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GLACES ET VERRES N° 80 — Septembre 1945
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GLACES ET VERRES N° 80 — Septembre 1945
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GLACES ET VERRES REVUE TECHNIQUE, ARTISTIQUE, PRATIQUE 140, rue de la Chapelle, PARIS (18e) — Téléph. : Botzaris 60-62 Direction : R. LHOTE Édition de la Société d'Études et de Publicité Société à responsabilité limitée au Capital de 25.000 fr. R. C. Seine 229.903 B — Rép. Prod. Seine C.A 13.717 Rédaction : M. Despréaux ABONNEMENTS Un an: France, 75 francs; Étranger, 100 francs Compte de Chèques postaux : Paris 1155-78 Tous les deux mois Le numéro : 15 francs (Étranger : 20 francs) N° 80 18e année Septembre 1945 --- Sommaire du n° 80 Au 31e Salon des Artistes Décorateurs, p. 1. Le Miroir gravé, sonnet inédit (M. D.), p. 3. L'impression sur verre : la miroitogravure, p. 4. Les concours du Commissariat à la Reconstruction ; le bloc-croisée (R. L.), p. 7. Influence du traitement thermique sur la résistance des verres aux agents chimiques (Marc Foëx), p. 10. Les articles sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs. Tous droits de reproduction réservés pour la France et l'étranger --- Au 31e Salon des Artistes Décorateurs (Voir pp. 2 et 3) Ci-contre : Jean M. Rothschild présente cette chambre de jeune fille, pouvant être fabriquée en série. Armoire en chêne ; les panneaux de verre ornant les portes ont reçu sur la face postérieure un décor à la feuille d'or et une application de peinture cellulosique de couleur noire. (Photo Jean Collas.) ---
Ci-dessus : Panneau de chêne travaillé et enluminé : « L'Amour à travers les âges », par R. Lauletin. Cadre de glace bleue, gravé à la roue. Ci-contre, à droite : Paravent en glaces patinées de Pansard (au stand Gilberte Coutant). Ci-dessous : « Jeux de laine », de Marie Lemaistre. Le plateau de la table est formé de deux glaces teintées entre lesquelles vient s'interposer un décor de laine effilée. C'est aussi en laine effilée que sont exécutés de gracieux « tableaux » présentés à ce stand. (Photo Deval.) Au 31e Salon des Artistes Décorateurs SOUS le rapport des qualités artistiques et de l’habileté technique, les productions de ce 31e Salon n’ont rien eu à envier à celles des salons d’avant-guerre. Les artistes y ont fait preuve, dans tous les domaines, d’autant de facultés créatrices, ils y ont déployé autant de talent, d’esprit et d’ingéniosité que par le passé. Seuls l’absence de telle matière ou l’emploi parcimonieux de telle autre révélaient à l’observateur la grande misère des temps présents. Certes les adeptes fervents du verre et de la glace n’auront pas manqué de regretter que ces matériaux ne fussent pas aussi généreusement prodigués que naguère. Le visiteur, pourtant, a pu en remarquer d’assez nombreuses applications, non point inédites pour la plupart, mais qui démontrent une fois de plus que définitivement les produits de la famille du verre sont devenus aussi indispensables à l’art décoratif moderne que le métal ou le bois. GLACES et VERRES
On a reproduit dans ces pages des ouvrages de Colette Gueden, Marie Lemaistre, Pansard, A. Borgeaud, R. Lautelin, J.-M. Rothschild. Il y a lieu de faire aussi mention de quelques belles tables de glace : l'une, ronde, avec un fin décor gravé, de Etienne Henri Martin; une autre, décorée par un procédé particulier à Marie Chauvel; une troisième, en glace patinée, de Maxime Old. Il faut citer encore des vitraux de Labouret et Chaudière, ainsi que des appliques et des lustres de Genet et Michon. Ci-contre, à gauche : Coiffeuse en sycomore verni, d'Albert Bor- geaud. Le cadre de la glace est en bois sculpté et doré. (Photo J. Heymann.) Ci-dessus : Meuble étagère en glace et fer forgé laqué blanc, de Colette Gueden, édité par les ateliers Primavera. (Photo J. Heymann.) --- LE MIROIR GRAVÉ FLAQUE d'une eau figée au souffle de décembre, Ce miroir, où la roue entrecroise ses traits, M'apparaît tout chargé de mystère et d'attraits; C'est par là que le rêve accède dans ma chambre. La ligne du décor se recourbe et se cambre : Mon image s'y prend parfois comme en un rets, Semble captive, et puis s'évade à peu de frais Quand je tourne la tête ou que je bouge un membre. Il me plaît d'oublier quelle inflexible loi, Quelle sujétion physique font de toi, O mon double, ô mon frère, un singe ridicule. Je veux laisser mon cœur croire à ta liberté, Croire qu'en ton domaine un air plus pur circule, Et qu'on est juste et bon, là-bas, — de ton côté... M. D. GLACES et VERRES
