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GLACES ET VERRES N° 78 — Mai 1945

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Les Ets P. DINDELEUX sont les animateurs du Béton Translucide. Depuis vingt ans, ils ont exécuté des MILLIERS d'installations en France et à l'Étranger. Leur série de modèles brevetés s'adaptent aux projets les plus divers. Grâce à leurs équipes de techniciens et de spécialistes éprouvés, ils peuvent donner à leur clientèle une garantie sérieuse et indiscutable. Ce sont ces qualités primordiales qui, jointes à une haute conscience professionnelle, leur ont permis d'acquérir et de conserver la confiance des grandes Administrations, des Cies de Chemins de fer, des Cies d'Assurances, des grands Établissements de crédit et d'une innombrable clientèle privée. ETts P. DINDELEUX 7, rue Lacuée, PARIS-12° Did. 24-86 --- SOCIÉTÉ ANONYME DES VERRERIES ET MANUFACTURE DE GLACES D’ANICHE Capital : 18 millions de francs 230, Boulevard Drion, à Aniche (Nord) --- GLACES AGENTS DE VENTE POUR LA FRANCE 8, r. Boucry, Paris 17, r. du Helder, Paris Entrepôt de Lyon Entrepôt de Bordeaux VERRES SERVICE DE VENTE POUR LA FRANCE Groupement de Vente des Verres à Vitres des S. A. d’Aniche et de Saint-Gobain, 8, rue Boucry, Paris (18°) Dépôt : 121, rue de la Chapelle, Paris (Nord 09-14) --- COMPAGNIES RÉUNIES DES GLACES ET VERRES SPÉCIAUX DU NORD DE LA FRANCE GLACES DE BOUSSOIS Société Anonyme au Cap. de 150.000.000 de frs. Siège Social et Usines à Boussois-s/-Sambre (Nord) Usine et Entrepôt à Bobigny (Seine) Direction Commerciale : 17, rue du Helder — PARIS - 9° — Tél. : Tait. 47-22 (8 lig.) Télégra. : Glacefran Paris Entrepôts régionaux à LYON et à BORDEAUX Agences régionales à Marseille, Lille, Nancy, Alger, Tunis GLACES — VERRES PRODUITS OPAQUES — MOULAGES pour le BATIMENT ARTICLES pour l’INDUSTRIE — OPTIQUE Vitrages de Sécurité : SECURIT — FEUILTEX --- FABRIQUE DE MIROITERIE A.BROQUART & Fils (FONDÉE EN 1875) Bordeaux : 68-70-72, Cours Le Rouzic Pau : 17, rue des Cordeliers --- FABRIQUE DE MIROITERIE INSTALLATION DE MAGASINS ET DE BATIMENTS LES FILS ET GENDRES DE Charles ANDRÉ Ingénieur A. et M. S. A. R. L. Cap. 200.000 fr. 3, rue des Taillandiers, Paris-11°. Tél. : Roq. 17-63 GLACES — VERRES A VITRES PRODUITS VITRIFIÉS OPAQUES BISEAUTAGE - ARGENTURE - GRAVURE - DÉCORATION

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GLACES ET VERRES REVUE TECHNIQUE, ARTISTIQUE, PRATIQUE 140, rue de la Chapelle, PARIS (18°) — Téléph. : Botzaris 60-62 Direction : R. LHOTE Édition de la Société d'Études et de Publicité Société à responsabilité limitée au Capital de 25.000 fr. R. C. Seine 229.903 B — Rép. Prod. Seine C A 13.717 Rédaction : M. Despréaux --- ABONNEMENTS Un an: France, 75 francs; Étranger, 100 francs Compte de Chèques postaux : Paris 1155-78 --- Tous les deux mois Le numéro : 15 francs (Étranger : 20 francs) N° 78 18° année Mai 1945 --- Sommaire du n° 78 De nombreuses applications du verre décorent ce magasin, p. 1. L’organisation d’une miroiterie-droguerie (suite), p. 3. Les matériaux de verre et la reconstruction, p. 7. Le contrôle optique des vitrages (A. Arnulf), p. 9. Le radio-comparateur, appareil radioélectrique pour mesurer l’épaisseur de l’argenture des miroirs (Ch. Cassignol et H. Jardy), p. 13. Les verres colorés et la filtration de la lumière, p. 15. Les articles sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs. Tous droits de reproduction réservés pour la France et l’étranger Vue extérieure du magasin, montrant la grande glace bombée et le revêtement de marmorite épousant les parties cintrées par la juxtaposition de plaques étroites exactement assemblées. --- De nombreuses applications du verre décorent ce magasin MALGRÉ les difficultés de l’heure présente, avec de la peine et du temps, un miroitier du faubourg Saint-Antoine vient de transformer et de moderniser son magasin et ses bureaux : très judicieusement il a mis en œuvre au maximum, pour l’aménagement et la --- GLACES et VERRES

