Excerpt

First pages of the volume, freely accessible.

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--- DEVÈCHE DÉCORATION 19, Rue BreyÉTOILE Tél. : ÉTOILE 15-70 --- Yves ROUÉ Joaillier 61, Bd MALESHERBES, PARIS (St-Augustin) --- CADRES —— ENCADREMENTS —— DORURE FOURNITURES POUR ARTISTES --- A L’ARC-EN-CIEL --- 88, Av. de VilliersPARIS Téléph. : CARNOT 93-73 --- AU COMTE D’ARTOIS CÉRAMIQUE ET VERRERIES ANCIENNES BISCUITIÈRE EN VERRE TAILLÉ ÉPOQUE 18e SIÈCLE SPECIALITÉ DE PORCELAINES DE LA Cie DES INDES PIERRE BLAZY ÉLYSÉES 23-10 42, RUE D’ARTOIS PARIS (8e) ---

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LE GRAND ARMAGNAC SA MAJESTÉ La liqueur de l'Elite 14. Rue des Meuniers . Paris . Larresingle . Gers . France GERARD MAZE 46

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VI Sommaire Juillet Numéro spécial consacré à la tapisserie française - La nature enfin retrouvée... Germain Bazin - Permanence de la tapisserie française... Georges Fontaine - Les bergers. XVᵉ siècle... Autochromic Sougez - Les manufactures... Juliette Niclausse - Histoire de Diane. Début du XVIIᵉ siècle... Autochromic Sougez - Évolution de la technique... Lucien Reverd - Le métier de haute lisse... Lucien Reverd - Le métier de basse lisse... - Reportage photographique aux Gobelins... Molinard - Renaissance de la tapisserie française au XXᵉ siècle... Charles Estienne - Les chiens rusés, par Jean Lurcat... Autochromic Sougez - Le printemps, par Gromaire... Autochromic Sougez --- Comité de direction - Président : René Huyghe Conservateur en chef des peintures au Musée du Louvre - M. Floriscone - Jacques Lassaigne - E. McFarlane - J. Charles Moreux - M. Raval --- Directeur : Germain Bazin Conservateur au Musée du Louvre Secrétaire de Rédaction Dominique Kerven Direction Administration Publicité 139, Faubourg Saint-Honoré Tél. Balzac 35-15 --- L'Amour de l'Art Revue mensuelle — Vingt-sixième année Abonnements France - 12 numéros : 1.000 Francs - 9 numéros : 550 Francs Étranger - 12 numéros : 1.200 Francs Dépôt de vente en Belgique : DIETRICH & Cie 83, Montagne de la Cour - BRUXELLES Dépôt de vente en Suisse : NAVILLE & Cie 5-7, Rue Lévrier, 5-7 - GENÈVE Dépôt de vente aux États-Unis : OCEANA-PUBLICATIONS 500, fifth avenue - NEW-YORK 18 NY Dépôt de vente en Angleterre : ANGLO-FRENCH PERIODICALS & PUBLICITY 25, Villers Street - LONDON W C 2 --- ÉDITIONS PAUL DUPONT, 4 bis, Rue du Bouloi - Paris 1er - C.C. Postaux : Paris N° 5421-86 Vous êtes de reproduction et d’adaptation réservés pour tous les pays. Copyright by Editions Paul Dupont 1946. --- COMITÉ DE DIRECTION Président : René HUYGHE Conservateur en chef des peintures au Musée du Louvre M. FLORISOONE Jacques LASSAIGNE E. McFARLANE J. CHARLES MOREUX M. RAVAL DIRECTEUR : GERMAIN BAZIN Conservateur au Musée du Louvre Secrétaire de Rédaction DOMINIQUE KERVEN DIRECTION ADMINISTRATION PUBLICITÉ 139, Faubourg Saint-Honoré Tél. Balzac 35-15 --- L'AMOUR DE L'ART REVUE MENSUELLE — VINGT-SIXIÈME ANNÉE Dépôt de vente en Belgique : DIETRICH & Cie 83, Montagne de la Cour - BRUXELLES Dépôt de vente en Suisse : NAVILLE & Cie 5-7, Rue Lévrier, 5-7 - GENÈVE Dépôt de vente aux États-Unis : OCEANA-PUBLICATIONS 500, fifth avenue - NEW-YORK 18 NY Dépôt de vente en Angleterre : ANGLO-FRENCH PERIODICALS & PUBLICITY 25, Villers Street - LONDON W C 2 ÉDITIONS PAUL DUPONT, 4 bis, Rue du Bouloi - Paris 1er - C.C. Postaux : Paris N° 5421-86 Vous êtes de reproduction et d’adaptation réservés pour tous les pays. Copyright by Editions Paul Dupont 1946.

