : M. Goetz, Eppendorferstieg, 39, Hambourg.— Autriche: Dr Ermers, Schegargasse, 17, Vienne.
Tous les droits sur les articles et les reproductions sont réservés pour tous pays.
Les articles parus dans "L'Architecte" deviennent la propriété de la revue.
FRANCE . . . Le numéro 12 fes. — L'abonnement (12 numéros) . . . 120 fes
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L'ARCHITECTE
L'ÉVOLUTION DES CHARPENTES DU XIe AU XVIIIe SIÈCLE
Depuis près d'un siècle les archéologues et les architectes ont cherché, dans les profils, la sculpture ou la structure des édifices, les caractères distinctifs des différentes époques de l'Art, afin de classer les monuments et d'en déterminer, par analogie, les dates de construction.
La plupart des études faites dans ce sens se bornent, presque toujours, à la maçonnerie. La charpente est généralement peu connue et peu étudiée.
Viollet-le-Duc, dans son Dictionnaire d'Architecture, aux mots : charpente, maison, pan de bois, beffroi, flèche, etc., fait avec maîtrise la description de quelques types de charpentes, mais n'indique pas le moyen de les dater par les différents procédés de construction employés.
Plusieurs ouvrages anciens sur la charpente traitent des procédés connus de leur temps, mais sans rechercher dans les productions anciennes, les éléments capables de les distinguer entre elles(1).
Notre désir serait de combler en partie cette lacune, en montrant les différentes combinaisons adoptées dans la charpente depuis le xie siècle jusqu'au xvme, ainsi que les divers modes d'assemblages qui permettent de dater sûrement une œuvre de charpente.
Nous ne nous occuperons dans cette étude que des combles des édifices, laissant de côté les flèches, dômes, pans de bois, planchers, escaliers, etc., qui méritent, à eux seuls, une étude spéciale.
Nous devons prévenir nos lecteurs que les charpentes étudiées par nous (environ 500) sont toutes comprises au nord de la France, entre Dunkerque et la Loire.
Il est possible que, dans les charpentes du midi de la France, des influences romaines aient perpétué des dispositions que nous n'avons pas rencontrées dans le nord, mais nous ne parlerons que de charpentes que nous avons vues et relevées : le lecteur voudra bien nous excuser de limiter cette étude à la seule région explorée.
(1) Par exemple : Nouvelles inventions pour bien bastir à petits frais, par Philibert Delorme (1561); le Théâtre de l'Art du charpentier, de Mathurin Jousse (1627); La manière de bien bastir pour toutes sortes de personnes, de Le Muet (1663); L'Art du trait de charpenterie, de Nicolas Fourneau (1770-1791); le Traité de l'art du charpentier, de J.-H. Has-senfratz (1804); celui de Krafft (1805); L'Art de bâtir, de Rondelet (1802-1817); le Traité de l'art de la charpenterie, de Emy (1837-1844).
Nous devons l'avertir également que, dans nos relevés, nous n'avons pas tenu compte des pièces de consolidation rapportées après coup, au cours des siècles, et qui ont pu dénaturer plus ou moins les dispositions primitives.
*
La plus ancienne charpente de comble que nous connaissions remonte au milieu du xie siècle, et c'est, déjà, une charpente à chevrons portant fermes.
Ce système de charpente consiste, en principe, à considérer chaque chevron comme une ferme, de manière à répartir uniformément la charge de la charpente et de la couverture sur toute la longueur des murs gouttereaux, au lieu de la localiser au droit des fermes.
La dénomination adoptée de nos jours pour désigner ce système doit être interprétée dans le sens de charpente à chevrons comportant fermes. Nous nous demandons même si la dénomination primitive n'était pas : charpente à chevrons formant fermes, que nous adoptons, et qui conviendrait mieux, en tous cas; le temps aurait dénaturé le mot formant en portant.
Comment, et à quelle époque est né ce système? Nous l'ignorons. Contrairement à ce que pense Viollet-le-Duc (1) ce n'est nullement le mode de construction du Moyen âge qui a nécessité l'emploi de ce système, puisque nous le trouvons adopté, dès le xie siècle, sur des édifices non voûtés à l'origine, et par conséquent bien avant l'établissement de balustrades et de chêneaux à la base des combles. Nous pourrons le suivre pendant sept siècles, avec de nombreuses variantes, dont nous tâcherons de faire ressortir les caractères différents au cours de son évolution.
XIe siècle. — La plus ancienne charpente connue est la charpente primitive de l'église St-Germain-des-Prés, à Paris.