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Vue d'angle d'un bureau. Au premier plan, le coin d'une grande table en dalle brute. A gauche, une porte vitrée, dont on remarque les plaques de propreté en glace de couleur taillée. Au centre, belle et grande porte en dalle gravée. A droite, une vaste armoire dont le corps supérieur se ferme par des portes coulissantes en miroir auré et le corps inférieur par des portes en glace verte argentée. plafonds en verre et béton et à la coupole décorative, éclatante de lumière. Les deux cloisons cintrées, où s'ouvrent les portes de deux bureaux d'angle, méritent de retenir particulièrement l'attention. Leur partie supérieure, vitrée, comprend deux groupes de trois glaces bombées, décorées de compositions gravées, avec des applications d'argenture, figurant le travail de la verrerie et de la miroiterie. C'est ainsi que sont représentés, d'une part, les anciennes techniques du soufflage, du polissage et de l'argenture, et, d'autre part, le polissage, la gravure et l'argenture tels qu'ils sont pratiqués de nos jours. On ne saurait trop louer l'initiative de ce négociant avisé qui réalise ainsi auprès de ses clients et de ses visiteurs une publicité directe et permanente, en présentant dans leur emploi des produits souvent mal connus du public. Il faut bien dire que beaucoup de miroitiers se préoccupent encore assez peu de l'aspect de leur magasin, ou bien n'utilisent pas, pour l'aménager et le décorer, toutes les ressources que leur offrent précisément les matériaux qu'ils façonnent et qu'ils décoration des locaux, toute la gamme des produits qui font l'objet de son négoce. La vitrine d'exposition ne donne pas directement sur la rue, mais le regard du passant est attiré maintenant par la brillante tache de couleur qu'allume, au delà d'un porche assez sombre, la marmorite géranium dont est revêtue la façade. Le spécialiste examinera là avec intérêt le parfait assemblage des plaques de marmorite qui viennent épouser la surface tronconique du soubassement. Derrière la grande glace bombée qui se dresse entre des pilastres de verre noir et de glace argentée, et au-dessus d'une tablette d'appui extérieure en verre noir, sont disposés les classiques éventails composés de verres imprimés blancs et de couleur, aux reliefs variés, qu'on a argentés sur la face postérieure pour leur donner plus d'éclat. A droite, les lettres découpées de l'enseigne se détachent sur un fond de verre Thermolux, laiteux le jour, et lumineux la nuit. Si l'on franchit la porte d'entrée, on découvre de nouvelles et nombreuses applications du verre, depuis les tables en dalle, les portes en glace gravée, les plaques de propreté en glace de couleur taillée, les armoires et les placards aux portes coulissantes de miroir auré, de glace de couleur ou de marbrite, — jusqu'à la grande cloison en briques creuses, jusqu'aux Cloison cintrée, vitrée de glaces bombées et gravées. Au travers de la glace de l'imposte apparaît un plafond en pavés de verre et béton. En haut et à gauche, on aperçoit une partie de la coupole décorative éclairant la caisse. GLACES et VERRES

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Autre cloison cintrée, vitrée de trois glaces bombées et gravées. Derrière la grande glace claire dans laquelle est découpé le guichet de la caisse, on peut voir l'amorce d'une cloison en briques creuses. À gauche du guichet sont posés des pare-brise de démonstration en verre Triplex. vendent. C'est là une tendance vraiment regrettable à notre avis, car ils se privent inconsidérément du meilleur mode de diffusion qui soit. Souhaitons que beaucoup d'entre eux, quand les circonstances deviendront plus favorables, fassent un effort dans le sens d'une présentation plus publicitaire des produits virifiés. Ils seront largement payés de leur dépense et de leur peine par l'essor nouveau qu'ils ne manqueront pas d'imprimer à leur affaire. (Miroiterie_Cardot) --- L'organisation d'une miroiterie-droguerie (suite) (1) L'exécution Dans l'exécution, nous avons convenu de réunir la préparation technique et l'exécution proprement dite. Cela peut paraître contraire au principe de l'organisation à la française, qui sépare d'une façon formelle les fonctions de préparation, d'exécution et de contrôle. Mais cette contradiction n'est qu'apparente. En effet, il demeure entendu que l'atelier a une double mission : d'une part, faire du bon travail ; d'autre part, prendre toutes les mesures nécessaires pour le faire dans les meilleures conditions d'ordre et de rapidité compatibles avec ses moyens. L'organisation d'un bureau de préparation d'atelier