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L'AMOUR DE L'ART IV NOUVELLE SÉRIE N° 11 PRIX : 100 FRS
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L'AMOUR DE L'ART IV NOUVELLE SÉRIE N° 11 PRIX : 100 FRS
vient de paraître : QUADRIGE REVUE MENSUELLE DIRECTEUR : RENÉ HUYGHE LA PENSÉE : Lettres et Sciences L'ART : Arts plastiques et Spectacles LA VIE : Économique, Politique et Sociale L'ÉLÉGANCE : La Mode et le Luxe INÉDITS de L. et M. DE BROGLIE, CLAUDEL, COCTEAU, ELUARD, EMMANUEL, GIRAUDOUX, LANGEVIN, LA TOUR DU PIN, ROMAIN ROLLAND, ELSA TRIOLET, VALÉRY, etc... - N° Spéciaux: N° IV : OMBRES et LUMIÈRE N° VII : RAISON et FOLIE Le numéro France ………………………………………… 150 fr. Étranger ……………………………………… 175 fr. et 200 fr. Les 5 numéros ………………………………… 675 fr. Étranger : 1/2 tarif : 800 fr., plein tarif : 925 fr. Abonnements Les 10 numéros ……………………………… 1.250 fr. Étranger : 1/2 tarif : 1.500 fr., plein tarif : 1.750 fr. DIRECTION-ADMINISTRATION : 68, rue Caumartin --- CADRES ———— ENCADREMENTS ———— DORURE FOURNITURES POUR ARTISTES AL’ARC-EN-CIEL 88, Av. de Villiers PARIS Téléph. : CARNOT 93-73 --- ÉLITES FRANÇAISES REVUE MENSUELLE : La PENSÉE, l’ART et le GOUT Vient de paraître : N° 7. — PÂQUES Au Sommaire : Pâques Les Ballets Classiques Les Rayons Cosmiques Intérieur Le Port de Marseille Chagall La Pension de la Maison Usher Tennis Léon-Paul Fargue Catherine Paul Chamson Renée Moutard-Uldry Couteault Waldemar George Pierre Mac Orlan Marcel Bernard et de nombreux articles et chroniques Couverture de Chapelain-Midy 72 pages - papier couché - 20 pages couleurs Abonnement : 760 frs (8 n°s) - Numéro spécial : 130 frs ÉLITES FRANÇAISES, 78, Champs-Élysées, PARIS (Ély. 99-90) --- Après six années d’interruption nous vous annonçons la reprise de LA REVUE MUSICALE Fondée en 1920 par Henry PRUNIÈRES Directeur : Robert BERNARD 70, Avenue Kléber, PARIS (XVIᵉ) Téléphone : KLÉBER 97-70 CONDITIONS D’ABONNEMENT : (donnant droit à 9 numéros dont un numéro spécial) Alfa bouffant ……………………………… 900 fr. Alfa surfin Navarre (tirage limité à 100 ex. tous numérotés) … 1.500 fr.