Surtouts avec décor "dentelle" en miroitogravure. (Créations Rousselle-Lamourette pour le modèle de gauche et Béguet pour les modèles de droite.) L'impression sur verre La miroitogravure EN tous les temps, même les plus éloignés, il a existé des moyens de déposer des «signes» sur le parchemin, le bois, le papier, les étoffes. Ces moyens, d'abord primitifs, se perfectionnèrent par l'imprimerie, mais, jusqu'à la fin du siècle dernier, la gravure en relief ou en creux, faite et dessinée à la main, était encore seule employée dans l'impression. Enfin vint la lumière, et c'est alors qu'apparut la photogravure. Désormais ce n'est plus une main qui trace l'image sur le cliché, c'est la lumière; ce n'est plus un outil qui grave, c'est l'acide. Cette invention, qui a révolutionné l'imprimerie, détermina la naissance d'un nouveau procédé d'impression : l'héliogravure, et les résultats magnifiques de cette découverte ne laissèrent pas nos chercheurs indifférents. Leurs patients efforts aboutirent, pour l'impression sur verre, à la miroitogravure. Il serait trop long d'entrer dans les détails techniques de ce procédé et, ce faisant, nous dépasse- rions le cadre de cet article. Nous nous contenterons de mentionner les phases essentielles de la photogravure et de l'impression, auxquelles se rattachent les opérations accessoires, notamment la réserve dans le cas d'impression sur argenture. L'image à reproduire est d'abord photographiée, retouchée, sélectionnée et reportée sur zinc par photogravure. On obtient ainsi le cliché. On procède ensuite à l'impression du verre par report, sur la matière, de la couleur déposée sur le cliché au moyen des rouleaux encreurs et entraînée par un rouleau imprimeur (machine «offset», mot anglais qui signifie transfert, report). C'est le procédé graphique le plus intéressant en raison des résultats obtenus. Mais il existe d'autres procédés d'impression. On peut reproduire soit par stencil, soit par aérographie. Le stencil peut être employé pour l'impression en aplats de gros textes ou de motifs ne présentant pas de finesse excessives. Les résultats obtenus peuvent se comparer à la polycopie pour l'impression sur papier. L'aérographie, ou peinture au pistolet, Le fond de ce plateau est une glace décorée en miroitogravure; monture en métal chromé. GLACES et VERRES
Quelques tableaux publicitaires exécutés en miroitogravure. " Chanel ", panneau 7 couleurs (Damour-Publicité, Paris). Panneaux " Parfums du chevalier d'Orsay " (Étab. V. I. R. E., Paris). Panneau " Phebel " (Étab. V. I. R. E.). Panneau " Cédib " (Étab. V. I. R. E.). Les articles publicitaires, cadrans de T.S.F. et plateaux reproduits dans ces pages ont été exécutés dans les ateliers de la Société Auxiliaire de Façonnages sur Glaces, à Bobigny. GLACES et VERRES
Surtout décor "dentelle", exécuté en miroitogra- vure. (Création Béguet.) remarquable et inégalé dans les productions similaires. Il est possible en effet, par la transparence de la matière, de faire jouer les couleurs en les superposant et d'obtenir ainsi les résultats les plus heureux. Des artifices judicieusement adaptés permettent d'obtenir un relief qui fait « vivre » une image et lui confère un puissant réalisme. Les tableaux publicitaires exécutés en mi- roitogravure ont été plus spécialement ad- optes jusqu'à ce jour par les parfumeurs, les distilla- teurs, les brasseurs, etc. dont tout le monde a remarqué les panneaux d'une présentation luxueuse et souvent fort artistique. Il est évident que les procédés industriels employés, s'ils permettent d'obtenir à moindres frais un article de luxe, nécessitent cependant un tirage en série pour amortir les frais d'établissement de clichés et les frais d'impression. Nous pouvons conclure que, grâce à son bel aspect et à son caractère pratiquement inaltérable, l'impression sur verre par miroitogravure est appelée à tenir une place prépondérante dans les domaines que nous avons énoncés, lorsque les possibilités d'utilisation du verre et de la glace seront redeve- nues normales. Nous sommes persuadés d'ailleurs que nos techni- ciens n'ont pas encore épuisé toutes les ressources que leur offre cet intéressant procédé. Quelques types de cadrans d'appareils de T.S.F. et de cadrans de pendulettes exécutés en miroitogravure. GLACES et VERRES
