Excerpt
First pages of the volume, freely accessible.
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CAHIERS D'ART
REVUE DE L'AVANT-GARDE ARTISTIQUE DANS TOUS LES PAYS, PUBLIÉE PAR CHRISTIAN ZERVOS
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7
Septembre 1926
- Henri Matisse
- Jacques Lipchitz
- Honegger
- Musique
- Scurat
- Ecole d'Action
- Peintures d'Enfants
- Archeologismes
- Sculptures nègres et polynésiennes
- Neo - plasticisme
- Usines
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5 francs
LA REVUE «CAHIERS D'ART» SE VEND AUX ÉDITIONS ALBERT MORANCÉ, PARIS, 30 & 32, RUE DE FLEURUS (VIe)
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BIBLIOTHÈQUE ÉTRANGÈRE
3, Rue du Cherche-Midi, Paris (VIe)
Directrice : J. Bucher
ÉDITION DE 6 GRAVURES TIRÉES A 50 EXEMPLAIRES
CHAGALL, GROMAIRE, LURÇAT, PASCIN, PRAX, MARCOUSSIS
AU PRIX DE 500 FRANCS LA SÉRIE, 125 FRANCS CHACUNE
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BAROQUES
IMAGES ET TEXTE DE
JEAN LURCAT
SUITE DE QUATRE POINTES-SÈCHES COLORIÉES ET SIGNÉES PAR L'ARTISTE
NOVEMBRE 1925
L'OUVRAGE, D'UN FORMAT IN-4°, EST TIRÉ A 102 EXEMPLAIRES SUR VÉLIN D'ARCHES, DONT 2 EXEMPLAIRES DE CHAPELLE A ET B.
4 EXEMPLAIRES COMPRENANT CHACUN UN TIRAGE EN NOIR DE CHAQUE GRAVURE ET UNE DES 4 GOUACHES ORIGINALES...
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CAHIERS D'ART
UN AN. . .
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(10 NUMÉROS)
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France et Colonies..
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40 francs
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LE NUMÉRO...
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5 fr.
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Étranger ..
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70 —
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6 fr.
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Pour tout ce qui concerne l’administration de la Revue, s’adresser à M. Christian Zervos.
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Pascin. Dessin de Cuba.
GALERIE PIERRE
TABLEAUX MODERNES
13, RUE BONAPARTE (PARIS-VIe)
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BIGNOU
TABLEAUX
DE PREMIER ORDRE
8, Rue de la Boëtie, PARIS-8e
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GALERIE GRANOFF
tableaux modernes
166, B° HAUSSMANN, 166
PARIS-VIIIe
CARNOT 35-40
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Matisse dans son atelier de Nice, et son modèle.
ŒUVRES RÉCENTES DE HENRI-MATISSE
Le voyageur, en sa chambre d'hôtel, répond au vœu de l'univers.
L'ombre légère tissée à l'écharpe de soie, l'air méditerranéen sans un grain de poussière, la lourdeur de ce bois, le mur, la palme et l'immensité prisonnière, la respiration d'un beau corps de vingt ans, sa plénitude et sa droiture, le ciel impondérable étendu sur les eaux, la perle du jour à son orient parfait, l'épanouissement, la tentation, la fugacité de l'heure... Le pèlerin aspire longuement l'extase, se recueille et, d'un bond, se dégage. Toute mémoire n'est-elle pas un cimetière? Nous l'apercevons dans une envirante solitude et le feu de l'invention l'entoure d'un cercle éblouissant.
Capter l'événement, sous couleur de beauté, dans un réseau d'inertes rapports et le montrer avec orgueil, vidé de sa conséquence, évanoui sous le filet ; clouer dans une galerie le lambeau visible de ce qui fut un drame, une harmonie : la vieille tentation de l'intelligence ! Le créateur veut la possession intégrale. C'est ainsi qu'il se rassemble et s'offre tout entier.
Le feu consume la connaissance aux mains glacées, au cerveau clair. Le feu réduit en cendres la molle intuition coulée comme un ver en l'intimité des êtres, grasse de leurs mystères. Si le maître véritable épouse le geste des créatures, s'il redescend vers la ville, où l'attend cette vierge tranquille, s'il partage un instant sa destinée, c'est qu'il veut imposer le rythme de l'indépendance et la tension suprême à ce qui retombe ou se recommence, objet, humanité.