ÉDITIONS D'ART SAGILE 139, rue du Faubourg-St-Honoré. PARIS - BALzac 35-15 --- RENÉ - JEAN CLOT XVI LITHOGRAPHIES ORIGINALES Présentation de Michel FLORISOONE Tirage strictement limité à 160 exemplaires Prix de souscription : 1.600 francs --- EN SOUSCRIPTION TIRAGE LIMITÉ A 100 EX. IMAGES DU MALHEUR 10 EAUX-FORTES DE JOHNNY FRIEDLAENDER PRÉSENTÉES PAR JÉROME et JEAN THARAUD, de l’Académie Française Les 10 eaux-fortes (format 32,5×42) que comporte cet ouvrage ont été tirées à 100 exemplaires, savoir : 1 exemplaire sur Japon contenant des épreuves d’état, 9 exemplaires sur Arches et 90 exemplaires sur Vélin de Rives. PRIX DE SOUSCRIPTION : 5.000 FRANCS NOTICES ET BULLETINS DE SOUSCRIPTION SUR DEMANDE
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Eustathe le Macrembolite et le “Printemps” de BOTTICELLI par Henri STERN Le hasard d’une recherche archéologique nous a mis en présence d’un texte qui ne manquera pas, nous semble-t-il, d’attirer l’attention des historiens d’art. Dans le roman καθ’ Ὑσμινης καὶ Ὑσμινίαν d’Eustathe le Macrembolite que Krumbacher (1) attribue à la deuxième moitié du xiie siècle, on trouve une description de peintures représentant les mois de l’année. Voici une traduction du passage qui a trait au mois de Mai (2). « Ensuite (on voit) un pré resplendissant de fleurs et un homme qui s’ébat parmi les fleurs tel une abeille. Il n’est pas représenté comme jardinier, mais comme un homme très noble et très riche, tout oisif et plein de charme. La grâce de sa figure semble se refléter dans la beauté du pré. La chevelure flotte autour des épaules, noblement répandue en boucles et très soignée. Sur la tête il porte une couronne de fleurs, et une rose est fixée aux boucles. La robe descend jusqu’aux pieds, elle est toute en or, parsemée de fleurs et enflée par le vent. Ses mains tiennent en abondance des roses et d’autres fleurs qui enchantent l’odorat. Aux pieds il porte des sandales. Et même cette partie (de son habillement) ne manque pas de splendeur. Le pré paraît se refléter dans ses sandales comme dans un miroir. » Pour qui connaît les œuvres célèbres de la Renaissance italienne du xve siècle, cette description doit évoquer le souvenir du Printemps de Botticelli, aujourd’hui au musée des Offices à Florence. Le texte byzantin est comme une description fidèle du personnage appelé Primavera de l’œuvre italienne. A part les sandales qui lui manquent, toutes les particularités données par le texte grec BOTTICELLI. — Détail du Printemps.
s'y trouvent réunies. Le Printemps, frêle personnage au corps gracile s'avance d'un pas lent sur un gazon parsemé de fleurs. Il est vêtu d'une robe allant jusqu'aux pieds. Cette robe est dorée aux manches et aux bordures. Elle est ornée de fleurs et enflée par le vent. Dans les cheveux qui se répandent en longues boucles, on voit une couronne de fleurs et d'autres fleurs sont attachées aux boucles. Dans les plis de sa robe il tient abondance de roses. Point n'est besoin de dire que ces ressemblances ne peuvent être dues au hasard. Il est des détails, les fleurs attachées aux cheveux autour de la couronne, la robe dorée, parsemée de fleurs et enflée par le vent qui ne se rencontrent réunies, à notre connaissance, que dans ce texte et sur le tableau de Botticelli. On nous dira que le personnage du tableau est de sexe féminin. L'objection nous semble avoir peu de portée. Si Botticelli a voulu figurer Primavera, il a fait honneur à la langue italienne en la représentant comme femme. Primavera est du genre féminin. Sur ce point donc il aurait transformé son modèle. Mais est-il certain que Primavera est une jeune femme qui, aux yeux de l'artiste, devait figurer le printemps? Nous avouons, pour notre part, n'avoir trouvé aucune indication précise qui permette de l'affirmer. Bien au contraire. M. A. Warburg lui-même dans son étude bien connue sur le Fruehling de Botticelli (3) signale le caractère particulier des traits de la figure qui s'écarteraient du type courant des têtes de Botticelli. En effet, le contour légèrement anguleux du visage, les joues minces aux pommettes imperceptiblement saillantes, la large bouche, le front un peu froncé à la naissance du nez rapprochent cette tête de celles des jeunes gens plutôt que des têtes féminines de notre maître, dont d'ailleurs notre tableau offre de jolis échantillons. En outre, la poitrine n'est aucunement marquée sous la robe transparente. Rien ne s'oppose à voir dans ce personnage une allégorie du mois de Mai sous les traits d'un jeune homme, ayant à peine atteint l'âge de la maturité. Nous verrons d'ailleurs tout à l'heure que cette interprétation cadre mieux que celle de M. Warburg avec la signification des autres personnages. La tradition littéraire ne s'oppose nullement à pareille interprétation. Vasari qui mentionne brièvement ce tableau dit seulement que Vénus et les