Les concours du Commissariat à la Reconstruction Le bloc-croisée A la fin de l'année 1943, le Commissariat à la Reconstruction ouvrait des séries de concours en vue de l'amélioration des procédés de construction des bâtiments d'habitation. Ces concours étaient accessibles aux industriels, entrepreneurs, architectes, techniciens, artisans, organisés en équipe ou non, et avaient trait aux sujets suivants : - Bloc-eau; Ventilation automatique; Toitures; Planchers; - Béton bâché; Bloc-croisée; Cloisons et portes; Murs portants; Ossatures; Bloc-escalier et colonne montante. Les épreuves étaient à deux degrés, comportant d'abord la remise d'un projet accompagné d'un dossier de documents, puis, ultérieurement, la mise au point des procédés primés au premier degré. Actuellement, le jugement du concours du premier degré a seul été rendu par le jury, après dépouillement et analyse des projets, d'une part par les services de la Reconstruction et, d'autre part, par le service technique du C.O.B.T.P., représentant les entrepreneurs et utilisateurs. Bien que les procédés primés n'aient pas encore fait l'objet d'une mise au point complète, nous avons pensé qu'il intéresserait les lecteurs de Glaces et Verres de connaître les résultats du concours du premier degré de la série «bloc-croisée», puisque c'est celle qui se rapproche spécialement des activités verrières. Le jury désigné pour cette catégorie s'est réuni le 4 août 1944 sous la présidence de M. Auguste Perret, membre de l'Institut. Il a attribué comme suit les différents prix dont il disposait. Estimant que, parmi les projets qui lui étaient soumis, aucun ne présentait de solution absolument nouvelle et inconnue entièrement jusqu'à ce jour, il a décidé de ne pas décerner de premier prix. Par contre il a bloqué les 2°, 3° et 4° prix pour les répartir entre les concurrents suivants ex-æquo : 1° Manufactures de Saint-Gobain, Compagnies Réunies de Bousois, Société Anonyme d'Aniche, Verreries de la Gare et Belotte, Société Franco-Belge Libbey-Owens; Ateliers de Construction Schwartz-Hautmont; Etablissements Tunzini; Etablissements Jaquemet et Mesnet, qui s'étaient groupés sous la direction de M. Bodecher, architecte; 2° M. Gogoïs, architecte à Paris; 3° MM. Croizat et Angeli, à Paris. En outre, des prix supplémentaires ont été attribués à M. Barthélémy, entrepreneur de menuiserie à Marseille, aux Etablissements Sainrapt et Brice, aux Etablissements Mishler à Frétigny. Le jury a retenu également le projet des Etablissements Borderel et Robert, qui n'a pu être classé faute d'avoir été remis dans les délais voulus. --- L'un des projets primés (figurant ci-dessus sous le § 1°) a été établi en partant d'idées générales qui ont déterminé le choix du matériau se prêtant le mieux à la construction en grande série et dont le prix de revient soit le moins élevé. L'usage et la coutume poussaient vers le bois. Mais différentes objections furent soulevées à son égard. La fenêtre en bois souffre particulièrement des intempéries, des alternances de sécheresse et d'humidité qui l'amènent souvent à mal fonctionner. Dans le cas précis du bloc-croisée, il y avait en outre à réaliser le plus simplement possible la liaison du bois avec la maçonnerie. Or, cette union n'est pas stable car le bois joue et son isolation demandait une protection de certaines parties, comme la «pièce d'appui», par un habillage en zinc. Spécialement à la mise en place du bloc dans la maçonnerie en construction, l'humidité du mur absorbée par le bois déformerait fortement ce dernier. En outre on craignait que la guerre, puis l'après-guerre, ayant exigé et exigeant encore l'exploitation massive de nos