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L'ARCHITECTE REVUE MENSUELLE DE L'ART ARCHITECTURAL PUBLIÉE AVEC LE CONCOURS DE LA SOCIÉTÉ DES ARCHITECTES DIPLÔMÉS PAR LE GOUVERNEMENT COMITÉ DE DIRECTION - MM. ARFVIDSON - J. AUBURTIN - LOUIS-H. BOILEAU - LOUIS BONNIER - BOUWENS DE BOIJEN - A. DEFRASSE - AD. DERVAUX - TONY GARNIER - L. GODEFROY - CH. LETROSNE - PIERRE PATOUT - CH. PLUMET - H. SAUVAGE - LOUIS SOREL - ANDRÉ VENTRE --- NOUVELLE SÉRIE 1re ANNÉE N° 4 AVRIL 1924 --- SOMMAIRE TEXTE LES BOIS DE CONSTRUCTION DES ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE...

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L'ARCHITECTE LES BOIS DE CONSTRUCTION DES ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE Avant la guerre de 1914, la France importait par an trois millions de stères de bois d'œuvre de toutes provenances, dont près de la moitié de Russie et de Finlande, et un dixième à peine des Etats-Unis. En raison du chaos où est plongée la Russie, il est douteux que la France puisse en tirer, d'ici quelques années, des approvisionnements égaux à ceux d'autrefois, et cela alors qu'elle en a plus besoin que jamais. D'autre part, pendant les hostilités il fut abattu près d'une cinquantaine de millions de stères dans les forêts françaises, ce qui diminuera leur production annuelle d'un million de stères. On a évalué à cinq millions de mètres cubes la quantité de bois qu'il sera nécessaire d'importer par an pendant plusieurs années encore. Or les Etats-Unis offrent des ressources considérables. Leurs forêts couvrent une surface que l'on peut évaluer approximativement à vingt-cinq millions d'hectares et renferment une cinquantaine d'essences utilisables pour l'industrie. Leur production actuelle en bois de sciage dépasse quatre-vingt-onze millions de stères, chiffre supérieur à celui du reste du monde entier. Les principaux bois durs américains, chêne, cyprès, érable, noyer satiné et hêtre sont bien connus sur le marché français, car l'Amérique est le principal lieu d'origine de ces essences. Nous nous bornerons à parler ici des deux principaux bois tendres américains, le pin jaune du Sud (southern yellow pine) ou pitchpin, et le sapin de Douglas, qui entrent à eux seuls pour plus de moitié dans la production des bois de sciage des Etats-Unis. PIN JAUNE DU SUD OU PITCHPIN La forêt de pitchpin s'étend de la côte atlantique de la Virginie jusqu'à la Floride dans un sens et, de l'autre, de la côte de la Floride sur le golfe du Mexique jusqu'au Texas. D'une production annuelle en bois de sciage de 35.500.000 stères environ, elle offre trois sous-espèces comprises sous la dénomination générale de southern yellow pine : celle à feuilles longues, connue en France sous le nom de pitchpin, celle à feuilles courtes ou Shortleaf pine, et celle à feuilles moyennes ou loblolly, ou encore North Carolina pine. Les principales caractéristiques du pitchpin sont la lenteur relative de sa croissance et, par tant, la compacité de son grain, cause d'une grande résistance, sa structure, faite en majeure partie de bois de cœur et de peu d'aubier, et sa grande résistance contre l'humidité, résultat de sa forte teneur en poix et en térèbenthine. Le loblolly, au contraire, croît rapidement; son grain est lâche et sa structure est presque complètement celle d'un bois d'aubier. Moins résistant et moins durable que le véritable pitchpin, il se laisse plus facilement travailler, et sa teneur plus faible en résine lui laisse prendre plus facilement la peinture à l'huile. Le shortleaf pine participe, par ses qualités, de l'un et de l'autre. Le pin jaune du Sud est le bois le plus employé en Amérique pour la construction en général. Pour la menuiserie et la charpenterie du bâtiment, on emploie indifféremment les trois sous-espèces dont il vient d'être parlé; mais on recherche pour leur dureté les bois à grain compact, ou bois d'été, et pour leur durabilité les bois de cœur, c'est-à-dire sans aubier. SAPIN DE DOUGLAS Prolongeant la forêt de pin jaune du Sud, la forêt du Nord de la côte du Pacifique est la plus vaste des Etats-Unis. Sa production principale, celle du sapin de Douglas ou pin d'Oregon, atteint annuellement douze millions de stères. Le sapin de Douglas, comportant peu d'aubier, est durable, mais moins, cependant que le meilleur pitchpin ; sa résistance est également un peu moindre. MÉTHODE D'ABATTAGE Dans le Sud et l'Ouest des Etats-Unis les procédés d'abattage sont presque les mêmes qu'en France : il s'exécute à toute période de l'année, contrairement à ce qui se fait en Russie, en Finlande, en Scandinavie et en Canada, pays où l'abattage n'a lieu qu'en hiver. Aussi le débitage des bois, n'est-il pas limité par l'approvisionnement des bois en grume au commencement de l'année, mais, au contraire, dans certaines limites, il peut être accéléré pour faire face à des demandes pressantes. Le sapin de Douglas étant presque dépourvu d'aubier, il n'y a pas lieu de craindre de l'abattre en été sous peine de voir se produire des taches --- AVRIL 1924. --- (1) D'après une conférence faite en 1919 par M. John-R. Walket, représentant commercial du gouvernement des Etats-Unis.