s'avère donc indispensable, mais il eût été déraisonnable, pour respecter les principes de manière plus apparente que réelle, de mettre sur pied, à côté de celui-ci, un bureau d'études de fabrication trop onéreux pour des résultats d'une rentabilité incertaine. Le bureau de préparation. Son rôle. — Le rôle d'un bureau de préparation de petite entreprise est triple, car il doit cumuler les fonctions de trois organismes distincts : le bureau des études de fabrication; l'émetteur unique; le bureau de préparation d'atelier. Le bureau des études de fabrication a pour mission de définir les conditions techniques propres à la réalisation des commandes intérieures : en d'autres termes, d'établir le plan de fabrication. Ce plan de fabrication est l'élément de base de toute l'organisation administrative. En effet, établi pour chaque ensemble susceptible d'être mis en œuvre, il comporte : la liste des opérations à effectuer; le matériel à employer, machines et outillages; les matières à mettre en œuvre, en qualité et quantité; les temps prévus pour chaque opération. Muni de ces renseignements, l'émetteur unique a la possibilité d'émettre tous les documents main-d'œuvre et matières utilisés à la fois comme ordres de travail aux exécutants et comme ordres de dépenses pour la comptabilité, et par suite comme documents de contrôle. Mais avant d'émettre ces documents, dont la réunion constitue le dossier de commande, il convient d'enregistrer sur un journal des commandes toutes les commandes intérieures, décomposition à l'usage des ateliers d'après les nécessités de la fabrication des ordres clients inscrits sur le répertoire de la direction. Sur ce journal sont indiqués pour chaque commande : le numéro; la date de lancement; la désignation du produit; la quantité mise en fabrication; le numéro des sections exécutantes. Alors, d'après les prescriptions du plan de fabrication et les indications portées sur le journal des commandes, est émis le dossier de commande comportant : la feuille d'ouvrage de la commande; les feuilles d'imputation main-d'œuvre; les bons de travail; les feuilles d'imputation matières; les bons de sortie matières; le bon d'entrée de fabrication. Il est essentiel qu'un seul organisme soit habilité à émettre tous ces ordres de dépenses. « Seul, a écrit le colonel Rimaïlho dans L'organisation à la française, un bureau unique émetteur de « bons est qualifié pour lancer un ordre de dépense, « car seul il a la compétence nécessaire pour marquer, à « sa naissance, cette pièce de dépenses des symboles « qui finalement la feront payer par le client par l'intermédiaire de la section à l'aide du compte définissant l'objet pour lequel elle a été faite. » Il faut enfin suivre l'avancement des commandes et la (1) Lire le début de cette étude dans le no 77 de Glaces et Verres. GLACES et VERRES

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charge des ateliers : et ici la mission est en même temps une mission de préparation et une mission de contrôle. La préparation consiste à assurer l'ordonnancement et le lancement de la commande. Ordonnancer, c'est déterminer la date de mise en œuvre de la commande. Lancer, c'est, après ordonnancement, distribuer en temps utile les documents de la commande aux organes intéressés. Mais cette mission de préparation, par sa nature même, ne peut être remplie que si elle est jointe à une mission de contrôle et c'est pourquoi, même dans les plus vastes entreprises, le colonel Rimalho ne dissocie jamais complètement les fonctions de préparation et de contrôle, et, à l'échelon atelier, les réunit toujours entre les mains d'un bureau de préparation unique. Le contrôle consiste à recueillir les renseignements concernant la réalité de l'exécution et plus spécialement, en ce qui concerne le bureau de préparation, ceux concernant les délais car leur connaissance est nécessaire pour réaliser correctement l'ordonnancement et le lancement. Pour remplir correctement sa triple mission : établissement des plans de fabrication; émission d'après celui-ci du dossier de fabrication de chaque commande; ordonnancement et lancement des fabrications; — il faut au bureau de préparation des moyens. Quels sont-ils? Ses moyens. Personnel. — Pour dresser le plan de fabrication d'une commande nouvelle, il faut avant tout que la