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L'ARCHITECTE
REVUE MENSUELLE DE L'ART ARCHITECTURAL PUBLIÉE AVEC LE CONCOURS DE LA SOCIÉTÉ DES ARCHITECTES DIPLÔMÉS PAR LE GOUVERNEMENT
COMITÉ DE DIRECTION
- MM. ARFVIDSON
- J. AUBURTIN
- LOUIS-H. BOILEAU
- LOUIS BONNIER
- BOUWENS DE BOIJEN
- A. DEFRASSÉ
- AD. DERVAUX
- TONY GARNIER
- L. GODEFROY
- CH. LETROSNE
- PIERRE PATOUT
- CH. PLUMET
- H. SAUVAGE
- LOUIS SOREL
- ANDRÉ VENTRE
Rédacteur en chef : Michel ROUX-SPITZ
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NOUVELLE SÉRIE
2e ANNÉE N° 12
DÉCEMBRE 1925
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SOMMAIRE
TEXTE
LA MÉTROPHOTOGRAPHIE APPLIQUÉE À L'ARCHITECTURE (suite) . . . . . . H. DENEUX
PLANCHES
Pl. LXXVI à LXXIX. — Usine de construction d'automobiles à Turin (Italie). . . . . . Matte-Trucco
Pl. LXXX à LXXXII. — Immeubles à locaux commerciaux à Hambourg: « Ballinhaus ». H. et O. GERSON
Pl. LXXXIII. — Immeubles à locaux commerciaux à Hambourg: « Thaliahëf » . . . . . . H. et O. GERSON
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L'abt annuel (12 n°): France, 120 fr.; Étranger, 140 fr. et 150 fr.
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L'ARCHITECTE
LA MÉTROPHOTOGRAPHIE APPLIQUÉE À L'ARCHITECTURE (Suite.)
RESTITUTION DU GÉOMÉTRAL
Le tableau est vertical
Nous abordons maintenant les différents problèmes de restitution, et nous supposons que les données essentielles (ligne d'horizon, point principal et distance focale) sont connues, ou qu'elles ont été déterminées par les procédés indiqués précédemment.
1° Les objets sont situés dans des plans de front. Dans ce cas les lignes de l'espace se projettent sur le tableau semblables et parallèles à elles-mêmes. La perspective donne, en conséquence, une figure réduite proportionnellement à l'objet. Il suffit de connaître l'échelle de réduction de la photographie pour déterminer les mesures exactes de l'objet situé sur le plan de front. Cette échelle est obtenue par le rapport $\frac{d}{D}$ (fig. 140), $d$ représente la distance focale, ou distance de l'œil au tableau, $D$ , la distance du plan de front à l'œil, ou distance de l'objet à l'objectif. La longueur AB, par exemple, s'obtiendra par la formule suivante : $AB = a b \times \frac{D}{d}$ . Autrement dit, l'image est à la vraie grandeur comme la distance focale est à la distance qui sépare l'objet de l'objectif.
Si l'on a eu soin de placer sur le plan de front un mètre EF, et qu'il soit reproduit sur la photographie, cette échelle sera enregistrée et il ne sera plus nécessaire de connaître l'éloignement du plan de front; on aura en effet : $D = \frac{d \times E F}{e f}$ .
Les photographies du commerce sont rarement prises de front, mais plus souvent dans des positions quelconques par rapport aux objets. Cependant on peut trouver des applications de ces cas lorsque les photographies sont prises le tableau étant horizontal (photographie d'un plafond, d'une voûte ou d'un carrelage).
2° Les objets sont dans une position quelconque par rapport au tableau.
Méthode des points de fuite
Pour bien saisir la méthode de restitution adoptée il faut avoir bien compris ce qui suit:
La perspective d'un point de l'espace étant obtenue par l'intersection, avec le tableau, d'un rayon visuel réunissant ce point à l'œil du spectateur, il suffit de déterminer en projection horizontale, et en plan de profil, les projections de ce rayon visuel pour que son intersection avec le tableau, dans ces deux projections, détermine la position exacte de sa perspective sur le tableau.
Supposons (fig. 141) la pyramide $a b c d$ représentée en projection horizontale, la trace du tableau en FF', et l'œil du spectateur en O. La perspective du point $b$ , par exemple, sera déterminée dans cette projection par le rayon visuel $bO$ , à sa rencontre en $b_1$ avec le tableau. Dans le plan de profil, ce même rayon visuel $b'O_2$ rencontre le tableau en $b_2$ . La perspective du point $b$ est donc complètement déterminée, il suffit d'élever une verticale de la projection horizontale, et de mener une horizontale du point $b_2$ , en plan de profil pour que l'intersection de ces deux lignes donne la position de ce point dans la perspective en $b'$ .