Grâces signifient le printemps (4). À notre connaissance c'est M. Warburg qui le premier a désigné formellement ce personnage comme « Fruehlingsgoettin » (5). L'emprunt fait à un auteur grec par l'artiste lui-même ou par ceux qui ont établi le programme de ce tableau éveille notre curiosité quant à l'histoire de ce texte en Italie pendant le xve siècle. Cependant la réponse à cette question demanderait des recherches dépassant de loin le cadre de cette petite étude. Contentons-nous des quelques indications que nous avons pu recueillir et qui, nous semble-t-il, confirment les rapports entre notre tableau et le roman byzantin. La première édition connue de καθ' Ὑσμινη καὶ Ὑσμινιαν est une traduction italienne par Lelio Carani, parue à Florence en 1550 (6). Sans doute a-t-elle été faite sur l'un des nombreux manuscrits qui se trouvent, de nos jours encore, dans les bibliothèques italiennes (7). La traduction de Lelio Carani offre même un intérêt tout particulier par rapport à notre tableau. À la fin de la description des mois, le traducteur ajoute une explication qui est une paraphrase bien libre du texte grec. Au mois de Mai nous lisons : « pendant ce mois les personnes légères et plus amoureuses qu'à d'autres saisons de l'année ont habitude de faire connaissance commençant ainsi la saison de l'été (8) ». Il n'y a pas trace de ce passage dans les manuscrits authentiques. Ne serait-il pas le vestige d'une interprétation donnée par les humanistes florentins et qui expliquerait à merveille l'insertion de la personnification du mois de Mai dans ce tableau qui représente selon toute évidence une fête de Vénus? Ces rapports étroits entre notre texte et le tableau de Botticelli une fois établis, nous essaierons de reprendre l'interprétation de la composition entière. M. Warburg qui l'a tentée avec beaucoup de succès, ne semble pas avoir été heureux à tous égards. Très à propos il a invoqué les Fastes d'Ovide (V, 193 sq.) pour expliquer la présence de la jeune femme dont la bouche exhale des fleurs et qui s'enfuit devant un homme s'approchant au vole. C'est Flore recherchée par Zéphyre.
BOTTICELLI. — LE PRINTEMPS. Détail. — Figure allégorique du mois de Mai.
BOTTICELLI. — ALLEGORIE DU PRINTEMPS La fable est racontée par Ovide. L'artiste n'a même pas eu crainte de représenter les fleurs, qui selon les paroles du poète latin, sortent de la bouche de la déesse (9). C'est à ce groupe et à celui des Grâces que M. Warburg limite l'influence qu'aurait exercé le texte d'Ovide. Il nous semble à nous, que la composition entière soit inspirée par les Fastes. On sait que cette œuvre est un calendrier poétique des fêtes romaines. Or, les fêtes de Flore se célébraient à Rome entre le 28 avril et le 3 mai (10). Le mois d'Avril par contre est placé sous la tutelle de Vénus. Un quart environ du chant IV des Fastes, dédié à ce mois, traite de Vénus et de son action bienfaisante au moment où la nature s'éveille (11). C'est elle qui fait éclore les herbes et les fleurs, c'est elle qui fait naître dans l'homme et dans les animaux les sentiments d'amour. C'est exactement le rôle qu'elle paraît jouer sur notre tableau. Mais les analogies entre les Fastes d'Ovide et la « Fête de Vénus » de Botticelli vont plus loin encore. M. Warburg ne réussit pas à expliquer de façon satisfaisante la présence de Mercure (dans le fond à gauche) qui dans aucun monument antique n'accompagne Vénus (12). C'est encore les Fastes qui nous la font comprendre. Au mois de Mai, après les fêtes de Flore, une autre fête importante du calendrier romain, celle de Mercure, se célèbre le 15 mai. Ovide en donne une description spirituelle sur 27 lignes (13). Donc Botticelli, ou plutôt Politien, qui selon M. Warburg a établi le programme de ce tableau, aurait choisi tous les personnages mythologiques dans les Fastes d'Ovide. Le fait paraît d'autant plus probant que Politien, professeur à Florence, a enseigné depuis 1481 de préférence Ovide (14). C'est donc dans son poète favori qu'il a pu trouver les idées pour composer le programme de ce tableau. Seule une personnification du mois de Mai, indispensable pour rendre évident le sens de la composition, faisait défaut dans le texte latin. L'humaniste en a cherché le modèle dans un des écrits de langue classique connus alors en Italie. Il l'a trouvé dans le roman d'Eustathe qui, à en juger d'après les éditions et les traductions nombreuses parues au xvi^e et au début du xvii^e siècle, jouissait alors d'une vogue croissante. Une fête de Vénus et à la fois une image du printemps est ce tableau qui réunit des divinités romaines célébrées pendant les mois d'Avril et de Mai. Ce sont les mois printaniers par excellence où toutes les forces de la nature s'éveillent et s'épanouissent. Vénus, divinité tutélaire du mois d'Avril et la personnification du mois de Mai en sont les principaux acteurs.