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L'ARCHITECTE d'aubier. Dans les forêts méridionales, la tendance de l'aubier à se tacher dans les mêmes conditions est combattue par l'immersion des grumes, aussitôt après leur abattage, dans des étangs où elles séjournent jusqu'à leur débitage. La pratique est générale dans les industries du bois du Sud et de l'Ouest, de dessécher par des procédés artificiels, immédiatement après le sciage, les frises, planches, mandrins et autres pièces de faible épaisseur. IMPORTATION EN FRANCE Il a été importé en France, en 1913, 2.034.000 stères de bois commun, dont 165.000, soit moins de 9 %, provenant des Etats-Unis. Si l'on considère que la production dans ce pays s'est élevée, cette même année, à 90.000.000 de stères, on reconnaîtra que le commerce des bois entre les deux nations était bien mal proportionné aux ressources du pays producteur. Ce fait s'explique par cette raison que le prix des bois tendres livrés par les Etats-Unis à la France ne peut concurrencer celui des bois de la Baltique, employés généralement dans la construction. Il est bien entendu que le fret est deux ou trois fois plus coûteux pour les premiers que pour les seconds, mais cette considération n'explique qu'imparfaitement la médiocrité des débouchés des bois des Etats-Unis en France. Dans les Etats-Unis les bois sont débités à meilleur compte que dans tout autre pays du monde, et cela en raison de l'immensité même de la production et des méthodes modernes employées. Les prix des sciages de qualité moyenne atteint à peine, en effet, 75 francs par stère (1). Mais, jusqu'à présent de tels sciages n'ont point pu être livrés en France parce que leurs dimensions n'y (1) Au cours des changes de 1919. FIG. 30. — CENTRE D’HYGIÈNE INFANTILE A NEUILLY. — Façade sur le quai de la Seine. F. Le Cœur, architecte.