DÉCEMBRE 1925.
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Restitution d'une surface horizontale polygonale.
Soit (fig. 143) le polygone irrégulier $a b c d$ en perspective. Nous cherchons sur la ligne d'horizon les points de fuite F, F₁, F₂, F₃ des différents côtés. Nous opérons comme pour l'épure précédente en menant des points $a b c d$ des perpendiculaires sur H H'. Du point O, nous menons les rayons visuels $vO$ , $rO$ , $tO$ , $sO$ , passant par $a'$ , $d'$ , $b'$ , $c'$ . Nous savons que les angles de ce polygone doivent se trouver sur les rayons visuels issus du point O, et à l'aide des points de fuite des côtés nous connaissons leur direction par rapport au tableau. Si nous connaissons la dimension d'un côté du polygone par exemple : $ab = 0^{m}80$ , nous opérons comme précédemment, après avoir mené les lignes FO, F₁O, F₂O et F₃O, nous traçons, entre $vO$ et $tO$ une parallèle à $oF_{1} = 0^{m}016$ , si nous avons adopté l'échelle de $0^{m}02$ par mètre. Du point B nous menons une parallèle à $oF_{3}$ jusqu'à la rencontre avec Os, en C, et ainsi de suite. Les quatre côtés du polygone seront ainsi parallèles aux quatre rayons de fuite issus de O.
(A suivre.)
H. DENEUX.
Architecte du Gouvernement
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Fig. 142. — La Métrophotographie appliquée à l'Architecture
Il en sera de même pour tous les autres points. En réunissant ces points on obtient l'image perspective de la pyramide et inversement.
Restitution d'une surface carrée horizontale
Soit le carré en perspective $a b c d$ (fig. 142), oP la distance focale, et P le point principal. De chacun des angles $a b c d$ nous menons des perpendiculaires à la ligne d'horizon HH', en $d'c'a'b'$ . La ligne d'horizon, dans l'épure de restitution représente la projection horizontale du tableau, et le point o la position de l'œil du spectateur.
Par les points $d'c'a'b'$ nous menons autant de rayons visuels passant par O. Supposons que nous connaissions la longueur du côté AB = 1 $^{m}00$ et que nous voulions établir la projection horizontale à l'échelle de $0^{m}02$ par mètre, ou 1/50; nous commençons par mener les deux lignes OF et OF', qui sont les rayons de fuite, parallèles aux côtés du carré, par définition. A l'endroit où, entre les lignes $vO$ et $rO$ , nous pouvons mener une ligne de $0^{m}02$ de longueur parallèle à OF', nous traçons la ligne AB.
Du point A nous menons une parallèle à OF. A la rencontre de cette parallèle avec Om, nous obtenons le sommet de l'angle D. De D nous menons une autre parallèle à OF' et AB, nous avons ainsi le quatrième angle C. CB est également parallèle à AD et à OF.
Si maintenant nous prenons à l'échelle de $0^{m}02$ pour mètre la distance du point O à l'un des angles du carré, A par exemple, nous trouvons que cette distance est de $2^{m}20$ . Dans la pratique on évite de tracer les lignes de construction sur la photographie, on reporte les points sur l'épure de restitution au compas ou avec une bande de papier.
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Fig. 143. — La Métrophotographie appliquée à l'Architecture
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EXPLICATION DES PLANCHES
PLANCHES LXXVI à LXXIX. — Usine de construction d'automobiles à Turin. — G. Matté-Trucco, ingénieur.
Quand l'industrie automobile naquit, la nécessité de soumettre les voitures à des épreuves spéciales pour en régler les différentes parties, se posa aussitôt.
La Fiat a éliminé toute difficulté par une création qui, croyons-nous, n'existe nulle part ailleurs. En effet, les châssis Fiat en sortant des usines, sont transportés par un monte-charge au sommet du grand établissement où, à 30 mètres de hauteur environ, une magnifique piste de la largeur de 24 mètres et de plus d'un kilomètre d'étendue leur permet de courir sous le contrôle immédiat et continu du personnel technique dirigeant. Comme les virages sont relevés sur une hauteur de 6 mètres, les voitures peuvent atteindre les vitesses les plus élevées.
Fig. 144. — Usine de construction d'automobiles à Turin. — Plan de l'extrémité nord de l'autodrome formant toiture.
Fig. 145. — Usine de construction d'automobiles à Turin. — Coupe longitudinale sur l'extrémité nord et sur un des bâtiments transversaux.
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Fig. 146. — Usine de construction d'automobiles à Turin. — Vue d'ensemble.