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AVBVSSON CENTRE TRADITIONNEL DE LA TAPISSERIE HAMOT MANUFACTURE A AUBUSSON A PARIS 75, RUE RICHELIEU ÉTS M. LAUER MANUFACTURE A AUBUSSON A PARIS 6, AVENUE DE L'OPERA PINTON FRES MANUFACTURE A AUBUSSON A PARIS 36, RUE DES JEUNEURS BRAQUENIÉ & CIE MANUFACTURE A AUBUSSON A PARIS 16, RUE VIVIENNE

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Arôme 3, composé d'essences inédites et des plus fines lavandes, frais et tonique comme on souhaiterait une eau de toilette, est tenace comme un parfum. Sa vivacité, qui le recommande pour les heures de sport de la vie féminine, accompagne parfaitement la promenade matinale de l'élégante. Pour l'homme de goût qui ne saurait user d'un parfum, il donne à sa toilette quotidienne une note de raffinement et ajoute à ses joies sportives une merveilleuse sensation de bien-être. --- Arôme 3 --- D’ORSAY ---

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(Photo GIRAUDON.) “La Dame à la Licorne”. Musée de Cluny - début XVIe s.

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LA NATURE ENFIN RETROUVÉE par Germain BAZIN, à Jean LURÇAT. --- Q U'IL ait pu être des civilisations artistiques sans peinture, nous avons peine à l’imaginer aujourd’hui. Et pourtant il est de création récente cet “art majeur”. Il n’y a pas plus de quatre siècles, les hommes, parallèlement au grand effort de connaissance qui les jetait vers la découverte de la nature, concu- rent ce procédé de reproduction du monde extérieur : la peinture à l’huile. Pas de peinture auparavant, mais des arts de la couleur, où celle-ci liée essentiellement à une matière, parchemin, tissu, bois, mur, verre ou métal, ne portait pas en elle cette ductilité propre au rôle qui lui fut dévolue plus tard, de se plier à tous les aspects de la nature. Miroir du monde, de ses origines la peinture, inventée par les Van Eyck, jusqu’à nos jours a gardé cet attribut. La grande poussée d’irréalisme de 1910 n’avait pas d’autre but que de l’arracher à cette infirmité congénitale, niant paradoxalement qu’elle fut asservie aux apparences. Ayant rompu ses attaches au réel, la peinture de chevalet, aujourd’hui, se débat dans une crise d’angelisme. En vain, vers 1930, quelques artistes crurent l’en tirer, en lui rendant tout uniment sa valeur de reproduction. Comme s’il était possible de reproduire ce monde conçu par le cerveau moderne, en face duquel le tableau de chevalet est semblable à l’écuelle où le petit enfant de Saint-Augustin voulait enfermer la mer ! Aussi étaient-ils voués, ces peintres, à imiter non la nature, mais la peinture. La peinture est morte? Vive la peinture! Longtemps fourvoyé dans ses rets, un grand artiste, Jean Lurçat par un trait de génie conçut de la réincarner, en une technique où la main est tout et non plus l’œil. Libérée de la détermination du réel, mais aussi de la sujétion plus contraignante encore de l’abstraction, la peinture, par la tapisserie, revient à la nature et l’artiste peut à ce fond inépuisable, à ce fond commun, demander son inspiration. Sous nos yeux émerveillés, après trente ans de spéculation, voici qu’à nouveau les formes de ce monde, aux yeux du peintre-lissier se proposent. Ce qui dans un tableau nous paraîtrait platement réaliste, ce chasseur, ce cerf aux abois, ce soleil et ces verdure, ici tout nous enchante ; par une mutation du mode réaliste du tableau au ---