personne chargée de cette mission soit bien au courant des procédés et des méthodes employés. Cette condition est très facilement réalisable, surtout dans une petite entreprise où l'on trouve sans difficulté quelqu'un connaissant l'ensemble toujours peu important des ateliers. Il est rare que le patron lui-même n'ait pas mis la main à toutes les tâches. Etant donnés à la fois l'importance du bureau de préparation et le peu de temps nécessaire chaque jour, il sera tout désigné pour remplir ce rôle. Catalogue des temps élémentaires. — Il n'est pas suffisant de connaître les fabrications. Il faut en outre, si l'on veut réaliser des économies substantielles et accroître le rendement du personnel, fixer pour chaque opération des temps que l'exécutant devra ne pas dépasser et sur lesquels toute économie occasionnera un gain supplémentaire. Des chronométrages ont donc été exécutés et un catalogue des temps élémentaires devient l'instrument de travail le plus précieux du bureau de préparation. Ces études de tâches pouvaient être conduites dans deux esprits différents : soit chronométrage de mise au point, soit chronométrage d'étude. En d'autres termes : ou bien on envisageait l'intervention technique du chronomètre pour mettre au point les fabrications, chaque intervention de celui-ci étant précédée et suivie d'un relevé de temps permettant de contrôler immédiatement la modification; ou bien, on ne cherchait qu'à attribuer un temps limite exact au travail étudié et également à tous les travaux similaires effectués au même poste et dans les mêmes conditions de travail. Cette dernière méthode a été choisie de préférence, car il aurait été trop complexe, et par suite trop peu rémunérateur, de chercher à modifier les fabrications. Aussi a-t-il été dressé un catalogue de temps élémentaires, dont voici le sommaire : Polissage des feuilles de verre; vernissage apres argenture; lavage avant découpe; découpage des bandes de verre Job; découpage des pièces en verre Job; chanfreinage des glaces; polissage des joints; perçage avec chignole à main; perçage avec machine radiale et lame creuse; dépoussage au grès. Les barèmes se présentent en général de la manière suivante: BARÈME DE DÉCOUPAGE DES BANDES DE VERRE JOB (les temps sont exprimés en centièmes d'heure) Longueur de feuille --- Valeurs pour 100 bandes --- Nombre de bandes par f.uill² de 0 m. 30 à 0 m. 48 de largeur --- 0 m. 960 --- Temps normal --- 22,6 --- 20,4 --- 19,15 --- 18,3 --- 17,65 --- Temps limite --- 36,5 --- 30,5 --- 27,5 --- 25,75 --- 24,5 --- 23,75 --- Prod. horaire --- 0 m. 990 --- Temps normal --- 27,25 --- 22,9 --- 20,65 --- 19,4 --- 18,5 --- 17,9 --- Temps limite --- 36,7 --- 26,25 --- 24,25 --- Prod. horaire --- Tableau de charge. Pour procéder à l'ordonnancement des fabrications, il est indispensable de posséder un tableau de charge. Le bureau de préparation doit en effet connaître d'une manière précise la charge des ateliers, c'est-à-dire le nombre et l'importance des commandes sur lesquelles il est possible de travailler simultanément. Cette indication est fournie par le tableau de charge, sorte de graphique mécanisé. Une ligne graduée en jours et heures est utilisée pour chaque poste de travail. Des bandes de charge d'une longueur correspondant au délai de fabrication coulissent sur ces lignes. L'échelle choisie est 1 cm par heure pour une durée totale de deux semaines, largement suffisante vu l'importance de l'entreprise. Un fichier destiné à classer par ordre numérique les dossiers des commandes en cours de fabrication et ceux des commandes en attente de fabrication est un complément indispensable du tableau de charge. Pour chaque opération est coupée une bande sur laquelle sont inscrits : le numéro de la section d'où vient la matière, le numéro de la commande, la quantité mise en fabrication et le numéro de la section destinataire. Les bandes sont aussitôt placées sur le tableau sans laisser de vide, les postes de travail devant avoir de l'ouvrage devant eux sans interruption. Comme les prévisions ne correspondent pas toujours à la réalité à cause d'incidents mécaniques, d'absences du personnel ou de matières défectueuses, chaque soir le contremaître fait connaître au bureau de préparation les retards et leurs causes pour que celui-ci modifie en conséquence la place des bandes. Les ateliers. Les ateliers se divisent en deux groupes principaux : le groupe de façonnage et le groupe de miroiterie. Groupe de façonnage. — L'atelier de façonnage, au rez-de-chaussée, a pour objet le travail de la glace non argentée, c'est-à-dire : le découpage des glaces ordinaires ou triplex; le façonnage proprement dit, c'est-à-dire confection et polissage des biseaux, chanfreins ou joints; le perçage. Le découpage se fait au moyen d'une table de découpage, munie en plus d'une résistance pour le verre triplex. Le façonnage est fait au moyen d'une série de meules : l'une, plus spécialement destinée au biseau- GLACES et VERRES