Etrange éclectisme que celui de l'art italien de la fin du xve siècle où philosophes et humanistes établirent les programmes des œuvres d'art que les grands artistes étaient appelés à rendre à la vie. Ajoutons une remarque que nous avons l'intention de développer ailleurs. En représentant une fête de Vénus pour le mois de Mai, l'artiste du xve siècle a repris une tradition très ancienne, qui semble s'être éteinte en Occident depuis la fin de l'Antiquité (15). Dans l'iconographie byzantine, par contre, cette tradition s'est maintenue sans interruption depuis l'époque païenne. L'emprunt qu'a fait Botticelli au roman d'Eustathe est symbolique : l'artiste italien fait revivre une image qui, tout en se maintenant en Orient, y a perdu son sens et sa signification véritables. Est-ce un retour inconscient aux sources de notre civilisation ou n'est-ce pas plutôt une tentative de faire renaître dans l'image les rites du paganisme antique? L'histoire de l'art italien, surtout celle du xvie siècle, est riche d'exemples de ce genre. NOTES (1) Krumbacher, Geschichte der byzantinischen Literatur, 2e édition, p. 764. (2) Nous nous appuyons pour notre traduction sur le texte de l'édition I. Hilberg, Vienne, 1876, p. 50 squ. (3) A. Warburg, Sandro Botticelli, die Geburt der Venus und der Fruchling, Hambourg, 1903, p. 34. (4) A. Warburg, loc. cit., p. 22 : « ...e così un'altra Venere, che le Grazie la fioriscono, dinotando la Primavera. » (5) Ibid., p. 23. (6) Gli amori d'Ismenio composti per Eustathio philosopho et di greco tradotti per Lelio Carani. In Fiorenza MDL. (7) Edition Hilberg, p. XXVI squ. Douze des 24 manuscrits utilisés par Hilberg se trouvent dans les bibliothèques italiennes. BOTTICELLI Le Printemps (détail). Ces manuscrits datent des xive, xve et xvie siècles. (8) ED. CARANI, p. 80 : « ...è significato il mese di maggio, nel quale le persone leggiadre et innamore più che in tempo dell' anno si sogliono conoscere, incominciando il principio della state. » (9) OVIDE, Fastes, V, 194: « Dum loquitur, vernas ab ore efflat rosas. » (10) Cf.p.e. TH. MOMMSEN, Corpus Inscriptionum Latinarum, tome I, 2e édition, p. 317. (11) Fastes, IV, vers 1-144. (12) A. WARBURG, loc. cit., p. 35. (13) Fastes, vers 665-692. (14) A. WARBURG, loc. cit., p. 30. (15) Les fêtes de Flore étaient des fêtes d'un caractère nettement érotique, maints textes le prouvent. Tête de la figure du mois de Mai.

Ce numéro de la revue mensuelle "L'Amour de l'Art" présente plusieurs articles sur l'art. Il inclut une analyse comparant une description byzantine d'Eustathe le Macrembolite avec le "Printemps" de Botticelli, explorant les possibles influences et interprétations du personnage de Primavera. D'autres sujets abordés comprennent l'urbanisme à Berne, la céramique coréenne, et des analyses d'œuvres de Frans Hals, Rembrandt et Vermeer. La revue couvre également des expositions d'art, des critiques de livres et des faits artistiques contemporains.