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mode fabuleux de la tapisserie, Lurçat, l'anti-Van Eyck, a réhabilité la nature. Dans l'élan d'une délivrance, il réinvente ses formes éternelles, créant un nouveau vocabulaire natu- raliste, mais dont les termes s'associent en des échanges, des métaphores dont la fécondité fait penser au polymorphisme du moyen âge. Sa vertu plastique et poétique, cet art le doit à l'esprit de liberté introduit par le cubisme et le surréalisme. Si Braque et Picasso n'avaient délivré la peinture de l'apparence, si André Breton n'avait retrouvé la valeur d'éclatement du mot, l'entreprise de Lurçat n'eut pas été possible. C'est le privilège du peintre poète que de créer un univers que sa puissance d'imaginaire rend vraisemblable. Lurçat avec aisance se meut dans ce monde de la fable et l'invention plastique, en son génie, part toujours de quelque ébranlement poétique. Du même coup dans l'art voici réintroduit l'ennemi majeur des peintres modernes : le sujet. Sur cette surface au rude pelage que sa matière condamne à n'être jamais ressem- blante, nous ne sommes plus tentés, par un réflexe traditionnel, de mesurer l'effort de l'art à celui de l'imitateur. Ces "hystoires", nous savons bien qu'elles sont du domaine de la fiction; ce cerf bramant, sur sa paupière rouge tremble la larme de l'hallali ; s'il est peint, en dépit de toutes les déformations que lui imposera l'artiste, torturé par la hantise de ne point imiter, malgré moi, je le jugerais par rapport au cerf étalon; mais ici point de cette gêne, c'est un mythe. La qualité de la tenture impose aux formes de la nature cette transposition que notre œil moderne exige de l'art. Au rebours, les inventions les plus fantastiques, dans ce monde irréel sont plausibles. Ce "chien rusé", qui pour mieux surprendre les oiseaux s'est recouvert de feuilles — et encore elles sont bleues! — en peinture c'est une extravagance; tissé, il est "naturel". Un temps la tapisserie elle-même fut dévoyée par le tableau de chevalet. Il s'agis- sait pour le lissier de reproduire la peinture et pour le peintre de reproduire la nature. Alors pourquoi peindre et pourquoi tisser? Mais en retrouvant les procédés essentiels et d'ailleurs si simples de la tapisserie, quel univers nous a rendu Lurçat ! C'en est fini du caractère sacro-saint du tableau, irritant miroir qu'on a envie de briser, faute d'en pouvoir appréhender le mirage. Une tapisserie, cela se plie, se roule, se met dans une armoire, se déchire, se caresse avec la main, se foule aux pieds, on peut la draper ou l'étendre, c'est un organisme, un objet, un famulus. La vibration des grandes surfaces pariétales permet un souple système de relations entre les formes qui ne sont plus captives des trois dimensions de l'espace, cage où depuis quatre siècles le peintre avait enfermé la nature. Ces personnages, cette faune et cette flore, sont liés au fond dans une omniprésence et non victimes de cette hiérarchie visuelle imposée par la perspective linéaire ou aérienne, qui des choses nous sépare plus qu'elle nous en approche. Comme l'araignée, le peintre-lissier se situe au centre de sa toile. Et voici que du même coup la peinture retrouve la dimension qu'elle avait au temps où elle était étroitement associée à la vie, où elle tapissait et les murs et les rues; ces personnages, ces verdures sont à notre échelle, ils nous entourent et sont les intimes de nos rêves. Pendant quatre siècles, l'artiste fut un prince. Le xx° siècle en fit un ange, ou un démon, voire un mage pratiquant un art initiatique. A l'artisanat des grandes époques créatrices Jean Lurçat l'a rendu : voici la peinture du chevalet revenue sur le métier. Germain BAZIN.

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Détail du “bal des sauvages”. (Photo Blumenfeld). P ERMANENCE de la tapisserie française par GEORGES FONTAINE administrateur du Mobilier National et des Manufactures Nationales de Tapisseries des Gobelins et de Beauvais. POUR parler de la tapisserie en général, il faut penser à quelques pièces notoires et caractéristiques ; aussitôt s’impose à l’esprit cette admirable continuité de six siècles dans cette technique qui, certes, a évolué mais ne paraît pas aujourd’hui près de mourir. Malgré des éclipses, la France est le pays de la tapisserie par excellence.