Fig. 147. — Usine de construction d'automobiles à Turin. — Coupe transversale.
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Cette piste constitue la toiture d'un grand édifice rectangulaire qui contient les nouvelles usines du Lingotto, à Turin, destinées à la construction de l'automobile. L'édifice est composé de deux corps principaux de bâtiment, et de deux côtés plus petits qui composent un périmètre de 1.460 mètres. L'espace intérieur est subdivisé en quatre amples cours par trois corps transversaux établissant les communications entre les cinq étages des deux corps principaux et dans chacun desquels fonctionnent quatre monte-charges de la portée de huit tonnes qui, avec ceux qui existent dans les parties plus petites du bâtiment constituent un ensemble de 17 ascenseurs électriques.
Entièrement construite en béton armé et recouverte d'asphalte, la piste est protégée par un mur épais et sûr, de 1m. 50 de haut sur chacun des côtés des lignes droites et sur le rayon intérieur des courbes, et de 3 mètres à leur rayon extérieur. Les courbes sont surélévées de façon à permettre l'installation, au-dessous d'elles, d'usines de réglage dans lesquelles on pénètre par un passage qui se trouve à l'extrémité des parties rectilignes.
Une légère convexité du sol oblige l'eau à couler dans les gouttières pendant que des
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tuyaux à vapeur à haute pression, placés sous la piste, donnent une chaleur suffisante pour liquéfier la neige éventuellement tombée : les essais peuvent ainsi se faire en toutes saisons et par tous les temps.
Les trois corps de bâtiments transversaux contiennent des ateliers de révision en correspondance avec la piste et dans lesquels les châssis sont contrôlés à la sortie des monte-charges, avant d'être mis à l'essai.
L'essence, au contraire, est poussée par un système de pompes à pression, de la centrale de distribution extérieure au bâtiment jusqu'à la piste, d'où elle est répartie en quantité strictement nécessaire. Le travail terminé, le même système de pompes rappelle toute l'essence à la centrale extérieure de façon qu'il ne reste la moindre quantité de ce produit dangereux dans l'édifice.
Il en est de même pour les huiles qui, d'ailleurs, dans la saison froide, sont maintenues dans leurs réservoirs souterrains à la température nécessaire par des tuyaux chauffés à vapeur. L'eau des radiateurs est chauffée par des installations électriques ; enfin pour hâter tout travail on se sert de pompes à air comprimé
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quelque défaut. Au cas contraire, après avoir constaté qu'aucun accessoire ne manque, que les filtres ont été lavés avec soin et que l'eau et l'essence ont été enlevées, il le remettra muni d'un certificat spécial de vérification à la section de carrosserie ou aux services d'expédition.
Les châssis remis à la carrosserie subissent une nouvelle épreuve quand ils sont finis. On fait courir longuement chaque voiture sur la piste pour s'assurer que les parties mécaniques n'ont pas été abîmées; les installations électriques sont examinées, les manomètres vérifiés et enfin, après un dernier contrôle à la carrosserie et à l'équipement dans tous leurs détails, la voiture est remise aux services d'expédition.
Il y a toujours sur la piste une activité fébrile mais parfaitement ordonnée. Les portes des monte-charges se soulèvent à intervalles réguliers pour laisser passer les châssis et les voitures qui commencent les épreuves. Alors des véhicules automobiles de tous les genres, du camion au coupé élégant, s'élancent à toute vitesse, mais avec la plus grande discipline, sur cet autodrome surélévé, en offrant un spectacle impressionnant d'activité et de force superbement couronné par un merveilleux panorama.
Fig. 152. — Immeubles à locaux commerciaux à Hambourg Coupe transversale du « Thaliahof ».
pour les pneus et on met en marche les moteurs au moyen d'un réseau de distribution de courant à 12 volts. La longueur des tuyaux étant de quelques centaines de kilomètres, pour assurer leur identification on les a différemment colorés: ainsi les tuyaux du gaz sont jaunes, ceux de l'essence verts, ceux de l'air comprimé bleu, ceux de l'eau rouges ou bleus et ainsi de suite.
Le châssis, après avoir été ravitaillé, est mis en marche électriquement avec une carrosserie spéciale et provisoire et accomplit comme premier essai une dizaine de tours sur la piste; il est ensuite soumis à un deuxième essai par un autre vérificateur. Le résultat de chaque essai doit être indiqué par écrit au chef de vérification qui renverra immédiatement le châssis à l'usine si on a trouvé
Fig. 153.
Immeubles à locaux commerciaux à Hambourg. Plan du rez-de-chaussée du « Ballinhaus ».