forêts, n'amènent une raréfaction des bois nécessaires à la reconstruction. Le chêne ou le sapin à employer ne sont pas au séchage naturel comme précédemment; d'où crainte d'avoir des bois verts et gauchissant. L'emploi des bois coloniaux est également aléatoire. La différence des degrés hygrométriques de l'air des forêts coloniales avec le nôtre est trop sensible pour que l'on soit assuré de la stabilité du bois en France. N'oublions pas en outre que l'acheminement de la colonie à la métropole sera effectué dans des conditions qu'il est difficile de prévoir. Le choix de l'acier paraissait donc s'imposer puisque, à l'inverse des difficultés ou inconvénients rencontrés pour le bois, on peut assurer que l'acier est un produit entièrement français. Déjà, l'acier entre pour une large part dans la fabrication de la fenêtre normale en bois : fermetures, paumelles, équerres, comme dans l'automobile où la carrosserie «tout acier» a remplacé la carrosserie en bois pour répondre à une plus grande résistance et au minimum d'encombrement. Le bloc-croisé doit être conçu et fabriqué afin de réunir tous les perfectionnements que la mécanique peut apporter à son usage tout en respectant la condition d'économie. La croisée métallique présente des avantages incontestables de pratique et d'esthétique : profils moins encombrants permettant, pour une même largeur de baie, un éclairement bien supérieur. L'acier permet toutes les possibilités d'emploi. Pourtant, afin de s'en tenir aux données du problème posé par le Commissariat à la Reconstruction, le projet étudié ici l'a été en partant de l'idée de grande série, de simplicité et d'économie pour s'appliquer à la construction d'immeubles de loyers modérés. C'est pour atteindre ces buts que les concurrents ont délibérément utilisé les profils actuellement existants et normalisés. La dépense supplémentaire apportée par la fabrication d'éléments nouveaux en tôle pliée trouve sa contrepartie dans la simplification de la mise en œuvre, et se traduit en réalité par une économie dans l'ensemble de la construction. Les concurrents avaient également à décider du type de croisée à adopter. Ils avaient grosso modo le choix entre la fenêtre à la française, la fenêtre à guillotine, la fenêtre coulissante et la fenêtre à l'australienne. Ils ont opté pour la fenêtre à la française, parce qu'elle est plus conforme au goût des usagers de chez nous. C'est aussi une des solutions les moins onéreuses. La guillotine présente bien des avantages pour les grandes baies, mais elle est d'un prix de revient plus élevé et nécessite une mécanique et un système de contrepoids d'un réglage délicat. Le nettoyage des faces extérieures des vitres est en outre assez difficile, à moins d'adopter des solutions compliquées et onéreuses de pivotage des vantaux. Mise en œuvre Deux éléments principaux correspondant aux deux phases de la pose entrent dans la composition du bloc-croisée : 1° le cadre proprement dit, qui est posé avant la construction du mur; 2° la fenêtre et son dormant, qui sont posés au dernier stade de la construction. Cadre Le cadre se présente comme une huisserie et sera posé avec la même facilité dans l'emplacement de l'ébrasement. À la partie supérieure, le logement du volet roulant forme l'entretoise supérieure. Plus bas, la barre d'appui à l'extérieur, la pièce d'appui, la tablette intérieure forment autant d'entretoises qui donnent au cadre la rigidité nécessaire. Comme l'huisserie sert à la construction des cloisons, le cadre sert à la construction du mur. Mais c'est volontairement que l'on n'a pas donné au cadre un rôle de soutien --- GLACES et VERRES

Cette publication, numéro 80 de la collection « Glaces et Verres », datant de septembre 1945, présente une revue technique, artistique et pratique axée sur l'industrie du verre et des glaces. Elle couvre des sujets variés tels que les applications artistiques du verre au 31e Salon des Artistes Décorateurs, les techniques d'impression sur verre comme la miroitogravure, et des innovations dans le domaine du béton translucide. Des publicités d'entreprises spécialisées dans la fabrication et la transformation du verre complètent le contenu.