La charpente actuelle a été refaite en 1644 par Philippe Pelletier, maître charpentier, pour la somme de 4.333 livres. Le devis des ouvrages prévoyait le réemploi partiel des vieux bois (2) : aussi constate-t-on, aujourd'hui, que tous les entrails des fermes actuelles proviennent des entrails des chevrons formant fermes de la charpente de 1044 (date de la construction de cette église).
Grâce aux vieux bois réemployés comme entrails et chevrons, grâce à leurs entailles
(1) Dictionnaire d'Architecture. T. III, p. 9.
(2) Arch. Nat. L. 762, n° 23.
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d'assemblages, aux traces des anciens solins encore apparentes sur la face est du clocher. il nous a été possible d'en reconstituer, sans aucune hésitation, l'inclinaison des chevrons et la disposition commune à chacun d'eux (fig. 70).
FIG. 70. — L'évolution des charpentes du XIe au XVIIIe siècle. Paris, St-Germain-des-Prés. Reconstitution de la charpente de la nef.
Au xi^e siècle la nef était recouverte d'un plafond de bois formé de planches en chêne de 0m42 de largeur et dont quelques-unes furent utilisées comme pannes dans la charpente du xviiie siècle. Les traces de peintures sur ces pannes, qui alternent avec le bois nu, correspondant aux entrails, permettent d'évaluer leur espacement d'axe en axe à 0m87.
Nous savons, en effet, qu'avant 1644 la nef de cette église « n'estoit point voustée, ainsi lambrissee d'un meschant platfond » (1).
La charpente actuelle de la nef de l'église de Saint-Maur-des-Fossés (Seine), refaite au début du xmi^e siècle, possède des entrails provenant de sa charpente primitive (xi^e siècle). Ces entrails, comme ceux de l'église Saint-Germain-des-Prés, sont entaillés sur l'une des faces, en six endroits différents. Certains de ces entrails ont été posés sens dessus dessous dans leur dernière utilisation.
On peut également citer la charpente du choeur de l'église Saint-Pierre, à Chartres, refaite au xvi^e siècle, et dont les entrails, provenant d'une charpente du xue siècle, sont munis d'entailles à mi-bois et à queue d'aronde, dont certains ont été utilisés avec la disposition du xvie siècle, notamment, pour assembler les poinçons.
XIIe siècle. — L'exemple suivant, encore en place, confirme en tous points, par sa grande analogie, notre restitution de la charpente de SaintGermain-des-Prés. Nous voulons parler de la charpente de l'église Saint-Pierre-de-Montmartre, à Paris, laquelle fut exécutée vers 1147.
(1) Bibl. Nat., Ms. Fr. 18818, p. 126.
A chaque chevron on a constitué un pan de bois composé d'un entrail inférieur, d'une traverse à mi-hauteur, formant second entrail, et de cinq poteaux verticaux, ayant pour but, avec la traverse à mi-hauteur, de raidir les chevrons en plusieurs points espacés à des distances sensiblement égales (fig. 71).
Les entrails inférieurs reposent sur les murs par l'intermédiaire d'une seule sablière sur chaque mur.
Les chevrons étaient espacés, à l'origine, de 0m87 d'axe en axe, mais, lors d'une réparation exécutée en 1463, une partie du comble fut déposée, et les chevrons furent rapprochés à 0m66 d'écartement. Les sablières, qui ont conservé les anciennes entailles des entrails, prouvent ce remaniement.
Nous constatons, dès ces deux premières charpentes, l'emploi simultané de l'assemblage à mi-bois en forme de queue d'aronde, et de celui à tenon et mortaise.
Nous remarquons également que chaque chevron est complètement indépendant de son voisin, le lattis seul les reliant entre eux.
Les bois employés sont de faible section (0m12×0m12), sauf les entrails qui ont 0m225×0m21. Cette disposition de pans de bois semblables, nécessitant à chaque chevron un entrail inférieur de grande dimension et d'assez forte section, paraît avoir été rapidement abandonnée pour raison d'économie.
En effet, dans le cours du xue siècle, à la charpente de l'église d'Hermonville (Marne), nous voyons apparaître le doublement des sablières pour recevoir les chevrons formant fermes, mais
FIG. 71.
L'évolution des charpentes du XIe au XVIIIe siècle. Paris, St-Pierre-de-Montmartre. Charpente de la nef.
ceux-ci ne possèdent un entrail inférieur que de deux en deux. Le chevron intercalé repose seulement sur des blocets assemblés dans des entretoises, bien entendu de sections plus faibles que les entrails principaux (fig. 72).