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tages ou au chanfreinage, est une meule horizontale en fonte sur laquelle est envoyé du grès. Les autres sont des meules de polissage à grain plus ou moins fin. Le perçage enfin se fait soit au moyen d'une chignole à main, soit au moyen d'une perceuse radiale avec lame creuse, le perçage étant obtenu au moyen d'une poudre de carborundum qui attaque le verre au passage de la lame. Les différentes meules sont actionnées par un moteur unique et un système de transmission par courroies. Dans ce cas-là, le moteur individuel plus commode, moins onéreux et moins dangereux, par suite de plus en plus utilisé, est contre-indiqué, le polissage s'opérant en passant très fréquemment d'une meule sur une autre. Le personnel utilisé par cet atelier se compose d'un contremaître, ouvrier principal de cet atelier, faisant fonction de chef d'atelier pour le groupe de miroiterie, et d'un aide. Groupe de miroiterie. — La miroiterie groupe au premier étage tous les postes de travail nécessaires pour l'obtention de miroirs à partir de la feuille de verre. Nous trouvons donc de gauche à droite (fig. 3) : Le magasin à verre groupant par dimensions (longueur et largeur) les feuilles de verre destinées à être argentées. Ces feuilles sont les mêmes que celles qui sont stockées au rez-de-chaussée, mais pour plus de commodité celles destinées à l'argenture sont dès leur arrivée magasinées au premier étage, tandis qu'au rez-de-chaussée sont conservées uniquement celles destinées à la vente directe; Le local à distillation : l'eau distillée est utilisée pour la préparation des solutions destinées à l'argenture, le surplus de la production est écoulé par la vente aux pharmaciens. Cette distillation, qui n'est à proprement parler qu'une épuration chimique très poussée, se fait en deux temps, au moyen de deux appareils : le premier fait un filtrage suffisant pour que le second, opérant comme par électrolyse, sépare complètement de l'eau les acides, les bases et les sels; Le polissage, qui se fait au moyen de deux machines à polir, servant surtout à dégraisser le verre pour que l'argent tienne mieux. Les feuilles étant placées sur un tapis de caoutchouc sont polies par des frotteurs en feutre; on utilise pour cette opération du rouge anglais. Les feuilles ne sont d'ailleurs polies que sur la face à argenter; Le lavage : après polissage, les feuilles sont lavées à l'eau courante d'abord, puis avec une solution à l'étain, enfin à l'eau distillée; L'argenture : une fois lavées, les feuilles sont argen- tées. On les place sur une table à claire-voie sous laquelle se trouve une toile destinée à ramasser l'argent; cette table peut recevoir deux fois deux feuilles dont la largeur totale est de o m 78. On y verse une solution de sel d'argent et une solution de sucre. Pour que l'argent prenne bien, il faut un délai de 12 minutes environ, fonction de la température qui ne doit guère s'éloigner de 18 degrés; Le vernissage : le dépôt d'argent séché, une couche de vernis est passée sur le verre pour protéger le dépôt de métal. La durée de l'argenture est constante, de même que celle du lavage. Il faut compter, en travaillant par 4 feuilles à la fois, sur une production journalière de 120 à 130 feuilles. Une ouvrière les polit le matin, et les vernet le soir; une autre les lave, une troisième les argente. Enfin, après le vernissage, les feuilles de verre sont placées sur des chariots à supports métalliques pour séchage, puis transportées dans l'atelier de découpe. Les feuilles sont d'abord nettoyées puis découpées d'après les indications du bureau de préparation. Cette opération se fait en deux