La basse conscience des choses, esclave de sa forme, un maître en brise l'enveloppe et la rend au progrès. Du cheminement de l'aveugle énergie, nouant et dénouant sans relâche, à ras de terre, le cycle du plaisir et de la souffrance, l'anneau de la pourriture et de la beauté, il fait sourdre la fraîcheur éternelle, le jaillissement de la vie.
De la différence au passage, tout est remis en jeu, séparé, vérifié, confondu. Le soir et le midi, le volume et le poids, le ton et la couleur, tout se perd, se retrouve, s'ordonne et se meut dans le flot rénovateur. Chaque vibration sensible ressort du creuset, congelée selon sa densité et sa nuance, autant de pierreries sans exemple, une pareille résistance,
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Odalisque (fond bleu) 1926.
Odalisque (fond bleu) 1926
Intérieur d'Atelier, 1926.
Odalisque (fond bleu) 1926.
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Odalisque (culotte bleue) 1926.
une limpidité sans fond. L'apparition dévore la toile et s'avance. Elle nous vêt de lumière. Elle nous habille au dedans et les yeux régénérés ne voient que la douceur de son incomparable éclat.
Aussi loin de l'effort que de l'abandon, voici l'instant neutre où la seconde hésite. Comme d'un bond qui se brise, volontaire, et repart du sommet de son expansion ; comme d'un élan qui se joue avec grâce autour du souvenir et saute en riant le piège, une incessante explosion projette l'arabesque et la source diaprée. Filles de la surprise et mères de l'énergie, la fusée s'ajoute à la fusée, l'étoile à l'étoile et la plage étincelante anéantit les ombres, ombres du passé, cette mort, du présent, cette agonie.
Délivré du temps et de l'espace, le mouvement surgit. Entre la molle ondulation du jet d'eau et la compacité du cristal où le danseur est pris, s'ouvre la voie insoupçonnée. Un sens, — invisible, — une pression, et chaque trait à la fois décoché.
Cent rameaux apparemment rompus, divergents ou contradictoires se greffent à la sève unique, s'exaltent au centre de la poussée. Une force d'expansion non pas décrite mais, sans qu'une ride apparaisse au visage, agissante, révélée. Le mouvement ne se résout pas en attitudes. Comme le baiser suscite le baiser, comme l'épée fait lever l'épée, le mouvement cherche l'âme, l'inonde, la traverse et la laisse rechargée de sa première vigueur.
La passion elle aussi contrôle sa fureur, compose sa démarche et vient, avec une avenante majesté, consacrer sur l'autel ses fruits au goût de sang. « A l'intérieur la brûlure de l'enfer », dit le brûle-parfums musulman, « mais au dehors les odeurs les plus suaves ». Au miroir du détachement absolu, le désir se pare et se transfigure. La volupté n'a d'attrait, ici, que pour servir un inflexible maître. Se défend-on contre la colombe? Elle nous gagne, avec des ruses exquises, aux charmes d'un amour dont la chair défaille mais que la plus noble maîtresse ne saurait satisfaire. Franchise et fierté, tendresse et pudeur, toute vertu revient à l'homme pourvue d'un plus haut message, éveillant en son cœur, avec des sourires et des caresses, le sentiment d'un créateur qui, possédant tout, n'a rien voulu retenir.
Quiconque s'empare brutalement de la main favorable, quiconque veut lire en elle et la garder prisonnière, celui-là ne retient que la dépouille d'une muette splendeur. Mais s'il approche avec le dû respect ; mais si l'odalisque au tambourin levé comme un vase de sacrifice évoque en lui l'inclination du rite et les mots de la prière, une voix montera peut-être du silence : « Le dieu que je sers est votre dieu »—dira la voix chantante —« Ma vie n'est pas devenir, encore moins repos et béatitude. Ma vie est avenir, naissance perpétuelle, urne inépuisable de création, liberté plénière et, dans l'intégralité de l'être, toute joie permise... »
Et que de l'œuvre accompli naisse à jamais des œuvres !
GEORGES DUTHUIT.
Page 8
Sylphide 1926.
Page 9
Les Régates 1926
Page 10
Matisse et sa dernière sculpture.
Page 11
Danseuse 1926.