Là encore, cette charpente a reçu, à l'origine, un plafond, et la disposition des entrails, blocets
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L'ARCHITECTE
et entretoises formait des compartiments destinés à être apparents à la sous-face.
L'écartement des chevrons est de 0 m. 75 d'axe en axe, sans aucun étrésillonnement dans le sens longitudinal, et, si nous ne trouvons pas de poinçons dans ces fermes, par contre des sous-chevrons en renforcent la partie inférieure.
Nous y retrouvons les assemblages précédents, à mi-bois et à queue d'aronde, et ceux à tenons et mortaises.
Tous les bois sont de faible équarrissage, $(0^{m}105 \times 0^{m}105)$ sauf les entrails principaux, qui ont $0^{m}25 \times 0^{m}25$ , et les entrails retroussés, $0^{m}175 \times 0^{m}105$ .
Les charpentes précédentes recouvrent des édifices religieux, mais nous avons rencontré à Dijon, au-dessus du bâtiment adossé à l'ancien cellier de Clairvaux, une charpente du xii^e siècle, au-dessus d'une construction civile ayant les apparences du xv^e siècle. Cette charpente est composée d'une série de chevrons formant fermes, complètement indépendants les uns des autres et espacés de $0^{m}75$ d'axe en axe. (fig. 73).
Fig. 72. — L'évolution des charpentes du XI^e au XVIII^e siècle. — Hermonville (Marne).
Charpente de la nef de l'église.
Presque tous les assemblages sont à mi-bois et à queue d'aronde, avec deux chevilles par assemblage.
La stabilité des chevrons est assurée par l'en-castrement, dans les murs, de jambettes placées à leur base. Une seule et forte sablière, sur chaque mur, reçoit ces chevrons.
Cette charpente a malheureusement été mutilée; presque toutes les jambettes inférieures ont été sciées, au xv^e siècle, pour permettre l'établissement d'un plancher à ce niveau.
L'inclinaison des chevrons est à $45^\circ$ .
A la fin du xi^e siècle, avec les combles placés au-dessus des monuments voûtés, nous trouvons, comme à l'église de Puiseaux (Loiret), des chevrons formant fermes espacés de $0^{m}65$ d'axe en axe (2 pieds), toujours indépendants les uns des autres dans le sens longitudinal, et reposant sur des blocquets entaillés dans les doubles sablières.
Fig. 73. — L'évolution des charpentes du XI^e au XVIII^e siècle. — Dijon (Côte-d'Or).
Charpente de la construction adossée au cellier de Clairvaux
Tous les cinq chevrons, c'est-à-dire tous les $3^{m}25$ environ, un entrail inférieur étrésillonne les sablières entre elles et annule la poussée de la charpente sur les murs. Jambettes et entrails retroussés sont disposés pour raidir les chevrons en trois points à peu près également espacés. (fig. 74 et 75).
Fig. 74. — L'évolution des charpentes du XI^e au XVIII^e siècle. — Puiseaux (Loiret).
Charpente du chœur de l'église.
La charpente qui recouvre la nef de l'église de La Madeleine, à Troyes, de la fin du xi^e siècle, est composée d'une série de chevrons formant fermes complètement indépendants les uns des autres. Un entrail inférieur, tous les six chevrons, maintient l'écartement des sablières sur les murs.
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Deux entraits retroussés, deux jambettes, deux aisseliers et deux liens raidissent les chevrons en cinq points à peu près équidistants. La photographie de cette charpente montre que les bois n'étaient pas dressés mais employés le plus possible suivant la forme donnée par la nature (fig. 76).
Nous retrouvons dans cette charpente non seulement les assemblages à mi-bois et à queue d'aronde des charpentes précédentes, mais aussi des assemblages à simple embrèvement, sans tenon ni mortaise, simplement chevillé, assemblage nouveau que nous trouverons employé jusqu'en 1260 env.
Dans cette charpente, les chevrons sont espacés de $0^{m}60$ d'axe en axe.
De la fin du xii $^{\text{e}}$ siècle, nous possédons encore une fort belle charpente sur la chapelle du Musée Saint-Jean à Angers. (fig. 77).
D'une portée hors œuvre de $18^{\text{m}}$ , les entraits ont été exécutés en deux parties avec une jonction chevillée. Chaque entrail est soulagé, au tiers de sa portée, par deux clés pendantes chanfreinées de $0^{m}10 \times 0^{m}10$ de section.
Les clés sont entaillées sur une face pour suspendre l'entrail et, de plus, chevillées avec celui-ci.