temps. Une première ouvrière, au moyen d'une équerre, coupe au diamant ces feuilles en bandes, qu'une seconde ouvrière reprend et coupe au gabarit définitif, soit au moyen d'une équerre à rouleaux pour les miroirs carrés, soit au moyen d'un diamant monté sur support circulaire pour les miroirs ronds. Après découpe, le même personnel est chargé de l'emballage qui se fait par paquets de 50. Contrôle. Il est indispensable pour toute fabrication d'exercer non seulement le contrôle des délais et des prix, mais aussi le contrôle de la qualité : ce contrôle est d'autant plus indispensable que les opérations nécessitent une durée fixe pour que se produise complètement et correctement une réaction chimique. Seul, dans une petite entreprise, un agent de maîtrise est qualifié pour exercer cette surveillance. Tous les jours donc le contremaître s'assure de la bonne qualité des feuilles argentées, rebute les mauvaises et indique sur les documents adéquats la quantité de produits acceptés. Le contrôle Le contrôle est une opération essentielle dans toute entreprise, quelle que soit son importance. Il a en effet précisément pour rôle de remplacer le client, dont la satisfaction est l'objet constant des soucis de tous. Il doit adresser aux organes chargés tant de la préparation que de l'exécution, les observations nécessaires que ne manquerait pas de leur faire ledit client au sujet de la qualité des produits et de la quantité fournie en exécution de sa commande. De plus, le contrôle est un service indispensable à la direction. Afin de pouvoir prendre à bon escient et en temps utile les décisions nécessaires à la bonne marche de l'affaire, il faut être parfaitement au courant de la quantité et de la qualité des produits fabriqués, des délais nécessités par la fabrication, enfin des dépenses et des recettes correspondantes. Précédemment ont été précisées les modalités du contrôle de la qualité, rôle du contremaître, et du contrôle des délais, mission du bureau de préparation. Il reste à étudier le contrôle financier, ou mieux le contrôle des prix de revient. L'entreprise a été décomposée en sections homo- GLACES et VERRES

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GLACES et VERRES Figure 4. — (Les chiffres portés sur les documents sont purement fictifs.) Module B Mois d' Mai 1944 Dates --- Entrées --- REPORT --- 31 583 --- 7-63 --- 4 440 --- - --- 2 310 --- - --- 4 560 --- - --- 7-64 --- 2 521 --- - --- 1 935 --- Module A Feuille de verre 120 x 35 Dates --- Entrées --- Sorties --- Stock --- </th

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section sur chaque commande, objet du circuit main- d'œuvre; le taux horaire de chaque section, fourni par le bureau des résultats. Le circuit matière (voir fig. 4). Le circuit matière a pour objet de comptabiliser la matière et d'en déterminer la valeur. La pièce maîtresse de tout le circuit est l'inventaire permanent. Pour chaque article, quelle qu'en soit la nature, est ouverte une fiche dite fiche d'inventaire permanent (modèle A).1 Cet inventaire est tenu en un seul exemplaire par la comptabilité matière, bien que la commodité et la sûreté des vérifications nécessitent la tenue de deux inventaires permanents : un au bureau des approvisionnements, un autre à la comptabilité matière. La fiche d'inventaire permanent est tenue par décalque simultanément, pour les entrées, avec un journal des entrées (modèle B); et, pour les sorties, avec un journal des sorties et des imputations (modèle C) et une feuille d'imputation matière, grâce à un système de plaques C. S. M. Cette méthode, supprimant les reports, présente deux avantages non négligeables : la suppression des erreurs de copie et la diminution du travail. La feuille d'imputation matière (modèle D) a pour objet d'imputer à la commande, sans erreur ni omission, toutes les dépenses de matières lui incombant. Cette pièce est en effet ouverte pour chaque commande par le bureau de préparation qui y reporte les numéros des bons émis. Pour mieux comprendre le circuit matière, il faut suivre une matière et une commande. Circuit pour une matière. Soit une feuille de verre ordinaire $120 \times 36$ . La marchandise est réceptionnée : la facture porte non pas un nombre de feuilles, mais une superficie, par exemple $86 \mathrm{ m}^{2}$ 4. Le magasinier, en