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L'ARCHITECTE 27 EXPLICATION DES PLANCHES PLANCHES XXII à XXIV. — Un Centre d’Hygiène Infantile à Neuilly-sur-Seine. — FRANÇOIS LE CŒUR, architecte. Ce centre d’Hygiène Infantile (fondation Paul Parquet) est un établissement de régime et de convalescence pour les enfants du premier âge sortant des services hospitaliers, ou suivis régulièrement aux consultations de nourrissons des hôpitaux de l’Assistance Publique ; il est exclusivement réservé aux bébés des familles nécessiteuses. Y sont admis les enfants de 20 jours à 3 ans qui, après un séjour à l’hôpital ont besoin pendant un temps limité, fixé à 2 mois en principe, de régimes spéciaux et de soins particuliers nécessaires à leur complet rétablissement, et qu’ils ne peuvent trouver ni dans le milieu familial, ni dans les établissements réservés exclusivement aux enfants bien portants. Ne sont pas reçus les enfants atteints d’une maladie aiguë ou contagieuse, ou d’une affection chronique incurable. Le centre comprend 125 lits, dont 23 de lazaret. --- H. PRUDENT. (à suivre). --- sont point en usage. En général, l’emploi des bois américains y est limité aux grandes pièces de charpente que l’on ne peut se procurer dans d’autres pays, ainsi qu’aux madriers, planches et frises débités spécialement et conformément aux usages français. La pratique générale, dans les scieries travaillant pour l’exportation, est de manufacturer uniquement sur commande : aussi le bois exporté est-il embarqué le plus souvent à l’état vert, tandis que celui destiné à l’intérieur est expédié généralement à l’état sec. Il en résulte que le marché français exige du bois dépourvu d’aubier parce que le bois d’aubier, expédié vert, pourrait se tacher pendant le voyage. Par contre, dans le commerce intérieur américain, les sciages sont desséchés avant expédition, ce qui permet d’employer le bois d’aubier dans tous les cas où il ne sera pas directement exposé aux agents atmosphériques. (à suivre).

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L'ARCHITECTE 12 d'isolement-infirmierie, et 8 pour nourrices et enfants. Le Centre d'Hygiène Infantile comprend en outre : Des consultations prénatales. Des consultations de nourrissons, avec goutte de lait pour aliments de régime. Un bain-douche pour femmes et enfants. Et un ensemble de services d'Assistance sociale et d'Hygiène Infantile. Foyers pour jeunes filles et jeunes mères. Service social. Conférences de puériculture. Les légendes inscrites sur les plans font suffisamment comprendre les dispositions très simples adoptées pour répondre aux besoins de ces différents services. Les bâtiments sont disposés en U avec une cage d'escalier à chaque angle rentrant. Ces cages d'escalier octogonales sont une des particularités les plus heureuses de cet ensemble (planche XXIV). Arrangées sans aucun souci de « point de poché » elles motivent une foule de dispositions aussi simples que pratiques et agréables. Ce caractère de soumission aux besoins par les voies les plus simples sans préjugés scolaires est caractéristique de l'architecture de M. Le Cœur. Parmi les particularités à signaler, il faut noter : les terrasses extérieures bordées par des balustrades en bois d'une grande simplicité et d'un effet très gai. Ce caractère de gaité se retrouve dans tous les intérieurs dont toutes les cloisons sont vitrées. La lumière abondante répandue partout éclaire les décorations de Rudnicki composées de fleurs et de petits motifs très bien adaptés à cette maison pour enfants. A noter aussi les terrasses ouvertes ou fermées du premier étage. Elles permettent d'exposer les enfants à Fig. 32 et 33. — CENTRE D'HYGIÈNE INFANTILE À NEUILLY. Plans du rez-de-chaussée et du premier étage.