Les chevrons, espacés de $0^{m}875$ d'axe en axe, sont renforcés, par le bas, par un sous-chevron assemblé à mi-bois avec les jambettes et les grandes croix de St-André.
Quelques assemblages sont à mi-bois et à queue d'aronde, les autres sont à tenons et mortaises, et la section courante des bois est d'un demi-pied, au carré ( $0^{m}16 \times 0^{m}16$ ).
Les entraits inférieurs, avec leurs clés pendantes, n'existent que tous les cinq chevrons, soit tous les $4^{m}37$ . On remarquera la disposition simple et légère de cette charpente; là encore, aucun mode d'étrésillonnement dans le sens longitudinal pour relier les chevrons, dont l'écartement n'était maintenu que par le voligeage.
La plus importante charpente de la fin du xi $^{\text{e}}$ siècle que nous connaissions est celle de la nef et du chœur de la cathédrale de Sens, qui remonte à 1170 environ. (fig. 78).
Malgré les grandes dimensions de cette charpente, les échantillons de bois employés restent faibles, et ne dépassent pas $0^{m}15 \times 0^{m}15$ en moyenne.
Toute la rigidité est obtenue par les entraits retroussés, les liens et les grandes croix de St-André qui renforcent les chevrons à des distances variant de $2^{\text{m}}$ à $2^{m}50$ .
A l'origine tous les chevrons étaient indépendants les uns des autres, comme dans les charpentes précédentes, mais, vers le xvi $^{\text{e}}$ siècle, probablement au moment de la construction des bras de transept, ces chevrons furent rendus solidaires à l'aide de trois moisages, qui rappellent les procédés employés par Philibert Delorme pour étrésillonner ses charpentes. Nous verrons, lorsque
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L'ARCHITECTE
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nous étudierons les charpentes du xvie siècle, en quoi consistait ce procédé.
Nous remarquons dans cette charpente que presque tous les assemblages sont à mi-bois et à queue d’aronde. Les chevrons sont espacés de 0m724 d’axe en axe.
Avec ces quelques exemples de charpentes du xne siècle nous pouvons déjà faire plusieurs remarques intéressantes.
1° Les chevrons sont toujours indépendants les uns des autres, sans aucun étrésillonnement longitudinal, aucun faitage, ni sous-faïtage.
2° Les assemblages sont généralement à mi-bois et en forme de queue d’aronde, et quelquefois par simple embrèvement.
3° Faible inclinaison des chevrons dépassant rarement la pente de 45°.
4° Les chevrons sont fortement espacés, de 0m75 à 0m874.
5° Les bois sont de faible équarrissage, ne dépassant guère 0m16×0m16 quelle que soit l’importance de la charpente, et ne sont jamais bien équarris. Ils sont rarement dressés, mais plutôt employés suivant la forme que la nature leur a donnée, mais toujours purgés d’aubier; aussi, en général, ces charpentes sont en excellent état de conservation. Tous ces bois sont de « brin », c’est-à-dire que le cœur est au centre de chaque morceau.
6° En général, ces charpentes, faute d’étrésillonnement se sont déversées et couchées vers les pignons, ou bien elles ont été consolidées à des époques postérieures. (1)
Chapelle du musée St-Jean, Angers.
XIIIe siècle. — Avec les premières années du xme siècle apparaît l’étrésillonnement longitudinal des chevrons formant fermes. La charpente du réfectoire de l’ancienne abbaye de Saint-Martin-des-Champs, à Paris (aujourd’hui bibliothèque du Conservatoire des Arts et Métiers marque une première étape vers le perfectionnement du système employé précédemment.
Nous trouvons pour la première fois, dans cette charpente, une pièce de sous-faïtage placée sous les premiers entrails retroussés qui, avec les poinçons et les liens situés dans le plan longitudinal de la charpente, constituent tout un système nouveau destiné, d’une part à soulager les entrails retroussés dans le milieu de leur portée, et d’autre part à étrésillonner tous les entrails retroussés de chevrons, à l’aide de fortes chevilles qui traversent les deux pièces de part en part.
Dans le plan des fermes les poinçons sont suspendus, en tête, par deux faux arbalétriers. Les grands entrails inférieurs sont, de ce fait, également soulagés par leur milieu.
H. DENEUX,
(A suivre.)
Architecte du Gouvernement.
(1) Nous donnons à la fin de ce travail une liste de charpentes encore en place du xie siècle et des époques postérieures.
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Fig. 78. — L'évolution des charpentes du XIe au XVIIIe siècle. — Cathédrale de Sens (Yonne). Charpente de la nef et du chœur.
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