transformant la superficie en nombre de feuilles, remplit le procès-verbal de réception (modèle E) et le transmet au service des achats. Celui-ci, d'après la facture, calcule le prix de revient d'achat en ajoutant au montant de la facture le montant des frais directement imputable à la matière considérée. Il est ainsi rentré 200 feuilles de $120 \times 36$ pour un montant de 4.440 francs. Cette quantité portée sur la fiche d'inventaire permanent est ajoutée à l'existant précédent. À la date du 7 mai sont stockées 351 feuilles de verre $120 \times 36$ pour une valeur de 7.671 francs, le prix moyen de la feuille étant 21 fr. 85. Pour la commande n° 521, il a été sorti, d'après le bon 2.968, 10 feuilles $120 \times 36$ ; le prix moyen unitaire, 21 fr. 85, relevé sur la fiche d'inventaire permanent, est reporté sur le bon de sortie de magasins (modèle F), que l'on chiffre. Il suffit alors de porter cette écriture d'un seul trait de plume sur le journal des sorties et des impulations, la fiche d'inventaire permanent et la feuille d'imputation matière. Ayant déterminé la dépense de matière pour la commande, on connaît simultanément le nouveau stock de feuilles de verre $120 \times 36$ : 341 feuilles pour une valeur de 7.452 fr. 50. Circuit d'une commande. Pour la commande n° 521, le bureau de préparation a ouvert une feuille d'imputation matière récapitulant les différents bons de sortie, et a émis : des bons de sortie n° 2.968 et 2.969 (pour mémoire); un bon d'entrée de fabrication (modèle G) sur lequel est portée la quantité de produits mise en œuvre. Le bon de sortie, transmis par le bureau de préparation au magasin, sert à celui-ci d'ordre pour approvisionner l'atelier, puis de pièce de dépense servant à la fois à l'imputation et à la tenue du stock. Pour une raison quelconque, trop de feuilles ont été sorties du magasin. Le bureau de préparation établit alors un bon de rentrée (modèle H) sur lequel le magasinier porte la quantité réellement rentrée. Ce bon suit un circuit identique à celui du bon de sortie. La comptabilité matière le chiffre et impute la marchandise à la commande tout en opérant la rentrée sur la fiche d'inventaire permanent; on prend néanmoins comme journal de fond le journal des sorties et des imputations et non le journal des entrées. Quant au bon d'entrée de fabrication, les produits fabriqués sont comptés et leur nombre est reporté sur ce bon, avec les observations portées par le contrôle. Ce bon est chiffré au prix de revient unitaire de la commande et son montant reporté sur la fiche d'inventaire permanent correspondant. Précisons pour conclure que les deux documents essentiels du circuit matière sont : la fiche d'inventaire permanent, permettant de connaître au jour le jour, après chaque écriture, le montant et la valeur du stock de chaque matière ou produit; la feuille d'imputation matière permettant de connaître pour chaque commande le montant des matières dépensées. (A suivre.) OLIVIER D'ALLARD, ancien élève de l'Ecole Polytechnique, ingénieur, chef de groupe à la Compagnie d'ingénieurs en organisation --- Les matériaux de verre et la reconstruction De divers côtés nous recevons des demandes de renseignements sur les matériaux de verre qui seront mis sur le marché après la guerre par les manufactures. En particulier, de nouveaux modèles de pavés ou de briques seront-ils réalisés, et, parmi les types anciens, quels sont ceux qu'on sera éventuellement amené à abandonner? Telles sont les questions que nous avons soumises aux fabricants eux-mêmes. Vous avez désiré savoir quels étaient nos projets et nos programmes de fabrication, et quelles étaient les dispositions déjà prises pour répondre aux besoins de la reconstruction, lorsque les travaux relatifs à cette tâche immense seront entrepris. GLACES et VERRES Il est certain que les habitats futurs — si l'on en juge par les nombreuses demandes de documentation qui nous ont déjà été adressées par le Ministère de la Reconstruction — comporteront beaucoup d'applications de nos produits en verre moulé, dont le rôle, vous le savez, est de permettre à la lumière d'éclairer rationnellement l'intérieur des habitations, qu'il s'agisse de constructions à usage familial, industriel, commercial ou public. D'ores et déjà les projets s'édifient, et Pavés Sécurx-Lumax.