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L'ARCHITECTE la lumière et à l'air dans les conditions requises par les températures et les saisons. Les façades extérieures sont en briques apparentes avec linteaux et meneaux en béton armé enduits au mortier de ciment non lissé. Le soubassement est enduit au ciment, les jets de mortier faits à la truelle dessinant une sorte de quadrillage rustique enlevant toute monotonie à l'enduit au ciment (Pl. XXII et XXIII). L'exécution de ces travaux fait le plus grand honneur à MM. Degaine et Auberty entrepreneurs de ciment armé et maçonnerie. L'architecture est de la plus heureuse franchise. M. Le Cœur paraît avoir été moins à l'aise dans les combles qui, bien que traités avec adresse font cependant deviner que l'architecte du Central Téléphonique du Faubourg Poissonnière préfère les terrasses. SOCIETE DE CONSTRUCTION D'APPAREILS DE PRECISION RUE DU SURMELIN . PARIS PLAN GENERAL A REZ-DE-CHAUSSEE Échelle 0.005 p.m DRESSE aux J.M. AUBURTIN ARCHIT. DU COUNT PARIS mars 1946 La visite de cet édifice qui abrite pourtant de petits malades, est une joie pour les yeux. Rarement, architecte et décorateur, sont parvenus, par une plus intelligente collaboration, à créer un ensemble à la fois plus souple et moins monotone. PLANCHE XXV. — Ateliers de Construction d'Appareils de Précision, rue du Surmelin, Paris. — J. Marcel Auburtin, architecte. La Société de Construction des Appareils de Précision possédait à Paris un terrain rue du Surmelin et rue Ernest Lefèvre, en partie occupé par de vieilles constructions à usage d'ateliers plusieurs fois remaniés et agrandis. Mais l'extension de cette industrie et la multiplicité des fabrications amenèrent cette société à envisager des agrandissements considérables de ces ateliers, suivant une organisation nouvelle. Elle créa à Paris, où la main-d'œuvre est chère mais particulièrement intelligente et ingénieuse, des ateliers dits d'usinage, c'est-à-dire de mise au point de la fabrication des multiples appareils demandés à cette industrie : appareils d'optique, d'accoustique, de projection, pièces de moteurs, etc..., etc... Elle créa en même temps en province une vaste usine de fabrication suivant les modèles et modes de fabrication déterminés dans les ateliers parisiens. Ces ateliers furent étudiés en 1916, suivant un plan d'ensemble utilisant au mieux le terrain et construits par parties successives de façon à ne pas interrompre le cours des fabrications. C'est pourquoi les bâtiments dits d'administration qui comportent, outre l'administration et la direction, les bureaux d'ingénieurs et les ateliers de dessin, ont été conservés et simplement modifiés et agrandis ; par contre les ateliers, qui, aujourd'hui encore, ne sont pas entièrement construits, Fig. 34. — Ateliers de Construction d'Appareils de Précision à Paris. — Plan du rez-de-chaussée J.-M. Auburtin, architecte.

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L'ARCHITECTE COUPE Fig. 35. — Ateliers de Construction d'Appareils de Précision à Paris. Coupe d'un atelier. En raison de leur affectation spéciale, les ateliers sont aussi éclairés que possible, les ouvriers travaillant surtout à l'établi, à la mise au point de pièces souvent très minutieuses, exigeant un ajustement parfait. Chaque atelier est accompagné d'un vestiaire, de lavabos et de waters-closets pour les ouvriers, d'un magasin de matières ouvrables, sous le contrôle d'un contre-maître, et d'une forge pour l'affûtage des outils. Les rez-de-chaussées sont occupés par les machines, mûes uniquement par l'électricité. La déclivité du sol permet d'avoir un rez-de-chaussée bas, à usage de garage et de dépôt de livraison des matières premières. Les bâtiments sont complétés par des installations de chauffage à eau chaude, de dépoussiérage, etc... La construction comprend une ossature en béton armé avec remplissage en briques. Pour donner le plus de jour possible dans les ateliers, ont remplacés complètement les bâtiment de l'an-cienne usine. Fig. 36. — Immeuble commercial à Paris. Détail de la cage d'escalier. A. Godard, architecte.

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L'ARCHITECTE FEUILLE n°50 PLAN D'AMENAGEMENT DU REZ DE CHAUSSEE - RUE BACHAUMONT - VESTIBULE - ESCALIER - MAGASIN - COUR-VITRÉE - MALL - BUREAU - SECRÉTAIRE - BUREAU - SALLE DE CONFEIL - RUE MONTMARTRE - RUE PANDAR FEUILLE n°4 PLAN DU 1ER ÉTAGE - RUE BACHAUMONT - VESTIBULE - ESCALIER - CLASSEMENT - PETIT BUREAU - MAGASIN - COUR-VITRÉE - MALL - BUREAU - SECRÉTAIRE - BUREAU - SALLE DE CONFEIL - RUE MONTMARTRE - RUE PANDAR Fig. 37 et 38. — Immeuble commercial à Paris. — Plans du rez-de-chaussée et du premier étage. ---